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AU CAMEROUN COMME AILLEURS, GOUVERNER C’EST DIALOGUER

Source :

https://www.jeuneafrique.com/1210304/politique/au-cameroun-comme-ailleurs-gouverner-cest-dialoguer/

04 août 2021 à 15h23 |

Mis à jour le 09 août 2021 à 09h45

Par Jacques Jonathan Nyemb

Avocat d’affaires, président du Think do Tank The Okwelians, membre du conseil d’administration du Gicam.

Le président camerounais Ahmadou Ahidjo dans les années 1960. © AFP

Deux autres périodes majeures de l’histoire du pays ont elles aussi engendré l’ouverture de dialogues visant à apaiser les tensions au sein de la société. D’abord, à la grande époque des conférences nationales souveraines, la fronde sociale conduite par des formations politiques et des organisations de la société civile, a abouti à la tenue de la tripartite (gouvernement-opposition-société civile) de 1991. Ensuite, la guerre intestine dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a débouché en 2019 sur le Grand Dialogue national.

© DR

Parole contestée

Pourtant, aujourd’hui, il faut bien se rendre à l’évidence que les gains escomptés de ces diverses assises se font toujours attendre. Au fil des décennies, la cohésion sociale s’est érodée, tant et si bien que la paix, que les dirigeants du pays ont toujours considérée comme immuable, est désormais en péril, minée par une crise protéiforme. La transformation économique est elle aussi en panne et la gouvernance publique cristallise les mécontentements.

Décideurs publics et privés se livrent à un véritable dialogue de sourds

En toile de fond : une crise de la parole. Nul ne peut le nier, la légitimité de la parole, tant celle des gouvernants que celle des gouvernés, est contestée. Au quotidien, décideurs publics et privés se livrent à un véritable dialogue de sourds. Dès lors, réhabiliter le dialogue est la seule voie susceptible de catalyser à nouveau les énergies et de libérer le génie créatif des Camerounais. Un tel dialogue, franc et inclusif, permettra d’évacuer les frustrations enfouies en chaque citoyen.

Dans de nombreux pays africains, la résolution des grandes crises se fonde prioritairement sur la mise en place d’espaces de dialogue collectif susceptibles de réhabiliter la dignité des peuples, de recréer la confiance et de relancer la collaboration. Cela s’est vérifié avec l’Instance équité et réconciliation au Maroc, la Commission vérité et réconciliation en Afrique du Sud, la Commission dialogue, vérité et réconciliation en Côte d’Ivoire ou encore les Gacaca au Rwanda.

Le Cameroun ne saurait faire exception ; d’autant qu’il peut très bien s’inspirer d’un mode de gouvernance éprouvé par nos sociétés : la palabre. En effet, ancrée dans nos lois fondamentales ancestrales comme la Charte du Mbok et nos pratiques culturelles traditionnelles, la palabre reste particulièrement pertinente dans les sociétés où le consensus prime sur la loi du vote. Or il n’y a pas de consensus sans dialogue.

Rompre avec l’unilatéralité

Lors d’une réunion en vue du lancement de la conférence de Foumban, le 17 juillet 1961. © DR

En tout état de cause, mieux vaut ne pas attendre que surviennent des drames inextricables pour envisager la création de ces espaces de dialogue dont l’efficacité semble avérée. D’ores et déjà, État et société civile peuvent encourager la mise sur pied de nouveaux cadres de concertation à plusieurs niveaux impliquant des acteurs multiples ainsi que l’ensemble des forces vives du pays. Ce n’est qu’à ce prix qu’une réconciliation véritable sera possible et que seront restaurées la paix, la justice et la prospérité.

Favoriser l’éclosion d’une véritable plateforme permanente et efficace de dialogue entre l’État et le secteur privé

Il devient donc urgent non seulement de rompre avec l’unilatéralité des prises de décision publique mais surtout de passer de l’événementiel à l’institutionnel, du conjoncturel au structurel et du ponctuel au permanent dans notre approche du dialogue. Seule une telle démarche permettra un dialogue inclusif, concerté et, in fine, consensuel. Publiée en octobre dernier par notre Think Do Tank, notre étude “Perspectives sur la cohésion sociale, la transformation économique et la gouvernance au Cameroun” offre des pistes intéressantes à explorer tant sur les plans politique et économique que social.

Ainsi, sur le plan politique, on peut regretter l’absence de véritable plateforme de dialogue entre l’État et la société civile au Cameroun. Pour rappel, un pays comme le Burkina Faso s’est doté d’un cadre, présidé par le chef de l’État, permettant cette concertation. De la même manière, au niveau local, la concertation doit être encouragée. Des cadres communaux pourraient ainsi être envisagés afin d’associer les citoyens à la gestion des affaires de la commune.

Sur le plan économique, l’opérationnalisation du Conseil économique et social reste une priorité afin de permettre un véritable dialogue entre les acteurs économiques et sociaux clés de notre pays. Aussi, le Cameroon Business Forum mériterait de faire l’objet d’une refonte afin de favoriser l’éclosion d’une véritable plateforme permanente et efficace de dialogue entre l’État et le secteur privé. À ce sujet, il serait intéressant d’étudier la proposition du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) de mettre sur pied un Cameroon Business Council et de la concrétiser.

Les arbres à palabres, de véritables « agora »

Sur le plan social enfin, la tenue des états généraux annoncés depuis plus d’une décennie dans divers secteurs, notamment ceux de la santé et de l’éducation, devient urgente pour réactiver les échanges au sein de différentes catégories socioprofessionnelles. De même, une véritable culture du dialogue doit renaître au sein de toutes les couches de la population avec la promotion et la vulgarisation d’arbres à palabres, véritables « agora » ancrées dans les territoires urbains et ruraux pour permettre aux citoyennes et citoyens de débattre physiquement et/ou virtuellement des « affaires de la cité » et, partant, de créer une véritable culture du débat public au Cameroun.

Les grands défis locaux, nationaux, sous-régionaux, continentaux et internationaux de notre époque obligeront inévitablement nos sociétés à se réinventer et à changer de paradigme pour évoluer vers une gouvernance politique, économique et sociale plus participative, plus juste et plus responsable. Au cours de cette année 2021 et à la faveur de la célébration du soixantenaire de la conférence de Foumban, le Cameroun a l’opportunité de prendre les devants et d’être à l’avant-garde, en puisant dans son passé pour réinventer l’avenir de la gouvernance, une gouvernance par le dialogue et un dialogue vivant. Dialoguons encore et toujours, mais mieux et efficacement !

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WOMEN VULNERABILITY AND RESILIENCE IN THE SAHEL

Betseto Bobeto Bertrand, 2021 Okwelians Fellow

May 2021, Woman selling fowls at the market of Karewa, North Cameroon

In its African Gender Equality Index produced in 2015, the AfDB presented the results of statistical surveys on gender issues in Africa. This document was also the place to propose 8 axes on which the countries of the continent should work in order to reduce the gender gap in the following 3 points: economic opportunities, human development, and laws and institutions. In this ranking, Cameroon is part of the bottom third of the list occupying the 40th place out of 52. According to this report, the country needs to improve its performance in terms of institutional representation and access to education. Even though there is are slight changes in the 2019 report[1] and is confirmed by other development indices such as that of the United Nations Development Programme[2]. Although the situation seems to be very critical, the country has made significant progress in the regional and global stage with the country ranked at the 96th position of the 2021 GGG Index of the World Economic Forum before Ethopia, Egypt, Ghana and Côte d’Ivoire[3]; there is more to do locally especially with the women in the northern region of Cameroon.

The North of the country, populated by a majority of patriarchal ethnic groups, has been designated as a Priority Education Zone by the Cameroonian Government. Gender issues are more precarious in those regions than in the rest of the country. The young girl in the North has difficulty gaining access to education, is sent off to an early marriage or is stopped in her tracks by an early pregnancy. And even if she manages to overcome all of these obstacles, social constraints soon drag her down or at least maintain the status quo ante[4], weakening her and imposing a formal ban on her dreams because she is subject to economic, psychological and even physical pressure from her legal guardians or close relatives. And ultimately, frightened and even complicit silence of those around them only perpetuates this dehumanisation of being weakened and relegated to the background of life in society.

Women in the Sahel are invisible. In a society ruled mainly by ultra-patriarchal rules, they are hardly perceptible and weigh little in the balance of the enjoyment of economic, human and institutional opportunities.

The acquisition, possession and sometimes even the simple use of property are a real luxury for the Sahelian women who are not entitled to their deceased fathers’ inheritance because « girls are made to get married ». And according to this logic, they no longer belong to their natural families, but to those of their husbands, who then become masters of everything they own. Thus, to prevent a family’s assets from being dispersed, it is practically impossible for them to have access to the land and real estate of the deceased.

The pattern is not so different when it comes to entrepreneurship and small-scale trade. A tour of the periodic and rural markets shows that there is a strong presence of women who are either buying and reselling basic commodities or producing and reselling market garden produce, small-scale livestock and subsistence farming, or even traditional brewery production. Although they are at the forefront, they enjoy very little entrepreneurial impetus, which most often results in the management of basic household needs on a day-to-day basis without any real long-term investment plan. This is when the husband, father or legal guardian does not take over the hard-earned financial benefits.

The perception of women and issues affecting their development as human beings must also take into account factors such as education, sexual and reproductive health, early, child and forced marriages and gender-based violence in general. Even though the schooling rate of young girls is low in Cameroon with a 13 points gap to be filled at the level of basic education[5], an additional effort must be made in the northern regions of the country that occupy the last places in the ranking[6]. In fact, the higher the level, the fewer girls are found in schools. They progressively leave classrooms for delivery rooms and/or for households at an early age.This is due to certain prejudices such as those who say that school “spoils” girls or those who stipulate that an educated woman will not make a submissive wife.

This almost systematic removal of women from society is also perceptible in politics. Although women are the main base from which politicians draw their legitimacy, because of their statistical weight, they are hardly ever elected. Most of the time, they play an ornamental, decorative and figurative role, just good to cheer and sing during political rallies. Women’s political participation relies more on “followingism” than on a decided and assumed leadership, reflecting a strongly masculinised conception of power in general and of political power in particular.

And yet the government and the elites would benefit from investing in women, because even without significant means, they hold a whole system in their hands. By giving birth to them, feeding them and educating them. Far from militant and passionate considerations, women are really at the heart of our societies and at the heart of the change and hollistic transformation of their communities. Interestingly, it has been said that the place of women are in the kitchen. The objective of this affirmation was to keep ladies out of the decision making place, here represented by the living room or the Palaver tree where only men are allowed to make their voices heard. Truth is that, women’s place is not only in the kitchen, but in the inner kitchen of development.  Their capacities for resilience and adaptation must be role models for decision-makers to build on in order to create public policies and initiatives that will decisively launch the Sahelian community on the path of development and Cameroon’s much desired emergence.

Is it not on this silent, delicate and obstinate leadership of women that the solution to the resilience equation of our societies lies? Isn’t it said that what woman wants, God wants too? Perhaps it is time to reconsider our cultural values (eroded by a falsified history in conjunction with a misogynistic globalisation) that has been too poorly embraced, in order to restore women to their rightful place in our contemporary societies, as it was the case in Africa in the past. One interesting case-study is the dispositions of Manden Charter proclaimed in Kurukan Fuga in 1235. Considered as the first ever decreed Human right Charter, this document has interesting contents for women participation in the decision making process. For example, it stipulates: “Women, apart from their everyday occupations, should be associated with all our management”[7]. Nkwame Nkrumah said it so well: « It is clear that we must find an African solution to our problems (…) », and one of those problems is the restauration of women at the heart of our societies.


[1] https://www.afdb.org/en/documents/africa-gender-index-report-2019-analytical-report

[2]Human Development Indices and Indicators 2018 Statistical Update, PNUD

[3]http://www3.weforum.org/docs/WEF_GGGR_2021.pdf

[4] Mokam, David. (2012). Les chemins d’émancipation de la femme sahélienne camerounaise. 18. 61-81.

[5] https://www.voaafrique.com/a/scolarisation-des-jeunes-filles-encore-des-efforts-%C3%A0-fournir-au-cameroun/5475420.html

[6] http://www.bucrep.cm/index.php/fr/recensements/3eme-rgph/resultats/47-3eme-rgph/volume-ii–analyses-thematiques/126-resume-scolarisation-alphabetisation-instruction

[7] https://ambamali.ca/kouroukan-fouga/

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HOW DO WE MAKE ENVIRONMENTALISM A PRIORITY IN OUR AFRICAN ECONOMY?

By Fontoh Desmond Abinwi, Okwelians Fellow 2021

The goal of life is living in agreement with nature.”
— Zeno ~ 450 BC (from Diogenes Laertius, Lives of Eminent Philosophers).

The pandemic has offered a great potential of reset, rethinking, and improving conditions needed to encourage environmentalism as a priority in our African economy.  Backtracking , reflecting, connecting, and acting together as a unified force will make our planet a safe space for all.   Promote Environmentalism.

Reflection: The planet is home to multiple groups of plants and animals that live on land, in the water, and up in the air, yet we all manage and struggle to live harmoniously most of the time. Regrettably, the beauty of nature is slowly fading as human activities continue to wreak havoc on the environment. Making environmentalism a priority in our current economy is now unavoidable.

The Concept of Environmentalism is used as a general term to refer to concerns for the environment and particularly actions or advocacy to limit negative human impacts on the environment.[i] Usually, the links between environmentalism and the economy are manifold: the environment provides resources to the economy and acts as a sink for emissions and waste. In the concept of environmentalism and economy, natural resources are essential inputs for production in many sectors, while production and consumption also lead to pollution and other pressures on the environment. Poor environmental quality, in turn, affects economic growth and well-being by lowering the quantity and quality of resources or due to health impacts, etc.[ii]


Further, many countries all over the world are experiencing rapid urbanization. Technology is also a big part of our lives and economy, which is not always environment-friendly. It’s the main reason why making environmentalism a priority, has arrived quite earlier than expected because the planet is changing at a rate never seen in the past. The population has also exploded exponentially. Several billions of people compete for the world’s natural resources that are sadly finite. The time will come when we’ll run out of non-renewable energy sources and live in an inhospitable planet and economy that will make daily living doubly more challenging.


Most progressive countries use fossil fuels because they are convenient to use but there are other renewable sources such as Wind energy, Geothermal energy, Solar energy, Biomass energy, and Hydropower which we can also tap into that won’t harm the environment. Not only are they safe to use, but they are also sustainable. The environment should not always suffer for the sake of economic prosperity but one sector can’t do it all alone.

 
In this context, making environmentalism a priority in our current economy is more than necessary to ensure a sustainable and green economy. Before moving forward, it is worth noting that you can live without food for a while but you cannot live even a minute without clean air and water. Awareness about environmentalism is an essential feature of a proper life today. We must continue to create consciousness about the environment and teach it at school and college levels[iii]. Governments, private institutions, civil societies, and individuals should take new measures to make environmentalism a priority, set sustainability goals and solemn pledges for a safer environment. Major stakeholders should always adopt integrated, participatory, and down-top approaches in decision making and policy implementation, promoting youth advocacy and making their voices heard. Further, encouraging good governance, environmental education, and indigenous knowledge in environmentalism solutions must be made a priority. Inclusive and collaborative action will continue to trigger conscious behaviors in environmentalism locally and globally.


The solution: Promoting Environmental education in school curriculums is necessary, this will permit young kids to grow up with the spirit of Environmentalism and constantly applying these teachings in all sectors especially the economic sector. Their conscious behavior should be transformed to promote change and live with the spirit of Environmentalism. In the present day, environmentalism plays a great role in economic growth.  Public and private sectors need to adapt and strengthen their efforts to encourage collaboration and a unified thought as the damage is already extensive, and we need all the help we can get to turn things around for the better. According, to (EnvEco studies 2018), it was estimated that collaborative economies can save up to 7% of household budget spending and reduce waste by 20% if the market operates under favorable conditions.


The employment effects of making environmentalism a priority in economies also have a positive outcome on the overall economy. Environmentalism measures often promote labor-intensive sectors and replace imports with domestic value-added, the net employment results of environmentalism are often also positive. Various studies have shown that ambitious environmentalism targets can create more jobs, for example, due to the expansion of renewable energy or efforts to increase energy efficiency. Measures to increase (raw) material efficiency can also have significant positive employment consequences. Also, Investments in integrated environmental technologies and efficiency measures can generally lead to many cost savings at the operational level.


 Again, strengthening environmental policies and good governance can curb the negative feedback from the economy on the environment and vice-versa. How effective and transformative the environmental policies and good governance are, and whether they generate a net benefit or a net cost to society is the subject of much debate and depends on the way they are designed and implemented. Environmental policies can contribute to a structural shift in economies thereby promoting growth and jobs associated with cleaner, more efficient products, services, and processes. Lastly, cost-effective policy interventions could be adopted in the short and medium terms to support sustainable development goals.

Thus, to conclude, “Earth provides enough to satisfy every man’s need, but not every man’s greed.” Together we can make our dream of environmentalism a reality and stand in a unifying voice to serve Mother Nature. Change starts with you, always think locally and act globally.

Sources:

https://www.umweltbundesamt.de/en/economy-environment

https://link.springer.com/article/10.1007/s10640-020-00493-2

https://www.oecd.org/economy/greeneco/global-forum-on-environment-2016.htm

https://openknowledge.worldbank.org/handle/10986/6700

https://www.eea.europa.eu/soer/2010/synthesis/synthesis/chapter8.xhtml

https://ec.europa.eu/environment/enveco/studies.htm

https://www.pnas.org/content/116/12/5233


[i] (Science Direct 2018).

[ii] (OECD 2016).

[iii] (Economictimes2015).

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THE STATE OF TECHNOLOGY IN THE AGRICULTURAL SECTOR IN CAMEROON

By Massoma Haddison, Okwelians Fellow 2021

In the past century there has been a great advancement in technology worldwide which has led to the transformation of the agricultural industry in many nations of the world. Africa has not yet harnessed up to half of its potential in the agricultural sector. The coming of COVID-19 has further exposed the vulnerability of our agricultural sector by showing how dependent Africa in general and Cameroon in particular are on food imports. ”From 2016 to 2018 Africa imported about 85% of its food from outside the continent, leading to an annual food import bill of $35 billion”(UNCTAD)[1].  With the changes in technology, population growth and the pandemic, perspectives have been changed and our nation is now compelled to take a more critical look at this very important sector.

Agriculture represents a major component of the structural transformation of the Cameroonian economy. Indeed, the increase in agricultural productivity should have a positive impact on industrial sectors, particularly agro-industry.[2] The agricultural sector in Cameroon accounted for 42.87% of total employment in 2020 according to world bank statistics and represents more than half of the country’s exports[3]. Cameroon has about 70% arable land which is still unexploited, and the industry is currently unable to meet production targets for major export products such as palm oil and cocoa. Between 2014 and 2018, the volume of yearly cocoa production in Cameroon rose from 281,000 tons to 336,000, but “the ministry of agriculture writes, ‘the target of 600,000 tons by 2020 will probably not be met.’”[4]  In this current state of excess demand which is growing exponentially, there is evidence of a greater need for technological integration in order to boost productivity to meet up with the unfed and rising demand.

Population growth, an emerging middle class and urbanisation constantly increase the demand for agricultural products with more people buying rather than cultivating their own food. And with economic expansion comes higher purchasing power. There is a need for a more efficient food production process that reduces wastage at all stages of the agricultural value chain and enables farmers to increase yields. Access to technology also brings more awareness to diet variety as the population is more conscious of healthier food choices. With Africa being expected to double its population by 2050,[5] there is a greater necessity for players in the agricultural sector to harness new and existing technologies to foster the production qualities and capacities required to meet up with the current and exponentially growing demand. Technological innovations and digitization offer an opportunity to boost transformation of Cameroonian agriculture.

Technological advancement and integration make available various solutions, including…

Mobile apps that provide the simplest services, such as text messages to deliver economic advice to small holder farmers, to more complicated solutions like plant scanners that determine plant health and identify disease. Precision Agriculture or smart farming is based on the use of advanced technology in the management of crops to increase output without compromising quality. Drone technology to monitor farms. In agriculture, an important use for drones is thermal imaging. Multi-spectral sensors are mounted on a drone, which gives farmers a valuable picture of how their crops perform. These sensors allow a farmer to precisely apply needed water, fertilizers, or pesticides only where they are needed instead of applying the same amounts across the entire field.[6]Further, smart irrigation allows for monitoring soil moisture levels, automating irrigation processes, reducing water use and more efficient consumption of resources. Farmers networks that give local farmers access to quality resources and to a broad market, thus fostering productivity and sales.

Logistic issues like appropriate packaging; automation; continuity of supply; and consideration of weather, road, and container conditions are now tackled by new tech-based companies that enable harvesters to transport and store their harvest in the best conditions, thus minimizing waste.[7]

Some start-ups across Africa are providing technology-based solutions for the sector:

A Cameroonian company helps farmers fight crop diseases using artificial intelligence in an application that diagnoses the diseases through images. This helps curb loses due to plant disease and enables farmers to maximize their output.

A Kenyan agri-tech company installs green houses for farmers and provides them with modern farming solutions that increase crop and farmer’s efficiency.

There is an agri-tech company that provides data to farmers to maximise efficiency in various parts of the value chain, enabling them to make more money from their produce.

A Cameroonian agri-tech enterprise leverages technology to improve cocoa production and quality.

Further, there is a Cameroonian agri-tech company that specializes in aquaponics which is a field of modern agriculture focused on producing fish and vegetables without chemical fertilizers[8]

These start-ups among many others are making available solutions for problems faced all along the value chain. We can now monitor water content, soil quality, crop health and fertilizers using satellite data. Machine learning, automation and sensors have increased precision in operations. Farmers are more connected to financial services, unlimited information, data services, partners and the market through mobile applications.[9]

Notwithstanding all of these opportunities, local farmers, who account for approximately 75% of the actors in the sector, do not have access to such technology because they are generally small-holder rural farmers who have limited literacy and are unable to afford basic technological products and services. Furthermore, there is a lack of infrastructure that leaves a great percentage of the industry lagging behind while the country aims for exponential advancement.

While there are a few industrial challenges, there is an evolving trend of digitalization of farming systems, related services and information which has gotten young people more interested in the sector. This interest can be transformed into very rich investments of finance and labour.[10]

What is the way forward?

Our government actively contributes to the growth of the agricultural sector, and remarkable progress is being made. Firstly, knowledge is the bedrock for everything great. Thus, to begin the transformation of this sector, a lot of investment has to be put into educating actors in the various levels of the value chain. This will enable them to broaden their knowledge and open their minds to new possibilities.

Secondly, with trust and accountability being major issues for both local and foreign investors, systems could be put in place to keep record of farms and landowners in a database that is easily accessible. Following this, the government and private sector would be able to practice “precision investment” like precision farming.

These government-led actions, followed by private sector involvement, will give us access to more information about this industry, including what fertile and unused land to exploit;  the most compatible crops, resources and activities to carry out; the most suitable investors/investments for such activities; ways to maximize output from current activities; innovation with technology-based solutions in the industry; and finally  how to gain a greater market share for our economy.

Our untapped resources coupled with growing digital technology unlock enormous potential for all stakeholders to boost efficiency of food production and consumption in Cameroon and in Africa. From top-grade seedlings to precision farming, sensor technology, vertical farming, drones, crop health applications, transportation and logistics, these solutions all along the value chain could yield major economic benefits. This has the potential to make our nation a super producer in the agricultural sector. /-




[1] https://unctad.org/news/covid-19-threat-food-security-africa

[2] SND30,3.2n129

[3] https://data.worldbank.org/indicator/SL.AGR.EMPL.FE.ZS?locations=CM&view=chart

[4] https://www.businessincameroon.com/tags/agriculture

[5] https://theconversation.com/why-africa-offers-growing-opportunities-for-agricultural-products-45718

[6] https://www.agritechtomorrow.com/article/2017/08/how-do-drones-help-farmers/10153/

[7] https://agfundernews.com/no-more-rotten-tomatoes-improving-agricultural-logistics-through-technology.html

[8] https://www.nanalyze.com/2019/02/agtech-startups-africa/

[9] .https://www.brookings.edu/research/the-fourth-industrial-revolution-and-digitization-will-transform-africa-into-a-global-powerhouse/

[10]https://www.appsafrica.com/5-agritech-startups-helping-farmers-across-the-continent/

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AU COMMENCEMENT ÉTAIT L’ÉCOUTE

Par SadraK Pondi

Dieu était l’Écoute et l’Écoute était Dieu. 
Tout ce que l’on a fait de bon a été fait pour elle grâce à elle.

Depuis la découverte de plantes médicinales, jusqu’aux sublimes recettes de cuisines.

L’Écoute des éléments et des forces qui se manifestent dans la nature a instruit l’Homme en mouvement. 

Parce qu’elle exige un certain sens du sacrifice et de la retenue, l’Écoute a quelque chose d’héroïque et de romantique.  

Au premier jour du monde déjà elle savait ce qu’elle voulait. Accueillir les subtilités, toutes les subtilités musicales du verbe Être.

 À ce jour, elle a offert toutes sortes de chances aux verbes. Tous les verbes de toutes les langues. 

Tous les groupes. 

9ème,

8ème,

7ème,

6ème,

5ème,

4ème,

3ème,

2ème,

1er groupe. 

Verbes noirs, blancs. 

Bamis. Bétis. Bassas.

Nordistes, sudistes, ouesstistes, centristes, esstistes. 

C’est connu de tous ceux qui ont l’oreille fine.

 L’Écoute a révélé des trucs de ouf à tous les verbes qui se respectent. À vrai dire, elle flirte avec peu de gens.

L’écoute profonde,

 elle est rare. 

C’est un passe temps pour grands patients.

Écouter les arbres.

Écouter les animaux.

 Écouter le souffle du monde. 

Écouter la mélodie de l’eau le matin à l’heure du bain.

Entendre ce que disent les joies qu’elle procure. 

Écouter les cailloux, écouter les pierres.

Bien sûr, y a pas que les politiciens et les journalistes qui ont beaucoup à dire. 

les roches aussi ont un programme politique, un programme poétique prospère.  

Dans la nature tout dit quelque chose.

Tout s’exprime. 


Celles qui savourent

l’Écoute sont les confidentes aimées des diseuses et des diseurs infatigables que sont les grandes vies et les vies minuscules qui grouillent partout en nous, partout autour de nous.

  Ceux qui aiment écouter sont les confidents des éléments moteurs de nos amours. 

La pluie par exemple dit quelque chose des orgasmes enchanteurs, enfanteurs. 

À l’écoute de certains rochers on apprend des choses sur l’âge du monde. 

Il apparaît que le temps est vieu,

 jeune heureux 

et invincible

comme Hangaa-Le-Soleil.

 Un vrai romancier à l’ancienne Lui. 

Il a toujours un way à dire à ceux qui kiffent l’écouter. 

Le soleil est un confident formidable. 

Chaque matin il réactualise ses voeux, 

sa flamme, son jeu. 

Chaque jour le soleil

régénère une histoire du don de soi. 

Un kif de feu papa. 

C’est sage, c’est fort, c’est fou, c’est unique, c’est incandescent, c’est vif, c’est brillant, c’est furieux, c’est vital, c’est plus fort que les vanités ordinaires à la mode.

Tous ces conflits de races, tribus, religions, partis politiques et luttes des classes.

Le soleil les surclasse.


Des fois j’oublie que la fonction première de ma bouche n’est pas le bavardage intempestif. 

J’oublie que la bouche a d’abord servi à me nourrir, me révéler le goût de la voie lactée. 

Combien de belles âmes oublient

qu’avant même qu’elles sachent trop parler elles plongeaient déjà leurs bouches dans les seins de leurs mères pour en tirer du pur lait gratuit ? 

Qui leur a appris à faire ça ?

L’Écoute. 

Elles ont écouté l’intuition première.  
Écouter pour capter ce que dit la voie du lait maternel et ce que murmure la rosée du  matin fraternel. 
Entendre ce que disent les fausses notes, les harmonies pures et les silences fertiles. Fragiles. 
Vivre toujours au plus près

de soi-même. 

Écouter l’Être

dans sa totalité,

 sa globalité, 

sa complexité.

 Entraîner les oreilles 

à l’Écoute de toutes 

les variations du temps. 


Qui nous a même fait croire qu’au commencement était La Parole ? 

Il venait d’où ce prophète bavard ? 

Ma génération croûle sous le poids des mots importés de partout. 


Pourtant chaque instant de vie ici le rappelle doucement : 

Au  commencement était l’Écoute silencieuse de soi,

L’Écoute était Dieu,

Et Dieu 

était 

l’Écoute

 elle-m’aime m’aime m’aime

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Infrastructure Qualité : accélérateur de compétitivité locale au Cameroun

Par Constantin Nzati, Associé Gérant Quali-cam SARL.

L’Infrastructure Qualité (IQ) se définit comme un réseau cohérent que forment la normalisation, la métrologie et les services d’évaluation de la conformité. Cet ensemble repose sur plusieurs institutions qui fournissent des services pour l’Etat, l’économie et le consommateur.

L’infrastructure qualité est donc utile aux objectifs en matière de sécurité, de protection de l’environnement, de la santé et du consommateur ; elle contribue au développement durable au niveau économique, écologique et social.

Par ailleurs, le Cameroun s’est lancé depuis plusieurs année dans un vaste programme d’Industrialisation matérialisée par la publication du PDI (Plan Directeur d’Industrialisation). Ce dernier décrit la démarche stratégique devant permettre de relever trois défis majeurs qui sont :

  • L’accélération de notre croissance économique ;
  • L’accroissement de notre leadership économique dans la sous-région ;
  • La maitrise des chocs structurels et systémiques.

Il s’agira de manière concrète de l’implémentation de ce plan, dans l’optique d’accroître les investissements, d’augmenter la productivité globale et surtout d’améliorer la compétitivité des Opérateurs Economiques camerounais de manière à résoudre les situations de crises telles que les crises alimentaires, énergétiques, de l’emploi via la promotion du « Made In Cameroun »... Bref de développer un concept de « Kamercratie » qui est le développement du Cameroun, pour le Cameroun et par les Camerounais.Cependant, la structure générale de l’Infrastructure Qualité au Cameroun est incomplète, à cause de l’absence d’instrument national véritable d’Evaluation de la conformité.

1° La normalisation

La normalisation est un processus par lequel on aboutit à une norme. La norme est un document technique établi par consensus et approuvé par un organisme de normalisation reconnu, qui fournit pour des usages communs et répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristiques, pour des activités ou leurs résultats garantissant un niveau d’ordre optimal dans un contexte donné. Celle-ci est d’application volontaire. De même, un Règlement Technique : est une norme rendue d’application obligatoire, par l’Administration concernée pour des objectifs de santé, sécurité des consommateurs et de protection de l’environnement.

Au Cameroun, l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR) est la seule Agence de Normalisation reconnue par l’Organisation Internationale de Normalisation (ISO). L’ANOR depuis sa création le 17 septembre 2009, compte près de 2766 Normes Camerounaises (NC) et près de 290 Règlements Techniques (RT).

Les domaines concernés par les normes sont divers et variés à savoir la technologie de la santé, les NTIC, le transport, le matériel bureautique, les véhicules routiers, les emballages, l’industrie du textile, le génie civil, l’agriculture, les équipements, les technologies alimentaires, cosmétiques, ingénierie de l’énergie, matériaux de construction et bâtiment, etc.

En pratique, on note néanmoins un faible engouement des opérateurs économiques pour la normalisation. Ainsi, il est souhaitable que l’ANOR communique davantage sur leurs missions avec les opérateurs économiques. Celle-ci peut également s’appuyer sur les près de 62 Comités Techniques existants pour rétablir la confiance avec les opérateurs économiques sans oublier le mailing de toutes ses activités ou encore le partage d’informations en temps réel.


Schéma d’Elaboration d’une Norme au Cameroun.

2°) La métrologie

La métrologie est la science de la mesure ou la création des mesures exactes, fiables et traçables.

On distingue plusieurs types de métrologie :

  • La métrologie scientifique : elle consiste principalement dans l’acquisition et le maintien d’étalons nationaux traçables aux unités du Système International. Une telle démarche est pour ainsi dire inexistante au Cameroun ;
  • La métrologie industrielle : un récent inventaire des étalons (étalonnés ou pas) au Cameroun a mis en évidence l’existence de nombreux étalons dont le certificat d’étalonnage a expiré, soit du fait de l’ignorance des propriétaires, soit par manque de moyens financiers.
  • La métrologie légale : La loi n° 2004.002 du 21 avril 2004 régissant la métrologie légale au Cameroun, nous démontre qu’un cadre légal est prévu au Cameroun. Néanmoins, les conditions de mise sur le marché des instruments de mesures dans les grandeurs de base sont essentielles pour assurer l’équité des transactions commerciales et des opérations fiscales.

Ainsi, il est impératif que le Cameroun puisse achever son Infrastructure Qualité avec un laboratoire de métrologie digne, à la pointe de la technologie afin maintenir son leadership dans la sous-région dans le domaine y relatif. Pour rappel, le LABOGENIE, le Laboratoire d’étalonnage des masses du MINCOMMERCE, essaie tant bien que mal de se frayer une place au soleil avec des moyens limités. Le Laboratoire National de Métrologie pour sa part est en construction depuis près d’une décennie par l’ANOR.


Pyramide de Traçabilité du mesurage selon la norme ISO 17025 : Exigences générales concernant la compétence des laboratoires d’étalonnages et d’essais.

3°) L’accréditation

L’accréditation est la reconnaissance formelle, par un organisme faisant autorité, de la compétence d’un organisme pour procéder à des évaluations de la Conformité (essais, inspections, certification).

Au Cameroun, et même dans la sous-région, il n’existe pas d’organisme local d’accréditation. Les laboratoires qui envisagent le processus d’accréditation doivent faire face à un coût élevé et à des difficultés logistiques considérables pour engager et payer les services d’un organisme d’accréditation étranger. Ainsi, le développement d’un Organisme d’accréditation est une opportunité y compris pour démontrer aux investisseurs internationaux la crédibilité de nos laboratoires.

4°) L’évaluation de la conformité

L’évaluation de la Conformité fait référence aux processus et procédures utilisés pour démontrer qu’un produit, service, système de management, un organisme ou un personnel répond à des exigences spécifiques. Les services d’évaluation de la Conformité sont habituellement exécutés par des organismes spécialisés dans l’une des activités ci-après. Ils peuvent fournir ces services de manière commerciale ou peuvent être gérés ou mandatés par l’Etat. Il s’agit donc :

  1. Analyses et Essais

Beaucoup de laboratoires d’analyses et d’essais existent au Cameroun et dans les pays d’Afrique Centrale dans le secteur public et le secteur privé. La plupart des laboratoires publics sont caractérisés par des locaux et des équipements parfois vétustes et le manque chronique de matériel nécessaire au travail quotidien. Dans la plupart des laboratoires publics et privés, la traçabilité des instruments de mesure n’est pas assurée et les systèmes appropriés de gestion manquent, deux éléments qui font partie des conditions de l’obtention de l’accréditation selon la norme internationale ISO CEI 17025. Un produit est testé par rapport à des critères particuliers, tels que la performance ou la sécurité. Les analyses et essais constituent la technique d’évaluation de la conformité la plus courante. Ils forment également la base pour d’autres techniques d’évaluation de la Conformité comme l’inspection et la certification des produits et systèmes.

  • Inspection 

Les organismes d’inspection jouent un rôle essentiel dans le commerce transfrontalier. Ils agissent au nom de l’État et des partenaires commerciaux (importateurs et exportateurs) en inspectant les biens et matériaux importés. Au Cameroun, nous notons 2 types d’inspections à savoir les inspections avant embarquement (PECEA) et les inspections locales.

S’agissant des inspections avant embarquement, il s’agit dans le cas d’espèce du Programme d’Evaluation de la Conformité Avant Embarquement des marchandises importées en République du Cameroun, lancé officiellement le 31 août 2016. Cette inspection avant expédition des marchandises est basée sur une vérification documentaire qui consiste à recourir à un contrôle dans le détail des expéditions de marchandises commandées à l’étranger et ceci est fait par la SGS et Intertek qui sont les deux principaux partenaires techniques du Programme. Cette pratique a pour but de sauvegarder les intérêts financiers nationaux et de pallier les insuffisances des infrastructures administratives.

Par ailleurs, s’agissant des inspections locales, il faut noter que l’ANOR effectue également des inspections dans son processus d’évaluation de la conformité des produits fabriqués localement et donc, d’acquisition d’un certificat de conformité ANOR.

  • Certification

Les services de certification au Cameroun sont presque totalement monopolisés par les organismes de certification multilatéraux occidentaux (SGS, Bureau Véritas, Apave, PECB…). Le manque d’organismes de certification nationaux fait que ce service est difficilement accessible aux acteurs économiques locaux, surtout aux PME à cause de son coût et des délais trop longs. L’ANOR reste un acteur majeur de la certification des produits uniquement. L’Insuffisance de compétences serait à l’origine de son absence dans la certification des systèmes, des personnes. Néanmoins, il est impératif que des organismes privés Camerounais de certification reconnus voient le jour afin de proposer des programmes de certifications accessibles à tous les acteurs locaux et surtout aux PME.

NB : L’ANOR dispose d’une marque de Conformité qu’elle appose sur les étiquettes de certains produits agroalimentaires, notamment dans l’industrie brassicole.

Au vu de tout ce qui précède, les questions suivantes peuvent se poser : avons-nous véritablement les moyens (infrastructurels) de développer une politique de « Made In Cameroun », sans vivrier de normes pertinentes, sans laboratoire de métrologie digne des standards internationaux, sans organisme d’accréditation, ni de certification ? Alors, parler aujourd’hui d’ores et déjà de « Made In Cameroun », revient-il pas à mettre la charrue avant les bœufs ? Autant de questions qu’il importe de se poser afin d’entamer urgemment la construction de notre IQ pour rendre nos entreprises compétitives, et ce de manière durable.

Bibliographie

CEMAC_PRODOC_FINAL_ version Juin 2014, renforcement des capacites de l’infrastructure de la qualite dans les pays de l’afrique centrale.

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POLITIQUE ET MODE EN AFRIQUE

Par Melissa Zibi

Autrice et designer, Melissa Zibi oscille entre les industries de l’écriture, le design et de la mode et défend le changement dans chacun de ces espaces.

Au temps des rois, des reines, des Empires d’Afrique, les objets de mode et notamment les parures ont toujours eu une valeur importante. Composés de codes permettant non seulement de passer des messages et de distinguer tout un chacun selon son statut social, la mode n’a clairement pas pour simple but de couvrir le corps.

Ainsi, je souris quand de la bouche de certains j’entends des critiques négatives sur cette industrie qui est l’une des plus fructueuses de notre ère. Dans la liste des “anti-modes” arrivent bien souvent en tête les hommes politiques, dont certains se paonnent dans leurs costumes deux ou trois pièces qu’ils portent tous les jours tel un uniforme. Ils pensent que le simple fait de porter les mêmes couleurs ou le même type de vêtement ne font pas d’eux des victimes de la mode. Ils disent, pour certains, que la mode est excentrique et loufoque. Sans doute parlent-ils de la haute couture flamboyante et artistique, qui est en réalité est une vision exagérée et futuriste de ce qui devient, par la suite, une mode épurée et dite simple.

Avant de rentrer dans un argumentaire sans fin, comprenons d’abord d’où vient la mode et pourquoi, en soi, elle est devenue un mouvement mondial qui déplace les foules dans des boutiques populaires aujourd’hui. Pour ce faire, je vais essentiellement me concentrer sur les mouvements de mode en Afrique.  Tout d’abord, il existe bien des modes en Afrique et ce depuis la nuit des temps. De l’Empire égyptien à l’Empire Aksoumite en Éthiopie, en passant par l’Empire Mandingue du Mali ou encore les Empires Ashanti du Ghana et de Côte d’Ivoire, les étoffes ont voyagé, marqué et magnifié les corps des africains de toutes les manières possible et imaginable. Ainsi donc, les tissus et les bijoux étaient maître à cette époque. Ils servaient à identifier les Hommes selon leur tribu (chaque parure et style vestimentaire était différent d’un Empire à un autre) mais aussi étaient des outils pour séduire l’être aimé, mettre en valeur le corps, protéger et célébrer le vaillant guerrier, exposer l’abondante richesse des plus aisés.

Les étoffes utilisées pour les rois et les reines, étaient cousues au fil d’or ou confectionnées selon des codes de couleurs et motifs conçus spécialement pour eux et ne pouvant être portés que par eux. Dans d’autres cultures comme celles des Zoulous en Afrique du Sud, les peaux d’animaux servaient d’agrément aux costumes permettaient de mesurer la force et la virilité d’un homme. Soulignant ainsi sa capacité à protéger sa famille et à veiller à son épanouissement. Quant aux femmes, les peaux étaient signe de force et de sagesse.

Plus récemment, et au plus grand désarroi de mes chers anti-modes, les dirigeants politiques des années soixante, période symbolique marquant les premiers pas vers les indépendances des pays africains, ne sont pas en reste. Chaque politicien de cette époque a marqué l’histoire, et ce, du Maroc jusqu’à l’Afrique du Sud. Et, il était important pour ces hommes, dignes Représentants d’une Afrique libre, de montrer leurs talents certes intellectuels mais aussi stylistiques. Nous pouvons commencer par M. Kwame N’Krumah, qui en 1957 arrive à Washington avec un superbe costume traditionnel en tissu Kente, dont le volume et les couleurs ont marqué cette visite aux États-Unis. Par la suite, Monsieur Mobutu a tout simplement créé l’Abacost, un vêtement hybride qui n’était ni un costume classique occidental, ni une chemise. Ces Abacosts étaient cousus par des tailleurs congolais dans des étoffes aux couleurs unies en coton ou dans des imprimés africains flamboyants. Cette création devint si populaire que d’autres présidents africains (dont Mr Kwame N’Krumah du Ghana ou encore le président Julius Nyerere de Tanzanie) l’ont adopté à leur tour. Ensuite nous pouvons citer, Monsieur Nelson Mandela et ses chemises signées Pathé O., l’ancien président du Nigeria Monsieur Goodluck Jonathan toujours en chapeau noir ainsi que son successeur et président actuel, Monsieur Muhammadu Buhari qui lui adore les tenues traditionnelles revisités.

Aussi, quand certains n’osaient pas porter des imprimés ou se créer un style unique, c’était leurs femmes qui étaient de dignes représentantes de la mode de l’Afrique libre. On se souvient de l’incroyable élégance de Miss Fatoumata Diallo, Madame Marie-Thérèse Houphouet-Boigny et aujourd’hui de Madame Samira Bawumia… pour n’en citer que quelques-unes.

Ainsi, vous l’aurez compris, la mode est un excellent moyen de faire passer des idées, un message ou encore de relayer une attitude ; que l’on soit audacieux, comme Monsieur Mobutu, classique et élégant comme Houphouet Boigny, ou encore entre le classique et le traditionnel comme Monsieur Alpha Condé de la Guinée Conakry. L’essentiel est de marquer l’Histoire et d’embrasser sa culture.

Gageons donc que la nouvelle génération de leaders africains se tournera vers les jeunes stylistes africains, qui grâce à leur connaissance pointilleuse de la mode et de la confection vestimentaire, autant africaine que mondiale, sauront rafraîchir avec originalité la garde robe de ces brillants messieurs et dames pour leur permettre d’incarner toujours plus leur message et leur vision. Eh oui, l’habit fait également le leader !

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MALIAN CRISIS EXPLAINED

Forghab Prince Donald
B.A Peace and Development studies-Protestant University of Central Africa, Global Shaper at Yaoundé Hub(World Economic Forum)
Global Peace Ambassador (Global peace Chain)
Freelance consultant

From January to April 2012 Mali underwent the fourth Tuareg uprising of post-colonial history, an islamist takeover of all the northern cities and an improvised military coup, with the very first occurring between 1962-1964 barely two years after independence, 1990-1996 the appearance of the second Tuareg Rebellion, 2006-2007 breaking out of the third Tuareg rebellion, and the most famous sewing its seeds on January 2012. This Tuareg takeover was divided into factions and objectives, relatively organized and better united than previous rebellions.

The most notorious of these factions were that of the National Movement of the Liberation of Azawad (MLNA) formed in October of 2011, is primarily fighting for the rights of Mali’s minority Tuareg community, usually left out in development programs. Ansar al-Dine which means “Defenders of Faith” an Islamic Group, accused by the Malian Government of having links with Al-Qaeda of the Islamic Maghreb, aims at imposing Sharia law across Mali and the Movement for Oneness and the Jihad in West Africa (MUJAO), says its aim is to spread Islamic law, as well as to liberate Malians from French colonial rule Lastly Al-Qaeda of the Islamic Maghreb has since evolved to take on a more international islamist agenda- political islamism; just to name a few (BBC news on Malian crisis: Key players, march 12 2013).

 The country was once considered by many international observers such the United States as the poster child for democracy in Africa, for its ability to hold fair and transparent elections for two decades (House Hearing, 112 Congress. From the U.S Government publishing House). In their view and that of many, President Amadou Toumani Toure appeared to shoulder the prime responsibility for the 2012 crisis, causing a long standing distrust between different ethnic communities and contributing largely for the economic frustration and political resentment (Grégory Chauzal and Thibault van Damme- CRU report March 2015). With over five rebel groups, government and foreign nations fighting for either the restoration of peace or the political control of the country and its vast mineral reservoirs, including but not limited to the Al-Qaeda of the Islamic Maghreb, Mujao, and nations like France and Algeria, whose fighting is primarily in the center and north of the country, with principal regions such as the Kidal, Gao, Timbuktu just to name a few.

While it is without doubt accurate to say that the former leader of Mali contributed in large part to the political degradation and worsening security conditions of the country, the root causes of this geopolitical conflict are to be found elsewhere, predating Amadou Toumani Toure Presidency. When Mali gained independence from France in 1960, the newly formed government had to assert its authority on the very vast territorial Mali, including desert regions of the North were its authority was directly challenged by Tuareg and Arab communities. This task wasn’t any easy with deep resentment from malian state officials with regards to their northern counterparts which they regarded as the prominent obstacle to National unity (Grégory Chauzal and Thibault van Damme- CRU report March 2015), thus pushing southern elites to focus on the useful south while marginalizing the north of the country and imposing military rule on those regions. These eventualities therefore led to a distrust causing four Tuareg and Arab uprisings following independence in 1963, 1991, 2006 and eventually 2012. Nevertheless, the geopolitical dimension of this 50 year’s conflict should not be left out.

The Northern Regions of Mali in general and of Kidal in particular is largely convened by the belligerents, not just because of the political inequalities or wrongs existing there which they aim to correct, but also due to the urge of controlling its rich soil in gold, diamond, uranium and cobalt, all being strategic Mineral resources. The spread of Political Islamism in the Sahel region perpetrated by Al-Qaeda of the Islamic Maghreb should not be put aside as well.

The main and direct actors of this conflict such as France with over 5000 soldiers involved in the conflict since 2013, firstly, with operation Serval and later as from 2014 with operation Barkhane, an intervention supposed to last a few weeks is now termed by many as the unending French War. All these, have given a complex nature to the crisis in Mali, leading to what Samir Amin termed “Les guerres du Sahelistan” in his article France-Mali: Enjeux et limites in (Magazine Jeunes Afrique- page 18, 2013), were he poses numerous questions for reflections. Should we be alright with an ex colonial power intervening in a sovereign country attacked by Islamist? Is the sahelian war, a project or a service of whose interest? And one then poses himself the question, French intervention and then what? Although French intervention is backed up with the call for help by the president by interim at the time Dioncounda Troare and supported by Ibrahim Ag Mohamed Assaleh leader of the MNLA who promised to help French soldiers in their fight against Islamic groups (Michel Galy in: Le dilemma touareg– Afrique Jeune February 2013). One is however, still faced in a dilemma; did the French intervention and UN peacekeeping mission do more harm or more good?

Nevertheless, inclusive peace talks and agreements have been attempted with the most recent being in 2015. However, the situation remains challenging because the Tuareg, Arab, Songhay or Fulani northern people all got different political agendas, on the one hand, and foreign nations and institutions involved in the conflict apparently haven’t achieved their goals, most probably, that of: restoring occupied regions to the Government, ensure a peace making process with all belligerents to ensure that such rebellion doesn’t recur, or most probably to ensure that the over 275,000 Malian refugees (UNHCR report on refugee situation from Mali – 2019) return home safe and sound. But is that all?

So what perspectives do we propose? To redeem to this problem, one could believe that the withdrawal of foreign belligerents will go a long way to restore peace in Mali, because one fervently advocates and condemns all principles of intervention in countries of the global south, due to its characteristic of appearing as a form of control and domination through capital, ensuring the continuity of center and periphery dominating the international chessboard.

Nonetheless, geopolitical conflict usually doesn’t function that way, and such proposal cannot be taken into consideration. Mali will have to sign strategic partnerships albeit with emerging countries, to help with the security in the Sahara and its opportunity cost. That is to say, countries, movements or institutions which are threats to the security of Mali, will have to be put under the omnipresent surveillance of other nations which have a relatively greater influence on the international scene, and answers best to the needs of the malian central government. A very similar observation could be done with the Central African Republic, who after suffering from unfair treatment from its international allies, during the bloody crisis opposition the Seleka and anti-balaka, requested the help of Russia who has a more powerful military might than those principally engaged in the said crisis. Although this solution is not a 100% gain for african states, it is however a first step towards reducing exploitation, eradicating colonialism and working itself towards a position or an Africa which is influential internationally. Faustin-Archange Touadera president of the Central African Republic will surely agree that such a strategy permits one to move towards a win-win approach.

Secondly, Mali in particular and Africa in general will have to lead a join fight for a true unity and collaboration. The ideological corpus of Consciencism of Kwame Nkrumah and his vivid call in the 1960s for Africa to unite will permit to create a continent which is both politically and economically strong. The urgent call for a United States of Africa so much propagated by Muammar Khadafi will grant Africa the opportunity through its combined economies to be the fifth economy in the world as calculated by Jean Emmanuel Pondi.

What does this mean? Africa will have a stronger political and judiciary system which will make it difficult for factions to emerge, secession wars and most importantly, tough for foreign intervention. A stronger bloc and positive unity will mean that, Africa will become the largest country in the world, thus increasing its international influence on decision making in all political and economic instances. Although such a dream is far to attain, it goes without doubt that, through the multiply efforts brought about such as: the African union (AU), the Africa free continental trade area (AfCFTA), the African International Monetary Fund (AIMF) in progress, a African Central Bank (ACB), and eventually the United States of Africa (USA), we are moving towards such an eventuality where neo-colonialism will be abolished and balance of power installed. Is the problem of Africa a mutation in the nature of conflicts or a problem of neo-colonialism and Imperialism?

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« FAIRE TAIRE LES ARMES EN AFRIQUE » AU DELÀ DE L’HORIZON 2020 : DU VŒU A L’ACTION

Gabrielle ANDELA KELLE

Co-Directrice du LaB de The Okwelians

A l’occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de l’Organisation de l’Unité Africaine/Union Africaine (UA), qui a été créée le 25 mai 1963, les Chefs d’Etat et de Gouvernement du continent dans une Déclaration solennelle se sont engagés à faire de l’Afrique, une zone sans conflits armés en 2020[1].  Ils ont ainsi adopté le projet « Faire taire les armes à feu en Afrique d’ici 2020 ». L’initiative visait à parvenir à la paix, mettre fin aux conflits armés, aux extrémismes et à la criminalité, pour permettre le développement en Afrique.

Pour l’atteinte de sa vision, l’UA a listé des étapes à suivre pour mener à bien son objectif dans la Feuille de route de Lusaka adoptée en 2016. Elle énumère les défis politiques, économiques, environnementaux et juridiques que devait relever le continent dans la quête de cet idéal de paix.

A l’heure de l’évaluation, force est de constater que cette quête d’une Afrique sans conflit armé est encore loin d’être atteinte. Les foyers et les sources de tension pullulent sur le continent. A ce stade, l’action du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) est vivement questionnée, près  d’une double décennie de sa mise en place[2], et plus de quinze ans de l’entrée effective en activité[3] de cette initiative collective dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité à l’échelle continentale.

Le CPS face à une situation de crise ou de conflit armé déploie toute la panoplie d’activités diplomatiques pour empêcher qu’elle ne dégénère, allant de la diplomatie préventive à la médiation et aux bons offices. Sur la base des informations reçues du Système continental d’alerte rapide (SCAR) et du Groupe des Sages, le CPS procède, de manière semestrielle, à l’examen périodique de l’état de la paix et de la sécurité sur le continent. A l’issue de chaque examen périodique, il établit un Rapport sur « ses activités et l’état de la paix et de la sécurité en Afrique ». Une autre institution de la diplomatie préventive est retrouvée dans les missions d’évaluation du CPS dans les pays en contexte de processus de paix.

En pratique, le CPS a davantage fait usage de la médiation que des autres procédés diplomatiques dans les différentes situations africaines de crise et de conflit ; cette médiation se matérialisant dans la création de « Groupe Ad hoc de Haut niveau » pour la majorité des situations de crise et de conflit examinées.

Cependant, il arrive que l’action diplomatique du CPS ne parvienne pas à ramener la paix et la sécurité entre les Etats ou en leur sein. Dans ce cas, les différentes mesures coercitives viennent soutenir les efforts diplomatiques. L’action coercitive du CPS est double. Il peut s’agir soit de sanctions de régimes, soit d’opérations de soutien à la paix.

Par ailleurs, le CPS est doté de moyens d’action considérables pour assurer sa mission : un Groupe des Sages, un système continental d’alerte rapide, une Force africaine repositionnée et un Fonds spécial. De tous ces moyens, seul le Groupe des Sages semble ne rencontrer aucune difficulté majeure à son bon fonctionnement. Le Fonds pour la paix n’a été créé qu’en 2020.

Toutefois, en réalité la structuration de l’action du CPS révèle un potentiel qui augure de capacités indispensables au service de la paix et de la sécurité en Afrique, mais ce potentiel est desservi par des moyens insuffisants et un environnement global défavorable. Dès lors, le défi d’une meilleure efficacité de l’action du CPS prescrit un double mouvement : l’autonomisation de l’organe et le renforcement d’activités en faveur de la consolidation de l’Etat de droit sur le continent.

Ainsi, pour une plus grande efficacité de l’Union Africaine, il faudrait une réelle séparation des pouvoirs et une indépendance dans l’exercice des fonctions entre les organes de l’UA, en particulier entre le CPS et la Conférence dans le domaine de la paix et de la sécurité. En outre, Il devient urgent pour le CPS, et plus largement pour l’UA, de développer des sources de financement alternatives, mais surtout pérennes, notamment une participation véritable au Fonds de la paix, l’implication des institutions financières africaines dans le financement de la paix et de la sécurité sur le continent, ou encore la mise en œuvre effective du Fonds d’Intégration Africaine (FIA), destiné au financement du Programme Minimum d’Intégration (PMI)  de l’UA dont l’un des objectifs est de « prévenir, résoudre les conflits »  ainsi que le « développement post-conflit ».

La visibilité et la crédibilité de l’action du CPS dans le maintien de la paix et de la sécurité sur le continent africain est aussi tributaire d’une plus grande implication des Etats africains. Les Etats africains devraient être solidaires et confiants dans leur capacité à créer un environnement stable sur le continent. Une autre matérialisation d’une plus grande implication des Etats africains serait la mise en place effective des composantes de l’Architecture de Paix et de Sécurité Africaine (APSA). Mais surtout, l’efficacité de l’action du CPS passe par la consolidation de l’Etat de droit en Afrique. Dans le droit de l’UA, la perception de l’Etat de droit fait référence au triptyque : droits de la personne, démocratie et bonne gouvernance.

Afin de promouvoir la bonne gouvernance, les dirigeants africains ont créé le Mécanisme africain d’évaluation entre Pairs (MAEP). Il a pour but d’encourager l’adoption de politiques, normes et pratiques en vue de promouvoir la stabilité politique. Le mandat du MAEP consiste à s’assurer que les politiques et pratiques des Etats parties sont conformes aux valeurs convenues dans le domaine de la gouvernance politique et économique. C’est un instrument d’auto-évaluation auquel adhèrent librement et volontairement les Etats-membres de l’UA à travers la ratification de son Protocole d’Accord. Le MAEP compte actuellement 41 Etats-membres. Cependant, un nombre encore peu satisfaisant d’Etats a achevé son auto-évaluation et a été examiné par le Forum des Chefs d’Etat et de Gouvernement.

Or, l’un des principaux intérêts du processus du MAEP est le Plan d’Action National (PAN). C’est le document central à travers lequel les standards de gouvernance devraient être effectivement mis en œuvre pour combler les lacunes identifiées dans le rapport d’examen des pays. A titre d’illustration, les cas du Kenya et de l’Afrique du Sud ont démontré que le suivi/évaluation de la mise en œuvre des PAN est important. Les deux pays ont chacun été confrontés à des conflits armés qui avaient été prédits par leurs rapports d’évaluation respectifs (dans le cas du Kenya, la crise électorale en 2008, et en Afrique du Sud, une série d’attaques de nationaux contre les ressortissants de pays étrangers africains).

Le CPS devrait intensifier le partenariat stratégique avec le MAEP, et plus généralement avec l’Architecture Africaine de Gouvernance (AAG), pour la réalisation de sa mission de paix sur le continent par le biais de l’apprivoisement de la bonne gouvernance. Ce partenariat serait l’occasion d’inviter les Etats non encore membres du MAEP à y adhérer, mais également et surtout d’encourager tous les Etats africains à procéder à l’évaluation périodique et à mettre en application les PAN conçus au terme de cette évaluation.

L’évaluation des Etats par le MAEP permettrait ainsi de déceler des frustrations au sein des populations et de prévenir des crises ou conflits à travers la mise en œuvre des PAN. C’est dans ce sens que le Docteur Yves Alexandre CHOUALA envisage la création des sociétés sûres comme une perspective pratique d’une consolidation structurelle de la paix et de la sécurité collective en Afrique : « La création des sociétés sûres est la manière idoine de construction d’une paix durable. […] Il s’agit de façon lapidaire d’éradiquer la pauvreté, […], de construire l’équité et la justice, la santé pour tous, de diffuser les connaissances et de construire des sociétés de vie aux dépens des sociétés de la mort »[4]. La détérioration des conditions de vie des populations africaines constitue donc encore l’un des principaux obstacles à la fin des conflits armés, des extrémismes et de la criminalité et l’une des plus dangereuses menaces à la paix, la sécurité et la stabilité du continent.


[1] Déclaration Solennelle sur le Cinquantième Anniversaire de l’OUA/UA, adoptée par la Vingt et unième session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, Addis-Abeba, 26 mai 2013, paragraphe E, P.6

[2] Le Protocole relatif à la création du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a été adopté le 09 juillet 2002 à Durban (Afrique du Sud) au cours de la première session ordinaire de la Conférence de l’Union. Il est entré en vigueur le 26 décembre 2003.

[3] La première réunion ministérielle du CPS a été convoquée le 14 mars 2004 à l’occasion de la quatrième session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union. Lire notamment LECOUTRE (D.) « Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, clef d’une nouvelle architecture de stabilité en Afrique ? » in Afrique Contemporaine n°212, 2004, pp. 131-162.

[4] CHOUALA (Y-A.), « Puissance, résolution des conflits et sécurité collective à l’ère de l’Union africaine. Théorie et pratique » in Annuaire Français des Relations Internationales, Bruxelles, Bruylant, 2005 Vol. VI, p.303 et s.

L’eau potable pour tous et par tous: et si c’était possible

Par Asmaou Karim, Vice-Président de The Okwelians

Aujourd’hui, nous célébrons une ressource naturelle indispensable à la vie : l’eau. Les instances internationales ont rappelé l’importance de l’eau et en ont fait un Objectif de Développement Durable : « garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau », tel est l’Objectif de Développement Durable n°6 énoncé par l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans son Agenda 2030. D’ailleurs, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la période 2018-2028 décennie internationale d’action sur le thème « l’eau pour le développement durable », et la thématique retenue pour l’année 2021 est : « la place de l’eau dans nos sociétés et comment la protéger ».

En ce 22 mars, Journée mondiale de l’Eau, deux questions sont posées par les Nations Unies autour du thème #Water2me : * Que signifie l’eau pour vous ? * Quels changements concernant l’eau apporteriez-vous dans votre région ?

crédit photo : Desy Danga

Y répondant, Yérima Alim MUSTAPHA, Maire de la commune de Gashiga dans le Nord Cameroun et plus jeune Maire du Cameroun pour la mandature 2013-2020, alerte :

« L’eau c’est la vie, son existence est essentielle au maintien de la vie et de tout être vivant. Le Grand Nord souffre du problème d’accès à l’eau potable, il est plus qu’urgent de créer des points d’eaux dans les localités qui n’en ont pas. »

En effet, l’eau a une valeur inestimable. Nous en avons besoin tous les jours que ce soit pour nos foyers, notre économie ou l’intégrité de notre environnement naturel. Chacun, sans discrimination, « a le droit à un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d’une eau potable et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques, qu’il s’agisse de boisson, d’assainissement individuel, de lavage de linge, de préparation des aliments ou d’hygiène personnelle et domestique », rapporte l’Organisation des Nations Unies (ONU). Et, la Journée mondiale de l’eau a pour but de sensibiliser la population aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui entourent « l’or bleu » et rappeler à toutes et à tous que l’eau potable est une richesse menacée qu’il faut préserver et protéger.

Dans le monde aujourd’hui, 1 personne sur 3 n’a pas accès à de l’eau salubre. D’ici à 2050, jusqu’à 5,7 milliards de personnes pourraient vivre dans des zones en pénurie d’eau au moins un mois par an. Au Cameroun en particulier, 9 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. L’eau y est inégalement répartie et distribuée sur les dix régions et la situation est davantage alarmante en zones rurales. Ainsi, selon l’ONG African Center for Advocacy (ACA), organisation à but non lucratif qui mobilise ses efforts pour assurer l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous, même si Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, n’est pas épargnée, les régions du Grand Nord paient le plus lourd tribut avec 80% de la population n’ayant pas accès à cette ressource fondamentale. Ces carences et dysfonctionnements pourraient être expliqués entre autres par les retards dans la mise en œuvre des programmes de constructions des forages, la vétusté du réseau de distribution d’eau potable, les coupures intempestives ou encore la qualité approximative de l’eau fournie par la société en charge de la distribution de l’eau potable.

crédit photo : Desy Danga

D’après les experts, les changements climatiques, sont à l’origine des crises liées à l’eau que nous observons dans le monde entier. L’augmentation de la population mondiale, les crises politiques, les déplacements de populations, les besoins en matière agricole et industrielle accroissent également le besoin en eau. Cette situation expose les populations et particulièrement les enfants à de nombreuses maladies hydriques. D’ailleurs, la prévention et la lutte contre la pandémie de la COVID 19 nous rappellent combien l’accès à l’eau est crucial dans la construction d’une société durable.

Pour y faire face, les pouvoirs publics camerounais multiplient les efforts pour améliorer la desserte en eau potable. Dans le cadre du processus de décentralisation en cours, plusieurs projets visant à résorber le déficit actuel ont été lancés dans plusieurs villes du pays. Il s’agit entre autres de la réhabilitation des réseaux dans les villes de Yaoundé, Ngaoundéré et Bertoua, l’extension des stations de production d’eau potable ou encore l’’extension du réseau tertiaire et du nombre de branchements (3 000 branchements supplémentaires et 70 bornes fontaines), dans la ville de Ngaoundéré.

De même, la Stratégie Nationale de Développement 2030 du Cameroun décrit également les actions que le Gouvernement entend mener pour assurer un accès universel et équitable à l’eau potable à savoir (i) mettre en place un cadre favorable à l’installation des sociétés privées de production et de distribution d’eau potable au niveau communal, (ii) réviser la loi n°98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l’eau ou encore  (iii) élaborer et mettre en place un plan de développement sectoriel à long terme et un programme d’investissement conséquent en appui aux collectivités territoriales décentralisées.

En tout état de cause, d’énormes efforts restent à faire, tant la situation est inquiétante. La problématique de l’accès à l’eau potable n’est pas la responsabilité du seul Gouvernement. Cette responsabilité nous incombe à toutes et à tous, en tant qu’individus et aussi en tant qu’organisations ou associations. Chaque action est importante. De la sensibilisation à l’appropriation, beaucoup reste encore à faire.

The Okwelians s’est résolument inscrit dans cette dynamique. Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme « The Okwelians s’engage pour les villes » qui est un programme destiné à accompagner les villes camerounaises dans la mise en œuvre de politiques publiques au service d’un développement socioéconomique et environnemental durable, The Okwelians a défini trois axes stratégiques : la gouvernance urbaine, la définition et la promotion des villes durables, les actions sociales principalement axées sur l’éducation et la santé.

Ainsi, au mois d’Octobre dernier à Rey Bouba, divers dons en produits et matériels pour le nettoyage du château d’eau et l’assainissement de l’eau pour les 120 000 habitants que compte la Commune ont été effectués. Une goutte d’eau dans la mer. Mais, nous espérons également que les efforts en cours permettront sur le plan des politiques publiques une meilleure sensibilisation, appropriation et concertation autour des enjeux liés à l’eau afin que chaque citoyen devienne un acteur responsable, un gardien, un avocat de l’accès à leau potable pour toutes et tous.

Alors, et vous ? Dites-nous, que signifie l’eau pour vous et quels changements concernant l’eau apporteriez-vous – pour ne pas dire apportez-vous – dans votre région ?

Let’s Okwelian it !