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APPEL A CANDIDATURES POUR LA PREMIERE EDITION DU PROGRAMME "CAMPUS CHERCHEURS" DE THE OKWELIANS

LA SANTE AU CAMEROUN : COMMENT GARANTIR DES INFRASTRUCTURES ET DES RESSOURCES HUMAINES DE QUALITE ?

Par Clémence POUGUÉ BIYONG, spécialiste en économie de la santé, doctorante à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Okwelians Fellow 2022.

INTRODUCTION

Le Cameroun a jusqu’à 2030 pour respecter l’objectif n°3 du Développement Durable, garantissant un accès à tous à la santé[1]. Alors que le lancement de la Couverture Santé Universelle (CSU) était attendu pour le premier semestre 2022[2], l’inégale répartition des infrastructures et l’instabilité du personnel médical pourraient freiner l’égal accès de tous aux soins de qualité.

La pandémie de Covid-19 a accéléré la décentralisation du système de santé. Toutefois les bénéfices qui pouvaient en être tirés sont fragilisés par des inégalités territoriales (partie 1). Différentes politiques publiques sont possibles pour améliorer la qualité des infrastructures de santé (partie 2) et valoriser les ressources humaines (partie 3) sur tout le territoire.

  1. L’approfondissement de la décentralisation du système de santé réalisée pendant la pandémie est fragilisé par des inégalités territoriales structurelles

Le système de santé camerounais s’est construit de façon incrémentale, pour apporter une réponse holistique au défi de l’accès aux soins. Le Cameroun a adopté différents systèmes de santé ayant tous pour objectif de réduire le coût d’accès aux soins[3]. La dernière réforme de Réorientation des soins de santé primaires[4] structure le système de santé contemporain. D’une part, la gestion de l’accès aux soins est décentralisée et gérée par les autorités locales de santé. D’autre part, le système de santé s’organise de façon pyramidale autour de trois niveaux distincts (voir Figure 1). En 2015, le secteur public comptait 55 % des infrastructures de santé disponibles sur le territoire (Tandi et al. 2015)[5].

Pendant la pandémie de Covid-19, le Gouvernement camerounais a développé une stratégie de décentralisation avec une allocation directe des fonds aux municipalités, pour optimiser la gestion des soins. A partir de la Loi de Finance Rectificative du 3 Mai 2020, les autorités municipales recevaient directement les fonds pour acheter du matériel de protection anti-Covid-19, entre autres[6]. La stratégie de crise a mis en évidence les forces de la gestion décentralisée des soins : la simplification du processus de décision ; la mise en place d’une chaine de responsabilité ; la prise en compte de toutes les parties prenantes, y compris le secteur privé, dans un processus bottom-up de prise de décision.

Figure 1 : La structure du système de santé du Cameroun

Source : Le Ministère de la Santé dans Tandi et al. 2015.

Note : Le schéma représente la structure du système de santé. Les niveaux primaire, secondaire et tertiaire sont également désignés par les niveaux central, intermédiaire et périphérique. Le niveau central (primaire) est sous la tutelle du Ministère de la Santé Publique et définit les stratégies, la coordination et la régulation des politiques de santé publique. Le niveau intermédiaire (secondaire) coordonne des activités au niveau régional et il encadre le soutien technique aux 10 délégations régionales de santé publique. Le niveau périphérique (tertiaire) réunit les centres de santé opérationnels qui sont en charge de la mise en œuvre des politiques de santé. (Countdown website, visité le 14 Juin 2022).

Cependant, malgré les efforts de la dernière décennie pour augmenter le nombre d’infrastructures de santé, les infrastructures et le personnel de santé restent inégalement répartis sur le territoire. Le système de santé repose sur une faible densité de médecins par habitant. En se basant sur les données du dernier recensement du personnel médical (2011), Tandi et al. (2015)[7] montrent que sur les 10 régions, 6 ont une densité inférieure à 2 médecins pour 1 000 habitants, 3 ont une densité inférieure à 1 et seule la région Centre a une densité de 2 médecins pour 1000 habitants. Plus généralement, les ressources humaines du secteur de la santé sont inégalement réparties sur le territoire (voir Figure 2). En 2011, l’Extrême Nord représentant 18 % de la population (3 480 414) ne disposait que de 5 % des médecins (70 %) et 10 % des infirmières (1 399). Pour une population comparable, la région Centre bénéficiait de 45 % des médecins (647) et 25 % des infirmières (3 236). Bien que ces chiffres demandent à être actualisés, ils soulignent un écart qui se traduit dans les indicateurs de santé jusqu’en 2020[8].

Figure 2 : Répartition des ressources humaines  par région (2011)

Source : Auteure à partir des données du dernier recensement des professionnels de santé fait par le Ministère de la Santé en 2011 et cité dans Tandi et al. 2015.

Note : Le graphique représente le nombre de personnels de santé (médecins, personnels administratif, infirmiers, paramédicaux, pharmaciens, assistants sociaux)  pour 1000 habitants par région.

  1. Les nouvelles infrastructures de santé donneront accès à des soins de qualité si elles sont soutenues par des investissements publics et des innovations financières inclusives et communautaires

Les huit projets d’infrastructure hospitalière lancés depuis 2016[9] contribueront à la réduction des inégalités territoriales de santé s’ils s’accompagnent d’une relocalisation des emplois médicaux et paramédicaux. En 2016, le Ministère de la Santé a inauguré le Centre hospitalier régional d’Ebolowa et lancé le Plan d’urgence triennal de réhabilitation et rééquipement des hôpitaux généraux de Yaoundé et Douala. Depuis, d’autres villes comme Bafoussam, Bertoua, Garoua, Maroua et Ngaoundéré accueillent les chantiers de nouveaux hôpitaux. L’efficacité de ces investissements publics sera mesurée, à moyen terme, par le nombre d’emplois créés pour les habitants de chaque région et par la stabilisation du personnel médical et paramédical.

L’entretien de ces nouvelles infrastructures nécessite une augmentation du budget alloué à la Santé et la décentralisation de la gestion financière. Depuis 2001, le budget national alloué au secteur de la santé n’a pas dépassé les 7 % (Stratégie sectorielle de santé 2016-2027) malgré l’objectif des 15 % de la Convention d’Abuja signée par le Cameroun[10]. Par ailleurs, le budget est toujours principalement centralisé à 60% alors que les deux-tiers du système reposent sur la gestion communautaire des infrastructures.

Les financements étrangers inspirés des Development Investment Bonds (DIB) ou des Diaspora Bonds, doivent participer à la préservation de la qualité des services qui y seront proposés. Le DIB est un « mécanisme de financement à la performance qui coordonne les ressources des secteurs public, philanthropique et privé afin d’obtenir un financement initial pour la prestation des services » (Oroxom et al. 2018)[11]. Ce mécanisme a permis de financer le projet Cameroon Cataract Bond à $ 2 Millions. L’objectif est de proposer des opérations (quasi) gratuites de la cataracte à des patients à faibles revenus, tout en accompagnant le centre de santé (Magrabi ICO Cameroon Eye Institute) vers une auto-suffisance financière. Si les projets de santé peinent à offrir des rendements financiers compétitifs, cet exemple montre que l’impact social peut être le moteur de l’investissement. Néanmoins, aucun investissement ne peut se faire sans une relation de confiance sur les risques et les bénéfices d’un projet. Cet élément a été la cause de l’échec de certains Diaspora Bonds, qui offrent pourtant de belles opportunités applicables pour le développement des infrastructures de santé.

  1. La valorisation du personnel médical doit être l’impulsion d’un accès permanent et équitable à des soins de qualité

Des politiques salariales ambitieuses et la garantie de bonnes conditions de travail sont indispensables à l’implication du personnel médical. A partir des années 2000, les faibles salaires, les mauvaises conditions de travail et les faibles perspectives d’évolution amènent à une crise du personnel médical. En 2019, on estime la fuite des cerveaux à 500 étudiants médecins et 5 000 infirmiers (Monthe, 2019)[12] par an. La santé mentale des futurs médecins inquiète également, puisqu’environ 30 % des étudiants présentent des signes sévères de dépression (Njim et al., 2019)[13]. En conséquence, certains médecins cumulent plusieurs emplois. Il faut un effort financier substantiel et rapide tout en donnant une latitude managériale aux hôpitaux pour inciter les médecins à rester dans la fonction publique. Par exemple, l’hôpital général de Douala et l’hôpital central de Yaoundé ont pu adopter des systèmes de quote-part, alliant des part fixes et variables dans la rémunération.

Depuis 2009, certains mécanismes du Performance Based Financing (PBF) ont permis de stabiliser le personnel de santé et d’améliorer la disponibilité des équipements. Le PBF a pour objectif d’améliorer la rémunération des personnels en la conditionnant à des indicateurs de résultat. De Walque et al. (2017)[14] distinguent les outils managériaux les plus efficaces. Ainsi, les incitations financières ont directement augmenté la qualité des soins proposés, mesurée par la disponibilité des équipements et des médicaments. Le rapport du Ministère de la Santé et de la Banque Mondiale ajoute que le PBF[15] a réduit le turn-over du personnel et amélioré leur satisfaction professionnelle. Ces études montrent également que certaines stratégies, notamment celles de suivi et d’évaluation du personnel, ne suffisent à régler tous les problèmes structurels de la gestion des ressources humaines.

Enfin, la fonction publique doit rester une perspective professionnelle pour les étudiants en médecine qui sont l’avenir d’un accès équitable à des soins de qualité. Bien que le concours de médecine pour les écoles privées et les écoles publiques soit unique, il y a un manque d’effectifs au sein de la fonction publique. Le Ministre de la Santé Publique a promis le recrutement de 25 000 nouveaux personnels ainsi que la contractualisation des personnels temporaires. Si respectée, l’intégration de ces personnels réduirait la pénurie de personnels de moitié d’ici cinq ans[16]. Reste à savoir si les étudiants formés dans les écoles privées y trouveront leur place. Jusqu’à maintenant, seuls les médecins formés dans les écoles publiques sont intégrés dans la fonction publique à la fin des études.

CONCLUSION

En conclusion, garantir des infrastructures et des ressources humaines de qualité est d’abord un défi financier. Le gouvernement porte la responsabilité d’initier les politiques de promotion de santé, à la fois en augmentant le budget qui lui est alloué comme en déléguant une partie des responsabilités. A cet égard, la construction de nouvelles infrastructures devra s’accompagner d’un réel effort en faveur du personnel de santé qui y travaillera. La diversification des sources de financement, vers des mécanismes inclusifs et communautaires, peuvent pérenniser cette nouvelle impulsion. 

BIOGRAPHIE :

Clémence POUGUÉ BIYONG est une doctorante en économie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Spécialiste en économie de la santé, elle s’intéresse particulièrement aux déterminants de l’investissement en santé préventive, aussi bien d’un point de vue microéconomique que de politiques publiques. Elle est diplômée d’un Master 2 en Economie internationale et développement de l’Université Paris Sciences et Lettres Paris-Dauphine en 2018, juste après avoir validé son Master 2 en Droit de l’Union européenne de l’Ecole normale supérieure (Rennes) en 2017. Auparavant, elle a notamment été consultante (2018, 2022) et experte associée (2019) pour le rapport Dynamiques de Développement en Afrique porté par l’Organisation de Coopération et Développement Economiques  et l’Union Africaine.

BIBLIOGRAPHIE :

Amani, Adidja. The health workers crises in Cameroon. 2010. Georgia State University, Mémoire de Master, 55 pages. https://doi.org/10.57709/1429564.

            de Walque, Damien, et al. « Looking into the performance-based financing black box: evidence from an impact evaluation in the health sector in Cameroon. » Health Policy and Planning 36.6 (2021): 835-847. https://doi.org/10.1093/heapol/czab002.

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Mey, Alamine Ousmane. “Budget 2022 : la liste des projets à mettre en oeuvre dans les 10 régions du Cameroun (à télécharger)” Investir au Cameroun, 2022,

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Nkangu, Miriam, Ronald, Gobina, Fobellah, Nkengafac, Joseph, Maabo et Sissoko, Foussenou. “Covid-19’s Impact on Strategic Health Purchasing: Lessons from Cameroon.” Results for Development – the Collectivity Blog Series, le 3 Décembre 2021. Consulté le 17 août 2022. https://r4d.org/blog/covid-19s-impact-on-strategic-health-purchasing-lessons-from-cameroon/.

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Tandi, Tinyami Erick, YongMin, Cho, Aba Jean-Claude, Akam, et al. “Cameroon public health sector: shortage and inequalities in geographic distribution of health personnel”. International journal for equity in health, 2015, vol. 14, no 1, p. 1-12. https://doi.org/10.1186/s12939-015-0172-0.

Ziemine Ngoumou, Elise. “Couverture de santé universelle : la machine en rodage.” Cameroon Tribune, 10 Juin 2022. https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/48795/fr.html/couverture-sante-universelle-la-machine-en. Consulté le 15 août 2022.

Sites utiles :

Portail Web du Ministère de la Santé Publique du Cameroun, Ministère de la Santé Publique, 2016, https://www.minsante.cm.

Observatoire nationale de la santé publique, Ministère de la Santé Publique, 2010, http://onsp.minsante.cm/fr.  

Map of health sites in Cameroon, Healthsites by OpenStreetMap, https://healthsites.io/map?country=Cameroon


[1] Voir Organisation des Nations Unies. “Objectifs de Développement Durable, ODD 3 – Bonne santé et Bien être.” Objectifs du Développement Durable, 2015, https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/health/. Consulté le 15 août 2022.  

[2] Voir Ziemine Ngoumou, Elise. “Couverture de santé universelle : la machine en rodage.” Cameroon Tribune, 10 Juin 2022. https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/48795/fr.html/couverture-sante-universelle-la-machine-en. Consulté le 15 août 2022.

[3] On peut distinguer quatre périodes du système de santé camerounais. (1) De 1967 à 1979, la période “post coloniale” : le gouvernement prend en charge les soins quasiment à 100 %. (2) De 1979 à 1990, la période de la déclaration d’Alma Ata de l’Organisation Mondiale de la Santé (1978) :  le Cameroun commence à renforcer les soins de santé primaires et les soins sont dorénavant pris en charge par l’Etat et les patients. (3) De 1990 à 2001, la période de préparation de Réorientation des soins de santé primaires : création d’un mécanisme de recouvrement des coûts et décentralisation de la gestion des structures de soins vers les communautés ; (4) Depuis 2001, la période post-réforme des soins de santé primaires : le reste-à-charge des ménages est le principal financeur des soins.

Voir Monthe, Jessica. Cameroon Health System: Assessing the availability of resources for health. 2018. California State University, mémoire de Master, 92 pages. http://hdl.handle.net/10211.3/203872 .

[4] Cette réforme a trois objectifs. Le premier objectif est de faire du centre de santé la structure de premier contact du malade. Le deuxième objectif est de décentraliser la gestion des soins au niveau du district qui est le niveau intermédiaire entre les patients et la stratégie nationale. Le dernier objectif est de renforcer la participation communautaire et de renforcer l’accès équitable aux soins.

Voir Okalla, Raphaël et Alain Le Vigouroux. “Cameroun : de la réorientation des soins de santé primaires au plan national de développement sanitaire.” Un système de santé en mutation, le cas du Cameroun, dirigé par Marc-Eric Gruénais,  Bulletin de l’APAD 21, 2001. https://doi.org/10.4000/apad.181.

[5] Voir Tandi, Tinyami Erick, YongMin, Cho, Aba Jean-Claude, Akam, et al. “Cameroon public health sector: shortage and inequalities in geographic distribution of health personnel”. International journal for equity in health, 2015, vol. 14, no 1, p. 1-12. https://doi.org/10.1186/s12939-015-0172-0

[6] Voir Nkangu, Miriam, Ronald, Gobina, Fobellah, Nkengafac, Joseph, Maabo et Sissoko, Foussenou. “Covid-19’s Impact on Strategic Health Purchasing: Lessons from Cameroon.” Results for Development – the Collectivity Blog Series, le 3 Décembre 2021. https://r4d.org/blog/covid-19s-impact-on-strategic-health-purchasing-lessons-from-cameroon/ Consulté le 17 août 2022.

[7] Voir Tandi, Tinyami Erick, YongMin, Cho, Aba Jean-Claude, Akam, et al. “Cameroon public health sector: shortage and inequalities in geographic distribution of health personnel”. International journal for equity in health, 2015, vol. 14, no 1, p. 1-12. https://doi.org/10.1186/s12939-015-0172-0

[8] Monthe, Jessica. Cameroon Health System: Assessing the availability of resources for health. 2018. California State University, mémoire de Master, 92 pages. http://hdl.handle.net/10211.3/203872.

[9] Les projets sont présentés sur le site du Ministère de la Santé. Voir Ministère de la Santé publique de la République du Cameroun, “Développement des infrastructures de santé”, 2016, https://www.minsante.cm/site/?q=fr/cat%C3%A9gories/d%C3%A9veloppement-des-infrastructures-de-sant%C3%A9. Consulté le 16 août 2022.

Pour un détail des investissements du Ministère de la Santé publique pour l’année 2022, Voir Mey, Alamine Ousmane. “Budget 2022 : la liste des projets à mettre en oeuvre dans les 10 régions du Cameroun (à télécharger)” Investir au Cameroun, 2022,

https://www.investiraucameroun.com/economie/0103-17579-budget-2022-la-liste-des-projets-a-mettre-en-uvre-dans-les-10-regions-du-cameroun-a-telecharger. Consulté le 17 août 2022. 

[10] Le dépot des instruments de ratification n’est pas encore confirmé sur le site officiel https://www.cameroun-traites-accords.com/.

[11] Oroxom, R., Glassman, A. et McDonald, L. (2018) Structuring and funding development impact bonds for health: nine lessons from Cameroon and beyond. Center for Global Development Policy Paper. Washington DC: Center for Global Development.

https://www.cgdev.org/publication/structuring-funding-development-impact-bonds-for-health-nine-lessons.

[12] Monthe, Jessica. Cameroon Health System: Assessing the availability of resources for health. 2018. California State University, mémoire de Master, 92 pages. http://hdl.handle.net/10211.3/203872.

[13] Njim, Tsi, Clarence Mvalo Mbanga, Maxime Tindong et al. “ Burnout as a correlate of depression among medical sudents in Cameroon: a cross-sectional study.” BMJ open, 2019, vol. 9, no 5, p. e027709. http://dx.doi.org/10.1136/bmjopen-2018-027709.

[14]  de Walque, Damien, et al. « Looking into the performance-based financing black box: evidence from an impact evaluation in the health sector in Cameroon. » Health Policy and Planning 36.6, 2021, pp. 835-847, https://doi.org/10.1093/heapol/czab002

[15] Banque Mondiale, BM. (2017). Cameroon performance-based financing: impact evaluation report, Washington D.C.: Groupe de la Banque Mondiale, 96 pages.

http://documents.worldbank.org/curated/en/756781499432127674/Cameroon-performance-based-financing-impact-evaluation-report.

[16] Mbodiam, Robert, “Santé publique : 25 000 postes sollicités au moment où l’Etat tente de rationaliser ses recrutements.” Investir au Cameroun, 5 avril 2022, https://www.investiraucameroun.com/gestion-publique/0504-17739-sante-publique-25-000-postes-sollicites-au-moment-o-l-etat-du-cameroun-tente-de-rationaliser-ses-recrutements. Consulté le 17 août 2022.

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The Rebuntu House

LES EFFORTS ACTUELS POUR ENCOURAGER L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE AU CAMEROUN

 Par Florence EPEE, Juriste, Fellow 2022

L’un des objectifs majeurs de l’Union Africaine est de faire de l’Afrique une destination industrielle de premier rang[1]. A cet effet, le Cameroun ne déroge pas à la règle qui consiste à <<transformer, accroître et industrialiser nos économies par l’enrichissement et l’apport d’une valeur ajoutée aux ressources naturelles.>>[2]  C’est ainsi qu’il est adopté dans le cadre de la vision 2035 en remplacement du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), la Stratégie Nationale de Développement (SND 30) dont l’un des quatre piliers est la transformation structurelle de l’économie par l’industrie manufacturière.[3] En tant qu’élément fondamental de l’un des trois secteurs de l’économie, à savoir le secteur secondaire[4], elle désigne les activités de transformation des matières premières en produits finis et semi finis.

Source: The OKWELIANS, visite guidée des Brasseries du Cameroun, Usine de Ndokoti- Douala le 15 octobre 2022.

Source : The OKWELIANS, visite guidée de l’usine FISCO sarl Bonaberi- Douala le 15 octobre 2022
The OKWELIANS, visite guidée de l’usine FISCO sarl Bonaberi

  

              Comme un thermomètre par lequel il est possible de mesurer la température de l’industrialisation au Cameroun, la SND 30 présente les orientations à donner aux « efforts actuels pour encourager l’industrie manufacturière au Cameroun ». A ce titre, un bref historique des efforts passés permet de présenter le processus d’industrialisation du Cameroun en 3 phases. D’abord la première, entre 1960 et 1986, dite période de planification. Ensuite la seconde, de 1986 à 2006 qui couvre la phase sous ajustement[5] et la sortie de l’initiative Pays Pauvre Très Endettés (PPTE). Enfin la troisième, de 2009 à nos jours, à travers  « la politique des grandes ambitions » complétées par celles des  « grandes réalisations »[6] , précurseur du DSCE et de la SND 30 actuellement mise en œuvre.

            Cependant, l’inflation[7] caractérisée par l’augmentation des biens de consommation, le terrorisme de Boko-Haram dans une partie de l’Extrême-Nord, les revendications séparatistes de certains ressortissants des Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, ainsi que la corruption tendent à réduire à néant la kyrielle de mesures prises pour améliorer le climat des affaires au Cameroun[8]. De plus,  avec la crise sanitaire à covid 19 et les conflits externes (russo-ukrainien) à incidence économique mondiale, le Cameroun a plus que jamais besoin de stimuler la production nationale par l’industrialisation[9] à l’effet d’attirer les devises nécessaires à l’équilibre de la balance commerciale par l’exportation, et la création de chaînes de valeurs via la transformation.

              Aussi, en vue de répondre  aux déficits de performance des industries manufacturières nationales,[10] présenter l’ensemble des mesures actuelles pour promouvoir l’industrialisation au Cameroun revient à en analyser d’une part, le cadre réglementaire  (I), et d’autre part, le cadre institutionnel (II).

Source: Plans et projets clés de la Stratégie Nationale de Developpement (SND 30)  in https://snd30.cm/

  1. LE CADRE RÉGLEMENTAIRE PROPICE À L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE AU CAMEROUN

          Dans sa volonté de faire du Cameroun, un Nouveau Pays Industrialisé (NPI), la stratégie d’industrialisation, << est un mix entre import/substitution et promotion des exportations. Le Gouvernement a opté pour la politique de substitution des importations et celle de promotion des exportations en s’appuyant sur les avantages comparatifs de l’économie nationale.>>[11]Pour implémenter cette stratégie, le Cameroun adhère au plan national et international, à un ensemble de textes officiels émanant des pouvoirs publics et fixant les règles y relatives.

          C’est le cas au plan international, avec la signature et la ratification de textes multilatéraux et bilatéraux de promotion industrielle à savoir, la Charte des investissements CEMAC[12], les Traités bilatéraux d’investissements entre le Cameroun et des Etats étrangers, l’adhésion aux Objectifs du Développement Durables (ODD) des Nations Unies[13], le Traité instituant l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA)[14], l’Accord de libre-échange continental instaurant la Zone de Libre-échange Continentale (ZLECAF) qui vise à faire de l’Afrique un marché unique de plus d’un milliard d’habitants par l’abolition de barrières fiscalo-douanières ainsi que l’encouragement de la libre circulation des biens et des personnes.[15]

Source:  Baromètre de ratification de l’accord de libre echange continental, Trade law centre in  Status of AfCFTA Ratification – tralac trade law centre

           

Au plan national, le préambule de la Constitution de l’Etat du Cameroun : <<affirme son droit au développement ainsi que sa volonté de consacrer tous ses efforts pour le réaliser>>[16]. Aussi, des textes émanant à la fois de l’exécutif et du législatif entrent-ils en vigueur. Il s’agit de la Charte des investissements du Cameroun[17], la SND 30 qui en plus de présenter les orientations, encourage également des formes de  joint-ventures entre des industries nationales sous le vocable « rapprochement stratégique », notamment entre la Société de développement du coton (Sodecoton) et la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam)[18]. Il en va également de la loi sur les incitations à l’investissement privé[19], qui a la particularité d’énoncer les secteurs prioritaires devant bénéficier des exonérations fiscalo-douanières.  De même, l’Ordonnance instaurant les Zones Franches industrielles[20] à l’instar de la Mission d’Aménagement des Zones Franches Industrielles (MAGZI) et la Zone industrielle de BASSA dans la ville de Douala. La Loi de finances 2022 complète cet arsenal en accordant des avantages aux entreprises qui souhaiteraient s’installer dans les zones économiquement sinistrées (ZES) afin de permettre une relance économique de ces régions.

               Au-delà de cette multitude de textes, les efforts du Cameroun pour encourager les industries manufacturières sont également perceptibles au niveau institutionnel.

  • LE CADRE INSTITUTIONNEL PROPICE À L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE AU CAMEROUN

        L’application des textes en faveur de l’industrie manufacturière énoncés précédemment n’est possible que par des institutions fortes, pouvant mener à bien cet ambitieux projet de faire du Cameroun un NPI. Ces institutions œuvrent à renforcer la compétitivité des industries camerounaises à travers un accompagnement multiforme.[21] Elles peuvent être classées en deux échelles internationale et nationale.

        Au niveau international, le Cameroun est membre de nombreuses institutions avec lesquelles il coopère en matière d’industrialisation. Il s’agit au plan multilatéral, de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI)[22], le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)[23], L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)[24], l’Organisation Africaine de Propriété Intellectuelle (OAPI)[25]. Au niveau financier, l’implémentation récente de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC) et le système bancaire aux standards internationaux garantis par la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC) offrent à ces industries un important réservoir de ressources financières. Au plan Bilatéral, à titre d’exemple la coopération allemande (GIZ) par l’appui aux industries du coton textile.[26]

Source : Siège de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale in Photothèque – BVMAC: Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale

         Au plan national, il s’observe des départements ministériels et agences dévolus au développement industriel des pans de notre économie.

Il s’agit de manière non exhaustive du Ministère des Mines de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) et du Ministère du Commerce. Ce dernier est l’organe de tutelle du Comité national d’agrément des produits industriels originaires de la CEEAC/CEMAC, dont le rôle est d’appliquer le règlement CEMAC relatif à la libre circulation des produits industriels ayant reçu des certificats d’origine du Comité d’origine de cette institution communautaire.[27] L’Agence Nationale de Normalisation (ANOR), l’Agence de Promotion des Investissements (API)[28], sous tutelle technique du Secrétariat Général de la Présidence de la République a plus de 200 conventions signées avec des investisseurs étrangers et les investisseurs locaux n’ayant pas le statut de PME[29] . Par ailleurs, seconde institution d’application de la loi des incitations à l’investissement, l’Agence de promotion des Petites et Moyennes entreprises (APME) est habilitée  à offrir des agréments aux PME locales et parfois des subventions[30]. L’institut National de la Statistique (INS), sous tutelle du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT) conseille le gouvernement à travers l’édiction de note de conjoncture économique dont la plus récente a été publiée le 19 mai 2022. Ainsi que l’instauration d’un cadre institutionnel permanent de dialogue public-privé à travers le Cameroon Business Forum (CBF)[31].

      Dans la même veine, mettre en œuvre la décentralisation, par le transfert des compétences en matière de promotion industrielle des collectivités territoriales décentralisées permettrait, par la création de comités locaux d’industrialisation, de doter les mairies de pouvoirs de passer des conventions d’exonérations de taxes avec des très petites et moyennes industries désireuses de s’installer sur leur territoire. Au cercle des recommandations également, la création d’une Agence de Promotion des Exportations comme prévue par la Charte des Investissements serait avantageuse, car elle permettrait un suivi particulier des exportations des industries camerounaises. Celle-ci, de concert avec les cellules économiques des ambassades camerounaises à l’étranger, accompagnerait les industries dans la conquête du marché extérieur. “l’opérationnalisation du concept d’Industradition (industrialisation traditionnelle) ou l’exploitation industrielle des pratiques et savoir-faire africains reçus en héritage intergénérationnel,[32] est également à encourager.

                       En définitive, depuis son accession à la souveraineté, le Cameroun a toujours nourri le vœu de la croissance économique par la transformation industrielle. En vue de corriger les erreurs observées par les échecs d’industries créées au lendemain des indépendances[33], dès la Charte des investissements de 2002, une accélération du processus d’industrialisation est mise en marche et se traduit par des efforts au niveau réglementaire et institutionnel. Bien que fort appréciable à travers le caractère innovant dû aux réformes connues à la fois des textes et des institutions pour s’arrimer aux meilleurs standards en matière d’industrialisation et malgré certaines insuffisances décriées par le secteur privé[34], ces mesures doivent être complétées par des efforts infrastructurels de grande envergure.  Au regard des défis actuels de développement et de l’inadéquation du ratio potentiel[35] et statut industriel[36] du Cameroun, ces infrastructures sont encore naissantes et  embryonnaires. Elles sont pour la plupart à l’état de projet et sont à accélérer.[37] Pour celles existantes une modernisation s’impose. Il est impératif d’améliorer l’offre énergétique, de transport, de télécommunications, d’éducation et de santé qu’il appartient surtout à l’État d’implémenter pour le plein épanouissement des différents acteurs de la scène industrielle camerounaise. Aussi sommes-nous d’avis avec cette assertion de l’INS qui conseille au gouvernement de développer des infrastructures (routes, énergie, eau) car cela « constitue un autre levier qui devrait améliorer et faciliter (…) (la) production vers les marchés pour la commercialisation destinée à la consommation ou, à défaut, à une transformation (..)industrielle ».[38]

Source: The OKWELIANS, visite guidée du Port Autonome de Douala le 15 octobre 202

Biographie : Florence EPEE est une camerounaise de 29 ans, doctorante en Droit International Public à l’Université de Douala. Spécialiste des questions de promotion des investissements, elle a soutenu en 2019 un mémoire de Master 2 sur <<l’Agence de Promotion des investissements du Cameroun>>. Elle est la fondatrice de l’entreprise AIDA invest qui ambitionne à travers le site internet www.aidainvest.com être un “one click stop” pour les investissements en Afrique. Déléguée de la promotion 2022 de THE OKWELIANS Fellows for Young Cameroonian Leader, elle a été membre du Conseil National de la Jeunesse du Cameroun (CNJC) pour le département du Wouri. Au plan culturel, elle a été l’Ambassadrice du tourisme de la République Démocratique du Congo (RDC) et Miss Cameroun Première dauphine 2014 et Miss West Africa International 2014/2015. https://www.linkedin.com/in/ngass%C3%A8-epee-1abb4369/


[1] Commission de l’Union africaine, Document- Cadre Agenda 2063, « L’Afrique que nous voulons », 227 pages.

[2] Ibidem, p. 17.

[3] Stratégie Nationale de Développement  2020-2030, p. 42, 231 pages.

[4] Colin Clark, Les Conditions du progrès économique, 1947. Voir https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/secteurs-de-production-ou-secteurs-economiques-primaire-secondaire-tertiaire#:~:text=Le%20secteur%20 primaire%20 regroupait%20l,services%20 marchands%20 et%20 non%2 Marchands. (consulté le 27/07/2022).

[5] Moïse Williams Pokam Kamdem, (2013) <<l’industrialisation du Cameroun/ 50 ans d’une méthode des essais et des erreurs>> in A. Fomethe (dir), Cinquantenaire de l’indépendance et de la Réunification du Cameroun, Bilan, enjeux et perspectives. Actes du colloque de Dschang, 10-12 mai 2010, Dschang Presses Universitaires de Dschang, pp 304-333. https://www.academia.edu/11429713/Lindustrialisation_du_Cameroun_50_ans_dune_m%C3%A9thode_des_essais_et_erreurs (consulté le 27/07/2022).

[6] Programmes de campagne du Chef de l’Etat de la République du Cameroun de 2004 à 2018.

[7] S.A., « La hausse des prix des denrées alimentaires à l’échelle mondiale et celle des prix de l’énergie constituent actuellement une double menace d’inflation », Investir au Cameroun, https://www.investiraucameroun.com/economie/2305-17939-inflation-le-cameroun-s-achemine-vers-un-depassement-du-seuil-communautaire-de-3-en-2022-ins (consulté le 27/07/2022).

[8] Florence Epée, L’Agence de Promotion des investissements du Cameroun, Mémoire de Master 2 Droit International Public,  sous la direction du Professeur agrégé James Mouangue Kobila, Université de Douala, Faculté des Sciences Juridiques et Politiques, Octobre 2019. P.6,  271 pages.

[9] Ludovic Amara, «Hausse des prix : l’INS préconise des « mesures additionnelles » de soutien aux entreprises et aux ménages» paru le 23/05/2022,

https://www.stopblablacam.com/economie/2305-8812-hausse-des-prix-l-ins-preconise-des-mesures-additionnelles-de-soutien-aux-entreprises-et-aux-menages (consulté le 27/07/2022).

[10] St-Pierre, J., Foleu, L., Abdulnour, G. et Nomo, S. (2015, avril). « Les freins au développement des PME camerounaises : qu’en pensent les entrepreneurs? », 6th Africa Business and Entrepreneurship Conference, New York, 15 avril. 25 pages.  https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01703201/document (consulté le 27/07/2022).

[11] Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, pp. 37-38.

[12] Règlement n°17/99/CEMAC-20-CM-03 du 17 décembre 1999 portant Charte des investissements en zone CEMAC. http://droit-afrique.com/upload/doc/cemac/CEMAC-Reglement-1999-17-charte-investissements.pdf (consulté le 27/07/2022).

[13] Assemblée Générale des Nations Unies, résolution A/RES/70/1 adoptée le 25 septembre 2015. “Objectif 9. Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation”.

[14] Traité de Port-Louis du 17 octobre 1993, révisé le 17 octobre 2008 au Québec. Le Traité relatif à l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique a été ratifié par le Cameroun le 20/10/1995 et les instruments d’adhésion à l’OHADA ont été déposés le 04/10/1996 auprès du Sénégal, pays dépositaire du Traité. https://www.ohada.com/etats-membres/cameroun.html (consulté le 27/07/2022).

[15] Voir Décret N°2019/586 du 31 Octobre 2019, portant ratification par le Cameroun de l’Accord portant création de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF).  Pour l’Accord voir,

https://au.int/sites/default/files/treaties/36437-treaty-consolidted_text_on_cfta_-_fr.pdf (consulté le 27/07/2022).

[16] Loi n°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008.

[17] Loi n° 2002-004 du 19 avril 2002 portant Charte des investissements au Cameroun modifiée par la Loi n° 2004-20 du 22 juillet 2004 et par l’Ordonnance n° 2009-001 du 13 mai 2009.

[18] S.A., «Vers un « rapprochement stratégique » entre la Sodecoton et la Cicam pour transformer 50% du textile camerounais en 2030», Investir au Cameroun, paru le 03/11/2020,

https://www.investiraucameroun.com/industrie/0311-15495-vers-un-rapprochement-strategique-entre-la-sodecoton-et-la-cicam-pour-transformer-50-du-textile-camerounais-en-2030 (consulté le 27/07/2022).

Pour ce qui est de l’encouragement de joint-ventures, le Cameroun a également créé le 8 mai 2013, le Groupement d’intérêt économique dénommé la Bourse de Sous-Traitance et de Partenariat du Cameroun (BSTP) à l’effet de mettre en relation les (PME/PMI) avec les donneurs d’ordre des grandes entreprises nationales et internationales. Elle est également un Centre d’information et de développement des métiers de la sous-traitance. Voir Catalogue Bourse de Sous-Traitance et de Partenariat du Cameroun, Cf. S.A, « En 8 ans, la Bourse de sous-traitance et de partenariat du Cameroun a généré 242 contrats estimés à 41 milliards FCFA», Investir au Cameroun, paru le 05/11/2020, https://www.investiraucameroun.com/entreprises/0511-15516-en-8-ans-la-bourse-de-sous-traitance-et-de-partenariat-du-cameroun-a-genere-242-contrats-estimes-a-41-milliards-fcfa (consulté le 17/08/2022).

[19] La Loi n° 2017/015 du 12 juillet 2017 fixant les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun.

[20] Ordonnance n° 90/001 du 29 Janvier 1990 créant le Régime de la Zone Franche au Cameroun.

[21] Véronique Elong, La compétitivité des entreprises manufacturières camerounaises à l’exportation au Nigeria et dans la CEEAC, Mémoire Master professionnel Marketing International, Université de Yaoundé II,  IRIC, 2018. p. 88. https://www.academia.edu/40876988/LA_COMPETITIVITE_DES_ENTREPRISES_MANUFACTURIERES_CAMEROUNAISES_A_LEXPORTATION_AU_NIGERIA_ET_DANS_LA_CEEAC?email_work_card=abstract-read-mor  (consulté le 27/07/2022).

[22] Evaluation indépendante Cameroun, Programme Intégré d’Appui au Developpement Industriel, ONUDI, Vienne 2010, https://www.unido.org/sites/default/files/2010-02/e-book_IP-Cameroon_0.PDF (consulté le 27/07/2022). Le Cameroun a ratifié l’Acte constitutif de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel le 18/08/1981.

[23] Sylvain Andzongo, «Le Pnud met en place des financements pour les PME de l’agro-industrie impactées par la Covid-19 au Cameroun», Investir au Cameroun, paru le 03/05/2021, https://www.investiraucameroun.com/economie/0305-16325-le-pnud-met-en-place-des-financements-pour-les-pme-de-l-agro-industrie-impactees-par-la-covid-19-au-cameroun (consulté le 27/07/2022). Le bureau du PNUD au Cameroun est ouvert en 1972.

[24] Le Cameroun est membre de l’OMC depuis le 13 décembre 1995 et membre du General Agreement on Tariffs and Trade (GATT) depuis le 3 mai 1963.

[25]  Le Cameroun est membre signataire de l’Accord de Bangui relatif à la création de l’OAPI conclu à BANGUI le 02 mars 1977 et révisé par, acte du 14 décembre 2015 à Bamako. Le siège de cette institution est à Yaoundé.

[26] Brice R. Mbodiam, «Cameroun : la coopération allemande veut mettre en place un incubateur pour les entreprises de la filière coton-textile», Agence ecofin, paru le 27/05/2021,

https://www.agenceecofin.com/agro-industrie/2705-88578-cameroun-la-cooperation-allemande-veut-mettre-en-place-un-incubateur-pour-les-entreprises-de-la-filiere-coton-textile (consulté le 27/07/2022).

[27] Véronique Elong, La compétitivité des entreprises manufacturières camerounaises à l’exportation au Nigeria et dans la CEEAC, Supra note 21 , p. 87.

[28] Voir Décret n° 2005/310 du 1er septembre 2005. Abrogé par le Décret n° 2019/074 du 18 avril 2019 portant réorganisation et fonctionnement de l’API.

[29] Voir site internet de l’Agence de Promotion des Investissements, www.investincameroon.net, https://www.investincameroon.net/conventions/ (consulté le 16/08/2022).

Voir également, Amina Malloum, «Incitation à l’investissement : l’API signe 10 conventions avec le secteur privé», Ecomatin, paru le 02/06/2022. “Depuis 2014,  date de la mise en œuvre effective des dispositions de la loi du 18 avril 2013, 279 conventions ont  déjà été signées entre l’Etat et le secteur privé pour un volume global d’investissements prévisionnels de 5 100 milliards de FCFA et une estimation de 102 500 emplois directs générés.” https://ecomatin.net/incitations-a-linvestissement-lapi-signe-10-conventions-avec-le-secteur-prive/ (consulté le 16/08/2022).

[30] Aïsha Moyouzame, «Cameroun : des entrepreneurs reçoivent une subvention du gouvernement», Agence ecofin, paru le 25/08/2020, https://www.agenceecofin.com/entreprendre/2508-79482-cameroun-des-entrepreneurs-recoivent-une-subvention-du-gouvernement (consulté le 27/07/2022).

[31] 9e session du « Cameroon Business Forum » (CBF), le lundi 12 mars 2018 à l’hôtel Sawa à Douala, sur le thème : « Financement des petites et moyennes entreprises et développement du tissu industriel camerounais».  https://actucameroun.com/2018/03/12/cameroon-business-forum-premier-ministre-preside-9e-edition-jour-a-douala/ (consulté le 27/07/2022).

[32]Ce concept d’Industradition développé par le Pr. Charles Binam Bikoï consiste notamment en la construction des chaînes de valeurs de quatre groupes de produits et techniques issus des traditions ancestrales qui font actuellement l’objet d’une exploitation artisanale de plus en plus proto-manufacturière, et parmi lesquels on compte l’agroalimentaire. Concrètement, cela implique trois actions pour notre pays, dans ses rapports de coopération avec l’extérieur, notamment, réorienter la coopération économique  par la priorité à la co-production entre entreprises camerounaises et étrangères au Cameroun; investir dans les chaînes de valeur de l’Industradition, en l’espèce ici l’agroalimentaire, l’agro-phyto-pharmaceutiques, l’agro-cosmétiques, le textile-cuir confection, etc. qui recèlent les meilleures niches de productivité et de compétitivité potentielles notamment en ciblant des produits pilotes via des études d’inventaires et de cartographie des niches, praticiens et entreprises indus traditionnels. Le troisième axe concerne la systématisation des cofinancements en monnaie locale et en devises notamment à travers une plateforme de co-investissement pour les infrastructures, impliquant ainsi le secteur financier local dans le financement des projets aux côtés des investisseurs étrangers ; ceci afin d’éviter l’effet d’éviction que créent les financements à moyen et long termes en devise ainsi que la non-optimisation de l’épargne locale.”

Voir Madame Gabrielle Andela KELLE, “Gabrielle Andela Kelle : The Okwelians réitère son plaidoyer en faveur de la transformation économique du Cameroun et l’Afrique en proposant des pistes de coopération gagnant-gagnant”, Interview réalisée par THE OKWELIANS, Economie du Cameroun,  https://economieducameroun.com/gabrielle-andela-kelle-the-okwelians-reitere-son-plaidoyer-en-faveur-de-la-transformation-economique-du-cameroun-et-lafrique-en-proposant-des-pistes-de-cooperation-gagnant-gagnan/ (consulté le 17/08/2022).

[33] L’auteur relève que “(…)les stratégies d’industrialisation venues d’ailleurs ont déjà été proposées au Cameroun (…) dès que la solution s’avère inopérante voire dangereuse pour l’économie de l’Etat une autre est proposée (…)”. Il ajoute en mentionnant les industries créées au lendemain des indépendances à l’exemple de la Cellulose du Cameroun (CELLUCAM) créée en 1976 et dont la dissolution a été entamée en 1986. Voir supra note 5 pp.5-10.

[34] Voir Discours du président du Groupement Interpatronal du Cameroun (GICAM) et de la coordination patronale du Cameroun, M. Célestin TAWAMBA portant présentation du Thème général intitulé « émergence et développement de l’investissement privé au Cameroun » lors du Cameroon Business Forum tenu le 18 mars 2019. Il énonce notamment “la fiscalité […] handicapante pour les acteurs économiques [qui] reste un obstacle au développement des affaires au regard de son caractère confiscatoire [malgré le fait qu’] une meilleure écoute [du gouvernement à ce sujet est opérée] depuis 1 an”. Voir également, Véronique Elong, La compétitivité des entreprises manufacturières camerounaises à l’exportation au Nigeria et dans la CEEAC, Supra note 21 , pp. 91-95.

[35] S.E. Paul Biya, Président de la République du Cameroun, Discours d’ouverture de la conférence économique internationale de Yaoundé, 17/05/2016, https://www.prc.cm/fr/actualites/discours/1776-conference-economique-internationale-de-yaounde-discours-d-ouverture-de-s-e-paul-biya (consulté le 27/07/2022).

[36] Le statut industriel est un terme pour désigner le nombre des industries qui s’avère relativement bas en comparaison avec le potentiel élevé au Cameroun.  Voir pour cet élément, l’annuaire des entreprises industrielles du Cameroun publié par www.africannuaire.com, société SPHM Editions, https://africannuaire.com/annuaire-cameroun/industries/ (consulté le 27/07/2022

[37] Investir au Cameroun, «Budget 2022 : la liste des projets à mettre en œuvre dans les 10 régions du Cameroun (à télécharger)», paru le 01/03/2022, source Alamine Ousmane Mey, Ministère de l’économie de la planification et de l’aménagement du territoire,

https://www.investiraucameroun.com/economie/0103-17579-budget-2022-la-liste-des-projets-a-mettre-en-uvre-dans-les-10-regions-du-cameroun-a-telecharger (consulté le 27/07/2022).

[38] Voir Supra note 9, https://www.stopblablacam.com/economie/2305-8812-hausse-des-prix-l-ins-preconise-des-mesures-additionnelles-de-soutien-aux-entreprises-et-aux-menages (consulté le 27/07/2022).

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LA PRODUCTION PISCICOLE AU CAMEROUN : DÉTERMINANT MAJEUR DE L’ÉMERGENCE DE LA RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS (RAM)

INTRODUCTION

L’utilisation des antimicrobiens (AM) en médecine vétérinaire est un outil essentiel pour la protection de la santé animale et de façon indirecte la santé humaine. Cet outil permet de sécuriser un niveau sanitaire optimal tout en assurant une qualité de production animale avec un faible coût de production pour la consommation humaine. Cependant, on peut noter quelques risques potentiels liés à la présence des résidus dans les denrées alimentaires d’origine animale qui sont de plusieurs ordres : risques cancérigènes (Nitrofuranes, formel), risques allergiques (Pénicillines, Streptomycine), risques toxiques (Chloramphénicol), modification de la flore intestinale (Tétracyclines), sélection de bactéries résistantes aux antibiotiques. Cette utilisation est aujourd’hui remise en cause, car elle est susceptible de favoriser l’apparition d’antibiorésistances chez l’homme. Le Codex Alimentarius définit la résistance aux antimicrobiens (RAM) comme la « capacité pour un micro-organisme de se multiplier ou de résister en présence de niveaux croissants d’un agent antimicrobien, relativement à l’homologue vulnérable de la même espèce »[1]. Les antimicrobiens constituent une menace pour la vie et le développement des hommes, des animaux et de leur écosystème.

Au Cameroun, l’agriculture, l’élevage et la pêche occupent plus de 70% de la population active et représentent 30% du PIB[2]. Le poisson représente 40% et 9,5% de l’apport protéique d’origine animale et des besoins totaux de la population, respectivement[3]. En l’absence d’un système de collecte des données statistiques, la production nationale annuelle est estimée à 50 tonnes et évaluée à 330 tonnes grâce à la présence des Agents de Vulgarisation de Zone (AVZ) qui assurent un minimum d’encadrement auprès des pisciculteurs[4]. Aussi, la pisciculture devient une opportunité financière pour des jeunes en quête d’emploi, alors que 57 % des jeunes diplômés sont au chômage[5]. Néanmoins la connaissance et les données sur la pratique de la pisciculture restent problématiques. Il existe très peu de données sur la présence des résidus d’AM dans les aliments utilisés en pisciculture et dans les produits dérivés issus de ce type d’élevage au Cameroun.

I- LA PRATIQUE DE L’AQUACULTURE AU CAMEROUN

1- Histoire de l’aquaculture au Cameroun

Au Cameroun, l’aquaculture a été introduite sous la forme de pisciculture en 1948 et est pratiquée uniquement en étangs et en eau douce[6]. L’ichtyologie qui est une branche de la zoologie qui a pour objet l’étude scientifique des poissons. L’ichtyologie révèle que la Silure ou poisson-chat, le Tilapia du Nil, la Carpe commune et le Kanga seraient les poissons les plus rencontrés dans la pisciculture.

2- Le système de production piscicole au Cameroun

Dans le système de production piscicole au Cameroun, il existe deux types de production : la pisciculture intensive et la pisciculture extensive.

La pisciculture intensive se pratique dans des espaces entièrement ou partiellement clos (bassins en terre, béton ou en plastique, nasses ou cages géantes flottantes, etc.) en eau douce ou en pleine mer suivant les espèces. Ce type est couramment utilisé pour les fermes piscicoles commerciales.

La pisciculture extensive est en général pratiquée dans les étangs-barrages. Les piscicultures se déroulent en l’absence de fertilisants et d’intrants alimentaires. C’est souvent le cas des mares qui sont simplement empoisonnées. Il s’agit ici d’un élevage à faible niveau d’investissement.

a- Pisciculture dans les rives d’un cours d’eau (Littoral)
b- Pisciculture dans les étangs piscicoles dans la région du Centre (Région de l’Est du Cameroun)

Figure 1 : La pisciculture extensive au Cameroun[7] 

3- Les groupes d’aliments pour la nutrition des poissons 

Au Cameroun, on retrouve trois groupes d’aliments pour la nutrition des poissons : (i) les aliments naturels qui sont présents naturellement dans l’étang (détritus, bactéries, plancton, vers, insectes, mollusques, plantes aquatiques et poissons) ; (ii) les aliments de complément qui sont distribués de façon régulière aux poissons de l’étang (végétaux terrestres, déchets de cuisine ou sous-produits agricoles) ; (iii) et enfin les aliments complets sont distribués de façon régulière mais se composent d’un mélange d’ingrédients soigneusement choisis, destinés à fournir tous les éléments nutritifs nécessaires à une bonne croissance des poissons mais généralement très coûteux (les granulés localement fabriqués). On retrouve ce type d’aliments beaucoup plus dans le système intensif avec les bacs hors sol.

Figure 2 : les granulés fabriqués localement[8].

4- Les grandes zones agro-écologiques ayant un climat favorable au développement de la pisciculture.

Les principales régions de production aquacole se trouvent essentiellement dans les régions de l’Adamaoua, du Centre, de l’Est, du Littoral, de l’Ouest et du Nord-ouest. Cependant, sans un système fiable de collecte de données statistiques sur la pisciculture, il n’est pas possible d’estimer la production de poisson par région[9]. Le poisson représente une source importante de protéines pour une grande partie de la population, qui constitue une source économique clé pour le développement du Cameroun. Une véritable ressource locale que la viande ne peut remplacer à cause de sa non-disponibilité ou de son prix de vente élevé.

5- Les facteurs socioéconomiques de la pisciculture

La pisciculture représente une opportunité économique pour de nombreux acteurs qui voudraient se lancer dans l’entrepreneuriat. En 2015, le rapport de l’Institut National des Statistiques sur les besoins en production piscicole annonce un déficit de production nationale piscicole de 250 000 tonnes[10] ; la demande étant estimée à 400 000 tonnes par an. Le coût de l’importation des poissons surgelés est estimé à 100 milliards de FCFA/an avec une perte annuelle de 20 milliards/an due à la pêche illégale dans les eaux du pays par des étrangers[11]. À l’heure actuelle, la pénurie de poisson sur les marchés touche de plus en plus les ménages à cause de la flambée des prix sur les marchés.

Dans la pratique courante, la pisciculture est faite dans des structures familiales, au bord des lacs, des fleuves et océans. Mais depuis quelques années, la pisciculture en hors sol est effectuée majoritairement par des jeunes entrepreneurs. Une étude menée dans la région de l’Est Cameroun a révélé que 88 % pisciculteurs enquêtés se sont formés sur le tas sans recevoir une formation professionnelle. Ces formations ont porté généralement sur les techniques d’élevage et les visites de fermes piscicoles au Cameroun. Environ 22 % des pisciculteurs ont une expérience professionnelle de 15 ans contre 8,5 % qui ont une expérience professionnelle d’une moyenne de 25 ans. Ces chiffres démontrent à suffisance le danger que représente à l’heure actuelle la production piscicole en absence des connaissances en biosécurité et bio-sûreté. Parmi les difficultés majeures que rencontrent les producteurs piscicoles, on peut citer : les difficultés financières, l’approvisionnement en alevins et en aliments, l’insuffisance en connaissance et aptitudes pratiques sur les techniques d’élevage et la gestion des sites piscicoles[12].

6- Les problèmes liés à la pratique de la pisciculture au Cameroun 

Dans tous les types de production, les poissons restent exposés aux maladies peu importe le type d’aliments utilisés. En général, on retrouve les maladies virales (viroses), les maladies bactériennes (bactérioses) et les maladies parasitaires (parasitoses) comme chez les Humains. En plus des maladies, ils subissent des agressions de toutes sortes.

Au Cameroun, les maladies rencontrées chez les poissons ne sont pas encore connues, dans la littérature, les données restent rares. Cependant, plusieurs antimicrobiens sont employés pour sécuriser un niveau sanitaire optimal et assurer la qualité de la production animale et ses dérivés destinés à la consommation humaine tout en réduisant les coûts de production. L’utilisation non contrôlée des antimicrobiens peut occasionner des problèmes de résistance aux antimicrobiens. Cette situation nécessite une attention particulière des chercheurs, des universitaires et des spécialistes du domaine de l’aquaculture et de la santé publique.

II- CADRE RÉGLEMENTAIRE DE L’UTILISATION DES ANTIMICROBIENS EN AQUACULTURE AU CAMEROUN

Nous étudierons d’abord la création de fermes piscicoles avant d’envisager la réglementation sur l’utilisation des antimicrobiens en aquaculture au Cameroun.

  1. Création de fermes piscicoles au Cameroun

Au Cameroun, la pratique de l’aquaculture est soumise à des autorisations pour la création de fermes piscicoles et pour l’importation et l’introduction d’espèces aquacoles vivantes ; une autorisation spéciale est requise pour l’exploitation de poissons ornementaux. Le Ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales (MINEPIA) est chargé de l’application de cette réglementation à travers ses services centraux et extérieurs. Cependant, la plupart des pisciculteurs ne disposent pas d’autorisation. Le manque de connaissance sur les procédures et les difficultés financières pour se mettre en conformité avec un cadre réglementaire pourraient être les principales causes. Dans le cadre de la prévention, le gouvernement a mis sur pied un Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole (PNVRA). Ce programme réunit tous les vulgarisateurs du MINEPIA et du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER) avec la collaboration de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) pour assurer une meilleure coordination et programmation des enseignements à dispenser auprès des paysans dans le monde rural.

2- Réglementation sur l’utilisation des antimicrobiens en aquaculture

Sur le plan international, la législation est un outil essentiel pour contrôler l’utilisation des antimicrobiens (UAM) et prévenir la RAM. La Commission du Codex Alimentarius définit une limite maximale de résidus de médicaments vétérinaires (LMRMV) pour la sécurité sanitaire des aliments. Les LMRMV sont définies comme la concentration maximale de résidu résultant de l’emploi d’un médicament vétérinaire (exprimé en mg/kg ou en μg/kg sur la base du poids frais). Dans l’Union européenne, la réglementation en matière de résidus est organisée par le règlement (CEE nº 2377/90 du Conseil du 26 Juin 1990) qui fixe les LMRMV appliquées dans les pays de l’Union européenne. Le taux de prévalence des résidus d’AM dans les aliments d’origine animale est estimé à 1 % en Europe contre 94 % dans certains pays d’Afrique[13].

 Au Cameroun, il n’existe pas de réglementation de contrôle des résidus d’AM, ce qui crée des manquements dans la réglementation de la biosécurité et la bio-sûreté et une pénurie de données sur le contrôle des résidus d’AM dans des produits issus de l’aquaculture. On note également d’énormes lacunes existant dans l’organisation du marché des médicaments à savoir : l’absence de législation spécifique adaptée au nouveau contexte de libéralisation de la pharmacie vétérinaire, l’absence d’application de la réglementation en vigueur, l’absence d’inspection, de procédures d’AM et d’enregistrement des médicaments vétérinaires et l’existence de circuits parallèles au circuit officiel de vente de médicaments vétérinaires[14]. Il faut s’interroger sur la vente illicite des médicaments dans les rues et de leur qualité et certaines pratiques qui consistent à administrer aux animaux des médicaments destinés à une autre espèce à cause de l’absence de l’application des textes et l’insuffisance de la législation.  Pourtant l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE) à travers les Codes sanitaires pour les animaux terrestres et pour les animaux aquatiques proscrit des normes relatives à l’usage responsable et prudent des antimicrobiens et des alicaments. L’OIE recommande que les antimicrobiens soient prescrits par un vétérinaire ou toute autre personne dûment formée et que des systèmes de distribution agréés ou autorisés soient mis en place. Il est également recommandé que les producteurs d’animaux destinés à la consommation humaine respectent l’ordonnance vétérinaire et les directives du médicament.

Cependant, ses différents manquements pourraient être à l’origine de l’émergence des bactéries multi-résistantes à potentiel zoonotiques circulant chez l’homme, l’animal et dans leur environnement déclarés dans plusieurs études scientifiques. Et également de la présence des résidus d’AM dans les denrées d’origine animale.

CONCLUSION

La mise en place d’une unité de production piscicole doit respecter les procédures administratives édictées par le gouvernement et les organisations internationales telles que : l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; et doit respecter les normes de biosécurité pour préserver la santé humaine et animale ainsi que notre environnement. La résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue une problématique mondiale de santé publique et animale qui préoccupe les scientifiques et les responsables politiques. Il serait nécessaire de disposer des méthodes permettant de lutter contre l’émergence ou la dissémination de microorganismes résistants résultant de l’utilisation d’agents antimicrobiens chez les animaux et de limiter les antibiorésistances par un usage maîtrisé de ces agents. Le suivi des quantités d’agents antimicrobiens utilisés chez les animaux servant à la production de denrées alimentaires et la détermination des profils d’utilisation doit être régi par une législation. La pratique de la pisciculture doit être autorisée à des professionnels du domaine et avec des obligations de disposer d’un vétérinaire. Les chercheurs doivent s’intéresser davantage aux maladies des poissons qui sont cultivés au Cameroun. Il faut également approfondir les recherches sur le contrôle des résidus d’AM dans l’environnement de l’élevage et des produits issus de l’aquaculture pour minimiser les risques sanitaires et garantir la santé humaine. 

BIOGRAPHIE :

DJIM-ADJIM-NGANA Karyom est âgé de 30 ans, originaire de la Région du Nord-cameroun. Passionné par la médecine, il va déposer ses bagages après l’obtention de son baccalauréat scientifique à la prestigieuse Université de Ngaoundéré en 2013, au Département des sciences biomédicales. Il sortira de cette école en 2019 avec un Master en Biologie Clinique. Il reviendra en 2021 pour faire un second Master en santé publique à l’École des Sciences et de Médecine Vétérinaire qu’il soutiendra en octobre 2022. Il travaille actuellement comme chercheur au Centre de Recherches en Santé et sur les Pathologies Prioritaires à l’Institut de Recherches Médicales et d’Etudes des Plantes Médicinales sous tutelle du Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (depuis juillet 2021). Spécialiste en Microbiologie Médicale et Santé Publique, ses travaux de recherche sont axés sur les problématiques liés à la résistance aux antimicrobiens. Il est auteur de plusieurs articles scientifiques. Auparavant, il a travaillé comme Superviseur de Terrain au sein de l’ONG M.A. SANTE (Meilleur accès aux soins de santé) dans plusieurs projets dans le domaine de la santé (2020-2021). Jeune acteur de la société civile, il va fonder en 2020, une organisation dénommée « Organisme pour la Santé et l’Action Sociale » (OSAS), qui fait dans la promotion de la santé, l’éducation et le développement durable avec plusieurs projets réalisés dans le Nord Cameroun. Depuis octobre 2020, il y officie en tant que Président. Il est très impliqué dans la lutte pour l’implémentation de la couverture Santé Universelle au Cameroun, pour un accès aux soins de santé équitable et  pour un développement durable.

https://www.researchgate.net/profile/Karyom-Djim-Adjim-Ngana https://www.linkedin.com/in/karyom-djim-adjim-ngana-1a266312a?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_profile_view_base_contact_details%3B%2FQqlaWqBQKGsy5aBm3sY6A%3D%3D


[1] Commission du Codex Alimentarius. 2011. Définitions, Guidelines for Risk Analysis of Foodborne Antimicrobial Resistance, CAC/GL 77- 2011. Rome. 29 pp.

[2] http://ccere-cameroun.com/lagriculture-lelevage-et-la-peche-au-cameroun/  

[3] J. A. Atangana Kenfack, P. Tchawa & J.-C. Micha, « La pisciculture au Cameroun : une démarche individuelle ! Cas de la commune de Bertoua 1 dans la région Est du Cameroun », Tropicultura [En ligne], Volume 37 (2019), Numéro 3, URL : https://popups.uliege.be/2295-8010/index.php?id=1379.

[4] FAO 2022. Cameroun. Text by Kouam, J.. Fisheries and Aquaculture Division [online]. Rome. [Cited Thursday, August 18th 2022]. Available from :  https://www.fao.org/fishery/en/countrysector/cm/fr?lang=fr

[5] Le Directeur de la coopération au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Ngu Comfort, dans son discours d’ouverture a déclaré que le taux de chômage des jeunes au Cameroun est de l’ordre de 57%, alors que chaque année, plus de 300 000 jeunes obtiennent leur diplôme sans avoir acquis les compétences professionnelles nécessaires pour répondre aux exigences du marché du travail.: Available from :  https://www.legicam.cm/index.php/p/developpement-des-competences-pour-ameliorer-l-employabilite-des-jeunes-au-cameroun . Date de publication : 08/10/2021, 14 :00

[6] « Historique du développement de la pisciculture au Cameroun. » Satia, N.B.P. 1991

[7] J. A. Atangana Kenfack et al. La pisciculture au Cameroun : bilan et perspectives. Int. J. Biol. Chem. Sci. 13(2) : 1140-1161, 2019.

[8] DEVELOP GROUP. Comment choisir un système pour sa pisciculture au Cameroun ? Accessed: 2022-10-18. Available from : https://www.develop-group.net/2020/04/19/comment-choisir-un-systeme-pour-sa-pisciculture-au-cameroun/

[9] FAO 2022. Cameroun. Texte de Kouam, J.. Division des pêches et de l’aquaculture [en ligne]. Rome. [Cité Tuesday, October 18th 2022]. https://www.fao.org/fishery/fr/countrysector/cm/fr

[10] M. MAIMOUNE et al. Pourquoi la pisciculture tarde à se développer dans la ville de Bertoua

(Est-Cameroun)? Int. J. Biol. Chem. Sci. 15(6): 2568-2580, 2021

[11] http://ccere-cameroun.com/lagriculture-lelevage-et-la-peche-au-cameroun/

[12] J. A. Atangana Kenfack et al. La pisciculture au Cameroun : bilan et perspectives. Int. J. Biol. Chem. Sci. 13(2): 1140-1161, 2019.

[13]https://www.researchgate.net/profile/Guy_Mensah/publication/274257121_Antimicrobial_residues_in_foods_of_animal_origin_in_Africa_Public_health_risks/links/566d596b08ae1a797e4023f2/Antimicrobial-residues-in-foods-of-animal-origin-in-Africa-Public-health-risks.pdf

[14] Messomo Ndjana F. (2006). – Étude de la distribution et de la qualité des médicaments vétérinaires au Cameroun. Thèse de doctorat de l’École inter-États des sciences et médecine vétérinaires de Dakar (EISMV), Sénégal, 114 pp.

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RÔLE DES BANQUES ET TONTINES DANS LA STIMULATION DE L’ECONOMIE CAMEROUNAISE 

Par Bienvenue Amani-Guessing, Okwelians Fellow 2022

Source : EcoMatin, Tontines, mutuelles, ONG

            Toutes les 22 banques installées au Cameroun[1], à travers la BEAC ont un rôle principal qui est celui de la stabilisation de la politique monétaire. Au moment où le Cameroun traverse de multitudes crises (Sécuritaires, économiques et sanitaires etc…) qui fragilisent sa stabilité, il est nécessaire de repenser à une relance de son économie. La relance économique renvoie à un ensemble de mesures politique, économique visant à stimuler l’économie d’un pays lors d’une période de creux[2]. Cette stimulation consistera à prendre soit des mesures de relance budgétaire d’une part et/ou des mesures de relance monétaire.

            Dans le cadre général de la stabilisation de la politique monétaire, la politique de relance budgétaire n’est plus vue comme un instrument de stabilisation de l’ensemble de l’économie d’un Etat, du fait des doutes quant à la capacité à régler des mesures budgétaires de façon à atteindre le degré de stabilisation souhaité et en raison des préoccupations relatives aux déficits budgétaires. Au fil des années, l’objectif de stimulation et ou de stabilisation de l’économie tend à être calqué sur la politique monétaire. En Afrique, les tontines représentent également un mécanisme financier informel permettant également de financer les activités économiques.

            La présente note est construite, pour mettre en exergue le rôle des banques dans la stabilisation de l’économie camerounaise, en particulier à travers les instruments de la politique monétaire d’une part. Elle vise aussi à montrer le rôle des tontines comme outils de relance économique d’autre part.

  1. MECANISMES DE LA POLITIQUE MONETAIRE

            En fonction du comportement des agents économiques, les banques mettent sur pied divers mécanismes pour venir à bout de la hausse généralisée des prix. Pour le cas actuel du Cameroun, l’application de la politique monétaire par le biais des canaux de taux d’intérêt, du taux de change et du taux d’intérêt bancaire parait plus importante.

  1. Canal du taux d’intérêt

            C’est le principal mécanisme de transmission de la politique monétaire dans le modèle de base IS/LM[3]. Ce concept consiste pour les banques, en la réduction des taux d’intérêts réels pour accroitre la politique monétaire. Ceci entraîne également une augmentation des dépenses d’investissement et un accroissement de la demande globale et de la production.

            La mise en pratique de ce mécanisme par les banques installées au Cameroun permet de couvrir l’inflation[4] portée par la hausse des prix des denrées alimentaires (Pains, céréales, légumes, poissons, viandes…), des articles d’habillement, du logement, d’eau, et d’électricité.

            A l’origine Keynes[5] avait présenté ce modèle principalement par l’intermédiaire des dépenses des entreprises en matière de dépense d’investissement. Aujourd’hui, il s’applique bien aux investissements d’acquisition de bien de consommation durable des ménages et des investissements en logement.

            En effet, c’est le taux d’intérêt réel et non nominal qui influence sur les dépenses. Cette influence est un mécanisme de stimulation de l’économie par la politique monétaire, même si les taux d’intérêts nominaux atteignent un seuil nul de zéro.

            Illustration

         En date du 10/08/2020, M. Bouba effectue un emprunt bancaire pour ses  achats (produits alimentaires) au taux de remboursement de 5%, auprès de sa banque. Le 10/08/2021 au moment du remboursement, l’on constate une inflation de 2%.

            Monsieur Bouba ne supportera plus le payement d’intérêt au taux de 5%. Le nouvel taux sera calculé par la banque ainsi qu’il suit :

Intérêt réel =  intérêt nominal – Taux d’inflation

Soit : (5%-2%) = 3%.

            En tenant en compte l’inflation, le nouvel taux d’intérêt applicable à M. Bouba sera de 3%.

  • Canal du taux de change

            L’internationalisation de l’économie camerounaise nécessite la transmission de la politique monétaire à travers l’influence des taux de change sur les exportations nettes. Ce canal fait aussi intervenir  les effets du taux d’intérêt. Car la baisse des taux d’intérêt réels nationaux entraine inéluctablement la baisse des dépôts nationaux. Ce qui entraine une chute de la valeur des dépôts en FCFA par rapport aux dépôts en devises. Malgré que le FCFA soit adossé à l’Euro, nous pensons que la dépréciation de la monnaie nationale abaisse les prix des biens nationaux par rapport aux biens étrangers, ce qui se traduit par une augmentation des exportations et donc de la production globale.

            En effet, ce mécanisme s’explique principalement par la vente des produits issus du Bois, du Coton, du Cacao, du Ciment et autres ressources. En Chine, ce système encouragerait les PME à produire en grande masse afin de réduire les importations, et d’encourager de plus en plus les exportations des produits finis et non des matières premières. Cette production de masse va permettre en même temps de satisfaire la demande nationale. Notons que le mécanisme du taux de change est régit par la banque centrale et appliqué par les banques secondaires qui jouent un rôle d’intermédiation.

  • Canal du taux d’intérêt bancaire

            Les PME inondent le secteur des entreprises au Cameroun. N’ayant pas accès aux marchés de crédit, celles-ci sollicitent pour la plupart les banques, pour divers emprunts.

Ce canal agit de la façon suivante, une politique monétaire expansionniste, qui contribue à accroître les réserves et les dépôts bancaires, augmente la qualité des prêts bancaires disponibles. L’augmentation du volume des prêts conduit à une hausse des dépenses d’investissement et de consommation.

            La politique monétaire aura une incidence plus forte sur les dépenses des petites entreprises, qui dépendent d’avantages des prêts bancaires, que sur les grandes entreprises qui ont directement accès aux marchés de capitaux, sans avoir à solliciter les banques.

            Nous interpellons donc les banques installées au Cameroun à ouvrir leur porte aux jeunes entrepreneurs camerounais, pour leur besoin de financement. La banque UBA est un exemple à travers son programme  Tony Elumelu Foundation[6] (TEF) organisé chaque année pour le financement de projets des jeunes entrepreneurs africains. De même, au Cameroun,  Afriland First Bank a récemment signé une convention avec la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA) pour l’accompagnement des PMEs[7].

            Les canaux de transmission de la politique monétaire développés ci haut sont généralement décidés par la banque centrale. De ce fait, leur mise en application par les banques secondaires parait de plus en plus difficile et a très peu d’impact sur la couche de la population défavorisée.

Source : Le Magazine du Manager, Les banques et établissement de crédit
  1. MECANISME TRADITIONNEL : LES TONTINES

            Le système financier bancaire n’étant pas accessible à tout le monde, certaines entreprises et groupes de personnes dans plusieurs pays africains et camerounais en particulier, ne cessent de dépendre des circuits financiers informels. Les tontines semblent connaitre dans ce sens, une popularité qui ne faiblit pas.

  1. Définition et types de tontines

            Selon Zygmunt Bouman (1997)[8] : « les tontines sont des associations regroupant des membres d’un clan, d’une famille, des voisins ou des particuliers, qui décident de mettre en commun des biens ou des services au bénéfice de tout un chacun, et cela à tour de rôle ». Selon lui, la tontine africaine remonte à 1952 au Nigéria. Aujourd’hui, il est pratiqué par la majorité de la population camerounaise.

            Selon Bekolo-Ebe, B. (1991)[9], il faut distinguer entre autres, trois types de tontines :

  • Les tontines mutuelles : elles reposent sur la solidarité entre membres qui se connaissent bien ;
  • Les tontines commerciales : ici, un tiers prend l’initiative de création d’un groupe et joue le rôle d’un banquier en prélevant à chaque contributeur une commission pour le service qu’il rend ;
  • Les tontines financières : c’est la forme la plus répandue au Cameroun et est pratiquée par les Bamilékés. Elle consiste à mettre aux enchères selon des modalités statutairement définies les dépôts des adhérents.

            Pour stimuler l’économie, le mécanisme de la tontine dégage plusieurs finalités.

Finalités de la tontine

            Pour Nzemen (1988)[10], le taux de participation des camerounais aux organisations tontinières est de 47%. Il indique que les associations tontinières ont vu le jour dans les sociétés traditionnelles et n’ont commencé à opérer dans les zones rurales que sous forme de « tontines de travail ».

            Les tontines ont premièrement pour rôle de renforcer les liens des adhérents, contrairement au système bancaire dans lequel le lien social est quasiment inexistant. Par exemple, lorsqu’un membre d’une tontine est malade, les autres se constituent pour lui rendre visite et l’assister financièrement, moralement et/ou matériellement. Même s’il peut quelques fois arriver qu’un membre n’honore pas ses engagements, il y existe une certaine sécurité des actifs, en raison de la sacralité du groupe.

            La tontine permet deuxièmement au groupe de mener des activités économiques, soit de créer une entreprise, soit de monter des projets ou d’acheter des vivres. Par exemple en cette période de crise, plusieurs constituent une tontine pour payer des dettes, s’acheter des morceaux de savons et des bouteilles d’huiles pour leurs familles. Chez les bamilékés par exemple,    l’argent des tontines est utilisé pour financer les études de leurs enfants et même pour exercer des grandes activités commerciales.

            La tontine au Cameroun, joue également un rôle financier dans la mesure où la participation de chaque membre est considérée comme une épargne pouvant être redistribuée à tour de rôle. Des négociations peuvent avoir lieu pour prendre le tour de tel ou tel autre membre.

Les tontines tendent à se pérenniser en véritables institutions sociales. Le système bancaire ne reflétant pas les éléments de la culture locale, il ne pouvait qu’être bâti sur la méfiance, le paraitre, l’entregent en lieu et place de la confiance, de la valeur intrinsèque, de la caution morale, toutes choses chères aux tontines[11].

SOURCE : EcoMatin, Tontines, Mutuelles, ONG

CONCLUSION

            Le mécanisme de stabilisation par la politique monétaire est existant et a une place prépondérante pour les grandes entreprises et pour la partie de la population qui a accès aux financements bancaires pour exercer des grands investissements. Pour parvenir à cette stabilisation monétaire globale au Cameroun, nous pensons que le système financier tontinier occupe également une place de taille, surtout pour la grande majorité des ménages n’ayant pas accès aux établissements bancaires.

            Le choix de ces mécanismes a été fait en fonction des situations inflationnistes que traverse notre pays le Cameroun, et des besoins d’investissements qu’expriment davantage les jeunes.

            De façon générale, c’est la circulation de la monnaie qui facilite les transactions, favorise l’investissement et accroît la consommation. C’est l’ensemble de ces trois éléments qui permettent de lutter contre l’inflation.

Biographie :

Bienvenue Amani-Guessing est Gestionnaire de Fonds Commerce junior à Afriland First Bank, Il intervient à titre bénévole comme gestionnaire de trésorerie à Garizim Foundation, une association de jeunes chrétiens qui ont à cœur d’apporter une assistance sociale aux jeunes défavorisés. Né le 08 Août 1997 à Gatouguel, un petit village du Nord-Cameroun, il est titulaire d’un Master en Sciences de Gestion option comptabilité-contrôle-audit obtenu à l’Université de Ngaoundéré. Passionné par le métier bancaire, son rêve dans le domaine social est d’impacter les jeunes en les inculquant des valeurs morales et citoyennes. Pour son pays, la lutte contre les détournements des biens publics est un défi à relever.

https://www.linkedin.com/in/amani-guessing-bienvenue-990741123

https://www.facebook.com/bienvenue.amani.3192


[1]« Banque au Cameroun » africannuaire, 2022, https://africannuaire.com/resultat/?infos=Banques&ville=Cameroun. Consulté le 15/08/2022.

[2] « Politique de relance. », Wikipedia, Wikipedia foundation, 11/08/2022, https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Politique de relance

[3] Marchés des biens et de service (IS) et le marché de la monnaie (LM)

[4] Hausse généralisé des prix

[5]  Frederic S., Mishkin. « Les canaux de transmission monétaire : leçons pour la pratique monétaire » bulletin de la banque de France, No. 27, mars 1996, pp. 91-105.

[6] « The Tony Elumelu Foundation. »,  https://www.tonyelumelufoundation.org/. Consulté 15/08/2022.

[7] « Financement islamique : Afriland First Bank obtient une ligne de crédit de 26,2 milliards de FCFA au profit des PME camerounaises.», Eco matin, 2022, https://ecomatin.net/financement-islamique-afriland-first-bank-obtient-une-ligne-de-credit-de-262-milliards-de-fcfa-au-profit-des-pme-camerounaises/ . Consulté le 15/08/2015.

[8] « Les tontines dans les pays en développement. », gdrc,  https://www.gdrc.org/icm/french/matthieu/section-2.html#:~:text=Cette%20definition%20est%20proche%20de,cela%20a%20tour%20de%20role%20%C2%BB.  Consulté le 15/08/2022.

[9] Bekolo-Ebe B. (1991) « Enquête sur les tontines dans les provinces du centre, du littoral, de l’ouest et du nord-ouest », notes de recherche n°91-22, UREF/AUPELF.

[10] Nzemen, M. (1988), théorie de la pratique des tontines au Cameroun, Yaoundé, SOPECAM, pages 23.

[11] Kemayou Roger Louis et al. (2011), Tontines et banques en contexte camerounais, revue de science de gestion page 163-170

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CAMEROUN SANS BLE : LEÇONS ALIMENTAIRES DE LA GUERRE EN UKRAINE

Par Régine Gwladys LEBOUDA, Okwelians Fellow 2022

Monique[1] a le rire facile ; outil marketing pour masquer un verbe de commerçante âpre à la négociation. La mère de 5 enfants mise sur la diversité pour gagner une clientèle de plus en plus rare au marché du Mfoundi. Mais les bouteilles d’huiles de palme et régime de plantain sur son étal ne trouvent plus preneur. «C’est le troisième samedi où je vends moins de 10.000fcfa. Tout est devenu plus cher chez les grossistes. Les clients ne parviennent pas à acheter « , explique t-elle. Le ton frise l’excuse lorsqu’elle indique un régime de plantain défraîchi au prix de 5000 fcfa. Non loin de son étal, des femmes piaffent de dépit devant les étals de viande. 3200 fcfa et 3500 fcfa pour le kilo de viande avec et sans os. Il y a 6 mois encore, les prix ne dépassaient pas 2500 fcfa. Désormais, le soleil se lève sur un nouveau barème, toujours plus brûlant pour des ménages échaudés par l’inflation.

Depuis Janvier, les prix des produits de grande consommation connaissent une  escalade sur les étals des grandes villes. Dans sa note sur l’évolution de l’inflation au premier trimestre 2022, l’Institut National de la Statistique souligne une tendance haussière de 6,0%[2] en glissement annuel, en raison de l’envolée des prix du pain, des céréales (6,8%), de la viande (6,4%), des huiles et graisses (10,2%). Tandis que la Banque des Etats de l’Afrique Centrale[3] annonce une année 2022 difficile pour les ménages camerounais, avec un taux d’inflation au-delà de la norme de 3% instituée par la CEMAC. Des villes comme Bamenda, Ebolowa, Maroua ont d’ores et déjà franchi le seuil de 4%. Les ménages camerounais subissent de plein fouet le revers de l’explosion des coûts du fret maritime, combinée à la morosité économique post-covid  et la guerre en Ukraine qui perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales[4]. A ces facteurs, se greffe la hausse des cours du pétrole qui a renchéri le coût de production des engrais[5] et autres intrants agricoles. La stagflation mondiale amorcée[6] pose l’urgence de changer nos paradigmes de consommation (1) tout en accélérant une révolution agraire (2) incontournable pour notre sécurité alimentaire et notre cohésion sociale (3).

1-      Consommation du blé : une habitude importée

Importation de blé. Source: Investir au Cameroun

Le blé bat des records d’inflation depuis le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine[7]. Le conflit entre les deux pays, respectivement 1er et 5ème producteurs mondiaux de blé, met à mal les gros importateurs de cette céréale comme le Cameroun[8].  Conséquence, les prix de la farine de blé au niveau local ont été bonifiés de 5000fcfa avec des répercussions sur tous les autres produits alimentaires, au premier rang desquels figure le prix de la baguette. Le pain, produit de luxe devenu populaire, est aujourd’hui un symbole fort du contrat social entre l’Etat, garant de la sécurité alimentaire, et les citoyens, soucieux de leur pouvoir d’achat. Au Cameroun, la demande en blé n’a cessé d’augmenter[8], faisant de cette céréale la troisième denrée  la plus consommée après le maïs et le riz. Véritable gouffre à devises[9] , l’importation du grain d’or a englouti 156 milliards de FCFA en 2020.

Comment cette céréale est-elle devenue si vitale dans nos usages de consommation ? Répondre à cette question revient à  puiser dans notre histoire. La dépendance au blé est « l’exemple type d’un besoin artificiel créé par la présence coloniale » disait Jean Boutrais en 1982[10]. A l’époque déjà, les commandes de blé gonflaient les budgets des ménages, initiés par les colons à la consommation du pain, pâtes alimentaires et pâtisseries fines[11]. Pourtant, les productions de céréales locales et tubercules suffisaient le plus souvent à suppléer l’absence de production traditionnelle de blé. Le poids progressif de cette denrée a motivé quelques initiatives de production locale dans l’Adamaoua, l’Ouest, Nord-Ouest avec un rendement d’à peine 66t/ha. A Wassandé, petite localité située à environ 80 km de Ngaoundéré, les équipements de la défunte SODEBLE[12] se dressent encore, bravant rouille et abandon depuis la faillite de cette société. Une relance optimale de la culture du blé sur ses 16.000 hectares mobiliserait environ 160 tonnes de semences et une importante quantité de fertilisants selon L’Institut de Recherche Agricole pour le Développement. « Malgré les avancées de la recherche agricole, les moyens financiers (…) très limités ne permettent pas une transformation à grande échelle de la chaîne de valeur du blé au Cameroun. D’où la nécessité de développer des initiatives d’investissements qui vont permettre à notre pays de gagner en autonomie d’intrants locaux pour ravitailler les industries camerounaises », explique l’Irad[13]. Malgré  la dotation de 10 milliards[14] de fcfa pour produire et développer des semences de blé adaptées à nos zones agro écologiques, Il faut pallier à l’urgence en trouvant des substituts locaux ou en revenant aux habitudes d’un Cameroun sans blé, aui puisait son équilibre alimentaire dans la diversité de ses produits agricoles.

2-      Du pain aux beignets : Valoriser notre patrimoine culinaire et farines locales

Mini quiches et Cookies à base de farines locales de patate, manioc, maïs. Crédit Photo : Rose Munjongue

La dégradation du pouvoir d’achat dûe à l’inflation  invite chaque camerounais à changer de regard sur le contenu de son plat. Puisque le pain à base de farine de blé retrouve son statut d’aliment de luxe à la faveur de l’explosion des cours du blé, il devient nécessaire de revisiter nos habitudes alimentaires pour les reconnecter aux denrées disponibles à foison dans nos différents bassins agricoles. Il est temps de travailler sur la valeur perçue de nos pâtisseries locales dont le riche éventail est palpable dans toutes les aires culturelles du Cameroun. Le grenier culinaire du septentrion en est une éloquente illustration. Les régions du Nord, de l’Extrême Nord et de l’Adamaoua, principales pourvoyeuses de céréales, nous offrent du Massa haoussa[15], du Waina[16], de Kossai ou Dan Wanké, à base de niébé ou de cornille[17] … comme alternative au pain pour le petit déjeuner. « Il est crucial de faire connaître ce patrimoine culinaire au plus grand nombre de Camerounais. Ils mériteraient d’être portés, avec leur nom d’origine, à l’attention du public, des gastronomes et des chefs cuisiniers. On devrait leur accorder une place importante dans les émissions et livres de cuisine, écoles de formation en restauration et, surtout, dans les vitrines des boulangeries-pâtisseries » analyse Téguia Bogni[18].

La floraison de pain, gâteaux à base de farine de tubercules prouve qu’il est possible de tropicaliser des recettes de pain[19],  en réduisant la part de blé et en boostant la production des intrants locaux.  Malheureusement, l’ambition du ministère de l’Agriculture « d’introduire sur le marché 30% de farine de manioc et de patate douce dans la fabrication du pain » se heurte à d’importants défis logistiques. Les farines locales, longtemps confinées aux foires et expérimentations individuelles sont le fruit d’une production artisanale et donc insuffisante pour ravitailler un marché gourmand.

3-      Accélérer la révolution agricole pour éloigner le spectre de février 2008

Valoriser le potentiel de nos terres pour une meilleure sécurité alimentaire. Crédit photo: Banque mondiale

Le choix du gouvernement de maintenir la subvention des prix des hydrocarbures à la pompe[20] malgré la hausse des cours internationaux rejoint une batterie de mesures pour atténuer les jours sans pain et protéger le pouvoir d’achat des camerounais. L’augmentation des prix des produits de  grande consommation et ses effets de levier sur tous les autres, laisse planer le fantôme des émeutes de la faim de février 2008. Si l’agriculture participe à 14% au PIB et fournit plus de ¾ des exportations du secteur primaire[21], le Cameroun peut mieux y construire les conditions de son indépendance alimentaire[22], et ainsi réduire l’impact des chocs exogènes sur le portefeuille des ménages. “Aucune race ne peut prospérer si elle n’apprend qu’il y a autant de dignité à cultiver son champ qu’à composer un poème”, ces mots de Booker Washington décrivent le changement de mindset qui doit s’opérer dans le rapport des camerounais à l’agriculture. La SND30[23] a d’ailleurs prévu de booster les filières agricoles prioritaires[24]. Car seule une accélération de sa révolution agraire permettra de réduire les importations alimentaires qui grèvent la balance commerciale du Cameroun.

En définitive, Avec la guerre russo-ukrainienne, les camerounais vivent de plein fouet les conséquences d’une économie extravertie basée sur des habitudes de consommation non adaptées à leur système de production. L’inflation généralisée nous révèle notre fragilité sur le plan alimentaire et l’importance de mieux valoriser notre potentiel agricole et notre patrimoine culinaire. La récente dotation de 10 milliards de fcfa par le chef de l’Etat pour développer des semences locales de blé est le signe que l’Etat prend la pleine mesure du risque social tapi sous les nombreux soubresauts économiques  externes.

Régine Gwladys LEBOUDA est journaliste depuis une dizaine d’années. Chef du Pool économie de la chaîne publique d’information en continu CRTV News; elle y réalise les programmes Local Cash et Ressources sur les enjeux de production et de consommation locale. Réalisatrice de grand reportages et documentaires, La doctorante en Sciences de l’Information et de la Communication accompagne les entreprises / ONG dans leur stratégies médias et création de contenus print, web et audiovisuels. Auteure de nouvelles et de chansons, La camerounaise de 29 ans œuvre aussi à réduire les inégalités sociales dans son pays via son association Nsama For equal chances.

Linkedin : R. Gwladys Lebouda

Twitter: @Gwladys_Lebouda


[1] Monique Minkoande est une revendeuse de plantain et d’huiles végétales au marché du Mfoundi à Yaoundé. Propos recueillis le 4 juin 2022 dans le cadre d’un reportage sur l’inflation des produits alimentaires diffusé le 5 juin 2022 au JT de 9h sur la Cameroon Radio Television – News

[2] Institut National de la Statistique, “ Note de synthèse sur l’inflation au premier trimestre 2022”,  4p , publié le 19 mai 2022, P1 , https://ins-cameroun.cm/statistique/evolution-de-linflation-au-cours-du-premier-trimestre-2022/

[3] La Beac anticipe une augmentation des pressions inflationnistes à 3,6% au cours de l’année 2022, soit 0,6% de plus que la norme de 3% admise dans la zone Cemac.  cf, document INS, Note de synthèse sur l’inflation au premier trimestre 2022, Op cit, P3

[4] Christian de Perthuis, “ Les impacts de la guerre en Ukraine sur les marchés agricoles et la sécurité alimentaire”, https://theconversation.com/les-impacts-de-la-guerre-en-ukraine-sur-les-marches-agricoles-et-la-securite-alimentaire-178628  mis à jour le 11 avril 2022

[5] La Russie est le premier exportateur mondial d’engrais, avec une position forte sur les engrais azotés ou sur les composants permettant de les fabriquer  comme l’ammoniac et le nitrate d’ammonium. Cf. Christian De Perthuis, Op cit

[6] Communiqué de presse Banque mondiale, “Le risque de stagflation augmente dans un contexte de net ralentissement de la croissance”, Publié le 07 juin 2022 . https://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2022/06/07/stagflation-risk-rises-amid-sharp-slowdown-in-growth-energy-markets

[7] Agence France Presse, “Prix mondiaux (indices FAO) Le blé en hausse de 5,6 % sur un mois”, publié le 3 juin 2022 à 10:44, https://www.terre-net.fr/marche-agricole/actualite-marche-agricole/article/le-ble-en-hausse-de-pres-de-6-pourcents-sur-un-mois-1395-208613.html

[8] Brice R. Mbodiam, “Le Cameroun a importé 860 000 tonnes de blé en 2020, de la Russie, du Canada, de la France et des USA”,  mis en ligne le 27 août 2021. .https://www.investiraucameroun.com/agriculture/2708-16770-le-cameroun-a-importe-860-000-tonnes-de-ble-en-2020-de-la-russie-du-canada-de-la-france-et-des-usa consulté le 8 aout 2022

[9] Au premier semestre 2021, le déficit de la balance commerciale s’est creusé de 52 milliards de FCFA et se chiffrait à 744 milliards de FCFA en raison de la hausse des dépenses d’importations de 15,4% par rapport au premier semestre 2020.  Données du document de Commerce Extérieur du Cameroun, Premier semestre 2021, P3,  INS publié en Septembre 2021,  9p.

https://ins-cameroun.cm/wp-content/uploads/2021/12/COMMERCE-EXTE.pdf mis en ligne le 28 décembre 2021

[10] Boutrais J. « Une agriculture sans paysans : la grande culture du blé au Cameroun » In: Économie rurale. N°147-148, 1982. pp. 51-54.

[11] Boutrais J. Op Cit. souligne qu’en 1978, le blé représente déjà 30% des achats alimentaires au Cameroun, soit 5 milliards FCFA, après la crise des années 1972 – 1974

[12] La Société de développement de la culture et de la transformation du Blé (SODEBLÉ) a été créée en 1975. Il s’agissait d’une exploitation agricole implantée à Wassandé, à environ 80 km de Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua, sur l’axe Meiganga – Ngaoundéré. Elle table alors sur une projection de 25 O00 tonnes de blé en 1979 et 120 O00 tonnes en 1984 ou 1985 pour couvrir les besoins nationaux en blé tendre

[13] Tjeg Paul, “Agriculture: la CNPS disposée à investir dans la culture et la transformation du blé”, Ecomatin en ligne https://ecomatin.net/agriculture-la-cnps-disposee-a-investir-dans-la-culture-et-la-transformation-du-ble/ consulté le 14 aout 2022

[14] Kamga Omer, “10 milliards Fcfa pour la production et le développement du blé au Cameroun”, Business Finance International, publié le 12 juillet 2022, en ligne : https://businessfinanceint.com/10-milliards-fcfa-pour-la-production-et-le-developpement-du-ble-au-cameroun/ consulté le 14 aout 2022

[15] Galette de riz

[16] Gâteau de farine de mil

[17] Il peut aussi se réaliser avec de la farine de céréale ou de manioc habituellement enrichie de poudre de feuilles de baobab

[18] Téguia Bogni, La Cuisine camerounaise. Mots, pratiques et patrimoine, L’Harmattan, 2019, 210 pages.

[19] Penen J. (1979). FAO. St of making french-type bread by mechanical dough development mixing wheat fleur with cassava starch and millet fleur.

[20] L’ordonnance du président de la République du 2 juin 2022, soumise à l’examen du parlement, consacre une hausse de 5% du budget de l’Etat pour adapter le loi de finances 2022 au contexte d’inflation généralisée.

[21] Ibrahim Zakari, Le secteur agricole au Cameroun : des opportunités multiples d’investissements à saisir,  Centre de commerce Extérieur et des relations Extérieures, 30 mars 2021, http://ccere-cameroun.com/le-secteur-agricole-au-cameroun-des-opportunites-multiples-dinvestissements-a-saisir/  consulté le 15 aout 2022..

[22] Malgré  7,2 millions d’hectares de terres arables et un potentiel irrigable estimé à 240. 000 ha, 70% des terres arables restent inexploitées.

[23] La Stratégie Nationale de Développement 2020 – 2030 opérationnalise la deuxième phase de la Vision d’émergence du Cameroun à l’horizon 2035. Elle vise à mettre en place les conditions favorables à la croissance économique et l’accumulation de la richesse nationale à travers des modifications structurelles indispensables pour l’industrialisation du pays.

[24] République du Cameroun (2020). Stratégie Nationale de Développement 2020 – 2030: Pour la transformation structurelle et le développement inclusif, 243 pages.

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APPEL A CANDIDATURES POUR LA PREMIERE EDITION DU PROGRAMME « CAMPUS CHERCHEUR.SEUSES » / CALL FOR APPLICATIONS FOR THE FIRST EDITION OF THE « CAMPUS RESEARCHERS » PROGRAMME

Le Think Do Tank The Okwelians lance un appel à candidatures à l’attention des étudiant·es, universitaires et expert·es camerounais·es à l’occasion de la première édition de son programme « Campus chercheur·euses » qui se tiendra du 23 au 25 août 2022 à Douala au Cameroun. Les candidatures, rédigées en français ou en anglais, devront être au plus tard le 20 juillet 2022 à 23h59 GMT+1, à l’unique adresse email suivante : team@theokwelians.com avec en objet : « Candidature au programme Campus Chercheur·euses».

The Think Do Tank, The Okwelians, is calling for applications from Cameroonian students, academics and experts for the first edition of its « Campus Researchers » programme to be held from 23 to 25 August 2022 in Douala, Cameroon. The applications, written in French or English, must be sent by July 20, 2022 at 23:59 GMT+1, to the following email address: team@theokwelians.com with the subject line: « Application to the Campus
Researchers Programme ».

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APPEL A CANDIDATURES POUR LA PREMIERE EDITION DU PROGRAMME "CAMPUS CHERCHEURS" DE THE OKWELIANS

LES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ (FDS) AU SERVICE DU PEUPLE, POUR LA PRÉSERVATION DE LA PAIX SOCIALE ET DE LA COHÉSION NATIONALE, GAGE DE L’ÉMERGENCE DU CAMEROUN

OKWELIANS FELLOWS, PROMOTION 2022

Au lendemain des indépendances, en 1960, le peuple camerounais est confronté au besoin de bâtir une nation unie dans sa diversité. Ce besoin ardent de foi et d’unité[1] fut, le 20 mai 1972, l’élément déclencheur du passage par référendum d’un Etat fédéral à un Etat unitaire[2] et indivisible.

             Attaché à cet idéal d’unité, symbole de paix, le Chef de l’Etat, Chef des Forces armées[3], s’exprimait en ces termes : « Nous devons veiller à ce qu’aucune dérive du processus démocratique auquel (…) nous sommes profondément attachés ne vienne compromettre ni la stabilité de nos institutions, ni notre développement économique et social ni bien entendu notre sécurité. Notre armée a toujours su faire face à toutes les situations »[4]. Conscient de l’impossibilité d’un processus fructueux de développement sans paix,la question sécuritaire, en tant que préoccupation majeure de l’Etat, place les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), bras séculier du peuple, au premier rang dans sa mission régalienne de défense du territoire et de maintien de l’ordre.

Le thème de la fête de l’Unité 2022 ‘’Les forces de défense et de sécurité au service du peuple pour la préservation de la paix sociale, et de la cohésion nationale, gage de l’émergence du Cameroun’’, permettra de faire un synopsis sur l’identité des FDS en phase avec les idéaux de paix et de cohésion nationale d’une part et, aux côtés des populations pour l’émergence du Cameroun, d’autre part.

I- L’IDENTITÉ DES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ EN PHASE AVEC LES IDÉAUX DE PAIX SOCIALE ET DE COHÉSION NATIONALE

Classée 20e armée d’Afrique[1], avec un effectif de 40 000 Hommes, les FDS sont composées de camerounaises et de camerounais œuvrant ensemble pour le bien de la Nation[2]. Le but ultime étant la préservation de la paix sociale et la cohésion nationale[3].  Les FDS ont connu différentes mutations. Les dates clés de celles-ci correspondent aux réponses de l’Etat en matière de sécurité nationale et renvoient à des moments déterminants de l’histoire du pays. En effet, la constitution du 04 mars 1960[4], crée les forces armées et l’Ecole Militaire Interarmées du Cameroun (EMIA). En 1983, le nouveau Chef de l’Etat[5] initie une série de réformes. Les FDS sont subdivisées en 3 régions militaires et 3 régions de gendarmerie (Yaoundé, Douala et Garoua). Leur développement aboutira à la naissance en 1985 du Ministère de la défense en remplacement du Ministère des Forces armées.[6]

Véhicule Militaires présentés lors du défilé militaire (Source : https://stringfixer.com/fr/Cameroon_Armed_Forces )

        Les quatrième et cinquième Régions Militaires et de la gendarmerie ont été créées respectivement en 2014 à Maroua et 2018 à Bamenda pour répondre aux attaques récurrentes à l’Extrême-Nord, au Nord-Ouest et au Sud-Ouest.

        Plus spécifiquement, les FDS agissent de concert avec l’Etat pour : défendre la patrie ; consolider la paix et le développement ; réduire la capacité de nuisance des terroristes ; lutter contre la criminalité urbaine et rurale ; maintenir l’ordre public ; s’opposer aux tentatives d’atteinte à notre souveraineté et à l’intégrité de notre territoire ; participer à la constitution et la construction de l’Unité Nationale, ainsi qu’à l’édification de la nation camerounaisee.

Les FDS sont engagées à l’intérieur et à l’extérieur du Cameroun et se concentrent sur trois opérations principales. La première mission est la lutte contre la menace terroriste Boko Haram aux frontières avec le Tchad et le Nigéria. Entre 2000 et 2500 militaires sont également engagées au sein de la Force Multinationale Mixte (FMM) en lutte contre Boko Haram. La deuxième mission est le maintien de l’unité nationale et l’intégrité territoriale dans les Régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest, en proie à des velléités séparatistes. Enfin, les troupes camerounaises interviennent dans des opérations avec la République Centrafricaine[3]. L’objectif du déploiement à la frontière centrafricaine est de protéger les populations camerounaises de la menace des milices armées et des rebelles centrafricains, notamment dans les régions de l’Est, l’Adamaoua et du Nord.[4] En janvier 2022, environ 750 militaires et 350 policiers étaient présents en République Centrafricaine pour un soutien au maintien de la paix au sein de la MINUSCA.[5]

        Le Général de Division René Claude MEKA, Chef d’Etat-Major des armées, note que l’implication du Cameroun au niveau de toutes ces instances dénote du souci de préserver la paix au niveau du pays, de la région Afrique Centrale et en Afrique ; la paix étant une précondition au développement.[6]

            Toutefois, la perception des FDS reste très mitigée[7]. L’égarement de certains hommes en tenue dans les exactions est heureusement réprimandé par la consécration de l’état de droit dans la pratique de la justice militaire[8]. Aussi, certains mettront plutôt en lumière l’héroïsme des réalisations des FDS au point d’y voir un élément d’expression de la fierté nationale[9].

            En effet, « dans le cadre des éléments de fierté nationale, 62,75% de la population accordent leur préférence aux symboles de l’Etat (…) ».  En considérant les symboles de l’Etat à savoir le drapeau, l’hymne national et les armoiries fièrement arborés par les FDS, la tenue militaire transcende les plus beaux costumes officiels. La prestance des FDS s’illustre dans cet apparat dualiste de fête, mais aussi de guerre. Le 20 mai, fête de l’Unité, est surtout le jour d’explosion et de célébration de la nationalité du peuple. Il leur est ainsi confié le haut du pavé, afin de préserver du haut de leurs bottes cirées, l’intégrité de notre chère patrie. La majesté de leurs pas sur le bitume du boulevard du 20 mai imprime la gravité de leurs sacrifices dans l’esprit des citoyens. Sous la discipline des rangs serrés, l’arsenal de guerre rappelle aussi au peuple le visage des horreurs dont elles se tuent à les préserver.  

            L’idéal de paix et cohésion nationale s’illustre dans la solidarité entre le peuple et les FDS. En témoignent la collaboration des comités de vigilance avec les FDS,[10] ainsi que le dialogue et à la médiation, permettant de réguler les rapports sociaux.[11]

            Le Cameroun s’engage pour le développement à travers sa stratégie nationale en faveur de la paix sociale et de la cohésion nationale.  Il convient de présenter dans quelle mesure les FDS s’impliquent aux côtés des populations pour l’émergence du Cameroun.

II- LES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ AUX CÔTÉS DES POPULATIONS POUR L’ÉMERGENCE DU CAMEROUN

Campagne de consultation et autre prise en charge sanitaire gratuites dispensées par le B.I.R à Nkambe dans le Nord- Ouest (source: Armee camerounaise, Twitter).

Dans le cadre du programme de transformation économique du Cameroun, posé par le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE)[1], suivi de la Stratégie Nationale de Développement (SND 30)[2] ; le Cameroun est à présent un vaste chantier économique, politique et social. Dans cet élan de construction nationale, la paix, définie comme une situation d’absence de conflits, est indispensable pour la stabilité économique et par ricochet, l’émergence[3].

         Le Cameroun s’inscrit durablement dans cette perspective de préservation de la paix sociale en tant que creuset du développement économique. Cette paix est menacée du fait de nombreux conflits aux sources endogènes et exogènes. A cet effet, les FDS sont mises à contribution pour assurer le maintien de l’ordre public. Le lien armée-nation est ainsi inhérent à la préservation de la paix et de la cohésion en vue de l’émergence du Cameroun. Les géo stratèges camerounais analysent ce lien comme une relation consubstantielle entre la nation et les forces de défense[4].

     En effet, l’action des FDS aux côtés des populations en vue de l’émergence est perceptible par les Opérations Militaires d’Influence (OMI) à l’instar des Actions Civilo-Militaires (ACM)[5] et PSYOPS (Opérations Psychologiques)[6]. En tant que socle du concept Armée-nation, les activités menées par les FDS au profit des populations participent à la consolidation de la paix et à la promotion du développement. Ces OMI peuvent être classées en deux catégories : les OMI permanentes et les OMI temporaires.

Le BIR qui fait des dons à Kribi. Source : Cameroon tribune

Les OMI permanentes concernent les ACM établies de façon définitive par l’armée au profit des populations. Il s’agit des infrastructures (hôpitaux militaires à Douala ; Garoua ; Maroua et Yaoundé ; des écoles publiques et des centres sociaux) construits et gérés par les FDS au profit des populations.

Les OMI temporaires concernent les actions ponctuelles des FDS pouvant résulter de situations de crises ou non. Il s’agit, des dons en matériels divers et des actions en faveur de l’éducation[1], de la santé[2] ainsi que les activités du génie militaire[3].

            Le progrès économique repose sur un socle de valeurs fondamentales, telles que le patriotisme, qui est menacé par de nombreuses dérives à l’instar de la corruption. Les FDS, reconnues pour leur sens de l’honneur, du travail et de la fidélité, œuvrent à la construction de l’identité nationale, par la culture du patriotisme et la promotion du respect de la hiérarchie et des institutions républicaines. A ce titre, le système éducatif, chargé de la formation des futurs acteurs de la destinée économique du Cameroun, emprunte à l’armée des usages tels que la solennelle levée des couleurs dans les établissements scolaires.

          En outre, les FDS protègent les ressources naturelles nationales de la menace contrebandière et permettent d’avoir des échanges d’informations et de produits commerciaux à l’intérieur et à l’extérieur du territoire national. Le maintien de la paix et de la sécurité sociale est un atout pour le développement du tourisme. Les FDS soutiennent les initiatives culturelles, par le déploiement des forces de police pour la protection des civils et des autorités durant les manifestations publiques (Coupe d’Afrique des Nations en 2022).

         Enfin, on observe une ouverture des FDS à la nation à travers l’organisation de journées portes ouvertes[4], la digitalisation des services de l’armée[5], l’appui aux initiatives entrepreneuriales jeunes en matière d’innovation numérique et d’intelligence artificielle relative notamment à la lutte contre la cybercriminalité[6] et la commande publique de solutions de surveillance[7] élaborées par des jeunes Camerounais[8].

Levée des couleurs dans un établissement scolaire. Souce : Cameroon Tribune.

Au demeurant, les difficultés rencontrées lors des crises multiformes par les FDS n’entachent pas la recherche d’une étroite collaboration entre celles-ci et le peuple. Elles sont garantes de la protection de la souveraineté, du territoire et de la population : éléments constitutifs de l’Etat. La cohésion entre les FDS et la population est essentielle pour préserver la paix et faire du Cameroun, un pays émergent. Les Forces armées et le peuple sont les organes vitaux du corps national ; ils sont interdépendants pour atteindre des objectifs de développement économiques, sociaux et environnementaux. Aussi, à travers l’harmonie entre l’identité nationale, les différents idéaux patriotiques et leur communauté de valeurs, les Forces de Défense et de Sécurité et la Nation participent au don d’amour et du grand honneur à la chère Patrie, notre terre chérie !


[1]  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/32554/en.html/actions-civilo-militaires-larmee-toujours-presente

[2]  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/47094/fr.html/action-civilo-militaire-du-bir-167-malades-retrouvent-la

[3] Voir,  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/40626/fr.html/infrastructures-la-touche-du-genie-militaire . De plus, dans le cadre de la mise en œuvre de la SND 30, un cadre de réflexion de l’armée sur l’apport du génie militaire au service de l’industrialisation du Cameroun. Cf. https://www.agenceecofin.com/gestion-publique/0904-96536-l-armee-camerounaise-etudie-les-possibilites-d-une-plus-grande-participation-a-l-industrialisation-du-pays

[4] https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/19006/en.html/fete-nationale-lunite-mindef-organise-journees-portes-ouvertes

[5]https://www.facebook.com/mindefcm/?hc_ref=ARRoNVAsxY0-K1aOktAKz__rgoArBwU6kQ-zSF28LEGw9hlFAf5CRuHJUs2Onu2Qmyw&fref=nf&__xts__[0]=68.ARAv1Wf1rYinUasfeJKwrUT_KeDh0X-ww2A5TXp0mOri-zI7HE4fb-mugucXqYY_3sgeVz_tATARno4wqdTiKlAQNsrklGAJWQQfhpFlR_QhGJBX0Vwvua_DxNSNg5d6IQzLsV86kKYc8I-0BqrVItHEzueFBTz7zAPuzUkW_s4NYVghcM5C7lxF5jqcNPSbEymF0odQej5Cgpsxhtawxbmrfi1OGreNje3QPruA1Y7i7PUygoqxdZuRYKjMf6i2wuFKjr8fj4pVdrit197ee-px9Ss47F9kl7KdV6N-SpMu35mOJTCu5w

[6]  https://www.journalducameroun.com/salon-secupol-promotion-de-lintelligence-artificielle-pour-la-securite-en-afrique-centrale/

[7]  https://www.voaafrique.com/a/cameroundeveloppe-ses-propres-drones/4260019.html

[8]  https://www.crtv.cm/2019/03/salon-secupol-le-securite-en-debat-a-yaounde/


[1]  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/32554/en.html/actions-civilo-militaires-larmee-toujours-presente

[2]  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/47094/fr.html/action-civilo-militaire-du-bir-167-malades-retrouvent-la

[3] Voir,  https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/40626/fr.html/infrastructures-la-touche-du-genie-militaire . De plus, dans le cadre de la mise en œuvre de la SND 30, un cadre de réflexion de l’armée sur l’apport du génie militaire au service de l’industrialisation du Cameroun. Cf. https://www.agenceecofin.com/gestion-publique/0904-96536-l-armee-camerounaise-etudie-les-possibilites-d-une-plus-grande-participation-a-l-industrialisation-du-pays


[1] Le DSCE 2010-2020, a été adopté en 2009 comme première phase de la vision de développement à long terme du Cameroun.

[2] Présentée officiellement en novembre 2020, la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 est la déclinaison décennale de la deuxième phase de la Vision, qui ambitionne de faire du Cameroun, « un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité » à l’horizon 2035.

[3] Dominique Strauss Khan – ancien Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI), dans son discours du 23 octobre 2009 à Oslo s’exprimait sur la relation paix et développement économique en ces termes. « Je souhaiterais parler plutôt d’un autre sujet important : la relation entre la stabilité économique et la paix. Je crois intimement que l’une et l’autre sont étroitement liées. Si on perd l’une, on perdra probablement l’autre. La paix est indispensable au commerce, à une croissance économique soutenue et à la prospérité ».

[4] Le Professeur NTUDA EBODE, parlant du concept de défense nationale, ajouta que la mission fondamentale de l’armée dans l’édification de la nation camerounaise est « de prévenir le corps social de toutes les menaces contre le patrimoine reçu et d’extirper de la nation les germes susceptibles de porter atteinte à sa volonté de vivre-ensemble ». http://www.irenees.net/bdf_fiche-documentation-642_fr.html

[5]  http://www.irenees.net/bdf_fiche-analyse-1_fr.html      

[6] https://issafrica.org/fr/iss-today/le-suivi-post-traumatique-est-necessaire-a-la-reinsertion-des-anciens-terroristes


[1] Le corps des Sapeurs-Pompiers est créé la même année que la tragédie du Lac Nyos

https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_du_lac_Nyos

[2]  https://www.osidimbea.cm/institutions/presidence/gp/

[3] Cette Opération Militaire Extérieure (OPEX) des FDS est un apport dans l’architecture de la paix et de la sécurité collective en Afrique Centrale,

https://www.agora-parl.org/sites/default/files/agora-documents/mettre_en_oeuvre_larchitecture_de_paix_et_de_securite_lafrique_centrale.pdf

[4]  https://www.cia.gov/the-world-factbook/countries/cameroon/#military-and-security

[5]  https://www.voanews.com/a/cameroon-deploys-troops-to-car-border-to-stop-rebel-abductions/6535583.html

[6] http://www.irenees.net/bdf_fiche-documentation-642_fr.html

[7] L’enquête afro baromètre montre que 62 % des citoyens des régions anglophones n’ont pas du tout confiance dans l’armée, contre 13 % des citoyens des régions francophones. L’écart était plus faible en 2015, puisque 23 % des anglophones et 11 % des francophones n’avaient aucune confiance en l’armée. Voir, Afro baromètre, Dépêche No. 283 du 11 mars 2019, https://afrobarometer.org/sites/default/files/publications/D%C3%A9p%C3%AAches/ab_r7_dispatchno283_divisions_anglo_francophones_saggravent_au_cameroun.pdf

[8] Voir, Loi N° 2017/012 du 12 Juillet 2017 portant Code de justice militaire en République du Cameroun. C’est ainsi que le 21 septembre 2020, une décision de justice de cette instance, condamnait des militaires ayant commis des exactions, à 10 ans de prison notamment pour le meurtre de civils. Voir https://www.hrw.org/fr/news/2020/09/23/cameroun-des-militaires-condamnes-10-ans-de-prison-pour-le-meurtre-de-civils

[9] Cf. Perspective sur la cohésion sociale, la transformation économique et la gouvernance publique au Cameroun, 2020, The Okwelians, BP 1770, Douala-Cameroun. PP.74. P. 32.

[10] L’armée s’est appuyée sur plus de 14 000 « comités de vigilance » (groupes d’autodéfense communautaires) Voir,https://www.hrw.org/fr/news/2021/04/05/cameroun-les-attaques-de-boko-haram-sintensifient-dans-la-region-de-lextreme-nord

[11] En effet, la création des commissariats et des postes de polices, permet aux populations de régler pacifiquement leurs différends, dans le respect des droits de l’homme.


[1] Voir, L’index des Forces armées dans le monde du Global Fire power (GFP) qui depuis 2006, fourni un affichage analytique unique de données concernant 142 puissances militaires modernes. Cf. https://www.globalfirepower.com/countries-listing-africa.php

[2] En effet, la constitution de l’armée est représentative de l’équilibre régional, et est avec le peuple, le symbole humain de l’unité et du vivre ensemble. L’identité des individualités la constituant, n’est ni fonction de religion, d’ethnie, de langue, de genre, ni de sensibilités politique.

[3] Pendant que, la paix sociale est atteinte lorsque les individus entretiennent une relation solide avec l’État et d’autres groupes communautaires, et qu’ils sont convaincus que les décisions de l’État sont prises de manière équitable, même s’ils n’en bénéficient pas directement ; la cohésion nationale quant à elle, repose sur le fait que les sociétés et les individus ne peuvent réaliser leur potentiel qu’en vivant et en travaillant ensemble. Voir, article Peaceful Change Initiative, https://peacefulchange.org/wp-content/uploads/2022/04/PCi_SPLD_Online.pdf)

[4]  https://mjp.univ-perp.fr/constit/cm1960.htm

[5] https://www.prc.cm/fr/le-president/biographie

[6]  https://www.osidimbea.cm/institutions/gouvernement/defense/


[1] Hymne national du Cameroun, « Ô Cameroun Berceau de nos ancêtres ».

[2]  https://mjp.univ-perp.fr/constit/cm1984.htm

[3] Chef de l’Etat, élu au suffrage universel direct par le peuple et consacré Chef des Forces arméesau sens du préambule de la Loi constitutionnelle du 18 janvier 1996.

[4] S.E Paul BIYA, Discours adressé à la nation Camerounaise le 20 Mai 2009.

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