L’eau potable pour tous et par tous: et si c’était possible

Par Asmaou Karim, Vice-Président de The Okwelians

Aujourd’hui, nous célébrons une ressource naturelle indispensable à la vie : l’eau. Les instances internationales ont rappelé l’importance de l’eau et en ont fait un Objectif de Développement Durable : « garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau », tel est l’Objectif de Développement Durable n°6 énoncé par l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans son Agenda 2030. D’ailleurs, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la période 2018-2028 décennie internationale d’action sur le thème « l’eau pour le développement durable », et la thématique retenue pour l’année 2021 est : « la place de l’eau dans nos sociétés et comment la protéger ».

En ce 22 mars, Journée mondiale de l’Eau, deux questions sont posées par les Nations Unies autour du thème #Water2me : * Que signifie l’eau pour vous ? * Quels changements concernant l’eau apporteriez-vous dans votre région ?

crédit photo : Desy Danga

Y répondant, Yérima Alim MUSTAPHA, Maire de la commune de Gashiga dans le Nord Cameroun et plus jeune Maire du Cameroun pour la mandature 2013-2020, alerte :

« L’eau c’est la vie, son existence est essentielle au maintien de la vie et de tout être vivant. Le Grand Nord souffre du problème d’accès à l’eau potable, il est plus qu’urgent de créer des points d’eaux dans les localités qui n’en ont pas. »

En effet, l’eau a une valeur inestimable. Nous en avons besoin tous les jours que ce soit pour nos foyers, notre économie ou l’intégrité de notre environnement naturel. Chacun, sans discrimination, « a le droit à un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d’une eau potable et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques, qu’il s’agisse de boisson, d’assainissement individuel, de lavage de linge, de préparation des aliments ou d’hygiène personnelle et domestique », rapporte l’Organisation des Nations Unies (ONU). Et, la Journée mondiale de l’eau a pour but de sensibiliser la population aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui entourent « l’or bleu » et rappeler à toutes et à tous que l’eau potable est une richesse menacée qu’il faut préserver et protéger.

Dans le monde aujourd’hui, 1 personne sur 3 n’a pas accès à de l’eau salubre. D’ici à 2050, jusqu’à 5,7 milliards de personnes pourraient vivre dans des zones en pénurie d’eau au moins un mois par an. Au Cameroun en particulier, 9 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. L’eau y est inégalement répartie et distribuée sur les dix régions et la situation est davantage alarmante en zones rurales. Ainsi, selon l’ONG African Center for Advocacy (ACA), organisation à but non lucratif qui mobilise ses efforts pour assurer l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous, même si Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, n’est pas épargnée, les régions du Grand Nord paient le plus lourd tribut avec 80% de la population n’ayant pas accès à cette ressource fondamentale. Ces carences et dysfonctionnements pourraient être expliqués entre autres par les retards dans la mise en œuvre des programmes de constructions des forages, la vétusté du réseau de distribution d’eau potable, les coupures intempestives ou encore la qualité approximative de l’eau fournie par la société en charge de la distribution de l’eau potable.

crédit photo : Desy Danga

D’après les experts, les changements climatiques, sont à l’origine des crises liées à l’eau que nous observons dans le monde entier. L’augmentation de la population mondiale, les crises politiques, les déplacements de populations, les besoins en matière agricole et industrielle accroissent également le besoin en eau. Cette situation expose les populations et particulièrement les enfants à de nombreuses maladies hydriques. D’ailleurs, la prévention et la lutte contre la pandémie de la COVID 19 nous rappellent combien l’accès à l’eau est crucial dans la construction d’une société durable.

Pour y faire face, les pouvoirs publics camerounais multiplient les efforts pour améliorer la desserte en eau potable. Dans le cadre du processus de décentralisation en cours, plusieurs projets visant à résorber le déficit actuel ont été lancés dans plusieurs villes du pays. Il s’agit entre autres de la réhabilitation des réseaux dans les villes de Yaoundé, Ngaoundéré et Bertoua, l’extension des stations de production d’eau potable ou encore l’’extension du réseau tertiaire et du nombre de branchements (3 000 branchements supplémentaires et 70 bornes fontaines), dans la ville de Ngaoundéré.

De même, la Stratégie Nationale de Développement 2030 du Cameroun décrit également les actions que le Gouvernement entend mener pour assurer un accès universel et équitable à l’eau potable à savoir (i) mettre en place un cadre favorable à l’installation des sociétés privées de production et de distribution d’eau potable au niveau communal, (ii) réviser la loi n°98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l’eau ou encore  (iii) élaborer et mettre en place un plan de développement sectoriel à long terme et un programme d’investissement conséquent en appui aux collectivités territoriales décentralisées.

En tout état de cause, d’énormes efforts restent à faire, tant la situation est inquiétante. La problématique de l’accès à l’eau potable n’est pas la responsabilité du seul Gouvernement. Cette responsabilité nous incombe à toutes et à tous, en tant qu’individus et aussi en tant qu’organisations ou associations. Chaque action est importante. De la sensibilisation à l’appropriation, beaucoup reste encore à faire.

The Okwelians s’est résolument inscrit dans cette dynamique. Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme « The Okwelians s’engage pour les villes » qui est un programme destiné à accompagner les villes camerounaises dans la mise en œuvre de politiques publiques au service d’un développement socioéconomique et environnemental durable, The Okwelians a défini trois axes stratégiques : la gouvernance urbaine, la définition et la promotion des villes durables, les actions sociales principalement axées sur l’éducation et la santé.

Ainsi, au mois d’Octobre dernier à Rey Bouba, divers dons en produits et matériels pour le nettoyage du château d’eau et l’assainissement de l’eau pour les 120 000 habitants que compte la Commune ont été effectués. Une goutte d’eau dans la mer. Mais, nous espérons également que les efforts en cours permettront sur le plan des politiques publiques une meilleure sensibilisation, appropriation et concertation autour des enjeux liés à l’eau afin que chaque citoyen devienne un acteur responsable, un gardien, un avocat de l’accès à leau potable pour toutes et tous.

Alors, et vous ? Dites-nous, que signifie l’eau pour vous et quels changements concernant l’eau apporteriez-vous – pour ne pas dire apportez-vous – dans votre région ?

Let’s Okwelian it !

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