The Okwelians au Forum de Paris sur la Paix 2020

Par Gabrielle Andela Kelle (Co-Directice de The LaB’)

Du 11 au 13 novembre 2020, The Okwelians prendra part aux travaux de la troisième édition du Forum de Paris sur la Paix, sous le format numérique.

        Le Forum de Paris, acteur et plateforme pour l’avancement des solutions de gouvernance mondiale, a été créé en 2018 par la République Française (représentée par le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères), l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po), l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), l’Institut Montaigne, la Körber-Stiftung, la Fondation Mo Ibrahim rejoints en 2019 par les Think Tanks respectivement mexicain et indien México Evalua et Research and Information System for Developing Countries (RIS). Il réunit l’ensemble des acteurs de la gouvernance mondiale : Chefs d’Etat et de Gouvernement, Représentants locaux et nationaux, Représentants d’Organisations régionales et internationales, Acteurs de la Société civile (ONG, Représentants relgieux, Experts, Médias, Think Tanks, Entreprises, Fondations, Philanthropes, Sociétés privées etc).

        L’objectif du forum est de discuter des principaux défis mondiaux qui attisent ou engendrent des conflits, afin d’apporter et/ou de faire avancer des solutions innovantes et concrètes. Au-delà des discussions de très haut niveau, le Forum de Paris sur la Paix met en avant plus de 100 projets du monde entier, qui appliquent des solutions spécifiques à des défis de la gouvernance mondiale, dont les dix plus prometteurs recevront un appui et un accompagnement annuel pour leurs activités de plaidoyer, de communication et de développement organisationnel.

        Le Forum de Paris sur la Paix est structuré autour de trois espaces complémentaires qui en font plus qu’une conférence, à savoir :

  • l’espace des débats ;
  • l’espace des solutions ;
  • l’espace des innovations.

        L’Initiative de Paris sur la Paix est née du constat que les problèmes mondiaux sans solutions coopératives mènent aux conflits, que le monde n’évolue pas dans la bonne direction et que cette situation n’est pas porteuse de paix. Elle est aujourd’hui le rendez-vous annuel des projets, d’idées et de solutions concrètes en matière de gouvernance mondiale autour de six thématiques majeures : paix et sécurité ; développement ; environnement ; nouvelles technologies ; économie inclusive ; et culture et éducation.

        Pour l’année 2020, année marquée par une crise sanitaire aux conséquences dramatiques, qui n’a épargné aucun pays et qui appelle à des solutions collectives, les travaux de la 3ème édition du Forum de Paris sur la paix sont consacrés aux projets et aux initiatives du monde entier visant à apporter des réponses immédiates à la crise provoquée par la COVID, à améliorer notre résilience sur le moyen terme, et à reconstruire un monde plus durable. Il sera principalement question de « rebondir vers un monde meilleur ». Cette 3ème édition comportera, outre les traditionnelles séquences des Assises, le volet « Entreprises », élément inédit axé sur le secteur privé qui donnera l’opportunité aux chefs d’entreprises de haut niveau de se prononcer sur la thématique centrale.

        Ainsi, les priorités de la 3ème édition du Forum de Paris sur la paix porteront sur :

  • améliorer la gouvernance mondiale de la santé, avec comme objectif d’augmenter la coordination entre les acteurs, de lancer des initiatives, de renforcer les mécanismes d’alerte et de préparation, et de dynamiser les systèmes de santé locaux dans les pays en développement ;
  • repenser et verdir le capitalisme : au-delà des mesures d’urgence nécessaires – y compris pour les pays en développement – la relance de l’activité économique passe par la construction d’économies plus inclusives, et des systèmes de production durables, respectueux de l’environnement ;
  • faire des big data et des médias sociaux des solutions, pas des menaces : les cyber-solutions, plus que nécessaires et indispensables en tant de COVID19, ne devraient pas mettre en péril la vie privée et la liberté des individus.

        Sur ces questions, The Okwelians suggère les pistes de réflexion suivantes :

a.  Pour une meilleure gouvernance mondiale de la santé 

  • Renforcer la participation de la société civile dans la gouvernance de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) – femmes, jeunes, entreprises, syndicats, communautés religieuses – afin de créer un contrepoids aux logiques étatiques et/ou aux intérêts dominants (lobbying pharmaceutique, etc.) dans les prises de décision au sein de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ;
  • Accorder un rôle plus prépondérant aux acteurs de la médecine préventive (y compris de la santé mentale) de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle notamment afin de stimuler le financement de la recherche scientifique en la matière ;
  • Créer un corps international de la Paix chargé d’assurer entre autre des missions humanitaires et de relayer le personnel médical en tant que de besoin en cas de catastrophes et d’épidémies majeures dans certaines régions du monde.
  • Décentraliser l’analyse des données et la recherche en matière de santé publique afin de favoriser une meilleure prise en compte des spécificités territoriales dans la lutte contre les pandémies et/ou épidémies mondiales.

b. Pour un capitalisme plus équitable et écologique 

  • Multiplier les incitations fiscales pour encourager les banques à financer des projets durables et stimuler l’économie circulaire ;
  • Créer des incitations financières à destination des petits et moyens entrepreneurs qui utilisent des méthodes et facteurs de production qui tiennent compte de l’environnement. A ce titre, il pourrait être envisager d’ouvrir un nouveau cycle dans les Accords de l’OMC ;
  • Renforcer la prise en compte de la protection de l’environnement dans les stratégies de développement. A cet effet, créer un instrument mesurant l’empreinte carbone des stratégies d’industrialisation sur le court et le moyen termes ;
  • Encourager la promotion de pratiques, normes et standards plaçant la RSE au centre des outils, structures et procédures de gouvernance des entreprises ;
  • Renforcer la lutte contre les flux financiers illicites, notamment ceux issus de l’exploitation des ressources naturelles, afin d’accroitre les capacités locales de créer des programmes d’amortissement des risques écologiques :

c. Pour s’assurer que les données et les réseaux sociaux soient des solutions et pas des menaces 

  • Diminuer la fracture numérique pour faciliter l’accès au numérique aux populations enclavées par des incitations fiscales au GAFA actives dans la recherche de solutions
  • Faire de la protection des données personnelles une priorité en matière de sécurité internationale par le renforcement des sanctions en cas de violations
  • Contextualiser les usages des réseaux sociaux aux besoins des sociétés. Il s’agit de créer des solutions digitales adaptées aux besoins de la société : éducation, santé, bonnes pratiques agricoles, secteur public, etc ;
  • Mettre en place une nouvelle taxe sur les Entreprises promotrices des réseaux sociaux afin de financer des programmes de sensibilisation et de responsabilisation des internautes, notamment des plus jeunes et des plus fragiles.

        Le Forum de Paris sur la Paix offre, pour la troisième année consécutive, l’opportunité aux acteurs de la coopération internationale, aux plus importants, mais également aux plus engagés, de trouver des solutions concrètes aux énormes défis transnationaux, et à l’heure actuelle à ceux posés par la pandémie de la COVID19, et de reconstruire un monde meilleur, un monde durable./-

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