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Infrastructure Qualité : accélérateur de compétitivité locale au Cameroun

Par Constantin Nzati, Associé Gérant Quali-cam SARL.

L’Infrastructure Qualité (IQ) se définit comme un réseau cohérent que forment la normalisation, la métrologie et les services d’évaluation de la conformité. Cet ensemble repose sur plusieurs institutions qui fournissent des services pour l’Etat, l’économie et le consommateur.

L’infrastructure qualité est donc utile aux objectifs en matière de sécurité, de protection de l’environnement, de la santé et du consommateur ; elle contribue au développement durable au niveau économique, écologique et social.

Par ailleurs, le Cameroun s’est lancé depuis plusieurs année dans un vaste programme d’Industrialisation matérialisée par la publication du PDI (Plan Directeur d’Industrialisation). Ce dernier décrit la démarche stratégique devant permettre de relever trois défis majeurs qui sont :

  • L’accélération de notre croissance économique ;
  • L’accroissement de notre leadership économique dans la sous-région ;
  • La maitrise des chocs structurels et systémiques.

Il s’agira de manière concrète de l’implémentation de ce plan, dans l’optique d’accroître les investissements, d’augmenter la productivité globale et surtout d’améliorer la compétitivité des Opérateurs Economiques camerounais de manière à résoudre les situations de crises telles que les crises alimentaires, énergétiques, de l’emploi via la promotion du « Made In Cameroun »... Bref de développer un concept de « Kamercratie » qui est le développement du Cameroun, pour le Cameroun et par les Camerounais.Cependant, la structure générale de l’Infrastructure Qualité au Cameroun est incomplète, à cause de l’absence d’instrument national véritable d’Evaluation de la conformité.

1° La normalisation

La normalisation est un processus par lequel on aboutit à une norme. La norme est un document technique établi par consensus et approuvé par un organisme de normalisation reconnu, qui fournit pour des usages communs et répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristiques, pour des activités ou leurs résultats garantissant un niveau d’ordre optimal dans un contexte donné. Celle-ci est d’application volontaire. De même, un Règlement Technique : est une norme rendue d’application obligatoire, par l’Administration concernée pour des objectifs de santé, sécurité des consommateurs et de protection de l’environnement.

Au Cameroun, l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR) est la seule Agence de Normalisation reconnue par l’Organisation Internationale de Normalisation (ISO). L’ANOR depuis sa création le 17 septembre 2009, compte près de 2766 Normes Camerounaises (NC) et près de 290 Règlements Techniques (RT).

Les domaines concernés par les normes sont divers et variés à savoir la technologie de la santé, les NTIC, le transport, le matériel bureautique, les véhicules routiers, les emballages, l’industrie du textile, le génie civil, l’agriculture, les équipements, les technologies alimentaires, cosmétiques, ingénierie de l’énergie, matériaux de construction et bâtiment, etc.

En pratique, on note néanmoins un faible engouement des opérateurs économiques pour la normalisation. Ainsi, il est souhaitable que l’ANOR communique davantage sur leurs missions avec les opérateurs économiques. Celle-ci peut également s’appuyer sur les près de 62 Comités Techniques existants pour rétablir la confiance avec les opérateurs économiques sans oublier le mailing de toutes ses activités ou encore le partage d’informations en temps réel.


Schéma d’Elaboration d’une Norme au Cameroun.

2°) La métrologie

La métrologie est la science de la mesure ou la création des mesures exactes, fiables et traçables.

On distingue plusieurs types de métrologie :

  • La métrologie scientifique : elle consiste principalement dans l’acquisition et le maintien d’étalons nationaux traçables aux unités du Système International. Une telle démarche est pour ainsi dire inexistante au Cameroun ;
  • La métrologie industrielle : un récent inventaire des étalons (étalonnés ou pas) au Cameroun a mis en évidence l’existence de nombreux étalons dont le certificat d’étalonnage a expiré, soit du fait de l’ignorance des propriétaires, soit par manque de moyens financiers.
  • La métrologie légale : La loi n° 2004.002 du 21 avril 2004 régissant la métrologie légale au Cameroun, nous démontre qu’un cadre légal est prévu au Cameroun. Néanmoins, les conditions de mise sur le marché des instruments de mesures dans les grandeurs de base sont essentielles pour assurer l’équité des transactions commerciales et des opérations fiscales.

Ainsi, il est impératif que le Cameroun puisse achever son Infrastructure Qualité avec un laboratoire de métrologie digne, à la pointe de la technologie afin maintenir son leadership dans la sous-région dans le domaine y relatif. Pour rappel, le LABOGENIE, le Laboratoire d’étalonnage des masses du MINCOMMERCE, essaie tant bien que mal de se frayer une place au soleil avec des moyens limités. Le Laboratoire National de Métrologie pour sa part est en construction depuis près d’une décennie par l’ANOR.


Pyramide de Traçabilité du mesurage selon la norme ISO 17025 : Exigences générales concernant la compétence des laboratoires d’étalonnages et d’essais.

3°) L’accréditation

L’accréditation est la reconnaissance formelle, par un organisme faisant autorité, de la compétence d’un organisme pour procéder à des évaluations de la Conformité (essais, inspections, certification).

Au Cameroun, et même dans la sous-région, il n’existe pas d’organisme local d’accréditation. Les laboratoires qui envisagent le processus d’accréditation doivent faire face à un coût élevé et à des difficultés logistiques considérables pour engager et payer les services d’un organisme d’accréditation étranger. Ainsi, le développement d’un Organisme d’accréditation est une opportunité y compris pour démontrer aux investisseurs internationaux la crédibilité de nos laboratoires.

4°) L’évaluation de la conformité

L’évaluation de la Conformité fait référence aux processus et procédures utilisés pour démontrer qu’un produit, service, système de management, un organisme ou un personnel répond à des exigences spécifiques. Les services d’évaluation de la Conformité sont habituellement exécutés par des organismes spécialisés dans l’une des activités ci-après. Ils peuvent fournir ces services de manière commerciale ou peuvent être gérés ou mandatés par l’Etat. Il s’agit donc :

  1. Analyses et Essais

Beaucoup de laboratoires d’analyses et d’essais existent au Cameroun et dans les pays d’Afrique Centrale dans le secteur public et le secteur privé. La plupart des laboratoires publics sont caractérisés par des locaux et des équipements parfois vétustes et le manque chronique de matériel nécessaire au travail quotidien. Dans la plupart des laboratoires publics et privés, la traçabilité des instruments de mesure n’est pas assurée et les systèmes appropriés de gestion manquent, deux éléments qui font partie des conditions de l’obtention de l’accréditation selon la norme internationale ISO CEI 17025. Un produit est testé par rapport à des critères particuliers, tels que la performance ou la sécurité. Les analyses et essais constituent la technique d’évaluation de la conformité la plus courante. Ils forment également la base pour d’autres techniques d’évaluation de la Conformité comme l’inspection et la certification des produits et systèmes.

  • Inspection 

Les organismes d’inspection jouent un rôle essentiel dans le commerce transfrontalier. Ils agissent au nom de l’État et des partenaires commerciaux (importateurs et exportateurs) en inspectant les biens et matériaux importés. Au Cameroun, nous notons 2 types d’inspections à savoir les inspections avant embarquement (PECEA) et les inspections locales.

S’agissant des inspections avant embarquement, il s’agit dans le cas d’espèce du Programme d’Evaluation de la Conformité Avant Embarquement des marchandises importées en République du Cameroun, lancé officiellement le 31 août 2016. Cette inspection avant expédition des marchandises est basée sur une vérification documentaire qui consiste à recourir à un contrôle dans le détail des expéditions de marchandises commandées à l’étranger et ceci est fait par la SGS et Intertek qui sont les deux principaux partenaires techniques du Programme. Cette pratique a pour but de sauvegarder les intérêts financiers nationaux et de pallier les insuffisances des infrastructures administratives.

Par ailleurs, s’agissant des inspections locales, il faut noter que l’ANOR effectue également des inspections dans son processus d’évaluation de la conformité des produits fabriqués localement et donc, d’acquisition d’un certificat de conformité ANOR.

  • Certification

Les services de certification au Cameroun sont presque totalement monopolisés par les organismes de certification multilatéraux occidentaux (SGS, Bureau Véritas, Apave, PECB…). Le manque d’organismes de certification nationaux fait que ce service est difficilement accessible aux acteurs économiques locaux, surtout aux PME à cause de son coût et des délais trop longs. L’ANOR reste un acteur majeur de la certification des produits uniquement. L’Insuffisance de compétences serait à l’origine de son absence dans la certification des systèmes, des personnes. Néanmoins, il est impératif que des organismes privés Camerounais de certification reconnus voient le jour afin de proposer des programmes de certifications accessibles à tous les acteurs locaux et surtout aux PME.

NB : L’ANOR dispose d’une marque de Conformité qu’elle appose sur les étiquettes de certains produits agroalimentaires, notamment dans l’industrie brassicole.

Au vu de tout ce qui précède, les questions suivantes peuvent se poser : avons-nous véritablement les moyens (infrastructurels) de développer une politique de « Made In Cameroun », sans vivrier de normes pertinentes, sans laboratoire de métrologie digne des standards internationaux, sans organisme d’accréditation, ni de certification ? Alors, parler aujourd’hui d’ores et déjà de « Made In Cameroun », revient-il pas à mettre la charrue avant les bœufs ? Autant de questions qu’il importe de se poser afin d’entamer urgemment la construction de notre IQ pour rendre nos entreprises compétitives, et ce de manière durable.

Bibliographie

CEMAC_PRODOC_FINAL_ version Juin 2014, renforcement des capacites de l’infrastructure de la qualite dans les pays de l’afrique centrale.

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POLITIQUE ET MODE EN AFRIQUE

Par Melissa Zibi

Autrice et designer, Melissa Zibi oscille entre les industries de l’écriture, le design et de la mode et défend le changement dans chacun de ces espaces.

Au temps des rois, des reines, des Empires d’Afrique, les objets de mode et notamment les parures ont toujours eu une valeur importante. Composés de codes permettant non seulement de passer des messages et de distinguer tout un chacun selon son statut social, la mode n’a clairement pas pour simple but de couvrir le corps.

Ainsi, je souris quand de la bouche de certains j’entends des critiques négatives sur cette industrie qui est l’une des plus fructueuses de notre ère. Dans la liste des “anti-modes” arrivent bien souvent en tête les hommes politiques, dont certains se paonnent dans leurs costumes deux ou trois pièces qu’ils portent tous les jours tel un uniforme. Ils pensent que le simple fait de porter les mêmes couleurs ou le même type de vêtement ne font pas d’eux des victimes de la mode. Ils disent, pour certains, que la mode est excentrique et loufoque. Sans doute parlent-ils de la haute couture flamboyante et artistique, qui est en réalité est une vision exagérée et futuriste de ce qui devient, par la suite, une mode épurée et dite simple.

Avant de rentrer dans un argumentaire sans fin, comprenons d’abord d’où vient la mode et pourquoi, en soi, elle est devenue un mouvement mondial qui déplace les foules dans des boutiques populaires aujourd’hui. Pour ce faire, je vais essentiellement me concentrer sur les mouvements de mode en Afrique.  Tout d’abord, il existe bien des modes en Afrique et ce depuis la nuit des temps. De l’Empire égyptien à l’Empire Aksoumite en Éthiopie, en passant par l’Empire Mandingue du Mali ou encore les Empires Ashanti du Ghana et de Côte d’Ivoire, les étoffes ont voyagé, marqué et magnifié les corps des africains de toutes les manières possible et imaginable. Ainsi donc, les tissus et les bijoux étaient maître à cette époque. Ils servaient à identifier les Hommes selon leur tribu (chaque parure et style vestimentaire était différent d’un Empire à un autre) mais aussi étaient des outils pour séduire l’être aimé, mettre en valeur le corps, protéger et célébrer le vaillant guerrier, exposer l’abondante richesse des plus aisés.

Les étoffes utilisées pour les rois et les reines, étaient cousues au fil d’or ou confectionnées selon des codes de couleurs et motifs conçus spécialement pour eux et ne pouvant être portés que par eux. Dans d’autres cultures comme celles des Zoulous en Afrique du Sud, les peaux d’animaux servaient d’agrément aux costumes permettaient de mesurer la force et la virilité d’un homme. Soulignant ainsi sa capacité à protéger sa famille et à veiller à son épanouissement. Quant aux femmes, les peaux étaient signe de force et de sagesse.

Plus récemment, et au plus grand désarroi de mes chers anti-modes, les dirigeants politiques des années soixante, période symbolique marquant les premiers pas vers les indépendances des pays africains, ne sont pas en reste. Chaque politicien de cette époque a marqué l’histoire, et ce, du Maroc jusqu’à l’Afrique du Sud. Et, il était important pour ces hommes, dignes Représentants d’une Afrique libre, de montrer leurs talents certes intellectuels mais aussi stylistiques. Nous pouvons commencer par M. Kwame N’Krumah, qui en 1957 arrive à Washington avec un superbe costume traditionnel en tissu Kente, dont le volume et les couleurs ont marqué cette visite aux États-Unis. Par la suite, Monsieur Mobutu a tout simplement créé l’Abacost, un vêtement hybride qui n’était ni un costume classique occidental, ni une chemise. Ces Abacosts étaient cousus par des tailleurs congolais dans des étoffes aux couleurs unies en coton ou dans des imprimés africains flamboyants. Cette création devint si populaire que d’autres présidents africains (dont Mr Kwame N’Krumah du Ghana ou encore le président Julius Nyerere de Tanzanie) l’ont adopté à leur tour. Ensuite nous pouvons citer, Monsieur Nelson Mandela et ses chemises signées Pathé O., l’ancien président du Nigeria Monsieur Goodluck Jonathan toujours en chapeau noir ainsi que son successeur et président actuel, Monsieur Muhammadu Buhari qui lui adore les tenues traditionnelles revisités.

Aussi, quand certains n’osaient pas porter des imprimés ou se créer un style unique, c’était leurs femmes qui étaient de dignes représentantes de la mode de l’Afrique libre. On se souvient de l’incroyable élégance de Miss Fatoumata Diallo, Madame Marie-Thérèse Houphouet-Boigny et aujourd’hui de Madame Samira Bawumia… pour n’en citer que quelques-unes.

Ainsi, vous l’aurez compris, la mode est un excellent moyen de faire passer des idées, un message ou encore de relayer une attitude ; que l’on soit audacieux, comme Monsieur Mobutu, classique et élégant comme Houphouet Boigny, ou encore entre le classique et le traditionnel comme Monsieur Alpha Condé de la Guinée Conakry. L’essentiel est de marquer l’Histoire et d’embrasser sa culture.

Gageons donc que la nouvelle génération de leaders africains se tournera vers les jeunes stylistes africains, qui grâce à leur connaissance pointilleuse de la mode et de la confection vestimentaire, autant africaine que mondiale, sauront rafraîchir avec originalité la garde robe de ces brillants messieurs et dames pour leur permettre d’incarner toujours plus leur message et leur vision. Eh oui, l’habit fait également le leader !

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MALIAN CRISIS EXPLAINED

Forghab Prince Donald
B.A Peace and Development studies-Protestant University of Central Africa, Global Shaper at Yaoundé Hub(World Economic Forum)
Global Peace Ambassador (Global peace Chain)
Freelance consultant

From January to April 2012 Mali underwent the fourth Tuareg uprising of post-colonial history, an islamist takeover of all the northern cities and an improvised military coup, with the very first occurring between 1962-1964 barely two years after independence, 1990-1996 the appearance of the second Tuareg Rebellion, 2006-2007 breaking out of the third Tuareg rebellion, and the most famous sewing its seeds on January 2012. This Tuareg takeover was divided into factions and objectives, relatively organized and better united than previous rebellions.

The most notorious of these factions were that of the National Movement of the Liberation of Azawad (MLNA) formed in October of 2011, is primarily fighting for the rights of Mali’s minority Tuareg community, usually left out in development programs. Ansar al-Dine which means “Defenders of Faith” an Islamic Group, accused by the Malian Government of having links with Al-Qaeda of the Islamic Maghreb, aims at imposing Sharia law across Mali and the Movement for Oneness and the Jihad in West Africa (MUJAO), says its aim is to spread Islamic law, as well as to liberate Malians from French colonial rule Lastly Al-Qaeda of the Islamic Maghreb has since evolved to take on a more international islamist agenda- political islamism; just to name a few (BBC news on Malian crisis: Key players, march 12 2013).

 The country was once considered by many international observers such the United States as the poster child for democracy in Africa, for its ability to hold fair and transparent elections for two decades (House Hearing, 112 Congress. From the U.S Government publishing House). In their view and that of many, President Amadou Toumani Toure appeared to shoulder the prime responsibility for the 2012 crisis, causing a long standing distrust between different ethnic communities and contributing largely for the economic frustration and political resentment (Grégory Chauzal and Thibault van Damme- CRU report March 2015). With over five rebel groups, government and foreign nations fighting for either the restoration of peace or the political control of the country and its vast mineral reservoirs, including but not limited to the Al-Qaeda of the Islamic Maghreb, Mujao, and nations like France and Algeria, whose fighting is primarily in the center and north of the country, with principal regions such as the Kidal, Gao, Timbuktu just to name a few.

While it is without doubt accurate to say that the former leader of Mali contributed in large part to the political degradation and worsening security conditions of the country, the root causes of this geopolitical conflict are to be found elsewhere, predating Amadou Toumani Toure Presidency. When Mali gained independence from France in 1960, the newly formed government had to assert its authority on the very vast territorial Mali, including desert regions of the North were its authority was directly challenged by Tuareg and Arab communities. This task wasn’t any easy with deep resentment from malian state officials with regards to their northern counterparts which they regarded as the prominent obstacle to National unity (Grégory Chauzal and Thibault van Damme- CRU report March 2015), thus pushing southern elites to focus on the useful south while marginalizing the north of the country and imposing military rule on those regions. These eventualities therefore led to a distrust causing four Tuareg and Arab uprisings following independence in 1963, 1991, 2006 and eventually 2012. Nevertheless, the geopolitical dimension of this 50 year’s conflict should not be left out.

The Northern Regions of Mali in general and of Kidal in particular is largely convened by the belligerents, not just because of the political inequalities or wrongs existing there which they aim to correct, but also due to the urge of controlling its rich soil in gold, diamond, uranium and cobalt, all being strategic Mineral resources. The spread of Political Islamism in the Sahel region perpetrated by Al-Qaeda of the Islamic Maghreb should not be put aside as well.

The main and direct actors of this conflict such as France with over 5000 soldiers involved in the conflict since 2013, firstly, with operation Serval and later as from 2014 with operation Barkhane, an intervention supposed to last a few weeks is now termed by many as the unending French War. All these, have given a complex nature to the crisis in Mali, leading to what Samir Amin termed “Les guerres du Sahelistan” in his article France-Mali: Enjeux et limites in (Magazine Jeunes Afrique- page 18, 2013), were he poses numerous questions for reflections. Should we be alright with an ex colonial power intervening in a sovereign country attacked by Islamist? Is the sahelian war, a project or a service of whose interest? And one then poses himself the question, French intervention and then what? Although French intervention is backed up with the call for help by the president by interim at the time Dioncounda Troare and supported by Ibrahim Ag Mohamed Assaleh leader of the MNLA who promised to help French soldiers in their fight against Islamic groups (Michel Galy in: Le dilemma touareg– Afrique Jeune February 2013). One is however, still faced in a dilemma; did the French intervention and UN peacekeeping mission do more harm or more good?

Nevertheless, inclusive peace talks and agreements have been attempted with the most recent being in 2015. However, the situation remains challenging because the Tuareg, Arab, Songhay or Fulani northern people all got different political agendas, on the one hand, and foreign nations and institutions involved in the conflict apparently haven’t achieved their goals, most probably, that of: restoring occupied regions to the Government, ensure a peace making process with all belligerents to ensure that such rebellion doesn’t recur, or most probably to ensure that the over 275,000 Malian refugees (UNHCR report on refugee situation from Mali – 2019) return home safe and sound. But is that all?

So what perspectives do we propose? To redeem to this problem, one could believe that the withdrawal of foreign belligerents will go a long way to restore peace in Mali, because one fervently advocates and condemns all principles of intervention in countries of the global south, due to its characteristic of appearing as a form of control and domination through capital, ensuring the continuity of center and periphery dominating the international chessboard.

Nonetheless, geopolitical conflict usually doesn’t function that way, and such proposal cannot be taken into consideration. Mali will have to sign strategic partnerships albeit with emerging countries, to help with the security in the Sahara and its opportunity cost. That is to say, countries, movements or institutions which are threats to the security of Mali, will have to be put under the omnipresent surveillance of other nations which have a relatively greater influence on the international scene, and answers best to the needs of the malian central government. A very similar observation could be done with the Central African Republic, who after suffering from unfair treatment from its international allies, during the bloody crisis opposition the Seleka and anti-balaka, requested the help of Russia who has a more powerful military might than those principally engaged in the said crisis. Although this solution is not a 100% gain for african states, it is however a first step towards reducing exploitation, eradicating colonialism and working itself towards a position or an Africa which is influential internationally. Faustin-Archange Touadera president of the Central African Republic will surely agree that such a strategy permits one to move towards a win-win approach.

Secondly, Mali in particular and Africa in general will have to lead a join fight for a true unity and collaboration. The ideological corpus of Consciencism of Kwame Nkrumah and his vivid call in the 1960s for Africa to unite will permit to create a continent which is both politically and economically strong. The urgent call for a United States of Africa so much propagated by Muammar Khadafi will grant Africa the opportunity through its combined economies to be the fifth economy in the world as calculated by Jean Emmanuel Pondi.

What does this mean? Africa will have a stronger political and judiciary system which will make it difficult for factions to emerge, secession wars and most importantly, tough for foreign intervention. A stronger bloc and positive unity will mean that, Africa will become the largest country in the world, thus increasing its international influence on decision making in all political and economic instances. Although such a dream is far to attain, it goes without doubt that, through the multiply efforts brought about such as: the African union (AU), the Africa free continental trade area (AfCFTA), the African International Monetary Fund (AIMF) in progress, a African Central Bank (ACB), and eventually the United States of Africa (USA), we are moving towards such an eventuality where neo-colonialism will be abolished and balance of power installed. Is the problem of Africa a mutation in the nature of conflicts or a problem of neo-colonialism and Imperialism?

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« FAIRE TAIRE LES ARMES EN AFRIQUE » AU DELÀ DE L’HORIZON 2020 : DU VŒU A L’ACTION

Gabrielle ANDELA KELLE

Co-Directrice du LaB de The Okwelians

A l’occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de l’Organisation de l’Unité Africaine/Union Africaine (UA), qui a été créée le 25 mai 1963, les Chefs d’Etat et de Gouvernement du continent dans une Déclaration solennelle se sont engagés à faire de l’Afrique, une zone sans conflits armés en 2020[1].  Ils ont ainsi adopté le projet « Faire taire les armes à feu en Afrique d’ici 2020 ». L’initiative visait à parvenir à la paix, mettre fin aux conflits armés, aux extrémismes et à la criminalité, pour permettre le développement en Afrique.

Pour l’atteinte de sa vision, l’UA a listé des étapes à suivre pour mener à bien son objectif dans la Feuille de route de Lusaka adoptée en 2016. Elle énumère les défis politiques, économiques, environnementaux et juridiques que devait relever le continent dans la quête de cet idéal de paix.

A l’heure de l’évaluation, force est de constater que cette quête d’une Afrique sans conflit armé est encore loin d’être atteinte. Les foyers et les sources de tension pullulent sur le continent. A ce stade, l’action du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) est vivement questionnée, près  d’une double décennie de sa mise en place[2], et plus de quinze ans de l’entrée effective en activité[3] de cette initiative collective dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité à l’échelle continentale.

Le CPS face à une situation de crise ou de conflit armé déploie toute la panoplie d’activités diplomatiques pour empêcher qu’elle ne dégénère, allant de la diplomatie préventive à la médiation et aux bons offices. Sur la base des informations reçues du Système continental d’alerte rapide (SCAR) et du Groupe des Sages, le CPS procède, de manière semestrielle, à l’examen périodique de l’état de la paix et de la sécurité sur le continent. A l’issue de chaque examen périodique, il établit un Rapport sur « ses activités et l’état de la paix et de la sécurité en Afrique ». Une autre institution de la diplomatie préventive est retrouvée dans les missions d’évaluation du CPS dans les pays en contexte de processus de paix.

En pratique, le CPS a davantage fait usage de la médiation que des autres procédés diplomatiques dans les différentes situations africaines de crise et de conflit ; cette médiation se matérialisant dans la création de « Groupe Ad hoc de Haut niveau » pour la majorité des situations de crise et de conflit examinées.

Cependant, il arrive que l’action diplomatique du CPS ne parvienne pas à ramener la paix et la sécurité entre les Etats ou en leur sein. Dans ce cas, les différentes mesures coercitives viennent soutenir les efforts diplomatiques. L’action coercitive du CPS est double. Il peut s’agir soit de sanctions de régimes, soit d’opérations de soutien à la paix.

Par ailleurs, le CPS est doté de moyens d’action considérables pour assurer sa mission : un Groupe des Sages, un système continental d’alerte rapide, une Force africaine repositionnée et un Fonds spécial. De tous ces moyens, seul le Groupe des Sages semble ne rencontrer aucune difficulté majeure à son bon fonctionnement. Le Fonds pour la paix n’a été créé qu’en 2020.

Toutefois, en réalité la structuration de l’action du CPS révèle un potentiel qui augure de capacités indispensables au service de la paix et de la sécurité en Afrique, mais ce potentiel est desservi par des moyens insuffisants et un environnement global défavorable. Dès lors, le défi d’une meilleure efficacité de l’action du CPS prescrit un double mouvement : l’autonomisation de l’organe et le renforcement d’activités en faveur de la consolidation de l’Etat de droit sur le continent.

Ainsi, pour une plus grande efficacité de l’Union Africaine, il faudrait une réelle séparation des pouvoirs et une indépendance dans l’exercice des fonctions entre les organes de l’UA, en particulier entre le CPS et la Conférence dans le domaine de la paix et de la sécurité. En outre, Il devient urgent pour le CPS, et plus largement pour l’UA, de développer des sources de financement alternatives, mais surtout pérennes, notamment une participation véritable au Fonds de la paix, l’implication des institutions financières africaines dans le financement de la paix et de la sécurité sur le continent, ou encore la mise en œuvre effective du Fonds d’Intégration Africaine (FIA), destiné au financement du Programme Minimum d’Intégration (PMI)  de l’UA dont l’un des objectifs est de « prévenir, résoudre les conflits »  ainsi que le « développement post-conflit ».

La visibilité et la crédibilité de l’action du CPS dans le maintien de la paix et de la sécurité sur le continent africain est aussi tributaire d’une plus grande implication des Etats africains. Les Etats africains devraient être solidaires et confiants dans leur capacité à créer un environnement stable sur le continent. Une autre matérialisation d’une plus grande implication des Etats africains serait la mise en place effective des composantes de l’Architecture de Paix et de Sécurité Africaine (APSA). Mais surtout, l’efficacité de l’action du CPS passe par la consolidation de l’Etat de droit en Afrique. Dans le droit de l’UA, la perception de l’Etat de droit fait référence au triptyque : droits de la personne, démocratie et bonne gouvernance.

Afin de promouvoir la bonne gouvernance, les dirigeants africains ont créé le Mécanisme africain d’évaluation entre Pairs (MAEP). Il a pour but d’encourager l’adoption de politiques, normes et pratiques en vue de promouvoir la stabilité politique. Le mandat du MAEP consiste à s’assurer que les politiques et pratiques des Etats parties sont conformes aux valeurs convenues dans le domaine de la gouvernance politique et économique. C’est un instrument d’auto-évaluation auquel adhèrent librement et volontairement les Etats-membres de l’UA à travers la ratification de son Protocole d’Accord. Le MAEP compte actuellement 41 Etats-membres. Cependant, un nombre encore peu satisfaisant d’Etats a achevé son auto-évaluation et a été examiné par le Forum des Chefs d’Etat et de Gouvernement.

Or, l’un des principaux intérêts du processus du MAEP est le Plan d’Action National (PAN). C’est le document central à travers lequel les standards de gouvernance devraient être effectivement mis en œuvre pour combler les lacunes identifiées dans le rapport d’examen des pays. A titre d’illustration, les cas du Kenya et de l’Afrique du Sud ont démontré que le suivi/évaluation de la mise en œuvre des PAN est important. Les deux pays ont chacun été confrontés à des conflits armés qui avaient été prédits par leurs rapports d’évaluation respectifs (dans le cas du Kenya, la crise électorale en 2008, et en Afrique du Sud, une série d’attaques de nationaux contre les ressortissants de pays étrangers africains).

Le CPS devrait intensifier le partenariat stratégique avec le MAEP, et plus généralement avec l’Architecture Africaine de Gouvernance (AAG), pour la réalisation de sa mission de paix sur le continent par le biais de l’apprivoisement de la bonne gouvernance. Ce partenariat serait l’occasion d’inviter les Etats non encore membres du MAEP à y adhérer, mais également et surtout d’encourager tous les Etats africains à procéder à l’évaluation périodique et à mettre en application les PAN conçus au terme de cette évaluation.

L’évaluation des Etats par le MAEP permettrait ainsi de déceler des frustrations au sein des populations et de prévenir des crises ou conflits à travers la mise en œuvre des PAN. C’est dans ce sens que le Docteur Yves Alexandre CHOUALA envisage la création des sociétés sûres comme une perspective pratique d’une consolidation structurelle de la paix et de la sécurité collective en Afrique : « La création des sociétés sûres est la manière idoine de construction d’une paix durable. […] Il s’agit de façon lapidaire d’éradiquer la pauvreté, […], de construire l’équité et la justice, la santé pour tous, de diffuser les connaissances et de construire des sociétés de vie aux dépens des sociétés de la mort »[4]. La détérioration des conditions de vie des populations africaines constitue donc encore l’un des principaux obstacles à la fin des conflits armés, des extrémismes et de la criminalité et l’une des plus dangereuses menaces à la paix, la sécurité et la stabilité du continent.


[1] Déclaration Solennelle sur le Cinquantième Anniversaire de l’OUA/UA, adoptée par la Vingt et unième session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, Addis-Abeba, 26 mai 2013, paragraphe E, P.6

[2] Le Protocole relatif à la création du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a été adopté le 09 juillet 2002 à Durban (Afrique du Sud) au cours de la première session ordinaire de la Conférence de l’Union. Il est entré en vigueur le 26 décembre 2003.

[3] La première réunion ministérielle du CPS a été convoquée le 14 mars 2004 à l’occasion de la quatrième session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union. Lire notamment LECOUTRE (D.) « Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, clef d’une nouvelle architecture de stabilité en Afrique ? » in Afrique Contemporaine n°212, 2004, pp. 131-162.

[4] CHOUALA (Y-A.), « Puissance, résolution des conflits et sécurité collective à l’ère de l’Union africaine. Théorie et pratique » in Annuaire Français des Relations Internationales, Bruxelles, Bruylant, 2005 Vol. VI, p.303 et s.

L’eau potable pour tous et par tous: et si c’était possible

Par Asmaou Karim, Vice-Président de The Okwelians

Aujourd’hui, nous célébrons une ressource naturelle indispensable à la vie : l’eau. Les instances internationales ont rappelé l’importance de l’eau et en ont fait un Objectif de Développement Durable : « garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau », tel est l’Objectif de Développement Durable n°6 énoncé par l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans son Agenda 2030. D’ailleurs, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la période 2018-2028 décennie internationale d’action sur le thème « l’eau pour le développement durable », et la thématique retenue pour l’année 2021 est : « la place de l’eau dans nos sociétés et comment la protéger ».

En ce 22 mars, Journée mondiale de l’Eau, deux questions sont posées par les Nations Unies autour du thème #Water2me : * Que signifie l’eau pour vous ? * Quels changements concernant l’eau apporteriez-vous dans votre région ?

crédit photo : Desy Danga

Y répondant, Yérima Alim MUSTAPHA, Maire de la commune de Gashiga dans le Nord Cameroun et plus jeune Maire du Cameroun pour la mandature 2013-2020, alerte :

« L’eau c’est la vie, son existence est essentielle au maintien de la vie et de tout être vivant. Le Grand Nord souffre du problème d’accès à l’eau potable, il est plus qu’urgent de créer des points d’eaux dans les localités qui n’en ont pas. »

En effet, l’eau a une valeur inestimable. Nous en avons besoin tous les jours que ce soit pour nos foyers, notre économie ou l’intégrité de notre environnement naturel. Chacun, sans discrimination, « a le droit à un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d’une eau potable et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques, qu’il s’agisse de boisson, d’assainissement individuel, de lavage de linge, de préparation des aliments ou d’hygiène personnelle et domestique », rapporte l’Organisation des Nations Unies (ONU). Et, la Journée mondiale de l’eau a pour but de sensibiliser la population aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui entourent « l’or bleu » et rappeler à toutes et à tous que l’eau potable est une richesse menacée qu’il faut préserver et protéger.

Dans le monde aujourd’hui, 1 personne sur 3 n’a pas accès à de l’eau salubre. D’ici à 2050, jusqu’à 5,7 milliards de personnes pourraient vivre dans des zones en pénurie d’eau au moins un mois par an. Au Cameroun en particulier, 9 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. L’eau y est inégalement répartie et distribuée sur les dix régions et la situation est davantage alarmante en zones rurales. Ainsi, selon l’ONG African Center for Advocacy (ACA), organisation à but non lucratif qui mobilise ses efforts pour assurer l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous, même si Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, n’est pas épargnée, les régions du Grand Nord paient le plus lourd tribut avec 80% de la population n’ayant pas accès à cette ressource fondamentale. Ces carences et dysfonctionnements pourraient être expliqués entre autres par les retards dans la mise en œuvre des programmes de constructions des forages, la vétusté du réseau de distribution d’eau potable, les coupures intempestives ou encore la qualité approximative de l’eau fournie par la société en charge de la distribution de l’eau potable.

crédit photo : Desy Danga

D’après les experts, les changements climatiques, sont à l’origine des crises liées à l’eau que nous observons dans le monde entier. L’augmentation de la population mondiale, les crises politiques, les déplacements de populations, les besoins en matière agricole et industrielle accroissent également le besoin en eau. Cette situation expose les populations et particulièrement les enfants à de nombreuses maladies hydriques. D’ailleurs, la prévention et la lutte contre la pandémie de la COVID 19 nous rappellent combien l’accès à l’eau est crucial dans la construction d’une société durable.

Pour y faire face, les pouvoirs publics camerounais multiplient les efforts pour améliorer la desserte en eau potable. Dans le cadre du processus de décentralisation en cours, plusieurs projets visant à résorber le déficit actuel ont été lancés dans plusieurs villes du pays. Il s’agit entre autres de la réhabilitation des réseaux dans les villes de Yaoundé, Ngaoundéré et Bertoua, l’extension des stations de production d’eau potable ou encore l’’extension du réseau tertiaire et du nombre de branchements (3 000 branchements supplémentaires et 70 bornes fontaines), dans la ville de Ngaoundéré.

De même, la Stratégie Nationale de Développement 2030 du Cameroun décrit également les actions que le Gouvernement entend mener pour assurer un accès universel et équitable à l’eau potable à savoir (i) mettre en place un cadre favorable à l’installation des sociétés privées de production et de distribution d’eau potable au niveau communal, (ii) réviser la loi n°98/005 du 14 avril 1998 portant régime de l’eau ou encore  (iii) élaborer et mettre en place un plan de développement sectoriel à long terme et un programme d’investissement conséquent en appui aux collectivités territoriales décentralisées.

En tout état de cause, d’énormes efforts restent à faire, tant la situation est inquiétante. La problématique de l’accès à l’eau potable n’est pas la responsabilité du seul Gouvernement. Cette responsabilité nous incombe à toutes et à tous, en tant qu’individus et aussi en tant qu’organisations ou associations. Chaque action est importante. De la sensibilisation à l’appropriation, beaucoup reste encore à faire.

The Okwelians s’est résolument inscrit dans cette dynamique. Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme « The Okwelians s’engage pour les villes » qui est un programme destiné à accompagner les villes camerounaises dans la mise en œuvre de politiques publiques au service d’un développement socioéconomique et environnemental durable, The Okwelians a défini trois axes stratégiques : la gouvernance urbaine, la définition et la promotion des villes durables, les actions sociales principalement axées sur l’éducation et la santé.

Ainsi, au mois d’Octobre dernier à Rey Bouba, divers dons en produits et matériels pour le nettoyage du château d’eau et l’assainissement de l’eau pour les 120 000 habitants que compte la Commune ont été effectués. Une goutte d’eau dans la mer. Mais, nous espérons également que les efforts en cours permettront sur le plan des politiques publiques une meilleure sensibilisation, appropriation et concertation autour des enjeux liés à l’eau afin que chaque citoyen devienne un acteur responsable, un gardien, un avocat de l’accès à leau potable pour toutes et tous.

Alors, et vous ? Dites-nous, que signifie l’eau pour vous et quels changements concernant l’eau apporteriez-vous – pour ne pas dire apportez-vous – dans votre région ?

Let’s Okwelian it !

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Célébrons la femme, célébrons notre humanité !

Par Asmaou Karim, Vice-Présidente de The Okwelians

8 mars 2021. Pas de revendications aujourd’hui, juste de la gratitude pour le chemin parcouru depuis que cette journée a été déclarée Journée Internationale des Droits des Femmes en 1910, gratitude pour le travail abattu pour être là où nous en sommes aujourd’hui.

Des avancées significatives sont à noter particulièrement au Cameroun. En effet, le Bureau Central de Recensement et d’Etude de la Population (BUCREP), en collaboration avec United Nations WOMEN, a fait état des progrès du Cameroun 25 ans après la Conférence mondiale de Beijing sur les femmes. Il en ressort quelques tendances. Sur la représentativité des femmes en politique, la proportion des femmes députés est passée de 13% à 31 % ; au niveau de l’exécutif communal, nous avons progressé de 8 % à 31 %. Sur l’amélioration de la situation économique des femmes, il convient de noter une croissance régulière des femmes travailleuses salariées de 6 % à 14 %. La proportion des femmes chefs d’entreprise a évolué de 32% à 42 %.

Bien entendu, beaucoup reste à faire mais nous y arriverons. Ensemble, nous arriverons à réduire les inégalités entres les hommes et les femmes. Ensemble, nous arriverons à faire tomber les barrières internes et externes qui nous enferment. Ensemble, nous arriverons à nous imposer encore plus dans toutes les strates de la société, à faire preuve d’une ambition encore plus grande dans tous les domaines, à être plus confiantes car, une femme confiante est forte, capable de prendre place à la table des décisions et d’être une source d’inspiration pour ses consœurs ; en bref de rêver à l’impossible possible.

Pour l’atteinte de cette ambition, il est bien entendu nécessaire que les hommes soutiennent les femmes. En la matière, le livre écrit par Sheryl Sandberg « En avant toutes » que j’ai pris plaisir à lire, s’adresse à toutes les femmes qui souhaitent accroître leurs chances de parvenir au plus haut niveau quel que soit le domaine d’activités, ou atteindre un but quel qu’il soit. Mais il convient aussi à tous les hommes désireux de comprendre ce qu’une femme doit affronter et de remplir sa part du contrat en vue de bâtir un monde plus juste. Pour cela, Sheryl Sandberg rappelle que « il est nécessaire qu’un nombre plus conséquent d’hommes prennent place à table … à la table de la cuisine. ». Rien ne changera à l’extérieur si cela ne change pas à l’intérieur, dans nos foyers/maisons. Chers Messieurs, nous adorons faire la cuisine pour vous. Mais, avec vous, c’est encore mieux !

Par ailleurs, dans cette quête pour la réduction des inégalités hommes-femmes, il est encore plus primordial et indispensable que les femmes soutiennent les femmes. Nous devons joindre nos efforts, car nous représentons la moitié de la population mondiale et notre pouvoir est réel. Nous devons nous unir pour atteindre cet idéal dont nous rêvons toutes.

Plus il y aura des femmes qui s’entraideront, plus rapidement cette noble cause avancera. Plus il y aura de femmes au sommet, plus nous agirons en faveur de nos consœurs. Aidons-nous les unes les autres à prendre pleinement conscience de nos droits, à développer et à améliorer nos compétences, à avoir accès aux ressources et à les partager, à passer outre nos différends et à rester concentrées sur notre objectif commun, à participer aux prises de décision bref à construire un monde plus juste, plus inclusif et plus harmonieux.

La thématique de cette année « Leadership féminin : pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 » nous invite à rendre hommage aux efforts déployés par les femmes non seulement pour faire face à la pandémie de la Covid-19 mais aussi et surtout pour dessiner par leurs actions les contours d’un nouveau monde post Covid19. C’est pourquoi aujourd’hui, nous célébrons le courage, l’esprit d’équipe, la résilience, la bonté : en somme, notre humanité !

Incommensurable remerciements à toutes celles et tous ceux, femmes et hommes, qui sont des acteurs/rices vivant.e.s de cette quête d’humanité pour tou.te.s

Africa as the theater of a new proximity war between Russia and the Western bloc? Part 2

Par Roger Motaze, Directeur Scientifique du LAB de The Okwelians

While the Cold War ended more than three decades ago, we are witnessing the resurgence of confrontation between East and West in a new theater, which is none other than Africa. At the expense of the people, it appears once again that geopolitical interests are taking precedence over the stability and development of Africa. We will illustrate our postulate in a series of various papers.

Mali and Niger II

On 18 August 2020, elements of the Malian armed forces unleashed a mutiny, which led to the fall of President Ibrahim Boubacar Keïta. The artisans of this coup were Colonels Malick Diaw and Sadio Camara, both trained at a military academy in Russia.[1]   They immediately set up the National Committee for the Salvation of the People (CNSP) to ensure the transition at the head of the country. President Keita’s term of office, which began in 2013 after a coup d’état in 2012 ousted Amadou Toumani Touré, coincided with the establishment of a French mission in Mali following Operation Serval and then Barkhane on the territory. Can we see in this strange coincidence, a pass of arms? That would be very hasty. Nevertheless, it seems obvious that Russia’s involvement seems certain, and that its influence exacerbates the historical partner. In response to this coup, the leader of the Western bloc, the United States, directly cut all military ties with the junta. It would seem that the relationship has become rather unfriendly and tumultuous between the Malian people and the French army, the reasons? They are surely multiple and diverse, ranging from the colonial past to Barkhane inefficiency, as Mali is still a victim of terrorist attacks, and jihadist groups are still swarming in the north of the country. In November 2019, demonstrators in Bamako urged Moscow to repel Islamist attacks in Mali as it did in Syria. Even the Malian opposition, like Umar Mariko, praised Russian arms and technical support. During the demonstrations in Bamako following the coup, demonstrators were seen waving Russian banners and holding up posters praising Russia for its “comradeship” with Mali.[2]   

Beyond the security and political aspects, the economic side naturally takes precedence in all cooperation.  On this aspect, it is important to note that the Russian nuclear energy giant Rosatom, which is in direct competition with its French counterpart Areva for contracts in the Sahel, could benefit from favorable relations with the new Malian political authorities.  Similarly, Nordgold, a gold company with investments in Guinea and Burkina Faso, could also expand its mining initiatives in Mali’s gold reserves.[3]   In January 2021, the CNSP is dissolved, leaving room for new elections to be held. The question on everyone’s mind is whether the next Malian authorities will continue to collaborate with Russia or return to the Western bloc, nothing is less certain. What is certain, however, is that the battle between the Russians and the French for control of influence in Mali is likely to continue.

Niger

In 2019, the Russian news agency “Sputnik” reported that Russia and Niger signed a contract for the delivery of 12 Mi-35 helicopters.[4]   This information coincided with the Russian will to impose itself on the African continent. This former French colony, member of the G5 Sahel and part of the most dangerous land axis in Africa, that is to say, the area of the three borders, which the country completes with Burkina Faso and Mali, is constantly victim of terrorist groups that criss-cross this sector.  Concluding a military contract with Russia is synonymous with disavowal of the former metropolis. This country, which broke relations with the USSR after the fall of the Berlin Wall in 1991, has in fact always had a socialist influence, verifiable with the accession to power of President Mahamadou Issoufou, who was brought to power when he headed the PNDS-Tarayya (the Nigerian Party for Democracy and Socialism,) which is part of the socialist international. Following a protocol signed in October 2016 in Niamey, Niger and Russia decided to strengthen their cooperation in several sectors, including energy, mining, infrastructure and security.[5]  This agreement puts the previous ones in difficulty when the exploitation of resources was essentially done by France.  Exports to France of uranium from the Arlit mines, located in northern Niger, have for a long time constituted a significant part of the country’s foreign income.[6]   

In addition, in January 2009, the government of President Mamadou Tandja of Niger and the president of Areva’s board of directors signed a strategic mining agreement granting the French nuclear group an operating permit for the Imouraren deposit, presented by Areva as the most important uranium mine in all of Africa and the second largest in the world.[7]    In 2019, the two countries, through their Ministers of Foreign Affairs, decided to extend cooperation in the political, commercial, economic and humanitarian spheres. This political cooperation has enabled Niger to gain immeasurable support from Russia in multilateral organizations, as well as for its election as a non-permanent member of the United Nations Security Council in fiscal year 2020-20201.  This is to say that the battle continues to rage between the two blocs.

Work Cited

  1. “Was Russia behind the coup in Mali?”, DW,  June 26, 2020.
  2. “Areva, maître de la plus grande mine d’uranium d’Afrique”,Site du collectif “Areva ne fera pas la loi au Niger”, September 1st, 2009.
  3. Ramani, Samuel. “Why Russia is a Geopolitical Winner in Mali’s Coup”, Foreign Policy Research Institute, September 16th, 2020.




[1] “Was Russia behind the coup in Mali?”, DW,  June 26, 2020.

[2] Samuel Ramani, “Why Russia is a Geopolitical Winner in Mali’s Coup”, Foreign Policy Research Institute, September 16th, 2020.

[3] Idem

[4] Idem

[5] “Areva, maître de la plus grande mine d’uranium d’Afrique”,Site du collectif “Areva ne fera pas la loi au Niger”, September 1st, 2009.

[6] Idem

[7] Mona Saanouni, “Le Niger achète 12 hélicoptères de combat russes”, Anadolu Agency,| October 23rd, 2019.

Africa as the theater of a new proximity war between Russia and the Western bloc? Part 1

Par Roger Motaze, Directeur Scientifique du LAB de The Okwelians

While the Cold War ended more than three decades ago, we are witnessing the resurgence of confrontation between East and West in a new theater, which is none other than Africa. At the expense of the people, it appears once again that geopolitical interests are taking precedence over the stability and development of Africa. We will start by illustrating our postulate from two countries.

Libya 

Since the fall of Guide Muammar Gaddafi, the country has been plagued by insecurity.  Behind the bitter struggle for control of the country that pits the Government of National Unity (GNA) of Fayez Al-Sarraj against the National Liberation Army (NLA) of Marshal Haftar, there is a genuine opposition and diverse involvement, the United States and Russia. Although recognized and supported by the United Nations, the NLA controls only Tripoli and its environs. How then can we explain the inaction of the UN body in the face of this conflict that has been going on for more than seven (07) years? The answer lies in the reciprocal neutralization of the members of the Security Council, essentially the Russians and the Americans. It is important to understand that the control of Marshal Haftal is established over a large eastern zone of the country, where the country’s oil deposits are located. Vladimir Putin’s country has undertaken to conclude oil and construction agreements in Libya, which has the largest oil reserves and the fifth largest reserves of natural gas on the African continent.[1]   On the military level, Russian cargo planes have regularly made military expeditions to the ANL forces, carrying military ammunition and soldiers of the pro-Russian Syrian regime.[2]   Beyond that, the country of Vladimir Putin is suspected of having deployed nearly two thousand (2000) mercenaries to fight with the ANL, and nearly a dozen fighter planes to support private military contractors.  On the political level, Russia has systematically opposed the sanctions issued against the ANL by the United Nations Security Council and has allowed the printing of a rival Libyan currency in Russia.[3]


As far as the United States is concerned, the commitment is certainly less direct, but it is just as sustained. Contrary to Russia, which acts in the open, the North American country uses the United Nations but especially Turkey and the anti-Islamic coalition as its horse of three, or pretext.

Since 2011, they (the USA) have officially conducted air strikes and sporadic raids in the country against Islamist groups.  In 2014, U.S. commandos seized an oil tanker bound for anti-government militias and returned it to the Libyan National Government.[4]   While the aegis of the anti-EI coalition may justify U.S. neutrality, support for Fayez is certain. Although Turkey also pursues its own interests in this conflict, it turns out that the old adage of the enemy of my enemy’s enemy is my friend (especially under the circumstances) applies here on several levels. Turkey has periodically transported arms, ammunition and aid to the Fayez government.[5]   Officially in July 2019, Recep Tayyip Erdoğan, the President of Turkey, threatened to declare war on Khalifa Haftar after receiving news of six Turkish citizens arrested by Haftar’s forces. The Turkish parliament voted on January 2, 2020, the agreement to send troops, and armament to help the internationally recognized government of Libya. As for the United Nations, Uncle Sam’s country has multiplied plans to sanction Haftar, but has also worked for talks to be held so that the Marshal could lay down his arms. Although the American interest is not as important as that of the Russians, it is the latter’s involvement that preserves American activism.  While Russia is trying to position itself, the United States will not allow a rise in Russian influence in Libya to flourish.

Central African Republic

It would be a truism to say that this country has been since its independence a preserve of the West, especially of France. This paradigm has changed for almost three years now, because of the military agreements with President Faustin-Archange Touadéra, Russia has become an important cooperator, thus challenging the French persuasion. This French preponderance was visible when the violence of 2013 between the Séléka and the Anti-Balak were at their height. The UN deployed the MISCA (International Mission in Support of the Central African Republic under African leadership), which was replaced by MINUSCA (United Nations Mission in the Central African Republic). In support of MISCA, France launched Operation Sangaris, composed of nearly 1,200 military personnel. Nearly 08 years later, the security situation in the Central African Republic is perilous, but in the place of French troops at the side of MINUSCA, there is Russia and nearly 300 military instructors.  The National Security Advisor to the Central African President, Valery Zakharov, is a former Russian spy.  To this should be added the private Russian company Wagner which, as in Libya, is seeking financial contracts in a country with diverse natural resources ranging from gold and uranium to hydrocarbons and rare wood species. With regard to its main strategic resource, diamonds, the country is ranked in the top ten most endowed in the world. It could be that Moscow is using the Central African Republic as a back door to larger and more resource-rich economies nearby, including Cameroon and Congo-Brazzaville, two other former French prefectures.

Work Cited

  1. Ghanmi Lamine, “Libya’s Islamic militants brag about receiving new Turkish weapons,” The Arab Weekly, May 26th, 2019.
  2. Kanzanci Handan, “New arms shipments come for Haftar forces: Libyan army”, Anadolu Agency, February 8th, 2020.
  3. Londono Ernesto, Hauslohner Abigail, “U.S. Navy SEALs take over oil tanker for return to Libya”, The Washington Post, March 17th, 2014.
  4. Robinson Kali, “Who’s Who in Lybia’s War”? Council on Foreign Relations, June 18th, 2020.

[1] Kali Robinson, “Who’s Who in Lybia’s War”? Council on Foreign Relations, June 18th, 2020.

[2] Handan Kanzanci, “New arms shipments come for Haftar forces: Libyan army”, Anadolu Agency, February 8th, 2020.

[3] Robinson, “Who’s Who in Lybia’s War”?

[4]  Ernesto Londono Ernesto, Abigail Hauslohner, “U.S. Navy SEALs take over oil tanker for return to Libya”, The Washington Post, March 17th, 2014.

[5] Lamine Ghami, “Libya’s Islamic militants brag about receiving new Turkish weapons,” The Arab Weekly, May 26th, 2019.

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Art, Culture et Patrimoine: leviers pour construire l’Afrique que nous voulons

Au cours de la 34ème session ordinaire de l’Union Africaine, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement a procédé au lancement du thème pour l’année 2021 “Arts, Culture et Patrimoine: Leviers pour construire l’Afrique que nous voulons”.Ce thème servira d’orientation à toutes les activités que l’Organisation panafricaine et ses organes mèneront sur le Continent. Afin de s’inscrire dans cette perspective, The Okwelians met à l’honneur des toiles de Fred Ebami, un des rares artistes pop art d’origine africaine répertoriés dans le monde,

POWER:
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« La santé mentale reste taboue dans l’agenda du développement humain en Afrique »

Marie-Alix de Putter

Carl Manlan

Marie-Alix de Putter et Carl Manlan plaident pour une mobilisation générale des secteurs public et privé du continent afin de sortir du déni.

Article Publié le 06 octobre 2020 à 19h00 – Mis à jour le 07 octobre 2020 à 09h28 sur le https://www.lemonde.fr/afrique/

Tribune. Il y a urgence à repenser l’accès aux soins de santé, en particulier de santé mentale. La pandémie du coronavirus a renforcé l’isolement de certains et exposé d’autres à des violences verbales ou corporelles. Ces traumatismes sont des indicateurs que nous ne pouvons pas négliger. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une personne sur quatre environ sera concernée au cours de sa vie par un trouble psychologique.

Le continent africain ne fait pas exception : 10 % de sa population serait aujourd’hui affectée par un trouble mental. La prévalence est plus élevée encore dans les zones de conflit : une personne sur cinq y vit avec des troubles mentaux tels que la dépression, l’anxiété, l’état de stress post-traumatique, les troubles bipolaires ou encore la schizophrénie.

Cependant, dans l’agenda du développement humain en Afrique, le sujet reste tabou : moins de 10 % de la population a accès à des soins de santé mentale. Un problème amplifié par le manque de ressources humaines adéquates. Pour rappel, la majorité des pays africains comptent un psychiatre pour 500 000 habitants, au lieu d’un psychiatre pour 5 000 personnes conformément aux recommandations de l’OMS.

Selon l’institution, la plupart des pays à revenu faible ou intermédiaire consacrent moins de 1 % de leur budget de santé au traitement des troubles mentaux. Or toute maladie non traitée à un coût pour les individus et pour l’économie. Dans un rapport de 2012 sur le fardeau économique de la maladie mentale, l’OMS a ainsi noté que ces pathologies et les troubles du comportement représentent 26 % du temps perdu au travail dans le monde, plus que tout autre type de maladie.

Société plus respectueuse et attentive

Il est à noter que la moitié des problèmes de santé mentale commence avant l’âge de 14 ans, mais la plupart des cas ne sont ni détectés ni traités. Aujourd’hui, près de 90 % des adolescents du monde vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire et plus de 90 % des suicides d’adolescents se produisent dans ces pays.

D’après les estimations de l’OMS de 2012, le taux de suicide en Afrique était proche de la moyenne mondiale : 11,4 pour 100 000 habitants. Soit tout de même une augmentation de 38 % par rapport à l’an 2000. Les facteurs de risque sont multiples : consommation nocive d’alcool, maltraitance durant l’enfance, stigmatisation à l’encontre des personnes qui cherchent de l’aide, obstacles à l’accès aux soins. La stigmatisation, le rejet, le manque d’accès aux soins et, encore trop souvent, les maltraitances physiques et psychologiques restent le lot quotidien des patients dans de nombreux pays africains.

La maladie mentale affecte non seulement les personnes et leurs familles, mais également des communautés et des économies entières. Au regard des coûts considérables qu’elle engendre, elle devrait recevoir toute l’attention et les ressources de la part non seulement des gouvernements, des citoyens africains, de sa diaspora, des organisations internationales, mais aussi de l’ensemble des décideurs du secteur privé et de la société civile.

Se soucier de santé mentale n’est pas un luxe, mais un droit humain quelle que soit notre contribution à la société. Il est temps de changer la façon dont les personnes – y compris elles-mêmes – pensent et parlent de ces sujets. La pandémie de nouveau coronavirus génère des inquiétudes multiples. Pour autant, cette crise sanitaire pourrait également être vecteur d’opportunités, notamment pour faire évoluer les mentalités. Il est temps de faire de la santé mentale un enjeu social en Afrique et d’agir concrètement pour une société plus respectueuse et attentive.

Une réponse efficace et durable exige une volonté politique, des investissements publics et privés, une coordination entre les secteurs de la santé, des finances, des services sociaux et de l’éducation. Mais aussi l’implication de la société civile et des entrepreneuses et entrepreneurs sociaux qui sensibilisent, mettent en œuvre des stratégies de promotion et de prévention dans ce domaine et organisent des activités qui contribuent à renforcer la capacité de patients à traverser un événement difficile. La santé mentale nous rassemble plus qu’elle nous divise.

Marie-Alix de Putter est consultante en stratégie française d’origine camerounaise. Elle est autrice d’Aime, ma fille, aime !, aux éditions Ampelos, coll. « Témoigner », paru en 2019.

Carl Manlan est un économiste ivoirien. Il est directeur des opérations de la Fondation Ecobank.

Marie-Alix de Putter et Carl Manlan