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LA PRODUCTION PISCICOLE AU CAMEROUN : DÉTERMINANT MAJEUR DE L’ÉMERGENCE DE LA RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS (RAM)

INTRODUCTION

L’utilisation des antimicrobiens (AM) en médecine vétérinaire est un outil essentiel pour la protection de la santé animale et de façon indirecte la santé humaine. Cet outil permet de sécuriser un niveau sanitaire optimal tout en assurant une qualité de production animale avec un faible coût de production pour la consommation humaine. Cependant, on peut noter quelques risques potentiels liés à la présence des résidus dans les denrées alimentaires d’origine animale qui sont de plusieurs ordres : risques cancérigènes (Nitrofuranes, formel), risques allergiques (Pénicillines, Streptomycine), risques toxiques (Chloramphénicol), modification de la flore intestinale (Tétracyclines), sélection de bactéries résistantes aux antibiotiques. Cette utilisation est aujourd’hui remise en cause, car elle est susceptible de favoriser l’apparition d’antibiorésistances chez l’homme. Le Codex Alimentarius définit la résistance aux antimicrobiens (RAM) comme la « capacité pour un micro-organisme de se multiplier ou de résister en présence de niveaux croissants d’un agent antimicrobien, relativement à l’homologue vulnérable de la même espèce »[1]. Les antimicrobiens constituent une menace pour la vie et le développement des hommes, des animaux et de leur écosystème.

Au Cameroun, l’agriculture, l’élevage et la pêche occupent plus de 70% de la population active et représentent 30% du PIB[2]. Le poisson représente 40% et 9,5% de l’apport protéique d’origine animale et des besoins totaux de la population, respectivement[3]. En l’absence d’un système de collecte des données statistiques, la production nationale annuelle est estimée à 50 tonnes et évaluée à 330 tonnes grâce à la présence des Agents de Vulgarisation de Zone (AVZ) qui assurent un minimum d’encadrement auprès des pisciculteurs[4]. Aussi, la pisciculture devient une opportunité financière pour des jeunes en quête d’emploi, alors que 57 % des jeunes diplômés sont au chômage[5]. Néanmoins la connaissance et les données sur la pratique de la pisciculture restent problématiques. Il existe très peu de données sur la présence des résidus d’AM dans les aliments utilisés en pisciculture et dans les produits dérivés issus de ce type d’élevage au Cameroun.

I- LA PRATIQUE DE L’AQUACULTURE AU CAMEROUN

1- Histoire de l’aquaculture au Cameroun

Au Cameroun, l’aquaculture a été introduite sous la forme de pisciculture en 1948 et est pratiquée uniquement en étangs et en eau douce[6]. L’ichtyologie qui est une branche de la zoologie qui a pour objet l’étude scientifique des poissons. L’ichtyologie révèle que la Silure ou poisson-chat, le Tilapia du Nil, la Carpe commune et le Kanga seraient les poissons les plus rencontrés dans la pisciculture.

2- Le système de production piscicole au Cameroun

Dans le système de production piscicole au Cameroun, il existe deux types de production : la pisciculture intensive et la pisciculture extensive.

La pisciculture intensive se pratique dans des espaces entièrement ou partiellement clos (bassins en terre, béton ou en plastique, nasses ou cages géantes flottantes, etc.) en eau douce ou en pleine mer suivant les espèces. Ce type est couramment utilisé pour les fermes piscicoles commerciales.

La pisciculture extensive est en général pratiquée dans les étangs-barrages. Les piscicultures se déroulent en l’absence de fertilisants et d’intrants alimentaires. C’est souvent le cas des mares qui sont simplement empoisonnées. Il s’agit ici d’un élevage à faible niveau d’investissement.

a- Pisciculture dans les rives d’un cours d’eau (Littoral)
b- Pisciculture dans les étangs piscicoles dans la région du Centre (Région de l’Est du Cameroun)

Figure 1 : La pisciculture extensive au Cameroun[7] 

3- Les groupes d’aliments pour la nutrition des poissons 

Au Cameroun, on retrouve trois groupes d’aliments pour la nutrition des poissons : (i) les aliments naturels qui sont présents naturellement dans l’étang (détritus, bactéries, plancton, vers, insectes, mollusques, plantes aquatiques et poissons) ; (ii) les aliments de complément qui sont distribués de façon régulière aux poissons de l’étang (végétaux terrestres, déchets de cuisine ou sous-produits agricoles) ; (iii) et enfin les aliments complets sont distribués de façon régulière mais se composent d’un mélange d’ingrédients soigneusement choisis, destinés à fournir tous les éléments nutritifs nécessaires à une bonne croissance des poissons mais généralement très coûteux (les granulés localement fabriqués). On retrouve ce type d’aliments beaucoup plus dans le système intensif avec les bacs hors sol.

Figure 2 : les granulés fabriqués localement[8].

4- Les grandes zones agro-écologiques ayant un climat favorable au développement de la pisciculture.

Les principales régions de production aquacole se trouvent essentiellement dans les régions de l’Adamaoua, du Centre, de l’Est, du Littoral, de l’Ouest et du Nord-ouest. Cependant, sans un système fiable de collecte de données statistiques sur la pisciculture, il n’est pas possible d’estimer la production de poisson par région[9]. Le poisson représente une source importante de protéines pour une grande partie de la population, qui constitue une source économique clé pour le développement du Cameroun. Une véritable ressource locale que la viande ne peut remplacer à cause de sa non-disponibilité ou de son prix de vente élevé.

5- Les facteurs socioéconomiques de la pisciculture

La pisciculture représente une opportunité économique pour de nombreux acteurs qui voudraient se lancer dans l’entrepreneuriat. En 2015, le rapport de l’Institut National des Statistiques sur les besoins en production piscicole annonce un déficit de production nationale piscicole de 250 000 tonnes[10] ; la demande étant estimée à 400 000 tonnes par an. Le coût de l’importation des poissons surgelés est estimé à 100 milliards de FCFA/an avec une perte annuelle de 20 milliards/an due à la pêche illégale dans les eaux du pays par des étrangers[11]. À l’heure actuelle, la pénurie de poisson sur les marchés touche de plus en plus les ménages à cause de la flambée des prix sur les marchés.

Dans la pratique courante, la pisciculture est faite dans des structures familiales, au bord des lacs, des fleuves et océans. Mais depuis quelques années, la pisciculture en hors sol est effectuée majoritairement par des jeunes entrepreneurs. Une étude menée dans la région de l’Est Cameroun a révélé que 88 % pisciculteurs enquêtés se sont formés sur le tas sans recevoir une formation professionnelle. Ces formations ont porté généralement sur les techniques d’élevage et les visites de fermes piscicoles au Cameroun. Environ 22 % des pisciculteurs ont une expérience professionnelle de 15 ans contre 8,5 % qui ont une expérience professionnelle d’une moyenne de 25 ans. Ces chiffres démontrent à suffisance le danger que représente à l’heure actuelle la production piscicole en absence des connaissances en biosécurité et bio-sûreté. Parmi les difficultés majeures que rencontrent les producteurs piscicoles, on peut citer : les difficultés financières, l’approvisionnement en alevins et en aliments, l’insuffisance en connaissance et aptitudes pratiques sur les techniques d’élevage et la gestion des sites piscicoles[12].

6- Les problèmes liés à la pratique de la pisciculture au Cameroun 

Dans tous les types de production, les poissons restent exposés aux maladies peu importe le type d’aliments utilisés. En général, on retrouve les maladies virales (viroses), les maladies bactériennes (bactérioses) et les maladies parasitaires (parasitoses) comme chez les Humains. En plus des maladies, ils subissent des agressions de toutes sortes.

Au Cameroun, les maladies rencontrées chez les poissons ne sont pas encore connues, dans la littérature, les données restent rares. Cependant, plusieurs antimicrobiens sont employés pour sécuriser un niveau sanitaire optimal et assurer la qualité de la production animale et ses dérivés destinés à la consommation humaine tout en réduisant les coûts de production. L’utilisation non contrôlée des antimicrobiens peut occasionner des problèmes de résistance aux antimicrobiens. Cette situation nécessite une attention particulière des chercheurs, des universitaires et des spécialistes du domaine de l’aquaculture et de la santé publique.

II- CADRE RÉGLEMENTAIRE DE L’UTILISATION DES ANTIMICROBIENS EN AQUACULTURE AU CAMEROUN

Nous étudierons d’abord la création de fermes piscicoles avant d’envisager la réglementation sur l’utilisation des antimicrobiens en aquaculture au Cameroun.

  1. Création de fermes piscicoles au Cameroun

Au Cameroun, la pratique de l’aquaculture est soumise à des autorisations pour la création de fermes piscicoles et pour l’importation et l’introduction d’espèces aquacoles vivantes ; une autorisation spéciale est requise pour l’exploitation de poissons ornementaux. Le Ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales (MINEPIA) est chargé de l’application de cette réglementation à travers ses services centraux et extérieurs. Cependant, la plupart des pisciculteurs ne disposent pas d’autorisation. Le manque de connaissance sur les procédures et les difficultés financières pour se mettre en conformité avec un cadre réglementaire pourraient être les principales causes. Dans le cadre de la prévention, le gouvernement a mis sur pied un Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole (PNVRA). Ce programme réunit tous les vulgarisateurs du MINEPIA et du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER) avec la collaboration de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) pour assurer une meilleure coordination et programmation des enseignements à dispenser auprès des paysans dans le monde rural.

2- Réglementation sur l’utilisation des antimicrobiens en aquaculture

Sur le plan international, la législation est un outil essentiel pour contrôler l’utilisation des antimicrobiens (UAM) et prévenir la RAM. La Commission du Codex Alimentarius définit une limite maximale de résidus de médicaments vétérinaires (LMRMV) pour la sécurité sanitaire des aliments. Les LMRMV sont définies comme la concentration maximale de résidu résultant de l’emploi d’un médicament vétérinaire (exprimé en mg/kg ou en μg/kg sur la base du poids frais). Dans l’Union européenne, la réglementation en matière de résidus est organisée par le règlement (CEE nº 2377/90 du Conseil du 26 Juin 1990) qui fixe les LMRMV appliquées dans les pays de l’Union européenne. Le taux de prévalence des résidus d’AM dans les aliments d’origine animale est estimé à 1 % en Europe contre 94 % dans certains pays d’Afrique[13].

 Au Cameroun, il n’existe pas de réglementation de contrôle des résidus d’AM, ce qui crée des manquements dans la réglementation de la biosécurité et la bio-sûreté et une pénurie de données sur le contrôle des résidus d’AM dans des produits issus de l’aquaculture. On note également d’énormes lacunes existant dans l’organisation du marché des médicaments à savoir : l’absence de législation spécifique adaptée au nouveau contexte de libéralisation de la pharmacie vétérinaire, l’absence d’application de la réglementation en vigueur, l’absence d’inspection, de procédures d’AM et d’enregistrement des médicaments vétérinaires et l’existence de circuits parallèles au circuit officiel de vente de médicaments vétérinaires[14]. Il faut s’interroger sur la vente illicite des médicaments dans les rues et de leur qualité et certaines pratiques qui consistent à administrer aux animaux des médicaments destinés à une autre espèce à cause de l’absence de l’application des textes et l’insuffisance de la législation.  Pourtant l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE) à travers les Codes sanitaires pour les animaux terrestres et pour les animaux aquatiques proscrit des normes relatives à l’usage responsable et prudent des antimicrobiens et des alicaments. L’OIE recommande que les antimicrobiens soient prescrits par un vétérinaire ou toute autre personne dûment formée et que des systèmes de distribution agréés ou autorisés soient mis en place. Il est également recommandé que les producteurs d’animaux destinés à la consommation humaine respectent l’ordonnance vétérinaire et les directives du médicament.

Cependant, ses différents manquements pourraient être à l’origine de l’émergence des bactéries multi-résistantes à potentiel zoonotiques circulant chez l’homme, l’animal et dans leur environnement déclarés dans plusieurs études scientifiques. Et également de la présence des résidus d’AM dans les denrées d’origine animale.

CONCLUSION

La mise en place d’une unité de production piscicole doit respecter les procédures administratives édictées par le gouvernement et les organisations internationales telles que : l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; et doit respecter les normes de biosécurité pour préserver la santé humaine et animale ainsi que notre environnement. La résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue une problématique mondiale de santé publique et animale qui préoccupe les scientifiques et les responsables politiques. Il serait nécessaire de disposer des méthodes permettant de lutter contre l’émergence ou la dissémination de microorganismes résistants résultant de l’utilisation d’agents antimicrobiens chez les animaux et de limiter les antibiorésistances par un usage maîtrisé de ces agents. Le suivi des quantités d’agents antimicrobiens utilisés chez les animaux servant à la production de denrées alimentaires et la détermination des profils d’utilisation doit être régi par une législation. La pratique de la pisciculture doit être autorisée à des professionnels du domaine et avec des obligations de disposer d’un vétérinaire. Les chercheurs doivent s’intéresser davantage aux maladies des poissons qui sont cultivés au Cameroun. Il faut également approfondir les recherches sur le contrôle des résidus d’AM dans l’environnement de l’élevage et des produits issus de l’aquaculture pour minimiser les risques sanitaires et garantir la santé humaine. 

BIOGRAPHIE :

DJIM-ADJIM-NGANA Karyom est âgé de 30 ans, originaire de la Région du Nord-cameroun. Passionné par la médecine, il va déposer ses bagages après l’obtention de son baccalauréat scientifique à la prestigieuse Université de Ngaoundéré en 2013, au Département des sciences biomédicales. Il sortira de cette école en 2019 avec un Master en Biologie Clinique. Il reviendra en 2021 pour faire un second Master en santé publique à l’École des Sciences et de Médecine Vétérinaire qu’il soutiendra en octobre 2022. Il travaille actuellement comme chercheur au Centre de Recherches en Santé et sur les Pathologies Prioritaires à l’Institut de Recherches Médicales et d’Etudes des Plantes Médicinales sous tutelle du Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (depuis juillet 2021). Spécialiste en Microbiologie Médicale et Santé Publique, ses travaux de recherche sont axés sur les problématiques liés à la résistance aux antimicrobiens. Il est auteur de plusieurs articles scientifiques. Auparavant, il a travaillé comme Superviseur de Terrain au sein de l’ONG M.A. SANTE (Meilleur accès aux soins de santé) dans plusieurs projets dans le domaine de la santé (2020-2021). Jeune acteur de la société civile, il va fonder en 2020, une organisation dénommée « Organisme pour la Santé et l’Action Sociale » (OSAS), qui fait dans la promotion de la santé, l’éducation et le développement durable avec plusieurs projets réalisés dans le Nord Cameroun. Depuis octobre 2020, il y officie en tant que Président. Il est très impliqué dans la lutte pour l’implémentation de la couverture Santé Universelle au Cameroun, pour un accès aux soins de santé équitable et  pour un développement durable.

https://www.researchgate.net/profile/Karyom-Djim-Adjim-Ngana https://www.linkedin.com/in/karyom-djim-adjim-ngana-1a266312a?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_profile_view_base_contact_details%3B%2FQqlaWqBQKGsy5aBm3sY6A%3D%3D


[1] Commission du Codex Alimentarius. 2011. Définitions, Guidelines for Risk Analysis of Foodborne Antimicrobial Resistance, CAC/GL 77- 2011. Rome. 29 pp.

[2] http://ccere-cameroun.com/lagriculture-lelevage-et-la-peche-au-cameroun/  

[3] J. A. Atangana Kenfack, P. Tchawa & J.-C. Micha, « La pisciculture au Cameroun : une démarche individuelle ! Cas de la commune de Bertoua 1 dans la région Est du Cameroun », Tropicultura [En ligne], Volume 37 (2019), Numéro 3, URL : https://popups.uliege.be/2295-8010/index.php?id=1379.

[4] FAO 2022. Cameroun. Text by Kouam, J.. Fisheries and Aquaculture Division [online]. Rome. [Cited Thursday, August 18th 2022]. Available from :  https://www.fao.org/fishery/en/countrysector/cm/fr?lang=fr

[5] Le Directeur de la coopération au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Ngu Comfort, dans son discours d’ouverture a déclaré que le taux de chômage des jeunes au Cameroun est de l’ordre de 57%, alors que chaque année, plus de 300 000 jeunes obtiennent leur diplôme sans avoir acquis les compétences professionnelles nécessaires pour répondre aux exigences du marché du travail.: Available from :  https://www.legicam.cm/index.php/p/developpement-des-competences-pour-ameliorer-l-employabilite-des-jeunes-au-cameroun . Date de publication : 08/10/2021, 14 :00

[6] « Historique du développement de la pisciculture au Cameroun. » Satia, N.B.P. 1991

[7] J. A. Atangana Kenfack et al. La pisciculture au Cameroun : bilan et perspectives. Int. J. Biol. Chem. Sci. 13(2) : 1140-1161, 2019.

[8] DEVELOP GROUP. Comment choisir un système pour sa pisciculture au Cameroun ? Accessed: 2022-10-18. Available from : https://www.develop-group.net/2020/04/19/comment-choisir-un-systeme-pour-sa-pisciculture-au-cameroun/

[9] FAO 2022. Cameroun. Texte de Kouam, J.. Division des pêches et de l’aquaculture [en ligne]. Rome. [Cité Tuesday, October 18th 2022]. https://www.fao.org/fishery/fr/countrysector/cm/fr

[10] M. MAIMOUNE et al. Pourquoi la pisciculture tarde à se développer dans la ville de Bertoua

(Est-Cameroun)? Int. J. Biol. Chem. Sci. 15(6): 2568-2580, 2021

[11] http://ccere-cameroun.com/lagriculture-lelevage-et-la-peche-au-cameroun/

[12] J. A. Atangana Kenfack et al. La pisciculture au Cameroun : bilan et perspectives. Int. J. Biol. Chem. Sci. 13(2): 1140-1161, 2019.

[13]https://www.researchgate.net/profile/Guy_Mensah/publication/274257121_Antimicrobial_residues_in_foods_of_animal_origin_in_Africa_Public_health_risks/links/566d596b08ae1a797e4023f2/Antimicrobial-residues-in-foods-of-animal-origin-in-Africa-Public-health-risks.pdf

[14] Messomo Ndjana F. (2006). – Étude de la distribution et de la qualité des médicaments vétérinaires au Cameroun. Thèse de doctorat de l’École inter-États des sciences et médecine vétérinaires de Dakar (EISMV), Sénégal, 114 pp.

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LES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ (FDS) AU SERVICE DU PEUPLE, POUR LA PRÉSERVATION DE LA PAIX SOCIALE ET DE LA COHÉSION NATIONALE, GAGE DE L’ÉMERGENCE DU CAMEROUN

OKWELIANS FELLOWS, PROMOTION 2022

Au lendemain des indépendances, en 1960, le peuple camerounais est confronté au besoin de bâtir une nation unie dans sa diversité. Ce besoin ardent de foi et d’unité[1] fut, le 20 mai 1972, l’élément déclencheur du passage par référendum d’un Etat fédéral à un Etat unitaire[2] et indivisible.

             Attaché à cet idéal d’unité, symbole de paix, le Chef de l’Etat, Chef des Forces armées[3], s’exprimait en ces termes : « Nous devons veiller à ce qu’aucune dérive du processus démocratique auquel (…) nous sommes profondément attachés ne vienne compromettre ni la stabilité de nos institutions, ni notre développement économique et social ni bien entendu notre sécurité. Notre armée a toujours su faire face à toutes les situations »[4]. Conscient de l’impossibilité d’un processus fructueux de développement sans paix,la question sécuritaire, en tant que préoccupation majeure de l’Etat, place les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), bras séculier du peuple, au premier rang dans sa mission régalienne de défense du territoire et de maintien de l’ordre.

Le thème de la fête de l’Unité 2022 ‘’Les forces de défense et de sécurité au service du peuple pour la préservation de la paix sociale, et de la cohésion nationale, gage de l’émergence du Cameroun’’, permettra de faire un synopsis sur l’identité des FDS en phase avec les idéaux de paix et de cohésion nationale d’une part et, aux côtés des populations pour l’émergence du Cameroun, d’autre part.

I- L’IDENTITÉ DES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ EN PHASE AVEC LES IDÉAUX DE PAIX SOCIALE ET DE COHÉSION NATIONALE

Classée 20e armée d’Afrique[1], avec un effectif de 40 000 Hommes, les FDS sont composées de camerounaises et de camerounais œuvrant ensemble pour le bien de la Nation[2]. Le but ultime étant la préservation de la paix sociale et la cohésion nationale[3].  Les FDS ont connu différentes mutations. Les dates clés de celles-ci correspondent aux réponses de l’Etat en matière de sécurité nationale et renvoient à des moments déterminants de l’histoire du pays. En effet, la constitution du 04 mars 1960[4], crée les forces armées et l’Ecole Militaire Interarmées du Cameroun (EMIA). En 1983, le nouveau Chef de l’Etat[5] initie une série de réformes. Les FDS sont subdivisées en 3 régions militaires et 3 régions de gendarmerie (Yaoundé, Douala et Garoua). Leur développement aboutira à la naissance en 1985 du Ministère de la défense en remplacement du Ministère des Forces armées.[6]

Véhicule Militaires présentés lors du défilé militaire (Source : https://stringfixer.com/fr/Cameroon_Armed_Forces )

        Les quatrième et cinquième Régions Militaires et de la gendarmerie ont été créées respectivement en 2014 à Maroua et 2018 à Bamenda pour répondre aux attaques récurrentes à l’Extrême-Nord, au Nord-Ouest et au Sud-Ouest.

        Plus spécifiquement, les FDS agissent de concert avec l’Etat pour : défendre la patrie ; consolider la paix et le développement ; réduire la capacité de nuisance des terroristes ; lutter contre la criminalité urbaine et rurale ; maintenir l’ordre public ; s’opposer aux tentatives d’atteinte à notre souveraineté et à l’intégrité de notre territoire ; participer à la constitution et la construction de l’Unité Nationale, ainsi qu’à l’édification de la nation camerounaisee.

Les FDS sont engagées à l’intérieur et à l’extérieur du Cameroun et se concentrent sur trois opérations principales. La première mission est la lutte contre la menace terroriste Boko Haram aux frontières avec le Tchad et le Nigéria. Entre 2000 et 2500 militaires sont également engagées au sein de la Force Multinationale Mixte (FMM) en lutte contre Boko Haram. La deuxième mission est le maintien de l’unité nationale et l’intégrité territoriale dans les Régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest, en proie à des velléités séparatistes. Enfin, les troupes camerounaises interviennent dans des opérations avec la République Centrafricaine[3]. L’objectif du déploiement à la frontière centrafricaine est de protéger les populations camerounaises de la menace des milices armées et des rebelles centrafricains, notamment dans les régions de l’Est, l’Adamaoua et du Nord.[4] En janvier 2022, environ 750 militaires et 350 policiers étaient présents en République Centrafricaine pour un soutien au maintien de la paix au sein de la MINUSCA.[5]

        Le Général de Division René Claude MEKA, Chef d’Etat-Major des armées, note que l’implication du Cameroun au niveau de toutes ces instances dénote du souci de préserver la paix au niveau du pays, de la région Afrique Centrale et en Afrique ; la paix étant une précondition au développement.[6]

            Toutefois, la perception des FDS reste très mitigée[7]. L’égarement de certains hommes en tenue dans les exactions est heureusement réprimandé par la consécration de l’état de droit dans la pratique de la justice militaire[8]. Aussi, certains mettront plutôt en lumière l’héroïsme des réalisations des FDS au point d’y voir un élément d’expression de la fierté nationale[9].

            En effet, « dans le cadre des éléments de fierté nationale, 62,75% de la population accordent leur préférence aux symboles de l’Etat (…) ».  En considérant les symboles de l’Etat à savoir le drapeau, l’hymne national et les armoiries fièrement arborés par les FDS, la tenue militaire transcende les plus beaux costumes officiels. La prestance des FDS s’illustre dans cet apparat dualiste de fête, mais aussi de guerre. Le 20 mai, fête de l’Unité, est surtout le jour d’explosion et de célébration de la nationalité du peuple. Il leur est ainsi confié le haut du pavé, afin de préserver du haut de leurs bottes cirées, l’intégrité de notre chère patrie. La majesté de leurs pas sur le bitume du boulevard du 20 mai imprime la gravité de leurs sacrifices dans l’esprit des citoyens. Sous la discipline des rangs serrés, l’arsenal de guerre rappelle aussi au peuple le visage des horreurs dont elles se tuent à les préserver.  

            L’idéal de paix et cohésion nationale s’illustre dans la solidarité entre le peuple et les FDS. En témoignent la collaboration des comités de vigilance avec les FDS,[10] ainsi que le dialogue et à la médiation, permettant de réguler les rapports sociaux.[11]

            Le Cameroun s’engage pour le développement à travers sa stratégie nationale en faveur de la paix sociale et de la cohésion nationale.  Il convient de présenter dans quelle mesure les FDS s’impliquent aux côtés des populations pour l’émergence du Cameroun.

II- LES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ AUX CÔTÉS DES POPULATIONS POUR L’ÉMERGENCE DU CAMEROUN

Campagne de consultation et autre prise en charge sanitaire gratuites dispensées par le B.I.R à Nkambe dans le Nord- Ouest (source: Armee camerounaise, Twitter).

Dans le cadre du programme de transformation économique du Cameroun, posé par le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE)[1], suivi de la Stratégie Nationale de Développement (SND 30)[2] ; le Cameroun est à présent un vaste chantier économique, politique et social. Dans cet élan de construction nationale, la paix, définie comme une situation d’absence de conflits, est indispensable pour la stabilité économique et par ricochet, l’émergence[3].

         Le Cameroun s’inscrit durablement dans cette perspective de préservation de la paix sociale en tant que creuset du développement économique. Cette paix est menacée du fait de nombreux conflits aux sources endogènes et exogènes. A cet effet, les FDS sont mises à contribution pour assurer le maintien de l’ordre public. Le lien armée-nation est ainsi inhérent à la préservation de la paix et de la cohésion en vue de l’émergence du Cameroun. Les géo stratèges camerounais analysent ce lien comme une relation consubstantielle entre la nation et les forces de défense[4].

     En effet, l’action des FDS aux côtés des populations en vue de l’émergence est perceptible par les Opérations Militaires d’Influence (OMI) à l’instar des Actions Civilo-Militaires (ACM)[5] et PSYOPS (Opérations Psychologiques)[6]. En tant que socle du concept Armée-nation, les activités menées par les FDS au profit des populations participent à la consolidation de la paix et à la promotion du développement. Ces OMI peuvent être classées en deux catégories : les OMI permanentes et les OMI temporaires.

Le BIR qui fait des dons à Kribi. Source : Cameroon tribune

Les OMI permanentes concernent les ACM établies de façon définitive par l’armée au profit des populations. Il s’agit des infrastructures (hôpitaux militaires à Douala ; Garoua ; Maroua et Yaoundé ; des écoles publiques et des centres sociaux) construits et gérés par les FDS au profit des populations.

Les OMI temporaires concernent les actions ponctuelles des FDS pouvant résulter de situations de crises ou non. Il s’agit, des dons en matériels divers et des actions en faveur de l’éducation[1], de la santé[2] ainsi que les activités du génie militaire[3].

            Le progrès économique repose sur un socle de valeurs fondamentales, telles que le patriotisme, qui est menacé par de nombreuses dérives à l’instar de la corruption. Les FDS, reconnues pour leur sens de l’honneur, du travail et de la fidélité, œuvrent à la construction de l’identité nationale, par la culture du patriotisme et la promotion du respect de la hiérarchie et des institutions républicaines. A ce titre, le système éducatif, chargé de la formation des futurs acteurs de la destinée économique du Cameroun, emprunte à l’armée des usages tels que la solennelle levée des couleurs dans les établissements scolaires.

          En outre, les FDS protègent les ressources naturelles nationales de la menace contrebandière et permettent d’avoir des échanges d’informations et de produits commerciaux à l’intérieur et à l’extérieur du territoire national. Le maintien de la paix et de la sécurité sociale est un atout pour le développement du tourisme. Les FDS soutiennent les initiatives culturelles, par le déploiement des forces de police pour la protection des civils et des autorités durant les manifestations publiques (Coupe d’Afrique des Nations en 2022).

         Enfin, on observe une ouverture des FDS à la nation à travers l’organisation de journées portes ouvertes[4], la digitalisation des services de l’armée[5], l’appui aux initiatives entrepreneuriales jeunes en matière d’innovation numérique et d’intelligence artificielle relative notamment à la lutte contre la cybercriminalité[6] et la commande publique de solutions de surveillance[7] élaborées par des jeunes Camerounais[8].

Levée des couleurs dans un établissement scolaire. Souce : Cameroon Tribune.

Au demeurant, les difficultés rencontrées lors des crises multiformes par les FDS n’entachent pas la recherche d’une étroite collaboration entre celles-ci et le peuple. Elles sont garantes de la protection de la souveraineté, du territoire et de la population : éléments constitutifs de l’Etat. La cohésion entre les FDS et la population est essentielle pour préserver la paix et faire du Cameroun, un pays émergent. Les Forces armées et le peuple sont les organes vitaux du corps national ; ils sont interdépendants pour atteindre des objectifs de développement économiques, sociaux et environnementaux. Aussi, à travers l’harmonie entre l’identité nationale, les différents idéaux patriotiques et leur communauté de valeurs, les Forces de Défense et de Sécurité et la Nation participent au don d’amour et du grand honneur à la chère Patrie, notre terre chérie !


[1]  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/32554/en.html/actions-civilo-militaires-larmee-toujours-presente

[2]  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/47094/fr.html/action-civilo-militaire-du-bir-167-malades-retrouvent-la

[3] Voir,  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/40626/fr.html/infrastructures-la-touche-du-genie-militaire . De plus, dans le cadre de la mise en œuvre de la SND 30, un cadre de réflexion de l’armée sur l’apport du génie militaire au service de l’industrialisation du Cameroun. Cf. https://www.agenceecofin.com/gestion-publique/0904-96536-l-armee-camerounaise-etudie-les-possibilites-d-une-plus-grande-participation-a-l-industrialisation-du-pays

[4] https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/19006/en.html/fete-nationale-lunite-mindef-organise-journees-portes-ouvertes

[5]https://www.facebook.com/mindefcm/?hc_ref=ARRoNVAsxY0-K1aOktAKz__rgoArBwU6kQ-zSF28LEGw9hlFAf5CRuHJUs2Onu2Qmyw&fref=nf&__xts__[0]=68.ARAv1Wf1rYinUasfeJKwrUT_KeDh0X-ww2A5TXp0mOri-zI7HE4fb-mugucXqYY_3sgeVz_tATARno4wqdTiKlAQNsrklGAJWQQfhpFlR_QhGJBX0Vwvua_DxNSNg5d6IQzLsV86kKYc8I-0BqrVItHEzueFBTz7zAPuzUkW_s4NYVghcM5C7lxF5jqcNPSbEymF0odQej5Cgpsxhtawxbmrfi1OGreNje3QPruA1Y7i7PUygoqxdZuRYKjMf6i2wuFKjr8fj4pVdrit197ee-px9Ss47F9kl7KdV6N-SpMu35mOJTCu5w

[6]  https://www.journalducameroun.com/salon-secupol-promotion-de-lintelligence-artificielle-pour-la-securite-en-afrique-centrale/

[7]  https://www.voaafrique.com/a/cameroundeveloppe-ses-propres-drones/4260019.html

[8]  https://www.crtv.cm/2019/03/salon-secupol-le-securite-en-debat-a-yaounde/


[1]  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/32554/en.html/actions-civilo-militaires-larmee-toujours-presente

[2]  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/47094/fr.html/action-civilo-militaire-du-bir-167-malades-retrouvent-la

[3] Voir,  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/40626/fr.html/infrastructures-la-touche-du-genie-militaire . De plus, dans le cadre de la mise en œuvre de la SND 30, un cadre de réflexion de l’armée sur l’apport du génie militaire au service de l’industrialisation du Cameroun. Cf. https://www.agenceecofin.com/gestion-publique/0904-96536-l-armee-camerounaise-etudie-les-possibilites-d-une-plus-grande-participation-a-l-industrialisation-du-pays


[1] Le DSCE 2010-2020, a été adopté en 2009 comme première phase de la vision de développement à long terme du Cameroun.

[2] Présentée officiellement en novembre 2020, la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 est la déclinaison décennale de la deuxième phase de la Vision, qui ambitionne de faire du Cameroun, « un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité » à l’horizon 2035.

[3] Dominique Strauss Khan – ancien Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI), dans son discours du 23 octobre 2009 à Oslo s’exprimait sur la relation paix et développement économique en ces termes. « Je souhaiterais parler plutôt d’un autre sujet important : la relation entre la stabilité économique et la paix. Je crois intimement que l’une et l’autre sont étroitement liées. Si on perd l’une, on perdra probablement l’autre. La paix est indispensable au commerce, à une croissance économique soutenue et à la prospérité ».

[4] Le Professeur NTUDA EBODE, parlant du concept de défense nationale, ajouta que la mission fondamentale de l’armée dans l’édification de la nation camerounaise est « de prévenir le corps social de toutes les menaces contre le patrimoine reçu et d’extirper de la nation les germes susceptibles de porter atteinte à sa volonté de vivre-ensemble ». http://www.irenees.net/bdf_fiche-documentation-642_fr.html

[5]  http://www.irenees.net/bdf_fiche-analyse-1_fr.html      

[6] https://issafrica.org/fr/iss-today/le-suivi-post-traumatique-est-necessaire-a-la-reinsertion-des-anciens-terroristes


[1] Le corps des Sapeurs-Pompiers est créé la même année que la tragédie du Lac Nyos

https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_du_lac_Nyos

[2]  https://www.osidimbea.cm/institutions/presidence/gp/

[3] Cette Opération Militaire Extérieure (OPEX) des FDS est un apport dans l’architecture de la paix et de la sécurité collective en Afrique Centrale,

https://www.agora-parl.org/sites/default/files/agora-documents/mettre_en_oeuvre_larchitecture_de_paix_et_de_securite_lafrique_centrale.pdf

[4]  https://www.cia.gov/the-world-factbook/countries/cameroon/#military-and-security

[5]  https://www.voanews.com/a/cameroon-deploys-troops-to-car-border-to-stop-rebel-abductions/6535583.html

[6] http://www.irenees.net/bdf_fiche-documentation-642_fr.html

[7] L’enquête afro baromètre montre que 62 % des citoyens des régions anglophones n’ont pas du tout confiance dans l’armée, contre 13 % des citoyens des régions francophones. L’écart était plus faible en 2015, puisque 23 % des anglophones et 11 % des francophones n’avaient aucune confiance en l’armée. Voir, Afro baromètre, Dépêche No. 283 du 11 mars 2019, https://afrobarometer.org/sites/default/files/publications/D%C3%A9p%C3%AAches/ab_r7_dispatchno283_divisions_anglo_francophones_saggravent_au_cameroun.pdf

[8] Voir, Loi N° 2017/012 du 12 Juillet 2017 portant Code de justice militaire en République du Cameroun. C’est ainsi que le 21 septembre 2020, une décision de justice de cette instance, condamnait des militaires ayant commis des exactions, à 10 ans de prison notamment pour le meurtre de civils. Voir https://www.hrw.org/fr/news/2020/09/23/cameroun-des-militaires-condamnes-10-ans-de-prison-pour-le-meurtre-de-civils

[9] Cf. Perspective sur la cohésion sociale, la transformation économique et la gouvernance publique au Cameroun, 2020, The Okwelians, BP 1770, Douala-Cameroun. PP.74. P. 32.

[10] L’armée s’est appuyée sur plus de 14 000 « comités de vigilance » (groupes d’autodéfense communautaires) Voir,https://www.hrw.org/fr/news/2021/04/05/cameroun-les-attaques-de-boko-haram-sintensifient-dans-la-region-de-lextreme-nord

[11] En effet, la création des commissariats et des postes de polices, permet aux populations de régler pacifiquement leurs différends, dans le respect des droits de l’homme.


[1] Voir, L’index des Forces armées dans le monde du Global Fire power (GFP) qui depuis 2006, fourni un affichage analytique unique de données concernant 142 puissances militaires modernes. Cf. https://www.globalfirepower.com/countries-listing-africa.php

[2] En effet, la constitution de l’armée est représentative de l’équilibre régional, et est avec le peuple, le symbole humain de l’unité et du vivre ensemble. L’identité des individualités la constituant, n’est ni fonction de religion, d’ethnie, de langue, de genre, ni de sensibilités politique.

[3] Pendant que, la paix sociale est atteinte lorsque les individus entretiennent une relation solide avec l’État et d’autres groupes communautaires, et qu’ils sont convaincus que les décisions de l’État sont prises de manière équitable, même s’ils n’en bénéficient pas directement ; la cohésion nationale quant à elle, repose sur le fait que les sociétés et les individus ne peuvent réaliser leur potentiel qu’en vivant et en travaillant ensemble. Voir, article Peaceful Change Initiative, https://peacefulchange.org/wp-content/uploads/2022/04/PCi_SPLD_Online.pdf)

[4]  https://mjp.univ-perp.fr/constit/cm1960.htm

[5] https://www.prc.cm/fr/le-president/biographie

[6]  https://www.osidimbea.cm/institutions/gouvernement/defense/


[1] Hymne national du Cameroun, « Ô Cameroun Berceau de nos ancêtres ».

[2]  https://mjp.univ-perp.fr/constit/cm1984.htm

[3] Chef de l’Etat, élu au suffrage universel direct par le peuple et consacré Chef des Forces arméesau sens du préambule de la Loi constitutionnelle du 18 janvier 1996.

[4] S.E Paul BIYA, Discours adressé à la nation Camerounaise le 20 Mai 2009.

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ADVOCACY NOTE FOR A RENEWED SOCIAL PACT IN CAMEROON: OUR COMMON FUTURE TO REINVENT

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POLITIQUE ET MODE EN AFRIQUE

Par Melissa Zibi

Autrice et designer, Melissa Zibi oscille entre les industries de l’écriture, le design et de la mode et défend le changement dans chacun de ces espaces.

Au temps des rois, des reines, des Empires d’Afrique, les objets de mode et notamment les parures ont toujours eu une valeur importante. Composés de codes permettant non seulement de passer des messages et de distinguer tout un chacun selon son statut social, la mode n’a clairement pas pour simple but de couvrir le corps.

Ainsi, je souris quand de la bouche de certains j’entends des critiques négatives sur cette industrie qui est l’une des plus fructueuses de notre ère. Dans la liste des « anti-modes » arrivent bien souvent en tête les hommes politiques, dont certains se paonnent dans leurs costumes deux ou trois pièces qu’ils portent tous les jours tel un uniforme. Ils pensent que le simple fait de porter les mêmes couleurs ou le même type de vêtement ne font pas d’eux des victimes de la mode. Ils disent, pour certains, que la mode est excentrique et loufoque. Sans doute parlent-ils de la haute couture flamboyante et artistique, qui est en réalité est une vision exagérée et futuriste de ce qui devient, par la suite, une mode épurée et dite simple.

Avant de rentrer dans un argumentaire sans fin, comprenons d’abord d’où vient la mode et pourquoi, en soi, elle est devenue un mouvement mondial qui déplace les foules dans des boutiques populaires aujourd’hui. Pour ce faire, je vais essentiellement me concentrer sur les mouvements de mode en Afrique.  Tout d’abord, il existe bien des modes en Afrique et ce depuis la nuit des temps. De l’Empire égyptien à l’Empire Aksoumite en Éthiopie, en passant par l’Empire Mandingue du Mali ou encore les Empires Ashanti du Ghana et de Côte d’Ivoire, les étoffes ont voyagé, marqué et magnifié les corps des africains de toutes les manières possible et imaginable. Ainsi donc, les tissus et les bijoux étaient maître à cette époque. Ils servaient à identifier les Hommes selon leur tribu (chaque parure et style vestimentaire était différent d’un Empire à un autre) mais aussi étaient des outils pour séduire l’être aimé, mettre en valeur le corps, protéger et célébrer le vaillant guerrier, exposer l’abondante richesse des plus aisés.

Les étoffes utilisées pour les rois et les reines, étaient cousues au fil d’or ou confectionnées selon des codes de couleurs et motifs conçus spécialement pour eux et ne pouvant être portés que par eux. Dans d’autres cultures comme celles des Zoulous en Afrique du Sud, les peaux d’animaux servaient d’agrément aux costumes permettaient de mesurer la force et la virilité d’un homme. Soulignant ainsi sa capacité à protéger sa famille et à veiller à son épanouissement. Quant aux femmes, les peaux étaient signe de force et de sagesse.

Plus récemment, et au plus grand désarroi de mes chers anti-modes, les dirigeants politiques des années soixante, période symbolique marquant les premiers pas vers les indépendances des pays africains, ne sont pas en reste. Chaque politicien de cette époque a marqué l’histoire, et ce, du Maroc jusqu’à l’Afrique du Sud. Et, il était important pour ces hommes, dignes Représentants d’une Afrique libre, de montrer leurs talents certes intellectuels mais aussi stylistiques. Nous pouvons commencer par M. Kwame N’Krumah, qui en 1957 arrive à Washington avec un superbe costume traditionnel en tissu Kente, dont le volume et les couleurs ont marqué cette visite aux États-Unis. Par la suite, Monsieur Mobutu a tout simplement créé l’Abacost, un vêtement hybride qui n’était ni un costume classique occidental, ni une chemise. Ces Abacosts étaient cousus par des tailleurs congolais dans des étoffes aux couleurs unies en coton ou dans des imprimés africains flamboyants. Cette création devint si populaire que d’autres présidents africains (dont Mr Kwame N’Krumah du Ghana ou encore le président Julius Nyerere de Tanzanie) l’ont adopté à leur tour. Ensuite nous pouvons citer, Monsieur Nelson Mandela et ses chemises signées Pathé O., l’ancien président du Nigeria Monsieur Goodluck Jonathan toujours en chapeau noir ainsi que son successeur et président actuel, Monsieur Muhammadu Buhari qui lui adore les tenues traditionnelles revisités.

Aussi, quand certains n’osaient pas porter des imprimés ou se créer un style unique, c’était leurs femmes qui étaient de dignes représentantes de la mode de l’Afrique libre. On se souvient de l’incroyable élégance de Miss Fatoumata Diallo, Madame Marie-Thérèse Houphouet-Boigny et aujourd’hui de Madame Samira Bawumia… pour n’en citer que quelques-unes.

Ainsi, vous l’aurez compris, la mode est un excellent moyen de faire passer des idées, un message ou encore de relayer une attitude ; que l’on soit audacieux, comme Monsieur Mobutu, classique et élégant comme Houphouet Boigny, ou encore entre le classique et le traditionnel comme Monsieur Alpha Condé de la Guinée Conakry. L’essentiel est de marquer l’Histoire et d’embrasser sa culture.

Gageons donc que la nouvelle génération de leaders africains se tournera vers les jeunes stylistes africains, qui grâce à leur connaissance pointilleuse de la mode et de la confection vestimentaire, autant africaine que mondiale, sauront rafraîchir avec originalité la garde robe de ces brillants messieurs et dames pour leur permettre d’incarner toujours plus leur message et leur vision. Eh oui, l’habit fait également le leader !

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L’eau potable pour tous et par tous: et si c’était possible

Par Asmaou Karim, Vice-Président de The Okwelians

Aujourd’hui, nous célébrons une ressource naturelle indispensable à la vie : l’eau. Les instances internationales ont rappelé l’importance de l’eau et en ont fait un Objectif de Développement Durable : « garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau », tel est l’Objectif de Développement Durable n°6 énoncé par l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans son Agenda 2030. D’ailleurs, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la période 2018-2028 décennie internationale d’action sur le thème « l’eau pour le développement durable », et la thématique retenue pour l’année 2021 est : « la place de l’eau dans nos sociétés et comment la protéger ».

En ce 22 mars, Journée mondiale de l’Eau, deux questions sont posées par les Nations Unies autour du thème #Water2me : * Que signifie l’eau pour vous ? * Quels changements concernant l’eau apporteriez-vous dans votre région ?

crédit photo : Desy Danga

Y répondant, Yérima Alim MUSTAPHA, Maire de la commune de Gashiga dans le Nord Cameroun et plus jeune Maire du Cameroun pour la mandature 2013-2020, alerte :

« L’eau c’est la vie, son existence est essentielle au maintien de la vie et de tout être vivant. Le Grand Nord souffre du problème d’accès à l’eau potable, il est plus qu’urgent de créer des points d’eaux dans les localités qui n’en ont pas. »

En effet, l’eau a une valeur inestimable. Nous en avons besoin tous les jours que ce soit pour nos foyers, notre économie ou l’intégrité de notre environnement naturel. Chacun, sans discrimination, « a le droit à un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d’une eau potable et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques, qu’il s’agisse de boisson, d’assainissement individuel, de lavage de linge, de préparation des aliments ou d’hygiène personnelle et domestique », rapporte l’Organisation des Nations Unies (ONU). Et, la Journée mondiale de l’eau a pour but de sensibiliser la population aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui entourent « l’or bleu » et rappeler à toutes et à tous que l’eau potable est une richesse menacée qu’il faut préserver et protéger.

Dans le monde aujourd’hui, 1 personne sur 3 n’a pas accès à de l’eau salubre. D’ici à 2050, jusqu’à 5,7 milliards de personnes pourraient vivre dans des zones en pénurie d’eau au moins un mois par an. Au Cameroun en particulier, 9 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. L’eau y est inégalement répartie et distribuée sur les dix régions et la situation est davantage alarmante en zones rurales. Ainsi, selon l’ONG African Center for Advocacy (ACA), organisation à but non lucratif qui mobilise ses efforts pour assurer l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous, même si Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, n’est pas épargnée, les régions du Grand Nord paient le plus lourd tribut avec 80% de la population n’ayant pas accès à cette ressource fondamentale. Ces carences et dysfonctionnements pourraient être expliqués entre autres par les retards dans la mise en œuvre des programmes de constructions des forages, la vétusté du réseau de distribution d’eau potable, les coupures intempestives ou encore la qualité approximative de l’eau fournie par la société en charge de la distribution de l’eau potable.

crédit photo : Desy Danga

D’après les experts, les changements climatiques, sont à l’origine des crises liées à l’eau que nous observons dans le monde entier. L’augmentation de la population mondiale, les crises politiques, les déplacements de populations, les besoins en matière agricole et industrielle accroissent également le besoin en eau. Cette situation expose les populations et particulièrement les enfants à de nombreuses maladies hydriques. D’ailleurs, la prévention et la lutte contre la pandémie de la COVID 19 nous rappellent combien l’accès à l’eau est crucial dans la construction d’une société durable.

Pour y faire face, les pouvoirs publics camerounais multiplient les efforts pour améliorer la desserte en eau potable. Dans le cadre du processus de décentralisation en cours, plusieurs projets visant à résorber le déficit actuel ont été lancés dans plusieurs villes du pays. Il s’agit entre autres de la réhabilitation des réseaux dans les villes de Yaoundé, Ngaoundéré et Bertoua, l’extension des stations de production d’eau potable ou encore l’’extension du réseau tertiaire et du nombre de branchements (3 000 branchements supplémentaires et 70 bornes fontaines), dans la ville de Ngaoundéré.

De même, la Stratégie Nationale de Développement 2030 du Cameroun décrit également les actions que le Gouvernement entend mener pour assurer un accès universel et équitable à l’eau potable à savoir (i) mettre en place un cadre favorable à l’installation des sociétés privées de production et de distribution d’eau potable au niveau communal, (ii) réviser la loi n°98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l’eau ou encore  (iii) élaborer et mettre en place un plan de développement sectoriel à long terme et un programme d’investissement conséquent en appui aux collectivités territoriales décentralisées.

En tout état de cause, d’énormes efforts restent à faire, tant la situation est inquiétante. La problématique de l’accès à l’eau potable n’est pas la responsabilité du seul Gouvernement. Cette responsabilité nous incombe à toutes et à tous, en tant qu’individus et aussi en tant qu’organisations ou associations. Chaque action est importante. De la sensibilisation à l’appropriation, beaucoup reste encore à faire.

The Okwelians s’est résolument inscrit dans cette dynamique. Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme « The Okwelians s’engage pour les villes » qui est un programme destiné à accompagner les villes camerounaises dans la mise en œuvre de politiques publiques au service d’un développement socioéconomique et environnemental durable, The Okwelians a défini trois axes stratégiques : la gouvernance urbaine, la définition et la promotion des villes durables, les actions sociales principalement axées sur l’éducation et la santé.

Ainsi, au mois d’Octobre dernier à Rey Bouba, divers dons en produits et matériels pour le nettoyage du château d’eau et l’assainissement de l’eau pour les 120 000 habitants que compte la Commune ont été effectués. Une goutte d’eau dans la mer. Mais, nous espérons également que les efforts en cours permettront sur le plan des politiques publiques une meilleure sensibilisation, appropriation et concertation autour des enjeux liés à l’eau afin que chaque citoyen devienne un acteur responsable, un gardien, un avocat de l’accès à leau potable pour toutes et tous.

Alors, et vous ? Dites-nous, que signifie l’eau pour vous et quels changements concernant l’eau apporteriez-vous – pour ne pas dire apportez-vous – dans votre région ?

Let’s Okwelian it !

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Africa as the theater of a new proximity war between Russia and the Western bloc? Part 2

Par Roger Motaze, Directeur Scientifique du LAB de The Okwelians

While the Cold War ended more than three decades ago, we are witnessing the resurgence of confrontation between East and West in a new theater, which is none other than Africa. At the expense of the people, it appears once again that geopolitical interests are taking precedence over the stability and development of Africa. We will illustrate our postulate in a series of various papers.

Mali and Niger II

On 18 August 2020, elements of the Malian armed forces unleashed a mutiny, which led to the fall of President Ibrahim Boubacar Keïta. The artisans of this coup were Colonels Malick Diaw and Sadio Camara, both trained at a military academy in Russia.[1]   They immediately set up the National Committee for the Salvation of the People (CNSP) to ensure the transition at the head of the country. President Keita’s term of office, which began in 2013 after a coup d’état in 2012 ousted Amadou Toumani Touré, coincided with the establishment of a French mission in Mali following Operation Serval and then Barkhane on the territory. Can we see in this strange coincidence, a pass of arms? That would be very hasty. Nevertheless, it seems obvious that Russia’s involvement seems certain, and that its influence exacerbates the historical partner. In response to this coup, the leader of the Western bloc, the United States, directly cut all military ties with the junta. It would seem that the relationship has become rather unfriendly and tumultuous between the Malian people and the French army, the reasons? They are surely multiple and diverse, ranging from the colonial past to Barkhane inefficiency, as Mali is still a victim of terrorist attacks, and jihadist groups are still swarming in the north of the country. In November 2019, demonstrators in Bamako urged Moscow to repel Islamist attacks in Mali as it did in Syria. Even the Malian opposition, like Umar Mariko, praised Russian arms and technical support. During the demonstrations in Bamako following the coup, demonstrators were seen waving Russian banners and holding up posters praising Russia for its « comradeship » with Mali.[2]   

Beyond the security and political aspects, the economic side naturally takes precedence in all cooperation.  On this aspect, it is important to note that the Russian nuclear energy giant Rosatom, which is in direct competition with its French counterpart Areva for contracts in the Sahel, could benefit from favorable relations with the new Malian political authorities.  Similarly, Nordgold, a gold company with investments in Guinea and Burkina Faso, could also expand its mining initiatives in Mali’s gold reserves.[3]   In January 2021, the CNSP is dissolved, leaving room for new elections to be held. The question on everyone’s mind is whether the next Malian authorities will continue to collaborate with Russia or return to the Western bloc, nothing is less certain. What is certain, however, is that the battle between the Russians and the French for control of influence in Mali is likely to continue.

Niger

In 2019, the Russian news agency « Sputnik » reported that Russia and Niger signed a contract for the delivery of 12 Mi-35 helicopters.[4]   This information coincided with the Russian will to impose itself on the African continent. This former French colony, member of the G5 Sahel and part of the most dangerous land axis in Africa, that is to say, the area of the three borders, which the country completes with Burkina Faso and Mali, is constantly victim of terrorist groups that criss-cross this sector.  Concluding a military contract with Russia is synonymous with disavowal of the former metropolis. This country, which broke relations with the USSR after the fall of the Berlin Wall in 1991, has in fact always had a socialist influence, verifiable with the accession to power of President Mahamadou Issoufou, who was brought to power when he headed the PNDS-Tarayya (the Nigerian Party for Democracy and Socialism,) which is part of the socialist international. Following a protocol signed in October 2016 in Niamey, Niger and Russia decided to strengthen their cooperation in several sectors, including energy, mining, infrastructure and security.[5]  This agreement puts the previous ones in difficulty when the exploitation of resources was essentially done by France.  Exports to France of uranium from the Arlit mines, located in northern Niger, have for a long time constituted a significant part of the country’s foreign income.[6]   

In addition, in January 2009, the government of President Mamadou Tandja of Niger and the president of Areva’s board of directors signed a strategic mining agreement granting the French nuclear group an operating permit for the Imouraren deposit, presented by Areva as the most important uranium mine in all of Africa and the second largest in the world.[7]    In 2019, the two countries, through their Ministers of Foreign Affairs, decided to extend cooperation in the political, commercial, economic and humanitarian spheres. This political cooperation has enabled Niger to gain immeasurable support from Russia in multilateral organizations, as well as for its election as a non-permanent member of the United Nations Security Council in fiscal year 2020-20201.  This is to say that the battle continues to rage between the two blocs.

Work Cited

  1. “Was Russia behind the coup in Mali?”, DW,  June 26, 2020.
  2. « Areva, maître de la plus grande mine d’uranium d’Afrique »,Site du collectif « Areva ne fera pas la loi au Niger », September 1st, 2009.
  3. Ramani, Samuel. “Why Russia is a Geopolitical Winner in Mali’s Coup”, Foreign Policy Research Institute, September 16th, 2020.




[1] “Was Russia behind the coup in Mali?”, DW,  June 26, 2020.

[2] Samuel Ramani, “Why Russia is a Geopolitical Winner in Mali’s Coup”, Foreign Policy Research Institute, September 16th, 2020.

[3] Idem

[4] Idem

[5] « Areva, maître de la plus grande mine d’uranium d’Afrique »,Site du collectif « Areva ne fera pas la loi au Niger », September 1st, 2009.

[6] Idem

[7] Mona Saanouni, “Le Niger achète 12 hélicoptères de combat russes”, Anadolu Agency,| October 23rd, 2019.

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Africa as the theater of a new proximity war between Russia and the Western bloc? Part 1

Par Roger Motaze, Directeur Scientifique du LAB de The Okwelians

While the Cold War ended more than three decades ago, we are witnessing the resurgence of confrontation between East and West in a new theater, which is none other than Africa. At the expense of the people, it appears once again that geopolitical interests are taking precedence over the stability and development of Africa. We will start by illustrating our postulate from two countries.

Libya 

Since the fall of Guide Muammar Gaddafi, the country has been plagued by insecurity.  Behind the bitter struggle for control of the country that pits the Government of National Unity (GNA) of Fayez Al-Sarraj against the National Liberation Army (NLA) of Marshal Haftar, there is a genuine opposition and diverse involvement, the United States and Russia. Although recognized and supported by the United Nations, the NLA controls only Tripoli and its environs. How then can we explain the inaction of the UN body in the face of this conflict that has been going on for more than seven (07) years? The answer lies in the reciprocal neutralization of the members of the Security Council, essentially the Russians and the Americans. It is important to understand that the control of Marshal Haftal is established over a large eastern zone of the country, where the country’s oil deposits are located. Vladimir Putin’s country has undertaken to conclude oil and construction agreements in Libya, which has the largest oil reserves and the fifth largest reserves of natural gas on the African continent.[1]   On the military level, Russian cargo planes have regularly made military expeditions to the ANL forces, carrying military ammunition and soldiers of the pro-Russian Syrian regime.[2]   Beyond that, the country of Vladimir Putin is suspected of having deployed nearly two thousand (2000) mercenaries to fight with the ANL, and nearly a dozen fighter planes to support private military contractors.  On the political level, Russia has systematically opposed the sanctions issued against the ANL by the United Nations Security Council and has allowed the printing of a rival Libyan currency in Russia.[3]


As far as the United States is concerned, the commitment is certainly less direct, but it is just as sustained. Contrary to Russia, which acts in the open, the North American country uses the United Nations but especially Turkey and the anti-Islamic coalition as its horse of three, or pretext.

Since 2011, they (the USA) have officially conducted air strikes and sporadic raids in the country against Islamist groups.  In 2014, U.S. commandos seized an oil tanker bound for anti-government militias and returned it to the Libyan National Government.[4]   While the aegis of the anti-EI coalition may justify U.S. neutrality, support for Fayez is certain. Although Turkey also pursues its own interests in this conflict, it turns out that the old adage of the enemy of my enemy’s enemy is my friend (especially under the circumstances) applies here on several levels. Turkey has periodically transported arms, ammunition and aid to the Fayez government.[5]   Officially in July 2019, Recep Tayyip Erdoğan, the President of Turkey, threatened to declare war on Khalifa Haftar after receiving news of six Turkish citizens arrested by Haftar’s forces. The Turkish parliament voted on January 2, 2020, the agreement to send troops, and armament to help the internationally recognized government of Libya. As for the United Nations, Uncle Sam’s country has multiplied plans to sanction Haftar, but has also worked for talks to be held so that the Marshal could lay down his arms. Although the American interest is not as important as that of the Russians, it is the latter’s involvement that preserves American activism.  While Russia is trying to position itself, the United States will not allow a rise in Russian influence in Libya to flourish.

Central African Republic

It would be a truism to say that this country has been since its independence a preserve of the West, especially of France. This paradigm has changed for almost three years now, because of the military agreements with President Faustin-Archange Touadéra, Russia has become an important cooperator, thus challenging the French persuasion. This French preponderance was visible when the violence of 2013 between the Séléka and the Anti-Balak were at their height. The UN deployed the MISCA (International Mission in Support of the Central African Republic under African leadership), which was replaced by MINUSCA (United Nations Mission in the Central African Republic). In support of MISCA, France launched Operation Sangaris, composed of nearly 1,200 military personnel. Nearly 08 years later, the security situation in the Central African Republic is perilous, but in the place of French troops at the side of MINUSCA, there is Russia and nearly 300 military instructors.  The National Security Advisor to the Central African President, Valery Zakharov, is a former Russian spy.  To this should be added the private Russian company Wagner which, as in Libya, is seeking financial contracts in a country with diverse natural resources ranging from gold and uranium to hydrocarbons and rare wood species. With regard to its main strategic resource, diamonds, the country is ranked in the top ten most endowed in the world. It could be that Moscow is using the Central African Republic as a back door to larger and more resource-rich economies nearby, including Cameroon and Congo-Brazzaville, two other former French prefectures.

Work Cited

  1. Ghanmi Lamine, “Libya’s Islamic militants brag about receiving new Turkish weapons,” The Arab Weekly, May 26th, 2019.
  2. Kanzanci Handan, “New arms shipments come for Haftar forces: Libyan army”, Anadolu Agency, February 8th, 2020.
  3. Londono Ernesto, Hauslohner Abigail, “U.S. Navy SEALs take over oil tanker for return to Libya”, The Washington Post, March 17th, 2014.
  4. Robinson Kali, “Who’s Who in Lybia’s War”? Council on Foreign Relations, June 18th, 2020.

[1] Kali Robinson, “Who’s Who in Lybia’s War”? Council on Foreign Relations, June 18th, 2020.

[2] Handan Kanzanci, “New arms shipments come for Haftar forces: Libyan army”, Anadolu Agency, February 8th, 2020.

[3] Robinson, “Who’s Who in Lybia’s War”?

[4]  Ernesto Londono Ernesto, Abigail Hauslohner, “U.S. Navy SEALs take over oil tanker for return to Libya”, The Washington Post, March 17th, 2014.

[5] Lamine Ghami, “Libya’s Islamic militants brag about receiving new Turkish weapons,” The Arab Weekly, May 26th, 2019.

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Les petits pas du Cameroun vers les Objectifs du Développement Durable (ODDs)

Benjamin OMBE

Journaliste-Consultant en intelligence stratégique

Auteur : « le Cameroun en prospective : Evaluation critique des Objectifs du développement durable », Harmattan, septembre 2020, 243 P.


Le Cameroun a présenté sa première Revue Nationale Volontaire (RNV)[1] lors du Forum Politique de Haut Niveau (FPHN) qui s’est tenu du 9 au 18 juillet 2019 au siège des Nations Unies à New York. Par ailleurs, le pays a fait les comptes de la première phase de son plan national de développement, vision 2035, déclinée dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE). L’évaluation de ces différents agendas de développement a démontré que la marge de progression vers les objectifs visés reste encore considérable. Pour rectifier le tir, le pays vient de lancer la deuxième phase de son plan de développement baptisé « Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 ». Il s’agit d’une dérivation du DSCE. La mise en œuvre de la SND2020-2030 sera couplée avec la dernière décade des ODDs. C’est donc un défis majeur pour le Cameroun de conduire les deux agendas de développement de façon simultanée (même si la SND prend en compte certains aspects des ODDs du moins sur le plan conceptuel). L’une des clés de réussite dans l’exécution de ces agendas de développement résidera aussi dans la capacité du pays à faire une auto-évaluation critique devant lui permettre de se projeter vers l’avenir avec moins d’incertitude.

Indicateurs sociaux de base : entre crainte et espoir…

En dépit de quelque avancées, l’accès de la population aux services sociaux de base tels que l’eau, le logement, l’électricité et l’alimentation reste encore un luxe pour la majeure partie de la pollution. En ce qui concerne l’accès à l’eau potable, en 2019, sur une population de près de 24 millions d’habitants, environ 9 millions de Camerounais n’ont pas toujours accès à un service d’eau potable. Le taux d’accès à l’eau potable au niveau national est estimé à  72,9 % en 2018.  Ce taux était de 33% en 2010 selon la Banque africaine de développement (BAD).

En matière d’accès à l’électricité, en 2017, selon la Banque Mondiale[2],  au Cameroun, le taux global d’accès à l’électricité était de 61%. Le taux d’accès à l’énergie électrique est en nette évolution depuis 2010. Il est passé de 41% en 2000, à 53% en 2010 et à 59% en 2015. Toutefois, près de 10 millions de personnes vivent encore dans le noir. Les énergies renouvelables ne représentent que 5% du mix énergétique global.

Pour le logement, dans le cadre du DSCE, le gouvernement s’est fixé pour objectif de construire 17 000 logements sociaux et d’aménager 50 000 parcelles. En 2018, l’évaluation faisait état de ce que le nombre de logements construits s’élevait à 2 400. Soit un déficit de 14 600 par rapport à l’objectif fixé. Par ailleurs, il convient de relever que l’essentiel des 2 400 logements ne sont pas encore rendus opérationnels.

Pour l’alimentation, le taux de croissance annuel de la production agricole, qui est de 2 %, reste inférieur au taux de croissance démographique de 3% constatait le Programme alimentaire mondiale (PAM) en 2017. Selon le rapport 2019 sur « l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde », le pays comptait 17,1 millions de personne en situation d’insécurité alimentaire modérée entre 2016 et 2018, soit une prévalence de 71,2%, et 10,6 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire grave sur la période 2016-2018 pour une prévalence de 44,2 %.

En matière de santé publique, en 2017 l’espérance de vie à la naissance dans le pays était estimée à 58 ans (PNUD, 2018). Pour l’année 2015, la densité moyenne du personnel soignant était évaluée par l’OMS à 6 pour 10 000 habitants contre 14,1 infirmiers pour 10 000 habitants. Selon une étude réalisée en juin 2016 par l’équipe d’appui technique du Bureau international du travail (BIT) pour l’Afrique centrale, il y a moins de 2 % de la population camerounaise qui bénéficie d’une assurance maladie.

Bien qu’en nette progression, le développement des infrastructures routières piétine. Au premier trimestre 2019, l’ensemble des routes bitumées au Cameroun était évalué à 6859 km, ce qui reste très en deçà de l’objectif fixé à 9558 km par le DSCE. Toutefois, 1034,5 km de routes bitumées ont fait l’objet de réhabilitation sur la période 2010-2018.

Le logiciel de la gouvernance en panne…

La corruption demeure un phénomène endémique. Le pays est classé 152ème sur 180 pays avec un score de 25/100 selon le rapport sur l’indice de perception de corruption 2018, publié le 29 janvier 2019 par Transparency International. Selon cette ONG internationale, 71% de Camerounais sont convaincus que  la corruption va se généraliser d’ici à 2050. 

Le chômage est une équation difficile à résoudre. Le taux de sous-emploi global pour les personnes âgées de 15 ans et plus se situe à 77,6 % et le taux d’informalité est de 88,6 %. Le taux de sous-emploi global est passé de 71,1% en 2007 à 79,0% en 2014, soit une augmentation de 7,9 points. D’après l’Organisation Internationale du Travail (OIT), le Cameroun figure en deuxième place des pays ayant le plus fort taux de travailleurs indépendants avec un indice de 76,8%, derrière  la Somalie, le pays le plus pauvre au monde.

Sur la question de la sécurité et des libertés, outre les exactions de la secte islamiste Boko Haram et la crise dite anglophone qui a provoqué d’importantes pertes matérielles et  humaines, le climat social est extrêmement fragile. Le pays a enregistré, 870 victimes d’homicides volontaires en 2015, dont 669 hommes et 201 femmes. De plus, 85 % d’enfants âgés de 1 à 14 ans ont subi des agressions psychologiques ou des châtiments corporels. En matière de liberté publique, dans son rapport 2017 sur la liberté de la presse, Freedom House classe le Cameroun comme « non libre ».

Les inégalités ne font que s’accentuer. Entre 2007 et 2014, la pauvreté à peu reculé, et les inégalités ont augmenté (FMI, 2018). La répartition inégale des fruits de la croissance a engendré une aggravation des inégalités de revenus avec un indice de Gini qui passe de 40,04% en 2011 à 44% en 2014 et un indice d’inégalité de genre se situant à 0,56 classant le Cameroun a la 141/160 pays. L’on note encore des obstacles à la pleine participation des femmes à l’économie et des disparités fortes entre les zones rurales et urbaines dans l’accès aux services sociaux de base. Selon le « rapport sur le développement humain » publié par le PNUD en décembre 2019, le pays enregistre un indice de développement humain ajusté aux inégalités de 0,392 en régression de -6 points comparativement aux années précédentes.

Conséquence, le taux de pauvreté global n’a que faiblement reculé, passant de 40,2 % en 2011 à 37,5 % en 2014, tandis que la part de la population pauvre a augmenté de 12 % entre 2007 et 2014, pour atteindre 8,1 millions d’habitants. Le seuil de pauvreté du pays ne s’est pas fondamentalement amélioré à l’intervalle 2015-2018. Il est de 35,5%, très loin des 23% espérés par le pays en 2020 (projection Phase I du DSCE).

Lutter contre la pauvreté et les inégalités

Les estimations à partir du dernier recensement général de la population (2005) permettent de situer la population du Cameroun en 2018 à environ 24 millions d’habitants. Selon les projections de Word Populations Prospects[3], le Cameroun pourrait avoir une population estimée à 38,870 millions d’habitants à l’horizon 2035, avec les moins de 30 ans qui représenteront plus des deux tiers de la population totale. « Une forte proportion de cette population vit malheureusement en deçà du seuil de pauvreté, présentant même des poches d’aggravation des inégalités et des disparités selon le sexe du chef de ménage, en fonction de la région et le milieu résidentiel »[4]. C’est là que réside le grand enjeu et défi de développement du Cameroun pour les prochaines années. Le pays devrait œuvrer pour freiner et réduire le niveau de pauvreté et des inégalités. Pour y arriver, la création d’emplois décents avec un accent sur l’agriculture et le numérique, la lutte contre la corruption et l’augmentation des investissements dans le secteur social nous semblent capitale pour renverser la tendance actuelle.



[1] Chaque année, un certain nombre de pays vient présenter leur Revue Nationale Volontaire (RNV) qui permet d’assurer un suivi de l’état d’avancement de l’atteinte des ODD dans les pays, d’identifier les leçons apprises et les défis à relever. Chaque Etat membre présentera au minimum deux revues d’ici à 2030.

[2]Tracking SDG7 : The Energy Progress Report 2019.

[3]Word Populations Prospects projette à 10 milliards d’habitants la population mondiale à l’horizon 2050. L’Afrique subsaharienne est la région qui enregistrera le plus fort taux de croissance démographique.

[4]« Evaluation des besoins en renforcement des capacités en vue de la transformation économique du Cameroun », rapport, CAMERCAP-PARC, décembre 2018. (P.05).