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APPEL A CANDIDATURES POUR LA PREMIERE EDITION DU PROGRAMME "CAMPUS CHERCHEURS" DE THE OKWELIANS

LA SANTE AU CAMEROUN : COMMENT GARANTIR DES INFRASTRUCTURES ET DES RESSOURCES HUMAINES DE QUALITE ?

Par Clémence POUGUÉ BIYONG, spécialiste en économie de la santé, doctorante à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Okwelians Fellow 2022.

INTRODUCTION

Le Cameroun a jusqu’à 2030 pour respecter l’objectif n°3 du Développement Durable, garantissant un accès à tous à la santé[1]. Alors que le lancement de la Couverture Santé Universelle (CSU) était attendu pour le premier semestre 2022[2], l’inégale répartition des infrastructures et l’instabilité du personnel médical pourraient freiner l’égal accès de tous aux soins de qualité.

La pandémie de Covid-19 a accéléré la décentralisation du système de santé. Toutefois les bénéfices qui pouvaient en être tirés sont fragilisés par des inégalités territoriales (partie 1). Différentes politiques publiques sont possibles pour améliorer la qualité des infrastructures de santé (partie 2) et valoriser les ressources humaines (partie 3) sur tout le territoire.

  1. L’approfondissement de la décentralisation du système de santé réalisée pendant la pandémie est fragilisé par des inégalités territoriales structurelles

Le système de santé camerounais s’est construit de façon incrémentale, pour apporter une réponse holistique au défi de l’accès aux soins. Le Cameroun a adopté différents systèmes de santé ayant tous pour objectif de réduire le coût d’accès aux soins[3]. La dernière réforme de Réorientation des soins de santé primaires[4] structure le système de santé contemporain. D’une part, la gestion de l’accès aux soins est décentralisée et gérée par les autorités locales de santé. D’autre part, le système de santé s’organise de façon pyramidale autour de trois niveaux distincts (voir Figure 1). En 2015, le secteur public comptait 55 % des infrastructures de santé disponibles sur le territoire (Tandi et al. 2015)[5].

Pendant la pandémie de Covid-19, le Gouvernement camerounais a développé une stratégie de décentralisation avec une allocation directe des fonds aux municipalités, pour optimiser la gestion des soins. A partir de la Loi de Finance Rectificative du 3 Mai 2020, les autorités municipales recevaient directement les fonds pour acheter du matériel de protection anti-Covid-19, entre autres[6]. La stratégie de crise a mis en évidence les forces de la gestion décentralisée des soins : la simplification du processus de décision ; la mise en place d’une chaine de responsabilité ; la prise en compte de toutes les parties prenantes, y compris le secteur privé, dans un processus bottom-up de prise de décision.

Figure 1 : La structure du système de santé du Cameroun

Source : Le Ministère de la Santé dans Tandi et al. 2015.

Note : Le schéma représente la structure du système de santé. Les niveaux primaire, secondaire et tertiaire sont également désignés par les niveaux central, intermédiaire et périphérique. Le niveau central (primaire) est sous la tutelle du Ministère de la Santé Publique et définit les stratégies, la coordination et la régulation des politiques de santé publique. Le niveau intermédiaire (secondaire) coordonne des activités au niveau régional et il encadre le soutien technique aux 10 délégations régionales de santé publique. Le niveau périphérique (tertiaire) réunit les centres de santé opérationnels qui sont en charge de la mise en œuvre des politiques de santé. (Countdown website, visité le 14 Juin 2022).

Cependant, malgré les efforts de la dernière décennie pour augmenter le nombre d’infrastructures de santé, les infrastructures et le personnel de santé restent inégalement répartis sur le territoire. Le système de santé repose sur une faible densité de médecins par habitant. En se basant sur les données du dernier recensement du personnel médical (2011), Tandi et al. (2015)[7] montrent que sur les 10 régions, 6 ont une densité inférieure à 2 médecins pour 1 000 habitants, 3 ont une densité inférieure à 1 et seule la région Centre a une densité de 2 médecins pour 1000 habitants. Plus généralement, les ressources humaines du secteur de la santé sont inégalement réparties sur le territoire (voir Figure 2). En 2011, l’Extrême Nord représentant 18 % de la population (3 480 414) ne disposait que de 5 % des médecins (70 %) et 10 % des infirmières (1 399). Pour une population comparable, la région Centre bénéficiait de 45 % des médecins (647) et 25 % des infirmières (3 236). Bien que ces chiffres demandent à être actualisés, ils soulignent un écart qui se traduit dans les indicateurs de santé jusqu’en 2020[8].

Figure 2 : Répartition des ressources humaines  par région (2011)

Source : Auteure à partir des données du dernier recensement des professionnels de santé fait par le Ministère de la Santé en 2011 et cité dans Tandi et al. 2015.

Note : Le graphique représente le nombre de personnels de santé (médecins, personnels administratif, infirmiers, paramédicaux, pharmaciens, assistants sociaux)  pour 1000 habitants par région.

  1. Les nouvelles infrastructures de santé donneront accès à des soins de qualité si elles sont soutenues par des investissements publics et des innovations financières inclusives et communautaires

Les huit projets d’infrastructure hospitalière lancés depuis 2016[9] contribueront à la réduction des inégalités territoriales de santé s’ils s’accompagnent d’une relocalisation des emplois médicaux et paramédicaux. En 2016, le Ministère de la Santé a inauguré le Centre hospitalier régional d’Ebolowa et lancé le Plan d’urgence triennal de réhabilitation et rééquipement des hôpitaux généraux de Yaoundé et Douala. Depuis, d’autres villes comme Bafoussam, Bertoua, Garoua, Maroua et Ngaoundéré accueillent les chantiers de nouveaux hôpitaux. L’efficacité de ces investissements publics sera mesurée, à moyen terme, par le nombre d’emplois créés pour les habitants de chaque région et par la stabilisation du personnel médical et paramédical.

L’entretien de ces nouvelles infrastructures nécessite une augmentation du budget alloué à la Santé et la décentralisation de la gestion financière. Depuis 2001, le budget national alloué au secteur de la santé n’a pas dépassé les 7 % (Stratégie sectorielle de santé 2016-2027) malgré l’objectif des 15 % de la Convention d’Abuja signée par le Cameroun[10]. Par ailleurs, le budget est toujours principalement centralisé à 60% alors que les deux-tiers du système reposent sur la gestion communautaire des infrastructures.

Les financements étrangers inspirés des Development Investment Bonds (DIB) ou des Diaspora Bonds, doivent participer à la préservation de la qualité des services qui y seront proposés. Le DIB est un « mécanisme de financement à la performance qui coordonne les ressources des secteurs public, philanthropique et privé afin d’obtenir un financement initial pour la prestation des services » (Oroxom et al. 2018)[11]. Ce mécanisme a permis de financer le projet Cameroon Cataract Bond à $ 2 Millions. L’objectif est de proposer des opérations (quasi) gratuites de la cataracte à des patients à faibles revenus, tout en accompagnant le centre de santé (Magrabi ICO Cameroon Eye Institute) vers une auto-suffisance financière. Si les projets de santé peinent à offrir des rendements financiers compétitifs, cet exemple montre que l’impact social peut être le moteur de l’investissement. Néanmoins, aucun investissement ne peut se faire sans une relation de confiance sur les risques et les bénéfices d’un projet. Cet élément a été la cause de l’échec de certains Diaspora Bonds, qui offrent pourtant de belles opportunités applicables pour le développement des infrastructures de santé.

  1. La valorisation du personnel médical doit être l’impulsion d’un accès permanent et équitable à des soins de qualité

Des politiques salariales ambitieuses et la garantie de bonnes conditions de travail sont indispensables à l’implication du personnel médical. A partir des années 2000, les faibles salaires, les mauvaises conditions de travail et les faibles perspectives d’évolution amènent à une crise du personnel médical. En 2019, on estime la fuite des cerveaux à 500 étudiants médecins et 5 000 infirmiers (Monthe, 2019)[12] par an. La santé mentale des futurs médecins inquiète également, puisqu’environ 30 % des étudiants présentent des signes sévères de dépression (Njim et al., 2019)[13]. En conséquence, certains médecins cumulent plusieurs emplois. Il faut un effort financier substantiel et rapide tout en donnant une latitude managériale aux hôpitaux pour inciter les médecins à rester dans la fonction publique. Par exemple, l’hôpital général de Douala et l’hôpital central de Yaoundé ont pu adopter des systèmes de quote-part, alliant des part fixes et variables dans la rémunération.

Depuis 2009, certains mécanismes du Performance Based Financing (PBF) ont permis de stabiliser le personnel de santé et d’améliorer la disponibilité des équipements. Le PBF a pour objectif d’améliorer la rémunération des personnels en la conditionnant à des indicateurs de résultat. De Walque et al. (2017)[14] distinguent les outils managériaux les plus efficaces. Ainsi, les incitations financières ont directement augmenté la qualité des soins proposés, mesurée par la disponibilité des équipements et des médicaments. Le rapport du Ministère de la Santé et de la Banque Mondiale ajoute que le PBF[15] a réduit le turn-over du personnel et amélioré leur satisfaction professionnelle. Ces études montrent également que certaines stratégies, notamment celles de suivi et d’évaluation du personnel, ne suffisent à régler tous les problèmes structurels de la gestion des ressources humaines.

Enfin, la fonction publique doit rester une perspective professionnelle pour les étudiants en médecine qui sont l’avenir d’un accès équitable à des soins de qualité. Bien que le concours de médecine pour les écoles privées et les écoles publiques soit unique, il y a un manque d’effectifs au sein de la fonction publique. Le Ministre de la Santé Publique a promis le recrutement de 25 000 nouveaux personnels ainsi que la contractualisation des personnels temporaires. Si respectée, l’intégration de ces personnels réduirait la pénurie de personnels de moitié d’ici cinq ans[16]. Reste à savoir si les étudiants formés dans les écoles privées y trouveront leur place. Jusqu’à maintenant, seuls les médecins formés dans les écoles publiques sont intégrés dans la fonction publique à la fin des études.

CONCLUSION

En conclusion, garantir des infrastructures et des ressources humaines de qualité est d’abord un défi financier. Le gouvernement porte la responsabilité d’initier les politiques de promotion de santé, à la fois en augmentant le budget qui lui est alloué comme en déléguant une partie des responsabilités. A cet égard, la construction de nouvelles infrastructures devra s’accompagner d’un réel effort en faveur du personnel de santé qui y travaillera. La diversification des sources de financement, vers des mécanismes inclusifs et communautaires, peuvent pérenniser cette nouvelle impulsion. 

BIOGRAPHIE :

Clémence POUGUÉ BIYONG est une doctorante en économie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Spécialiste en économie de la santé, elle s’intéresse particulièrement aux déterminants de l’investissement en santé préventive, aussi bien d’un point de vue microéconomique que de politiques publiques. Elle est diplômée d’un Master 2 en Economie internationale et développement de l’Université Paris Sciences et Lettres Paris-Dauphine en 2018, juste après avoir validé son Master 2 en Droit de l’Union européenne de l’Ecole normale supérieure (Rennes) en 2017. Auparavant, elle a notamment été consultante (2018, 2022) et experte associée (2019) pour le rapport Dynamiques de Développement en Afrique porté par l’Organisation de Coopération et Développement Economiques  et l’Union Africaine.

BIBLIOGRAPHIE :

Amani, Adidja. The health workers crises in Cameroon. 2010. Georgia State University, Mémoire de Master, 55 pages. https://doi.org/10.57709/1429564.

            de Walque, Damien, et al. « Looking into the performance-based financing black box: evidence from an impact evaluation in the health sector in Cameroon. » Health Policy and Planning 36.6 (2021): 835-847. https://doi.org/10.1093/heapol/czab002.

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Mey, Alamine Ousmane. “Budget 2022 : la liste des projets à mettre en oeuvre dans les 10 régions du Cameroun (à télécharger)” Investir au Cameroun, 2022,

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Nkangu, Miriam, Ronald, Gobina, Fobellah, Nkengafac, Joseph, Maabo et Sissoko, Foussenou. “Covid-19’s Impact on Strategic Health Purchasing: Lessons from Cameroon.” Results for Development – the Collectivity Blog Series, le 3 Décembre 2021. Consulté le 17 août 2022. https://r4d.org/blog/covid-19s-impact-on-strategic-health-purchasing-lessons-from-cameroon/.

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Tandi, Tinyami Erick, YongMin, Cho, Aba Jean-Claude, Akam, et al. “Cameroon public health sector: shortage and inequalities in geographic distribution of health personnel”. International journal for equity in health, 2015, vol. 14, no 1, p. 1-12. https://doi.org/10.1186/s12939-015-0172-0.

Ziemine Ngoumou, Elise. “Couverture de santé universelle : la machine en rodage.” Cameroon Tribune, 10 Juin 2022. https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/48795/fr.html/couverture-sante-universelle-la-machine-en. Consulté le 15 août 2022.

Sites utiles :

Portail Web du Ministère de la Santé Publique du Cameroun, Ministère de la Santé Publique, 2016, https://www.minsante.cm.

Observatoire nationale de la santé publique, Ministère de la Santé Publique, 2010, http://onsp.minsante.cm/fr.  

Map of health sites in Cameroon, Healthsites by OpenStreetMap, https://healthsites.io/map?country=Cameroon


[1] Voir Organisation des Nations Unies. “Objectifs de Développement Durable, ODD 3 – Bonne santé et Bien être.” Objectifs du Développement Durable, 2015, https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/health/. Consulté le 15 août 2022.  

[2] Voir Ziemine Ngoumou, Elise. “Couverture de santé universelle : la machine en rodage.” Cameroon Tribune, 10 Juin 2022. https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/48795/fr.html/couverture-sante-universelle-la-machine-en. Consulté le 15 août 2022.

[3] On peut distinguer quatre périodes du système de santé camerounais. (1) De 1967 à 1979, la période “post coloniale” : le gouvernement prend en charge les soins quasiment à 100 %. (2) De 1979 à 1990, la période de la déclaration d’Alma Ata de l’Organisation Mondiale de la Santé (1978) :  le Cameroun commence à renforcer les soins de santé primaires et les soins sont dorénavant pris en charge par l’Etat et les patients. (3) De 1990 à 2001, la période de préparation de Réorientation des soins de santé primaires : création d’un mécanisme de recouvrement des coûts et décentralisation de la gestion des structures de soins vers les communautés ; (4) Depuis 2001, la période post-réforme des soins de santé primaires : le reste-à-charge des ménages est le principal financeur des soins.

Voir Monthe, Jessica. Cameroon Health System: Assessing the availability of resources for health. 2018. California State University, mémoire de Master, 92 pages. http://hdl.handle.net/10211.3/203872 .

[4] Cette réforme a trois objectifs. Le premier objectif est de faire du centre de santé la structure de premier contact du malade. Le deuxième objectif est de décentraliser la gestion des soins au niveau du district qui est le niveau intermédiaire entre les patients et la stratégie nationale. Le dernier objectif est de renforcer la participation communautaire et de renforcer l’accès équitable aux soins.

Voir Okalla, Raphaël et Alain Le Vigouroux. “Cameroun : de la réorientation des soins de santé primaires au plan national de développement sanitaire.” Un système de santé en mutation, le cas du Cameroun, dirigé par Marc-Eric Gruénais,  Bulletin de l’APAD 21, 2001. https://doi.org/10.4000/apad.181.

[5] Voir Tandi, Tinyami Erick, YongMin, Cho, Aba Jean-Claude, Akam, et al. “Cameroon public health sector: shortage and inequalities in geographic distribution of health personnel”. International journal for equity in health, 2015, vol. 14, no 1, p. 1-12. https://doi.org/10.1186/s12939-015-0172-0

[6] Voir Nkangu, Miriam, Ronald, Gobina, Fobellah, Nkengafac, Joseph, Maabo et Sissoko, Foussenou. “Covid-19’s Impact on Strategic Health Purchasing: Lessons from Cameroon.” Results for Development – the Collectivity Blog Series, le 3 Décembre 2021. https://r4d.org/blog/covid-19s-impact-on-strategic-health-purchasing-lessons-from-cameroon/ Consulté le 17 août 2022.

[7] Voir Tandi, Tinyami Erick, YongMin, Cho, Aba Jean-Claude, Akam, et al. “Cameroon public health sector: shortage and inequalities in geographic distribution of health personnel”. International journal for equity in health, 2015, vol. 14, no 1, p. 1-12. https://doi.org/10.1186/s12939-015-0172-0

[8] Monthe, Jessica. Cameroon Health System: Assessing the availability of resources for health. 2018. California State University, mémoire de Master, 92 pages. http://hdl.handle.net/10211.3/203872.

[9] Les projets sont présentés sur le site du Ministère de la Santé. Voir Ministère de la Santé publique de la République du Cameroun, “Développement des infrastructures de santé”, 2016, https://www.minsante.cm/site/?q=fr/cat%C3%A9gories/d%C3%A9veloppement-des-infrastructures-de-sant%C3%A9. Consulté le 16 août 2022.

Pour un détail des investissements du Ministère de la Santé publique pour l’année 2022, Voir Mey, Alamine Ousmane. “Budget 2022 : la liste des projets à mettre en oeuvre dans les 10 régions du Cameroun (à télécharger)” Investir au Cameroun, 2022,

https://www.investiraucameroun.com/economie/0103-17579-budget-2022-la-liste-des-projets-a-mettre-en-uvre-dans-les-10-regions-du-cameroun-a-telecharger. Consulté le 17 août 2022. 

[10] Le dépot des instruments de ratification n’est pas encore confirmé sur le site officiel https://www.cameroun-traites-accords.com/.

[11] Oroxom, R., Glassman, A. et McDonald, L. (2018) Structuring and funding development impact bonds for health: nine lessons from Cameroon and beyond. Center for Global Development Policy Paper. Washington DC: Center for Global Development.

https://www.cgdev.org/publication/structuring-funding-development-impact-bonds-for-health-nine-lessons.

[12] Monthe, Jessica. Cameroon Health System: Assessing the availability of resources for health. 2018. California State University, mémoire de Master, 92 pages. http://hdl.handle.net/10211.3/203872.

[13] Njim, Tsi, Clarence Mvalo Mbanga, Maxime Tindong et al. “ Burnout as a correlate of depression among medical sudents in Cameroon: a cross-sectional study.” BMJ open, 2019, vol. 9, no 5, p. e027709. http://dx.doi.org/10.1136/bmjopen-2018-027709.

[14]  de Walque, Damien, et al. « Looking into the performance-based financing black box: evidence from an impact evaluation in the health sector in Cameroon. » Health Policy and Planning 36.6, 2021, pp. 835-847, https://doi.org/10.1093/heapol/czab002

[15] Banque Mondiale, BM. (2017). Cameroon performance-based financing: impact evaluation report, Washington D.C.: Groupe de la Banque Mondiale, 96 pages.

http://documents.worldbank.org/curated/en/756781499432127674/Cameroon-performance-based-financing-impact-evaluation-report.

[16] Mbodiam, Robert, “Santé publique : 25 000 postes sollicités au moment où l’Etat tente de rationaliser ses recrutements.” Investir au Cameroun, 5 avril 2022, https://www.investiraucameroun.com/gestion-publique/0504-17739-sante-publique-25-000-postes-sollicites-au-moment-o-l-etat-du-cameroun-tente-de-rationaliser-ses-recrutements. Consulté le 17 août 2022.

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The Rebuntu House

LES EFFORTS ACTUELS POUR ENCOURAGER L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE AU CAMEROUN

 Par Florence EPEE, Juriste, Fellow 2022

L’un des objectifs majeurs de l’Union Africaine est de faire de l’Afrique une destination industrielle de premier rang[1]. A cet effet, le Cameroun ne déroge pas à la règle qui consiste à <<transformer, accroître et industrialiser nos économies par l’enrichissement et l’apport d’une valeur ajoutée aux ressources naturelles.>>[2]  C’est ainsi qu’il est adopté dans le cadre de la vision 2035 en remplacement du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), la Stratégie Nationale de Développement (SND 30) dont l’un des quatre piliers est la transformation structurelle de l’économie par l’industrie manufacturière.[3] En tant qu’élément fondamental de l’un des trois secteurs de l’économie, à savoir le secteur secondaire[4], elle désigne les activités de transformation des matières premières en produits finis et semi finis.

Source: The OKWELIANS, visite guidée des Brasseries du Cameroun, Usine de Ndokoti- Douala le 15 octobre 2022.

Source : The OKWELIANS, visite guidée de l’usine FISCO sarl Bonaberi- Douala le 15 octobre 2022
The OKWELIANS, visite guidée de l’usine FISCO sarl Bonaberi

  

              Comme un thermomètre par lequel il est possible de mesurer la température de l’industrialisation au Cameroun, la SND 30 présente les orientations à donner aux « efforts actuels pour encourager l’industrie manufacturière au Cameroun ». A ce titre, un bref historique des efforts passés permet de présenter le processus d’industrialisation du Cameroun en 3 phases. D’abord la première, entre 1960 et 1986, dite période de planification. Ensuite la seconde, de 1986 à 2006 qui couvre la phase sous ajustement[5] et la sortie de l’initiative Pays Pauvre Très Endettés (PPTE). Enfin la troisième, de 2009 à nos jours, à travers  « la politique des grandes ambitions » complétées par celles des  « grandes réalisations »[6] , précurseur du DSCE et de la SND 30 actuellement mise en œuvre.

            Cependant, l’inflation[7] caractérisée par l’augmentation des biens de consommation, le terrorisme de Boko-Haram dans une partie de l’Extrême-Nord, les revendications séparatistes de certains ressortissants des Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, ainsi que la corruption tendent à réduire à néant la kyrielle de mesures prises pour améliorer le climat des affaires au Cameroun[8]. De plus,  avec la crise sanitaire à covid 19 et les conflits externes (russo-ukrainien) à incidence économique mondiale, le Cameroun a plus que jamais besoin de stimuler la production nationale par l’industrialisation[9] à l’effet d’attirer les devises nécessaires à l’équilibre de la balance commerciale par l’exportation, et la création de chaînes de valeurs via la transformation.

              Aussi, en vue de répondre  aux déficits de performance des industries manufacturières nationales,[10] présenter l’ensemble des mesures actuelles pour promouvoir l’industrialisation au Cameroun revient à en analyser d’une part, le cadre réglementaire  (I), et d’autre part, le cadre institutionnel (II).

Source: Plans et projets clés de la Stratégie Nationale de Developpement (SND 30)  in https://snd30.cm/

  1. LE CADRE RÉGLEMENTAIRE PROPICE À L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE AU CAMEROUN

          Dans sa volonté de faire du Cameroun, un Nouveau Pays Industrialisé (NPI), la stratégie d’industrialisation, << est un mix entre import/substitution et promotion des exportations. Le Gouvernement a opté pour la politique de substitution des importations et celle de promotion des exportations en s’appuyant sur les avantages comparatifs de l’économie nationale.>>[11]Pour implémenter cette stratégie, le Cameroun adhère au plan national et international, à un ensemble de textes officiels émanant des pouvoirs publics et fixant les règles y relatives.

          C’est le cas au plan international, avec la signature et la ratification de textes multilatéraux et bilatéraux de promotion industrielle à savoir, la Charte des investissements CEMAC[12], les Traités bilatéraux d’investissements entre le Cameroun et des Etats étrangers, l’adhésion aux Objectifs du Développement Durables (ODD) des Nations Unies[13], le Traité instituant l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA)[14], l’Accord de libre-échange continental instaurant la Zone de Libre-échange Continentale (ZLECAF) qui vise à faire de l’Afrique un marché unique de plus d’un milliard d’habitants par l’abolition de barrières fiscalo-douanières ainsi que l’encouragement de la libre circulation des biens et des personnes.[15]

Source:  Baromètre de ratification de l’accord de libre echange continental, Trade law centre in  Status of AfCFTA Ratification – tralac trade law centre

           

Au plan national, le préambule de la Constitution de l’Etat du Cameroun : <<affirme son droit au développement ainsi que sa volonté de consacrer tous ses efforts pour le réaliser>>[16]. Aussi, des textes émanant à la fois de l’exécutif et du législatif entrent-ils en vigueur. Il s’agit de la Charte des investissements du Cameroun[17], la SND 30 qui en plus de présenter les orientations, encourage également des formes de  joint-ventures entre des industries nationales sous le vocable « rapprochement stratégique », notamment entre la Société de développement du coton (Sodecoton) et la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam)[18]. Il en va également de la loi sur les incitations à l’investissement privé[19], qui a la particularité d’énoncer les secteurs prioritaires devant bénéficier des exonérations fiscalo-douanières.  De même, l’Ordonnance instaurant les Zones Franches industrielles[20] à l’instar de la Mission d’Aménagement des Zones Franches Industrielles (MAGZI) et la Zone industrielle de BASSA dans la ville de Douala. La Loi de finances 2022 complète cet arsenal en accordant des avantages aux entreprises qui souhaiteraient s’installer dans les zones économiquement sinistrées (ZES) afin de permettre une relance économique de ces régions.

               Au-delà de cette multitude de textes, les efforts du Cameroun pour encourager les industries manufacturières sont également perceptibles au niveau institutionnel.

  • LE CADRE INSTITUTIONNEL PROPICE À L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE AU CAMEROUN

        L’application des textes en faveur de l’industrie manufacturière énoncés précédemment n’est possible que par des institutions fortes, pouvant mener à bien cet ambitieux projet de faire du Cameroun un NPI. Ces institutions œuvrent à renforcer la compétitivité des industries camerounaises à travers un accompagnement multiforme.[21] Elles peuvent être classées en deux échelles internationale et nationale.

        Au niveau international, le Cameroun est membre de nombreuses institutions avec lesquelles il coopère en matière d’industrialisation. Il s’agit au plan multilatéral, de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI)[22], le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)[23], L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)[24], l’Organisation Africaine de Propriété Intellectuelle (OAPI)[25]. Au niveau financier, l’implémentation récente de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC) et le système bancaire aux standards internationaux garantis par la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC) offrent à ces industries un important réservoir de ressources financières. Au plan Bilatéral, à titre d’exemple la coopération allemande (GIZ) par l’appui aux industries du coton textile.[26]

Source : Siège de la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale in Photothèque – BVMAC: Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale

         Au plan national, il s’observe des départements ministériels et agences dévolus au développement industriel des pans de notre économie.

Il s’agit de manière non exhaustive du Ministère des Mines de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) et du Ministère du Commerce. Ce dernier est l’organe de tutelle du Comité national d’agrément des produits industriels originaires de la CEEAC/CEMAC, dont le rôle est d’appliquer le règlement CEMAC relatif à la libre circulation des produits industriels ayant reçu des certificats d’origine du Comité d’origine de cette institution communautaire.[27] L’Agence Nationale de Normalisation (ANOR), l’Agence de Promotion des Investissements (API)[28], sous tutelle technique du Secrétariat Général de la Présidence de la République a plus de 200 conventions signées avec des investisseurs étrangers et les investisseurs locaux n’ayant pas le statut de PME[29] . Par ailleurs, seconde institution d’application de la loi des incitations à l’investissement, l’Agence de promotion des Petites et Moyennes entreprises (APME) est habilitée  à offrir des agréments aux PME locales et parfois des subventions[30]. L’institut National de la Statistique (INS), sous tutelle du Ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT) conseille le gouvernement à travers l’édiction de note de conjoncture économique dont la plus récente a été publiée le 19 mai 2022. Ainsi que l’instauration d’un cadre institutionnel permanent de dialogue public-privé à travers le Cameroon Business Forum (CBF)[31].

      Dans la même veine, mettre en œuvre la décentralisation, par le transfert des compétences en matière de promotion industrielle des collectivités territoriales décentralisées permettrait, par la création de comités locaux d’industrialisation, de doter les mairies de pouvoirs de passer des conventions d’exonérations de taxes avec des très petites et moyennes industries désireuses de s’installer sur leur territoire. Au cercle des recommandations également, la création d’une Agence de Promotion des Exportations comme prévue par la Charte des Investissements serait avantageuse, car elle permettrait un suivi particulier des exportations des industries camerounaises. Celle-ci, de concert avec les cellules économiques des ambassades camerounaises à l’étranger, accompagnerait les industries dans la conquête du marché extérieur. “l’opérationnalisation du concept d’Industradition (industrialisation traditionnelle) ou l’exploitation industrielle des pratiques et savoir-faire africains reçus en héritage intergénérationnel,[32] est également à encourager.

                       En définitive, depuis son accession à la souveraineté, le Cameroun a toujours nourri le vœu de la croissance économique par la transformation industrielle. En vue de corriger les erreurs observées par les échecs d’industries créées au lendemain des indépendances[33], dès la Charte des investissements de 2002, une accélération du processus d’industrialisation est mise en marche et se traduit par des efforts au niveau réglementaire et institutionnel. Bien que fort appréciable à travers le caractère innovant dû aux réformes connues à la fois des textes et des institutions pour s’arrimer aux meilleurs standards en matière d’industrialisation et malgré certaines insuffisances décriées par le secteur privé[34], ces mesures doivent être complétées par des efforts infrastructurels de grande envergure.  Au regard des défis actuels de développement et de l’inadéquation du ratio potentiel[35] et statut industriel[36] du Cameroun, ces infrastructures sont encore naissantes et  embryonnaires. Elles sont pour la plupart à l’état de projet et sont à accélérer.[37] Pour celles existantes une modernisation s’impose. Il est impératif d’améliorer l’offre énergétique, de transport, de télécommunications, d’éducation et de santé qu’il appartient surtout à l’État d’implémenter pour le plein épanouissement des différents acteurs de la scène industrielle camerounaise. Aussi sommes-nous d’avis avec cette assertion de l’INS qui conseille au gouvernement de développer des infrastructures (routes, énergie, eau) car cela « constitue un autre levier qui devrait améliorer et faciliter (…) (la) production vers les marchés pour la commercialisation destinée à la consommation ou, à défaut, à une transformation (..)industrielle ».[38]

Source: The OKWELIANS, visite guidée du Port Autonome de Douala le 15 octobre 202

Biographie : Florence EPEE est une camerounaise de 29 ans, doctorante en Droit International Public à l’Université de Douala. Spécialiste des questions de promotion des investissements, elle a soutenu en 2019 un mémoire de Master 2 sur <<l’Agence de Promotion des investissements du Cameroun>>. Elle est la fondatrice de l’entreprise AIDA invest qui ambitionne à travers le site internet www.aidainvest.com être un “one click stop” pour les investissements en Afrique. Déléguée de la promotion 2022 de THE OKWELIANS Fellows for Young Cameroonian Leader, elle a été membre du Conseil National de la Jeunesse du Cameroun (CNJC) pour le département du Wouri. Au plan culturel, elle a été l’Ambassadrice du tourisme de la République Démocratique du Congo (RDC) et Miss Cameroun Première dauphine 2014 et Miss West Africa International 2014/2015. https://www.linkedin.com/in/ngass%C3%A8-epee-1abb4369/


[1] Commission de l’Union africaine, Document- Cadre Agenda 2063, « L’Afrique que nous voulons », 227 pages.

[2] Ibidem, p. 17.

[3] Stratégie Nationale de Développement  2020-2030, p. 42, 231 pages.

[4] Colin Clark, Les Conditions du progrès économique, 1947. Voir https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/secteurs-de-production-ou-secteurs-economiques-primaire-secondaire-tertiaire#:~:text=Le%20secteur%20 primaire%20 regroupait%20l,services%20 marchands%20 et%20 non%2 Marchands. (consulté le 27/07/2022).

[5] Moïse Williams Pokam Kamdem, (2013) <<l’industrialisation du Cameroun/ 50 ans d’une méthode des essais et des erreurs>> in A. Fomethe (dir), Cinquantenaire de l’indépendance et de la Réunification du Cameroun, Bilan, enjeux et perspectives. Actes du colloque de Dschang, 10-12 mai 2010, Dschang Presses Universitaires de Dschang, pp 304-333. https://www.academia.edu/11429713/Lindustrialisation_du_Cameroun_50_ans_dune_m%C3%A9thode_des_essais_et_erreurs (consulté le 27/07/2022).

[6] Programmes de campagne du Chef de l’Etat de la République du Cameroun de 2004 à 2018.

[7] S.A., « La hausse des prix des denrées alimentaires à l’échelle mondiale et celle des prix de l’énergie constituent actuellement une double menace d’inflation », Investir au Cameroun, https://www.investiraucameroun.com/economie/2305-17939-inflation-le-cameroun-s-achemine-vers-un-depassement-du-seuil-communautaire-de-3-en-2022-ins (consulté le 27/07/2022).

[8] Florence Epée, L’Agence de Promotion des investissements du Cameroun, Mémoire de Master 2 Droit International Public,  sous la direction du Professeur agrégé James Mouangue Kobila, Université de Douala, Faculté des Sciences Juridiques et Politiques, Octobre 2019. P.6,  271 pages.

[9] Ludovic Amara, «Hausse des prix : l’INS préconise des « mesures additionnelles » de soutien aux entreprises et aux ménages» paru le 23/05/2022,

https://www.stopblablacam.com/economie/2305-8812-hausse-des-prix-l-ins-preconise-des-mesures-additionnelles-de-soutien-aux-entreprises-et-aux-menages (consulté le 27/07/2022).

[10] St-Pierre, J., Foleu, L., Abdulnour, G. et Nomo, S. (2015, avril). « Les freins au développement des PME camerounaises : qu’en pensent les entrepreneurs? », 6th Africa Business and Entrepreneurship Conference, New York, 15 avril. 25 pages.  https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01703201/document (consulté le 27/07/2022).

[11] Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, pp. 37-38.

[12] Règlement n°17/99/CEMAC-20-CM-03 du 17 décembre 1999 portant Charte des investissements en zone CEMAC. http://droit-afrique.com/upload/doc/cemac/CEMAC-Reglement-1999-17-charte-investissements.pdf (consulté le 27/07/2022).

[13] Assemblée Générale des Nations Unies, résolution A/RES/70/1 adoptée le 25 septembre 2015. “Objectif 9. Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation”.

[14] Traité de Port-Louis du 17 octobre 1993, révisé le 17 octobre 2008 au Québec. Le Traité relatif à l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique a été ratifié par le Cameroun le 20/10/1995 et les instruments d’adhésion à l’OHADA ont été déposés le 04/10/1996 auprès du Sénégal, pays dépositaire du Traité. https://www.ohada.com/etats-membres/cameroun.html (consulté le 27/07/2022).

[15] Voir Décret N°2019/586 du 31 Octobre 2019, portant ratification par le Cameroun de l’Accord portant création de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF).  Pour l’Accord voir,

https://au.int/sites/default/files/treaties/36437-treaty-consolidted_text_on_cfta_-_fr.pdf (consulté le 27/07/2022).

[16] Loi n°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, modifiée et complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008.

[17] Loi n° 2002-004 du 19 avril 2002 portant Charte des investissements au Cameroun modifiée par la Loi n° 2004-20 du 22 juillet 2004 et par l’Ordonnance n° 2009-001 du 13 mai 2009.

[18] S.A., «Vers un « rapprochement stratégique » entre la Sodecoton et la Cicam pour transformer 50% du textile camerounais en 2030», Investir au Cameroun, paru le 03/11/2020,

https://www.investiraucameroun.com/industrie/0311-15495-vers-un-rapprochement-strategique-entre-la-sodecoton-et-la-cicam-pour-transformer-50-du-textile-camerounais-en-2030 (consulté le 27/07/2022).

Pour ce qui est de l’encouragement de joint-ventures, le Cameroun a également créé le 8 mai 2013, le Groupement d’intérêt économique dénommé la Bourse de Sous-Traitance et de Partenariat du Cameroun (BSTP) à l’effet de mettre en relation les (PME/PMI) avec les donneurs d’ordre des grandes entreprises nationales et internationales. Elle est également un Centre d’information et de développement des métiers de la sous-traitance. Voir Catalogue Bourse de Sous-Traitance et de Partenariat du Cameroun, Cf. S.A, « En 8 ans, la Bourse de sous-traitance et de partenariat du Cameroun a généré 242 contrats estimés à 41 milliards FCFA», Investir au Cameroun, paru le 05/11/2020, https://www.investiraucameroun.com/entreprises/0511-15516-en-8-ans-la-bourse-de-sous-traitance-et-de-partenariat-du-cameroun-a-genere-242-contrats-estimes-a-41-milliards-fcfa (consulté le 17/08/2022).

[19] La Loi n° 2017/015 du 12 juillet 2017 fixant les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun.

[20] Ordonnance n° 90/001 du 29 Janvier 1990 créant le Régime de la Zone Franche au Cameroun.

[21] Véronique Elong, La compétitivité des entreprises manufacturières camerounaises à l’exportation au Nigeria et dans la CEEAC, Mémoire Master professionnel Marketing International, Université de Yaoundé II,  IRIC, 2018. p. 88. https://www.academia.edu/40876988/LA_COMPETITIVITE_DES_ENTREPRISES_MANUFACTURIERES_CAMEROUNAISES_A_LEXPORTATION_AU_NIGERIA_ET_DANS_LA_CEEAC?email_work_card=abstract-read-mor  (consulté le 27/07/2022).

[22] Evaluation indépendante Cameroun, Programme Intégré d’Appui au Developpement Industriel, ONUDI, Vienne 2010, https://www.unido.org/sites/default/files/2010-02/e-book_IP-Cameroon_0.PDF (consulté le 27/07/2022). Le Cameroun a ratifié l’Acte constitutif de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel le 18/08/1981.

[23] Sylvain Andzongo, «Le Pnud met en place des financements pour les PME de l’agro-industrie impactées par la Covid-19 au Cameroun», Investir au Cameroun, paru le 03/05/2021, https://www.investiraucameroun.com/economie/0305-16325-le-pnud-met-en-place-des-financements-pour-les-pme-de-l-agro-industrie-impactees-par-la-covid-19-au-cameroun (consulté le 27/07/2022). Le bureau du PNUD au Cameroun est ouvert en 1972.

[24] Le Cameroun est membre de l’OMC depuis le 13 décembre 1995 et membre du General Agreement on Tariffs and Trade (GATT) depuis le 3 mai 1963.

[25]  Le Cameroun est membre signataire de l’Accord de Bangui relatif à la création de l’OAPI conclu à BANGUI le 02 mars 1977 et révisé par, acte du 14 décembre 2015 à Bamako. Le siège de cette institution est à Yaoundé.

[26] Brice R. Mbodiam, «Cameroun : la coopération allemande veut mettre en place un incubateur pour les entreprises de la filière coton-textile», Agence ecofin, paru le 27/05/2021,

https://www.agenceecofin.com/agro-industrie/2705-88578-cameroun-la-cooperation-allemande-veut-mettre-en-place-un-incubateur-pour-les-entreprises-de-la-filiere-coton-textile (consulté le 27/07/2022).

[27] Véronique Elong, La compétitivité des entreprises manufacturières camerounaises à l’exportation au Nigeria et dans la CEEAC, Supra note 21 , p. 87.

[28] Voir Décret n° 2005/310 du 1er septembre 2005. Abrogé par le Décret n° 2019/074 du 18 avril 2019 portant réorganisation et fonctionnement de l’API.

[29] Voir site internet de l’Agence de Promotion des Investissements, www.investincameroon.net, https://www.investincameroon.net/conventions/ (consulté le 16/08/2022).

Voir également, Amina Malloum, «Incitation à l’investissement : l’API signe 10 conventions avec le secteur privé», Ecomatin, paru le 02/06/2022. “Depuis 2014,  date de la mise en œuvre effective des dispositions de la loi du 18 avril 2013, 279 conventions ont  déjà été signées entre l’Etat et le secteur privé pour un volume global d’investissements prévisionnels de 5 100 milliards de FCFA et une estimation de 102 500 emplois directs générés.” https://ecomatin.net/incitations-a-linvestissement-lapi-signe-10-conventions-avec-le-secteur-prive/ (consulté le 16/08/2022).

[30] Aïsha Moyouzame, «Cameroun : des entrepreneurs reçoivent une subvention du gouvernement», Agence ecofin, paru le 25/08/2020, https://www.agenceecofin.com/entreprendre/2508-79482-cameroun-des-entrepreneurs-recoivent-une-subvention-du-gouvernement (consulté le 27/07/2022).

[31] 9e session du « Cameroon Business Forum » (CBF), le lundi 12 mars 2018 à l’hôtel Sawa à Douala, sur le thème : « Financement des petites et moyennes entreprises et développement du tissu industriel camerounais».  https://actucameroun.com/2018/03/12/cameroon-business-forum-premier-ministre-preside-9e-edition-jour-a-douala/ (consulté le 27/07/2022).

[32]Ce concept d’Industradition développé par le Pr. Charles Binam Bikoï consiste notamment en la construction des chaînes de valeurs de quatre groupes de produits et techniques issus des traditions ancestrales qui font actuellement l’objet d’une exploitation artisanale de plus en plus proto-manufacturière, et parmi lesquels on compte l’agroalimentaire. Concrètement, cela implique trois actions pour notre pays, dans ses rapports de coopération avec l’extérieur, notamment, réorienter la coopération économique  par la priorité à la co-production entre entreprises camerounaises et étrangères au Cameroun; investir dans les chaînes de valeur de l’Industradition, en l’espèce ici l’agroalimentaire, l’agro-phyto-pharmaceutiques, l’agro-cosmétiques, le textile-cuir confection, etc. qui recèlent les meilleures niches de productivité et de compétitivité potentielles notamment en ciblant des produits pilotes via des études d’inventaires et de cartographie des niches, praticiens et entreprises indus traditionnels. Le troisième axe concerne la systématisation des cofinancements en monnaie locale et en devises notamment à travers une plateforme de co-investissement pour les infrastructures, impliquant ainsi le secteur financier local dans le financement des projets aux côtés des investisseurs étrangers ; ceci afin d’éviter l’effet d’éviction que créent les financements à moyen et long termes en devise ainsi que la non-optimisation de l’épargne locale.”

Voir Madame Gabrielle Andela KELLE, “Gabrielle Andela Kelle : The Okwelians réitère son plaidoyer en faveur de la transformation économique du Cameroun et l’Afrique en proposant des pistes de coopération gagnant-gagnant”, Interview réalisée par THE OKWELIANS, Economie du Cameroun,  https://economieducameroun.com/gabrielle-andela-kelle-the-okwelians-reitere-son-plaidoyer-en-faveur-de-la-transformation-economique-du-cameroun-et-lafrique-en-proposant-des-pistes-de-cooperation-gagnant-gagnan/ (consulté le 17/08/2022).

[33] L’auteur relève que “(…)les stratégies d’industrialisation venues d’ailleurs ont déjà été proposées au Cameroun (…) dès que la solution s’avère inopérante voire dangereuse pour l’économie de l’Etat une autre est proposée (…)”. Il ajoute en mentionnant les industries créées au lendemain des indépendances à l’exemple de la Cellulose du Cameroun (CELLUCAM) créée en 1976 et dont la dissolution a été entamée en 1986. Voir supra note 5 pp.5-10.

[34] Voir Discours du président du Groupement Interpatronal du Cameroun (GICAM) et de la coordination patronale du Cameroun, M. Célestin TAWAMBA portant présentation du Thème général intitulé « émergence et développement de l’investissement privé au Cameroun » lors du Cameroon Business Forum tenu le 18 mars 2019. Il énonce notamment “la fiscalité […] handicapante pour les acteurs économiques [qui] reste un obstacle au développement des affaires au regard de son caractère confiscatoire [malgré le fait qu’] une meilleure écoute [du gouvernement à ce sujet est opérée] depuis 1 an”. Voir également, Véronique Elong, La compétitivité des entreprises manufacturières camerounaises à l’exportation au Nigeria et dans la CEEAC, Supra note 21 , pp. 91-95.

[35] S.E. Paul Biya, Président de la République du Cameroun, Discours d’ouverture de la conférence économique internationale de Yaoundé, 17/05/2016, https://www.prc.cm/fr/actualites/discours/1776-conference-economique-internationale-de-yaounde-discours-d-ouverture-de-s-e-paul-biya (consulté le 27/07/2022).

[36] Le statut industriel est un terme pour désigner le nombre des industries qui s’avère relativement bas en comparaison avec le potentiel élevé au Cameroun.  Voir pour cet élément, l’annuaire des entreprises industrielles du Cameroun publié par www.africannuaire.com, société SPHM Editions, https://africannuaire.com/annuaire-cameroun/industries/ (consulté le 27/07/2022

[37] Investir au Cameroun, «Budget 2022 : la liste des projets à mettre en œuvre dans les 10 régions du Cameroun (à télécharger)», paru le 01/03/2022, source Alamine Ousmane Mey, Ministère de l’économie de la planification et de l’aménagement du territoire,

https://www.investiraucameroun.com/economie/0103-17579-budget-2022-la-liste-des-projets-a-mettre-en-uvre-dans-les-10-regions-du-cameroun-a-telecharger (consulté le 27/07/2022).

[38] Voir Supra note 9, https://www.stopblablacam.com/economie/2305-8812-hausse-des-prix-l-ins-preconise-des-mesures-additionnelles-de-soutien-aux-entreprises-et-aux-menages (consulté le 27/07/2022).

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