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LA PRODUCTION PISCICOLE AU CAMEROUN : DÉTERMINANT MAJEUR DE L’ÉMERGENCE DE LA RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS (RAM)

INTRODUCTION

L’utilisation des antimicrobiens (AM) en médecine vétérinaire est un outil essentiel pour la protection de la santé animale et de façon indirecte la santé humaine. Cet outil permet de sécuriser un niveau sanitaire optimal tout en assurant une qualité de production animale avec un faible coût de production pour la consommation humaine. Cependant, on peut noter quelques risques potentiels liés à la présence des résidus dans les denrées alimentaires d’origine animale qui sont de plusieurs ordres : risques cancérigènes (Nitrofuranes, formel), risques allergiques (Pénicillines, Streptomycine), risques toxiques (Chloramphénicol), modification de la flore intestinale (Tétracyclines), sélection de bactéries résistantes aux antibiotiques. Cette utilisation est aujourd’hui remise en cause, car elle est susceptible de favoriser l’apparition d’antibiorésistances chez l’homme. Le Codex Alimentarius définit la résistance aux antimicrobiens (RAM) comme la « capacité pour un micro-organisme de se multiplier ou de résister en présence de niveaux croissants d’un agent antimicrobien, relativement à l’homologue vulnérable de la même espèce »[1]. Les antimicrobiens constituent une menace pour la vie et le développement des hommes, des animaux et de leur écosystème.

Au Cameroun, l’agriculture, l’élevage et la pêche occupent plus de 70% de la population active et représentent 30% du PIB[2]. Le poisson représente 40% et 9,5% de l’apport protéique d’origine animale et des besoins totaux de la population, respectivement[3]. En l’absence d’un système de collecte des données statistiques, la production nationale annuelle est estimée à 50 tonnes et évaluée à 330 tonnes grâce à la présence des Agents de Vulgarisation de Zone (AVZ) qui assurent un minimum d’encadrement auprès des pisciculteurs[4]. Aussi, la pisciculture devient une opportunité financière pour des jeunes en quête d’emploi, alors que 57 % des jeunes diplômés sont au chômage[5]. Néanmoins la connaissance et les données sur la pratique de la pisciculture restent problématiques. Il existe très peu de données sur la présence des résidus d’AM dans les aliments utilisés en pisciculture et dans les produits dérivés issus de ce type d’élevage au Cameroun.

I- LA PRATIQUE DE L’AQUACULTURE AU CAMEROUN

1- Histoire de l’aquaculture au Cameroun

Au Cameroun, l’aquaculture a été introduite sous la forme de pisciculture en 1948 et est pratiquée uniquement en étangs et en eau douce[6]. L’ichtyologie qui est une branche de la zoologie qui a pour objet l’étude scientifique des poissons. L’ichtyologie révèle que la Silure ou poisson-chat, le Tilapia du Nil, la Carpe commune et le Kanga seraient les poissons les plus rencontrés dans la pisciculture.

2- Le système de production piscicole au Cameroun

Dans le système de production piscicole au Cameroun, il existe deux types de production : la pisciculture intensive et la pisciculture extensive.

La pisciculture intensive se pratique dans des espaces entièrement ou partiellement clos (bassins en terre, béton ou en plastique, nasses ou cages géantes flottantes, etc.) en eau douce ou en pleine mer suivant les espèces. Ce type est couramment utilisé pour les fermes piscicoles commerciales.

La pisciculture extensive est en général pratiquée dans les étangs-barrages. Les piscicultures se déroulent en l’absence de fertilisants et d’intrants alimentaires. C’est souvent le cas des mares qui sont simplement empoisonnées. Il s’agit ici d’un élevage à faible niveau d’investissement.

a- Pisciculture dans les rives d’un cours d’eau (Littoral)
b- Pisciculture dans les étangs piscicoles dans la région du Centre (Région de l’Est du Cameroun)

Figure 1 : La pisciculture extensive au Cameroun[7] 

3- Les groupes d’aliments pour la nutrition des poissons 

Au Cameroun, on retrouve trois groupes d’aliments pour la nutrition des poissons : (i) les aliments naturels qui sont présents naturellement dans l’étang (détritus, bactéries, plancton, vers, insectes, mollusques, plantes aquatiques et poissons) ; (ii) les aliments de complément qui sont distribués de façon régulière aux poissons de l’étang (végétaux terrestres, déchets de cuisine ou sous-produits agricoles) ; (iii) et enfin les aliments complets sont distribués de façon régulière mais se composent d’un mélange d’ingrédients soigneusement choisis, destinés à fournir tous les éléments nutritifs nécessaires à une bonne croissance des poissons mais généralement très coûteux (les granulés localement fabriqués). On retrouve ce type d’aliments beaucoup plus dans le système intensif avec les bacs hors sol.

Figure 2 : les granulés fabriqués localement[8].

4- Les grandes zones agro-écologiques ayant un climat favorable au développement de la pisciculture.

Les principales régions de production aquacole se trouvent essentiellement dans les régions de l’Adamaoua, du Centre, de l’Est, du Littoral, de l’Ouest et du Nord-ouest. Cependant, sans un système fiable de collecte de données statistiques sur la pisciculture, il n’est pas possible d’estimer la production de poisson par région[9]. Le poisson représente une source importante de protéines pour une grande partie de la population, qui constitue une source économique clé pour le développement du Cameroun. Une véritable ressource locale que la viande ne peut remplacer à cause de sa non-disponibilité ou de son prix de vente élevé.

5- Les facteurs socioéconomiques de la pisciculture

La pisciculture représente une opportunité économique pour de nombreux acteurs qui voudraient se lancer dans l’entrepreneuriat. En 2015, le rapport de l’Institut National des Statistiques sur les besoins en production piscicole annonce un déficit de production nationale piscicole de 250 000 tonnes[10] ; la demande étant estimée à 400 000 tonnes par an. Le coût de l’importation des poissons surgelés est estimé à 100 milliards de FCFA/an avec une perte annuelle de 20 milliards/an due à la pêche illégale dans les eaux du pays par des étrangers[11]. À l’heure actuelle, la pénurie de poisson sur les marchés touche de plus en plus les ménages à cause de la flambée des prix sur les marchés.

Dans la pratique courante, la pisciculture est faite dans des structures familiales, au bord des lacs, des fleuves et océans. Mais depuis quelques années, la pisciculture en hors sol est effectuée majoritairement par des jeunes entrepreneurs. Une étude menée dans la région de l’Est Cameroun a révélé que 88 % pisciculteurs enquêtés se sont formés sur le tas sans recevoir une formation professionnelle. Ces formations ont porté généralement sur les techniques d’élevage et les visites de fermes piscicoles au Cameroun. Environ 22 % des pisciculteurs ont une expérience professionnelle de 15 ans contre 8,5 % qui ont une expérience professionnelle d’une moyenne de 25 ans. Ces chiffres démontrent à suffisance le danger que représente à l’heure actuelle la production piscicole en absence des connaissances en biosécurité et bio-sûreté. Parmi les difficultés majeures que rencontrent les producteurs piscicoles, on peut citer : les difficultés financières, l’approvisionnement en alevins et en aliments, l’insuffisance en connaissance et aptitudes pratiques sur les techniques d’élevage et la gestion des sites piscicoles[12].

6- Les problèmes liés à la pratique de la pisciculture au Cameroun 

Dans tous les types de production, les poissons restent exposés aux maladies peu importe le type d’aliments utilisés. En général, on retrouve les maladies virales (viroses), les maladies bactériennes (bactérioses) et les maladies parasitaires (parasitoses) comme chez les Humains. En plus des maladies, ils subissent des agressions de toutes sortes.

Au Cameroun, les maladies rencontrées chez les poissons ne sont pas encore connues, dans la littérature, les données restent rares. Cependant, plusieurs antimicrobiens sont employés pour sécuriser un niveau sanitaire optimal et assurer la qualité de la production animale et ses dérivés destinés à la consommation humaine tout en réduisant les coûts de production. L’utilisation non contrôlée des antimicrobiens peut occasionner des problèmes de résistance aux antimicrobiens. Cette situation nécessite une attention particulière des chercheurs, des universitaires et des spécialistes du domaine de l’aquaculture et de la santé publique.

II- CADRE RÉGLEMENTAIRE DE L’UTILISATION DES ANTIMICROBIENS EN AQUACULTURE AU CAMEROUN

Nous étudierons d’abord la création de fermes piscicoles avant d’envisager la réglementation sur l’utilisation des antimicrobiens en aquaculture au Cameroun.

  1. Création de fermes piscicoles au Cameroun

Au Cameroun, la pratique de l’aquaculture est soumise à des autorisations pour la création de fermes piscicoles et pour l’importation et l’introduction d’espèces aquacoles vivantes ; une autorisation spéciale est requise pour l’exploitation de poissons ornementaux. Le Ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales (MINEPIA) est chargé de l’application de cette réglementation à travers ses services centraux et extérieurs. Cependant, la plupart des pisciculteurs ne disposent pas d’autorisation. Le manque de connaissance sur les procédures et les difficultés financières pour se mettre en conformité avec un cadre réglementaire pourraient être les principales causes. Dans le cadre de la prévention, le gouvernement a mis sur pied un Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole (PNVRA). Ce programme réunit tous les vulgarisateurs du MINEPIA et du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER) avec la collaboration de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) pour assurer une meilleure coordination et programmation des enseignements à dispenser auprès des paysans dans le monde rural.

2- Réglementation sur l’utilisation des antimicrobiens en aquaculture

Sur le plan international, la législation est un outil essentiel pour contrôler l’utilisation des antimicrobiens (UAM) et prévenir la RAM. La Commission du Codex Alimentarius définit une limite maximale de résidus de médicaments vétérinaires (LMRMV) pour la sécurité sanitaire des aliments. Les LMRMV sont définies comme la concentration maximale de résidu résultant de l’emploi d’un médicament vétérinaire (exprimé en mg/kg ou en μg/kg sur la base du poids frais). Dans l’Union européenne, la réglementation en matière de résidus est organisée par le règlement (CEE nº 2377/90 du Conseil du 26 Juin 1990) qui fixe les LMRMV appliquées dans les pays de l’Union européenne. Le taux de prévalence des résidus d’AM dans les aliments d’origine animale est estimé à 1 % en Europe contre 94 % dans certains pays d’Afrique[13].

 Au Cameroun, il n’existe pas de réglementation de contrôle des résidus d’AM, ce qui crée des manquements dans la réglementation de la biosécurité et la bio-sûreté et une pénurie de données sur le contrôle des résidus d’AM dans des produits issus de l’aquaculture. On note également d’énormes lacunes existant dans l’organisation du marché des médicaments à savoir : l’absence de législation spécifique adaptée au nouveau contexte de libéralisation de la pharmacie vétérinaire, l’absence d’application de la réglementation en vigueur, l’absence d’inspection, de procédures d’AM et d’enregistrement des médicaments vétérinaires et l’existence de circuits parallèles au circuit officiel de vente de médicaments vétérinaires[14]. Il faut s’interroger sur la vente illicite des médicaments dans les rues et de leur qualité et certaines pratiques qui consistent à administrer aux animaux des médicaments destinés à une autre espèce à cause de l’absence de l’application des textes et l’insuffisance de la législation.  Pourtant l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE) à travers les Codes sanitaires pour les animaux terrestres et pour les animaux aquatiques proscrit des normes relatives à l’usage responsable et prudent des antimicrobiens et des alicaments. L’OIE recommande que les antimicrobiens soient prescrits par un vétérinaire ou toute autre personne dûment formée et que des systèmes de distribution agréés ou autorisés soient mis en place. Il est également recommandé que les producteurs d’animaux destinés à la consommation humaine respectent l’ordonnance vétérinaire et les directives du médicament.

Cependant, ses différents manquements pourraient être à l’origine de l’émergence des bactéries multi-résistantes à potentiel zoonotiques circulant chez l’homme, l’animal et dans leur environnement déclarés dans plusieurs études scientifiques. Et également de la présence des résidus d’AM dans les denrées d’origine animale.

CONCLUSION

La mise en place d’une unité de production piscicole doit respecter les procédures administratives édictées par le gouvernement et les organisations internationales telles que : l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; et doit respecter les normes de biosécurité pour préserver la santé humaine et animale ainsi que notre environnement. La résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue une problématique mondiale de santé publique et animale qui préoccupe les scientifiques et les responsables politiques. Il serait nécessaire de disposer des méthodes permettant de lutter contre l’émergence ou la dissémination de microorganismes résistants résultant de l’utilisation d’agents antimicrobiens chez les animaux et de limiter les antibiorésistances par un usage maîtrisé de ces agents. Le suivi des quantités d’agents antimicrobiens utilisés chez les animaux servant à la production de denrées alimentaires et la détermination des profils d’utilisation doit être régi par une législation. La pratique de la pisciculture doit être autorisée à des professionnels du domaine et avec des obligations de disposer d’un vétérinaire. Les chercheurs doivent s’intéresser davantage aux maladies des poissons qui sont cultivés au Cameroun. Il faut également approfondir les recherches sur le contrôle des résidus d’AM dans l’environnement de l’élevage et des produits issus de l’aquaculture pour minimiser les risques sanitaires et garantir la santé humaine. 

BIOGRAPHIE :

DJIM-ADJIM-NGANA Karyom est âgé de 30 ans, originaire de la Région du Nord-cameroun. Passionné par la médecine, il va déposer ses bagages après l’obtention de son baccalauréat scientifique à la prestigieuse Université de Ngaoundéré en 2013, au Département des sciences biomédicales. Il sortira de cette école en 2019 avec un Master en Biologie Clinique. Il reviendra en 2021 pour faire un second Master en santé publique à l’École des Sciences et de Médecine Vétérinaire qu’il soutiendra en octobre 2022. Il travaille actuellement comme chercheur au Centre de Recherches en Santé et sur les Pathologies Prioritaires à l’Institut de Recherches Médicales et d’Etudes des Plantes Médicinales sous tutelle du Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (depuis juillet 2021). Spécialiste en Microbiologie Médicale et Santé Publique, ses travaux de recherche sont axés sur les problématiques liés à la résistance aux antimicrobiens. Il est auteur de plusieurs articles scientifiques. Auparavant, il a travaillé comme Superviseur de Terrain au sein de l’ONG M.A. SANTE (Meilleur accès aux soins de santé) dans plusieurs projets dans le domaine de la santé (2020-2021). Jeune acteur de la société civile, il va fonder en 2020, une organisation dénommée « Organisme pour la Santé et l’Action Sociale » (OSAS), qui fait dans la promotion de la santé, l’éducation et le développement durable avec plusieurs projets réalisés dans le Nord Cameroun. Depuis octobre 2020, il y officie en tant que Président. Il est très impliqué dans la lutte pour l’implémentation de la couverture Santé Universelle au Cameroun, pour un accès aux soins de santé équitable et  pour un développement durable.

https://www.researchgate.net/profile/Karyom-Djim-Adjim-Ngana https://www.linkedin.com/in/karyom-djim-adjim-ngana-1a266312a?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_profile_view_base_contact_details%3B%2FQqlaWqBQKGsy5aBm3sY6A%3D%3D


[1] Commission du Codex Alimentarius. 2011. Définitions, Guidelines for Risk Analysis of Foodborne Antimicrobial Resistance, CAC/GL 77- 2011. Rome. 29 pp.

[2] http://ccere-cameroun.com/lagriculture-lelevage-et-la-peche-au-cameroun/  

[3] J. A. Atangana Kenfack, P. Tchawa & J.-C. Micha, « La pisciculture au Cameroun : une démarche individuelle ! Cas de la commune de Bertoua 1 dans la région Est du Cameroun », Tropicultura [En ligne], Volume 37 (2019), Numéro 3, URL : https://popups.uliege.be/2295-8010/index.php?id=1379.

[4] FAO 2022. Cameroun. Text by Kouam, J.. Fisheries and Aquaculture Division [online]. Rome. [Cited Thursday, August 18th 2022]. Available from :  https://www.fao.org/fishery/en/countrysector/cm/fr?lang=fr

[5] Le Directeur de la coopération au Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Ngu Comfort, dans son discours d’ouverture a déclaré que le taux de chômage des jeunes au Cameroun est de l’ordre de 57%, alors que chaque année, plus de 300 000 jeunes obtiennent leur diplôme sans avoir acquis les compétences professionnelles nécessaires pour répondre aux exigences du marché du travail.: Available from :  https://www.legicam.cm/index.php/p/developpement-des-competences-pour-ameliorer-l-employabilite-des-jeunes-au-cameroun . Date de publication : 08/10/2021, 14 :00

[6] “Historique du développement de la pisciculture au Cameroun.” Satia, N.B.P. 1991

[7] J. A. Atangana Kenfack et al. La pisciculture au Cameroun : bilan et perspectives. Int. J. Biol. Chem. Sci. 13(2) : 1140-1161, 2019.

[8] DEVELOP GROUP. Comment choisir un système pour sa pisciculture au Cameroun ? Accessed: 2022-10-18. Available from : https://www.develop-group.net/2020/04/19/comment-choisir-un-systeme-pour-sa-pisciculture-au-cameroun/

[9] FAO 2022. Cameroun. Texte de Kouam, J.. Division des pêches et de l’aquaculture [en ligne]. Rome. [Cité Tuesday, October 18th 2022]. https://www.fao.org/fishery/fr/countrysector/cm/fr

[10] M. MAIMOUNE et al. Pourquoi la pisciculture tarde à se développer dans la ville de Bertoua

(Est-Cameroun)? Int. J. Biol. Chem. Sci. 15(6): 2568-2580, 2021

[11] http://ccere-cameroun.com/lagriculture-lelevage-et-la-peche-au-cameroun/

[12] J. A. Atangana Kenfack et al. La pisciculture au Cameroun : bilan et perspectives. Int. J. Biol. Chem. Sci. 13(2): 1140-1161, 2019.

[13]https://www.researchgate.net/profile/Guy_Mensah/publication/274257121_Antimicrobial_residues_in_foods_of_animal_origin_in_Africa_Public_health_risks/links/566d596b08ae1a797e4023f2/Antimicrobial-residues-in-foods-of-animal-origin-in-Africa-Public-health-risks.pdf

[14] Messomo Ndjana F. (2006). – Étude de la distribution et de la qualité des médicaments vétérinaires au Cameroun. Thèse de doctorat de l’École inter-États des sciences et médecine vétérinaires de Dakar (EISMV), Sénégal, 114 pp.

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The Rebuntu House

RÔLE DES BANQUES ET TONTINES DANS LA STIMULATION DE L’ECONOMIE CAMEROUNAISE 

Par Bienvenue Amani-Guessing, Okwelians Fellow 2022

Source : EcoMatin, Tontines, mutuelles, ONG

            Toutes les 22 banques installées au Cameroun[1], à travers la BEAC ont un rôle principal qui est celui de la stabilisation de la politique monétaire. Au moment où le Cameroun traverse de multitudes crises (Sécuritaires, économiques et sanitaires etc…) qui fragilisent sa stabilité, il est nécessaire de repenser à une relance de son économie. La relance économique renvoie à un ensemble de mesures politique, économique visant à stimuler l’économie d’un pays lors d’une période de creux[2]. Cette stimulation consistera à prendre soit des mesures de relance budgétaire d’une part et/ou des mesures de relance monétaire.

            Dans le cadre général de la stabilisation de la politique monétaire, la politique de relance budgétaire n’est plus vue comme un instrument de stabilisation de l’ensemble de l’économie d’un Etat, du fait des doutes quant à la capacité à régler des mesures budgétaires de façon à atteindre le degré de stabilisation souhaité et en raison des préoccupations relatives aux déficits budgétaires. Au fil des années, l’objectif de stimulation et ou de stabilisation de l’économie tend à être calqué sur la politique monétaire. En Afrique, les tontines représentent également un mécanisme financier informel permettant également de financer les activités économiques.

            La présente note est construite, pour mettre en exergue le rôle des banques dans la stabilisation de l’économie camerounaise, en particulier à travers les instruments de la politique monétaire d’une part. Elle vise aussi à montrer le rôle des tontines comme outils de relance économique d’autre part.

  1. MECANISMES DE LA POLITIQUE MONETAIRE

            En fonction du comportement des agents économiques, les banques mettent sur pied divers mécanismes pour venir à bout de la hausse généralisée des prix. Pour le cas actuel du Cameroun, l’application de la politique monétaire par le biais des canaux de taux d’intérêt, du taux de change et du taux d’intérêt bancaire parait plus importante.

  1. Canal du taux d’intérêt

            C’est le principal mécanisme de transmission de la politique monétaire dans le modèle de base IS/LM[3]. Ce concept consiste pour les banques, en la réduction des taux d’intérêts réels pour accroitre la politique monétaire. Ceci entraîne également une augmentation des dépenses d’investissement et un accroissement de la demande globale et de la production.

            La mise en pratique de ce mécanisme par les banques installées au Cameroun permet de couvrir l’inflation[4] portée par la hausse des prix des denrées alimentaires (Pains, céréales, légumes, poissons, viandes…), des articles d’habillement, du logement, d’eau, et d’électricité.

            A l’origine Keynes[5] avait présenté ce modèle principalement par l’intermédiaire des dépenses des entreprises en matière de dépense d’investissement. Aujourd’hui, il s’applique bien aux investissements d’acquisition de bien de consommation durable des ménages et des investissements en logement.

            En effet, c’est le taux d’intérêt réel et non nominal qui influence sur les dépenses. Cette influence est un mécanisme de stimulation de l’économie par la politique monétaire, même si les taux d’intérêts nominaux atteignent un seuil nul de zéro.

            Illustration

         En date du 10/08/2020, M. Bouba effectue un emprunt bancaire pour ses  achats (produits alimentaires) au taux de remboursement de 5%, auprès de sa banque. Le 10/08/2021 au moment du remboursement, l’on constate une inflation de 2%.

            Monsieur Bouba ne supportera plus le payement d’intérêt au taux de 5%. Le nouvel taux sera calculé par la banque ainsi qu’il suit :

Intérêt réel =  intérêt nominal – Taux d’inflation

Soit : (5%-2%) = 3%.

            En tenant en compte l’inflation, le nouvel taux d’intérêt applicable à M. Bouba sera de 3%.

  • Canal du taux de change

            L’internationalisation de l’économie camerounaise nécessite la transmission de la politique monétaire à travers l’influence des taux de change sur les exportations nettes. Ce canal fait aussi intervenir  les effets du taux d’intérêt. Car la baisse des taux d’intérêt réels nationaux entraine inéluctablement la baisse des dépôts nationaux. Ce qui entraine une chute de la valeur des dépôts en FCFA par rapport aux dépôts en devises. Malgré que le FCFA soit adossé à l’Euro, nous pensons que la dépréciation de la monnaie nationale abaisse les prix des biens nationaux par rapport aux biens étrangers, ce qui se traduit par une augmentation des exportations et donc de la production globale.

            En effet, ce mécanisme s’explique principalement par la vente des produits issus du Bois, du Coton, du Cacao, du Ciment et autres ressources. En Chine, ce système encouragerait les PME à produire en grande masse afin de réduire les importations, et d’encourager de plus en plus les exportations des produits finis et non des matières premières. Cette production de masse va permettre en même temps de satisfaire la demande nationale. Notons que le mécanisme du taux de change est régit par la banque centrale et appliqué par les banques secondaires qui jouent un rôle d’intermédiation.

  • Canal du taux d’intérêt bancaire

            Les PME inondent le secteur des entreprises au Cameroun. N’ayant pas accès aux marchés de crédit, celles-ci sollicitent pour la plupart les banques, pour divers emprunts.

Ce canal agit de la façon suivante, une politique monétaire expansionniste, qui contribue à accroître les réserves et les dépôts bancaires, augmente la qualité des prêts bancaires disponibles. L’augmentation du volume des prêts conduit à une hausse des dépenses d’investissement et de consommation.

            La politique monétaire aura une incidence plus forte sur les dépenses des petites entreprises, qui dépendent d’avantages des prêts bancaires, que sur les grandes entreprises qui ont directement accès aux marchés de capitaux, sans avoir à solliciter les banques.

            Nous interpellons donc les banques installées au Cameroun à ouvrir leur porte aux jeunes entrepreneurs camerounais, pour leur besoin de financement. La banque UBA est un exemple à travers son programme  Tony Elumelu Foundation[6] (TEF) organisé chaque année pour le financement de projets des jeunes entrepreneurs africains. De même, au Cameroun,  Afriland First Bank a récemment signé une convention avec la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA) pour l’accompagnement des PMEs[7].

            Les canaux de transmission de la politique monétaire développés ci haut sont généralement décidés par la banque centrale. De ce fait, leur mise en application par les banques secondaires parait de plus en plus difficile et a très peu d’impact sur la couche de la population défavorisée.

Source : Le Magazine du Manager, Les banques et établissement de crédit
  1. MECANISME TRADITIONNEL : LES TONTINES

            Le système financier bancaire n’étant pas accessible à tout le monde, certaines entreprises et groupes de personnes dans plusieurs pays africains et camerounais en particulier, ne cessent de dépendre des circuits financiers informels. Les tontines semblent connaitre dans ce sens, une popularité qui ne faiblit pas.

  1. Définition et types de tontines

            Selon Zygmunt Bouman (1997)[8] : « les tontines sont des associations regroupant des membres d’un clan, d’une famille, des voisins ou des particuliers, qui décident de mettre en commun des biens ou des services au bénéfice de tout un chacun, et cela à tour de rôle ». Selon lui, la tontine africaine remonte à 1952 au Nigéria. Aujourd’hui, il est pratiqué par la majorité de la population camerounaise.

            Selon Bekolo-Ebe, B. (1991)[9], il faut distinguer entre autres, trois types de tontines :

  • Les tontines mutuelles : elles reposent sur la solidarité entre membres qui se connaissent bien ;
  • Les tontines commerciales : ici, un tiers prend l’initiative de création d’un groupe et joue le rôle d’un banquier en prélevant à chaque contributeur une commission pour le service qu’il rend ;
  • Les tontines financières : c’est la forme la plus répandue au Cameroun et est pratiquée par les Bamilékés. Elle consiste à mettre aux enchères selon des modalités statutairement définies les dépôts des adhérents.

            Pour stimuler l’économie, le mécanisme de la tontine dégage plusieurs finalités.

Finalités de la tontine

            Pour Nzemen (1988)[10], le taux de participation des camerounais aux organisations tontinières est de 47%. Il indique que les associations tontinières ont vu le jour dans les sociétés traditionnelles et n’ont commencé à opérer dans les zones rurales que sous forme de « tontines de travail ».

            Les tontines ont premièrement pour rôle de renforcer les liens des adhérents, contrairement au système bancaire dans lequel le lien social est quasiment inexistant. Par exemple, lorsqu’un membre d’une tontine est malade, les autres se constituent pour lui rendre visite et l’assister financièrement, moralement et/ou matériellement. Même s’il peut quelques fois arriver qu’un membre n’honore pas ses engagements, il y existe une certaine sécurité des actifs, en raison de la sacralité du groupe.

            La tontine permet deuxièmement au groupe de mener des activités économiques, soit de créer une entreprise, soit de monter des projets ou d’acheter des vivres. Par exemple en cette période de crise, plusieurs constituent une tontine pour payer des dettes, s’acheter des morceaux de savons et des bouteilles d’huiles pour leurs familles. Chez les bamilékés par exemple,    l’argent des tontines est utilisé pour financer les études de leurs enfants et même pour exercer des grandes activités commerciales.

            La tontine au Cameroun, joue également un rôle financier dans la mesure où la participation de chaque membre est considérée comme une épargne pouvant être redistribuée à tour de rôle. Des négociations peuvent avoir lieu pour prendre le tour de tel ou tel autre membre.

Les tontines tendent à se pérenniser en véritables institutions sociales. Le système bancaire ne reflétant pas les éléments de la culture locale, il ne pouvait qu’être bâti sur la méfiance, le paraitre, l’entregent en lieu et place de la confiance, de la valeur intrinsèque, de la caution morale, toutes choses chères aux tontines[11].

SOURCE : EcoMatin, Tontines, Mutuelles, ONG

CONCLUSION

            Le mécanisme de stabilisation par la politique monétaire est existant et a une place prépondérante pour les grandes entreprises et pour la partie de la population qui a accès aux financements bancaires pour exercer des grands investissements. Pour parvenir à cette stabilisation monétaire globale au Cameroun, nous pensons que le système financier tontinier occupe également une place de taille, surtout pour la grande majorité des ménages n’ayant pas accès aux établissements bancaires.

            Le choix de ces mécanismes a été fait en fonction des situations inflationnistes que traverse notre pays le Cameroun, et des besoins d’investissements qu’expriment davantage les jeunes.

            De façon générale, c’est la circulation de la monnaie qui facilite les transactions, favorise l’investissement et accroît la consommation. C’est l’ensemble de ces trois éléments qui permettent de lutter contre l’inflation.

Biographie :

Bienvenue Amani-Guessing est Gestionnaire de Fonds Commerce junior à Afriland First Bank, Il intervient à titre bénévole comme gestionnaire de trésorerie à Garizim Foundation, une association de jeunes chrétiens qui ont à cœur d’apporter une assistance sociale aux jeunes défavorisés. Né le 08 Août 1997 à Gatouguel, un petit village du Nord-Cameroun, il est titulaire d’un Master en Sciences de Gestion option comptabilité-contrôle-audit obtenu à l’Université de Ngaoundéré. Passionné par le métier bancaire, son rêve dans le domaine social est d’impacter les jeunes en les inculquant des valeurs morales et citoyennes. Pour son pays, la lutte contre les détournements des biens publics est un défi à relever.

https://www.linkedin.com/in/amani-guessing-bienvenue-990741123

https://www.facebook.com/bienvenue.amani.3192


[1]« Banque au Cameroun » africannuaire, 2022, https://africannuaire.com/resultat/?infos=Banques&ville=Cameroun. Consulté le 15/08/2022.

[2] « Politique de relance. », Wikipedia, Wikipedia foundation, 11/08/2022, https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Politique de relance

[3] Marchés des biens et de service (IS) et le marché de la monnaie (LM)

[4] Hausse généralisé des prix

[5]  Frederic S., Mishkin. « Les canaux de transmission monétaire : leçons pour la pratique monétaire » bulletin de la banque de France, No. 27, mars 1996, pp. 91-105.

[6] « The Tony Elumelu Foundation. »,  https://www.tonyelumelufoundation.org/. Consulté 15/08/2022.

[7] « Financement islamique : Afriland First Bank obtient une ligne de crédit de 26,2 milliards de FCFA au profit des PME camerounaises.», Eco matin, 2022, https://ecomatin.net/financement-islamique-afriland-first-bank-obtient-une-ligne-de-credit-de-262-milliards-de-fcfa-au-profit-des-pme-camerounaises/ . Consulté le 15/08/2015.

[8] « Les tontines dans les pays en développement. », gdrc,  https://www.gdrc.org/icm/french/matthieu/section-2.html#:~:text=Cette%20definition%20est%20proche%20de,cela%20a%20tour%20de%20role%20%C2%BB.  Consulté le 15/08/2022.

[9] Bekolo-Ebe B. (1991) « Enquête sur les tontines dans les provinces du centre, du littoral, de l’ouest et du nord-ouest », notes de recherche n°91-22, UREF/AUPELF.

[10] Nzemen, M. (1988), théorie de la pratique des tontines au Cameroun, Yaoundé, SOPECAM, pages 23.

[11] Kemayou Roger Louis et al. (2011), Tontines et banques en contexte camerounais, revue de science de gestion page 163-170

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RECOVERING LOST YEARS OF LEARNING: IS THERE HOPE FOR THE RURAL CHILD IN THE CONFLICT AFFECTED REGIONS?

By Ensah Nadia Nchuo, Okwelians Fellow 2022

Government Bilingual Nursery and Primary School Muea, November 2016. Copyright: Arison Tamfu
Source:https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2018/12/19/cameroon-generation-unschooled-children-could-fuel-long-term-conflict  

On the 24th of October 2020, Cameroonians bowed their faces to the ground when news of an inhumane and merciless massacre of 7 innocent children in a school in Kumba surfaced on the internet. It was not the first time a school in the conflict affected regions of the country was being attacked, nor was it the first time a parent sent their child to school and never saw them return home. Once ranked as the world’s most peaceful country in 2012, Cameroon was this year pushed to the 142nd position according to the Global Peace Index.[1] This drop was greatly influenced by the Boko Haram expansion into the far North region in 2014 and the advent of the Anglophone crisis in the North West and South West regions in November 2016. Just like any other sector, education has highly been affected by the crisis. It has been at least 6 years of no school for some children in the North West and South West regions of Cameroon, and more for those in the Far North region, which happens to be the poorest region in the country.[2] According to the United Nations Children Fund, nearly 855,000 students have been deprived of their right to education since the beginning of the Anglophone crisis, and more than 4,000 schools burnt down.[3] Despite the unrest, urban areas are slowly gaining back stability and rehabilitation. Rural areas on the contrary are in a critical survival battle. The proceeding paragraphs seek to highlight the unfavorable conditions the rural child has to survive in, and how these constraints can be overcome to ensure better access to quality education.

I. Challenges facing the Rural Child in the Conflict Affected Regions

It has for a long time been a struggle for the rural child to meet up to global educational standards, worst still in times of conflict. Here, we are looking at children in extremely remote areas, who despite the absence of schools and hospitals, cannot relocate to more developed parts of the country. These children are compelled to survive in deplorable conditions; spending long days and nights with no electricity, no internet connection, no roads and no access to cable network. Right up to 2020, only 25% of people living in rural areas in Cameroon had access to electricity, as opposed to 94% for the urban population.[4] With the instability plaguing the affected regions of the country, teachers have evacuated the villages, schools have been abandoned, palaces and councils are being run from the outside.

School building in Eka, North West Region 2019.                     Source:https://www.bellingcat.com/news/africa/2021/07/16/how-schoolchildren-became-pawns-in-cameroons-anglophone-crisis/

In a one-on-one exchange with the chef du bureau of the Divisional Delegation of Basic Education in Menchum, Madam Anang Grace, she mentioned that national and international agencies have been providing humanitarian aid by giving teachers and schools didactic materials to facilitate learning in the division. This support often comes in through intermediaries like parliamentarians or inspectors. In other cases, the donor organizations ask the population to come out to the urban areas to benefit from these donations. The UN office for the Coordination of Humanitarian Affairs in their October 2021 36th situation report of the North West and South West, clearly states why it is hard for humanitarian aid to reach the rural people. It explains that humanitarian workers, just like the locals, suffer great danger when trying to access remote communities[5]. For most children in the Far North region, they owe their education to military men, who have gone beyond battlegrounds to classrooms, and taken up the role of teachers.[6]

The effects of war on education has made a mockery of our policies and past beliefs. In times like these when rural children need to be homeschooled, they need educated parents to do the job. But how many of their mothers can read and write? If we were to propose E-learning as an option, how many of them would have access to electricity? As little as 25%, with nearly a quarter lacking access to mobile phone network and ICT tools[7]. These were the same challenges our educational system was faced with during the outbreak of the Covid 19 pandemic. The effects were visible in 2020, with a 12.40% drop in the pass rate of the Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC), compared to 2019[8]. These statistics however do not cancel the past and present endeavors of policy makers to reshape the educational system but should serve as an incentive to do better. In this light, development actors should therefore restructure their policies to reflect inclusivity and adaptability. For the rural child, we must consider imploring the use of informal learning methods and spaces to overcome current challenges.

II. Exploiting Possible Adaptive Solutions to help close the Education Gap

As a proposed solution, learning grounds should be created in palaces, hospitals and churches. These are places which even in times of conflict, people still frequently visit. In order for this to work, local authorities need to regain control. Traditional rulers too have to put in efforts to rebuild trust and respect with their people. The government can facilitate this process by giving these chiefs power and autonomy to govern their people. In a workshop organized on April 26th 2022 in Yaoundé by an organization called Esperanza-Cade, under the theme “Traditional Chiefdoms, Peacebuilding and Endogenous Mechanisms for Conflict Prevention and Resolution”, the Lamido of Kolofata, Seini Boukar Lamine mentioned the importance of decentralization in conflict resolution. He said that the absence of immediate action comes from the process of having to contact the central government to resolve a problem which is rather close to you. If these chiefs can be empowered to govern their chiefdoms, and the confidence between them and their people is rebuilt, then a majority of them will be able to return to their palaces, contain the crisis and coordinate the implementation of these learning grounds. It is important to note that these spaces too can suffer attack in times of conflict, as was the case with the Mamfe District hospital on June 9, 2022[9]. For this reason, the government must take measures to ensure that these sites are well guarded and danger free. 

After these learning grounds have been created, the use of arts should be incorporated to facilitate learning, understanding and healing. To support this initiative, development actors have to provide these communities with art material and locally trained tutors who understand the culture and context of the people. Since these rural children have experienced violence and hardship, art education will be a powerful therapeutic method to encourage participation, creativity and growth[10].

Again, as an adaptive measure, the ministry of basic education alongside the ministry of scientific research and innovation must consider developing ICT tools that correspond to the environment of the rural child. These ministries should form a team of crisis intervention pedagogues who will design and record a new Recovery Curriculum for children in remote areas. These records will in tend be put into battery powered MP3 devices and distributed to the children in affected areas. The devices will have a recorder where children can orally respond to questions. The battery powered devices will be non-rechargeable and so, will not need electricity nor the internet to work. As such, these children will be able to continue learning even in the comfort of their homes. This same team will be in charge of running a monthly evaluation to assess the efficiency of the method.

To conclude, guided by the “leave no one behind approach,” we must utilize every available resource to close the gap that exists between children in urban areas and those in rural areas, a gap which has in recent times been widened by the ongoing crisis. In less than a month, it will be the start of another academic year in the country. We must therefore remember the children in villages like Furu-awa, kwa-Kwa, Zeleved, who are still trapped behind the globe. While we can propose and implement adaptive methods to regain lost years of learning, the best way to secure the future of the rural child in the three affected regions of the country is by bringing back peace and stability.

Biography

Ensah Nadia Nchuo is the Executive Director of Leap Girl Africa. She has a Bsc in Journalism and Mass Communication and a Masters degree in Local Governance, decentralization and Development, with over four years experience in drafting, implementing and coordinating projects on community mobilization, girls’ leadership, education and policy reform.

She is also a creative writer and co-author of a poetry anthology titled ‘Inside the Beyonds’. She is currently working with a group of young talented artists, who through passion and advocacy, hope to bring about social and developmental change in Africa.

To learn more about her, follow her on:

Linkedln@: Ensah Nadia

Twitter@: The silenttalker


[1] Institute   for Economics & Peace. Global Peace Index 2022: Measuring Peace in a Complex World, Sydney, June 2022. Available from: http://visionofhumanity.org/resources . Accessed 26 July 2022)

[2] International Crisis Group. (2017, October 25). Cameroon’s Far North: Reconstructing amid Ongoing Conflict. 2017, volume 133 https://www.crisisgroup.org/africa/central-africa/cameroon/b133-extreme-nord-du-cameroun-le-casse-tete-de-la-reconstruction-en-periode-de-conflit. Accessed 13 June 2022.

[3] “More than 855,000 children remain out of school in North-West and South-West Cameroon.” Press Centre UNICEF, 05 November 2019, https://www.unicef.org/press-releases/more-855000-children-remain-out-school-north-west-and-south-west-cameroon . Accessed 14 June 2022.

[4] World Bank (2020), World Development Indicators (database), Washington, DC, https://databank.worldbank.org/source/world-development-indicators . Accessed 14 June 2022.

[5] UN office for the Coordination of Humanitarian Affairs (2021) Cameroon: North-West and South-West Situation Report, 6 pages.

[6] Moki, Edwin. “Cameroon’s Military, Humanitarian Workers Teach Returning Children” VOA Africa,12 May 2018, pp 1

[7]  World Bank (2020), World Development Indicators (database), Washington, DC, https://databank.worldbank.org/source/world-development-indicators . Accessed 14 June 2022.

[8] Kenne, Yannick. “Cameroun – Examens officiels: Le BEPC session 2020 affiche un taux de réussite de 60%.” Cameroon-Info.Net, 28 Aug 2020 http://www.cameroon-info.net/article/cameroun-examens-officiels-le-bepc-session-2020-affiche-un-taux-de-reussite-de-60-381489.html.

[9] David Atangana. “Separatists burn down Mamfe District Hospital.” Mimimefoinfos, 9 June 2022 https://mimimefoinfos.com/separatists-burn-down-mamfe-district-hospital/

[10] Albane Buriel, Sylvie Morais, Monique Loquet. Arts education in emergency humanitarian aid: educational issues with young people living in camps in conflict areas in the Middle East. Vella, R; Saldanha, A.; Macksimovic, M.; Torres de Eça, T. InSEA Seminar: ”Art Education: Conflicts and Connections”, Oct 2019, La Valette, Malta. InSEA Publications, 2019, 10.24981/M2019.14 . hal02300007

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CAMEROUN SANS BLE : LEÇONS ALIMENTAIRES DE LA GUERRE EN UKRAINE

Par Régine Gwladys LEBOUDA, Okwelians Fellow 2022

Monique[1] a le rire facile ; outil marketing pour masquer un verbe de commerçante âpre à la négociation. La mère de 5 enfants mise sur la diversité pour gagner une clientèle de plus en plus rare au marché du Mfoundi. Mais les bouteilles d’huiles de palme et régime de plantain sur son étal ne trouvent plus preneur. «C’est le troisième samedi où je vends moins de 10.000fcfa. Tout est devenu plus cher chez les grossistes. Les clients ne parviennent pas à acheter “, explique t-elle. Le ton frise l’excuse lorsqu’elle indique un régime de plantain défraîchi au prix de 5000 fcfa. Non loin de son étal, des femmes piaffent de dépit devant les étals de viande. 3200 fcfa et 3500 fcfa pour le kilo de viande avec et sans os. Il y a 6 mois encore, les prix ne dépassaient pas 2500 fcfa. Désormais, le soleil se lève sur un nouveau barème, toujours plus brûlant pour des ménages échaudés par l’inflation.

Depuis Janvier, les prix des produits de grande consommation connaissent une  escalade sur les étals des grandes villes. Dans sa note sur l’évolution de l’inflation au premier trimestre 2022, l’Institut National de la Statistique souligne une tendance haussière de 6,0%[2] en glissement annuel, en raison de l’envolée des prix du pain, des céréales (6,8%), de la viande (6,4%), des huiles et graisses (10,2%). Tandis que la Banque des Etats de l’Afrique Centrale[3] annonce une année 2022 difficile pour les ménages camerounais, avec un taux d’inflation au-delà de la norme de 3% instituée par la CEMAC. Des villes comme Bamenda, Ebolowa, Maroua ont d’ores et déjà franchi le seuil de 4%. Les ménages camerounais subissent de plein fouet le revers de l’explosion des coûts du fret maritime, combinée à la morosité économique post-covid  et la guerre en Ukraine qui perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales[4]. A ces facteurs, se greffe la hausse des cours du pétrole qui a renchéri le coût de production des engrais[5] et autres intrants agricoles. La stagflation mondiale amorcée[6] pose l’urgence de changer nos paradigmes de consommation (1) tout en accélérant une révolution agraire (2) incontournable pour notre sécurité alimentaire et notre cohésion sociale (3).

1-      Consommation du blé : une habitude importée

Importation de blé. Source: Investir au Cameroun

Le blé bat des records d’inflation depuis le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine[7]. Le conflit entre les deux pays, respectivement 1er et 5ème producteurs mondiaux de blé, met à mal les gros importateurs de cette céréale comme le Cameroun[8].  Conséquence, les prix de la farine de blé au niveau local ont été bonifiés de 5000fcfa avec des répercussions sur tous les autres produits alimentaires, au premier rang desquels figure le prix de la baguette. Le pain, produit de luxe devenu populaire, est aujourd’hui un symbole fort du contrat social entre l’Etat, garant de la sécurité alimentaire, et les citoyens, soucieux de leur pouvoir d’achat. Au Cameroun, la demande en blé n’a cessé d’augmenter[8], faisant de cette céréale la troisième denrée  la plus consommée après le maïs et le riz. Véritable gouffre à devises[9] , l’importation du grain d’or a englouti 156 milliards de FCFA en 2020.

Comment cette céréale est-elle devenue si vitale dans nos usages de consommation ? Répondre à cette question revient à  puiser dans notre histoire. La dépendance au blé est « l’exemple type d’un besoin artificiel créé par la présence coloniale » disait Jean Boutrais en 1982[10]. A l’époque déjà, les commandes de blé gonflaient les budgets des ménages, initiés par les colons à la consommation du pain, pâtes alimentaires et pâtisseries fines[11]. Pourtant, les productions de céréales locales et tubercules suffisaient le plus souvent à suppléer l’absence de production traditionnelle de blé. Le poids progressif de cette denrée a motivé quelques initiatives de production locale dans l’Adamaoua, l’Ouest, Nord-Ouest avec un rendement d’à peine 66t/ha. A Wassandé, petite localité située à environ 80 km de Ngaoundéré, les équipements de la défunte SODEBLE[12] se dressent encore, bravant rouille et abandon depuis la faillite de cette société. Une relance optimale de la culture du blé sur ses 16.000 hectares mobiliserait environ 160 tonnes de semences et une importante quantité de fertilisants selon L’Institut de Recherche Agricole pour le Développement. « Malgré les avancées de la recherche agricole, les moyens financiers (…) très limités ne permettent pas une transformation à grande échelle de la chaîne de valeur du blé au Cameroun. D’où la nécessité de développer des initiatives d’investissements qui vont permettre à notre pays de gagner en autonomie d’intrants locaux pour ravitailler les industries camerounaises », explique l’Irad[13]. Malgré  la dotation de 10 milliards[14] de fcfa pour produire et développer des semences de blé adaptées à nos zones agro écologiques, Il faut pallier à l’urgence en trouvant des substituts locaux ou en revenant aux habitudes d’un Cameroun sans blé, aui puisait son équilibre alimentaire dans la diversité de ses produits agricoles.

2-      Du pain aux beignets : Valoriser notre patrimoine culinaire et farines locales

Mini quiches et Cookies à base de farines locales de patate, manioc, maïs. Crédit Photo : Rose Munjongue

La dégradation du pouvoir d’achat dûe à l’inflation  invite chaque camerounais à changer de regard sur le contenu de son plat. Puisque le pain à base de farine de blé retrouve son statut d’aliment de luxe à la faveur de l’explosion des cours du blé, il devient nécessaire de revisiter nos habitudes alimentaires pour les reconnecter aux denrées disponibles à foison dans nos différents bassins agricoles. Il est temps de travailler sur la valeur perçue de nos pâtisseries locales dont le riche éventail est palpable dans toutes les aires culturelles du Cameroun. Le grenier culinaire du septentrion en est une éloquente illustration. Les régions du Nord, de l’Extrême Nord et de l’Adamaoua, principales pourvoyeuses de céréales, nous offrent du Massa haoussa[15], du Waina[16], de Kossai ou Dan Wanké, à base de niébé ou de cornille[17] … comme alternative au pain pour le petit déjeuner. « Il est crucial de faire connaître ce patrimoine culinaire au plus grand nombre de Camerounais. Ils mériteraient d’être portés, avec leur nom d’origine, à l’attention du public, des gastronomes et des chefs cuisiniers. On devrait leur accorder une place importante dans les émissions et livres de cuisine, écoles de formation en restauration et, surtout, dans les vitrines des boulangeries-pâtisseries » analyse Téguia Bogni[18].

La floraison de pain, gâteaux à base de farine de tubercules prouve qu’il est possible de tropicaliser des recettes de pain[19],  en réduisant la part de blé et en boostant la production des intrants locaux.  Malheureusement, l’ambition du ministère de l’Agriculture « d’introduire sur le marché 30% de farine de manioc et de patate douce dans la fabrication du pain » se heurte à d’importants défis logistiques. Les farines locales, longtemps confinées aux foires et expérimentations individuelles sont le fruit d’une production artisanale et donc insuffisante pour ravitailler un marché gourmand.

3-      Accélérer la révolution agricole pour éloigner le spectre de février 2008

Valoriser le potentiel de nos terres pour une meilleure sécurité alimentaire. Crédit photo: Banque mondiale

Le choix du gouvernement de maintenir la subvention des prix des hydrocarbures à la pompe[20] malgré la hausse des cours internationaux rejoint une batterie de mesures pour atténuer les jours sans pain et protéger le pouvoir d’achat des camerounais. L’augmentation des prix des produits de  grande consommation et ses effets de levier sur tous les autres, laisse planer le fantôme des émeutes de la faim de février 2008. Si l’agriculture participe à 14% au PIB et fournit plus de ¾ des exportations du secteur primaire[21], le Cameroun peut mieux y construire les conditions de son indépendance alimentaire[22], et ainsi réduire l’impact des chocs exogènes sur le portefeuille des ménages. “Aucune race ne peut prospérer si elle n’apprend qu’il y a autant de dignité à cultiver son champ qu’à composer un poème”, ces mots de Booker Washington décrivent le changement de mindset qui doit s’opérer dans le rapport des camerounais à l’agriculture. La SND30[23] a d’ailleurs prévu de booster les filières agricoles prioritaires[24]. Car seule une accélération de sa révolution agraire permettra de réduire les importations alimentaires qui grèvent la balance commerciale du Cameroun.

En définitive, Avec la guerre russo-ukrainienne, les camerounais vivent de plein fouet les conséquences d’une économie extravertie basée sur des habitudes de consommation non adaptées à leur système de production. L’inflation généralisée nous révèle notre fragilité sur le plan alimentaire et l’importance de mieux valoriser notre potentiel agricole et notre patrimoine culinaire. La récente dotation de 10 milliards de fcfa par le chef de l’Etat pour développer des semences locales de blé est le signe que l’Etat prend la pleine mesure du risque social tapi sous les nombreux soubresauts économiques  externes.

Régine Gwladys LEBOUDA est journaliste depuis une dizaine d’années. Chef du Pool économie de la chaîne publique d’information en continu CRTV News; elle y réalise les programmes Local Cash et Ressources sur les enjeux de production et de consommation locale. Réalisatrice de grand reportages et documentaires, La doctorante en Sciences de l’Information et de la Communication accompagne les entreprises / ONG dans leur stratégies médias et création de contenus print, web et audiovisuels. Auteure de nouvelles et de chansons, La camerounaise de 29 ans œuvre aussi à réduire les inégalités sociales dans son pays via son association Nsama For equal chances.

Linkedin : R. Gwladys Lebouda

Twitter: @Gwladys_Lebouda


[1] Monique Minkoande est une revendeuse de plantain et d’huiles végétales au marché du Mfoundi à Yaoundé. Propos recueillis le 4 juin 2022 dans le cadre d’un reportage sur l’inflation des produits alimentaires diffusé le 5 juin 2022 au JT de 9h sur la Cameroon Radio Television – News

[2] Institut National de la Statistique, “ Note de synthèse sur l’inflation au premier trimestre 2022”,  4p , publié le 19 mai 2022, P1 , https://ins-cameroun.cm/statistique/evolution-de-linflation-au-cours-du-premier-trimestre-2022/

[3] La Beac anticipe une augmentation des pressions inflationnistes à 3,6% au cours de l’année 2022, soit 0,6% de plus que la norme de 3% admise dans la zone Cemac.  cf, document INS, Note de synthèse sur l’inflation au premier trimestre 2022, Op cit, P3

[4] Christian de Perthuis, “ Les impacts de la guerre en Ukraine sur les marchés agricoles et la sécurité alimentaire”, https://theconversation.com/les-impacts-de-la-guerre-en-ukraine-sur-les-marches-agricoles-et-la-securite-alimentaire-178628  mis à jour le 11 avril 2022

[5] La Russie est le premier exportateur mondial d’engrais, avec une position forte sur les engrais azotés ou sur les composants permettant de les fabriquer  comme l’ammoniac et le nitrate d’ammonium. Cf. Christian De Perthuis, Op cit

[6] Communiqué de presse Banque mondiale, “Le risque de stagflation augmente dans un contexte de net ralentissement de la croissance”, Publié le 07 juin 2022 . https://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2022/06/07/stagflation-risk-rises-amid-sharp-slowdown-in-growth-energy-markets

[7] Agence France Presse, “Prix mondiaux (indices FAO) Le blé en hausse de 5,6 % sur un mois”, publié le 3 juin 2022 à 10:44, https://www.terre-net.fr/marche-agricole/actualite-marche-agricole/article/le-ble-en-hausse-de-pres-de-6-pourcents-sur-un-mois-1395-208613.html

[8] Brice R. Mbodiam, “Le Cameroun a importé 860 000 tonnes de blé en 2020, de la Russie, du Canada, de la France et des USA”,  mis en ligne le 27 août 2021. .https://www.investiraucameroun.com/agriculture/2708-16770-le-cameroun-a-importe-860-000-tonnes-de-ble-en-2020-de-la-russie-du-canada-de-la-france-et-des-usa consulté le 8 aout 2022

[9] Au premier semestre 2021, le déficit de la balance commerciale s’est creusé de 52 milliards de FCFA et se chiffrait à 744 milliards de FCFA en raison de la hausse des dépenses d’importations de 15,4% par rapport au premier semestre 2020.  Données du document de Commerce Extérieur du Cameroun, Premier semestre 2021, P3,  INS publié en Septembre 2021,  9p.

https://ins-cameroun.cm/wp-content/uploads/2021/12/COMMERCE-EXTE.pdf mis en ligne le 28 décembre 2021

[10] Boutrais J. « Une agriculture sans paysans : la grande culture du blé au Cameroun » In: Économie rurale. N°147-148, 1982. pp. 51-54.

[11] Boutrais J. Op Cit. souligne qu’en 1978, le blé représente déjà 30% des achats alimentaires au Cameroun, soit 5 milliards FCFA, après la crise des années 1972 – 1974

[12] La Société de développement de la culture et de la transformation du Blé (SODEBLÉ) a été créée en 1975. Il s’agissait d’une exploitation agricole implantée à Wassandé, à environ 80 km de Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua, sur l’axe Meiganga – Ngaoundéré. Elle table alors sur une projection de 25 O00 tonnes de blé en 1979 et 120 O00 tonnes en 1984 ou 1985 pour couvrir les besoins nationaux en blé tendre

[13] Tjeg Paul, “Agriculture: la CNPS disposée à investir dans la culture et la transformation du blé”, Ecomatin en ligne https://ecomatin.net/agriculture-la-cnps-disposee-a-investir-dans-la-culture-et-la-transformation-du-ble/ consulté le 14 aout 2022

[14] Kamga Omer, “10 milliards Fcfa pour la production et le développement du blé au Cameroun”, Business Finance International, publié le 12 juillet 2022, en ligne : https://businessfinanceint.com/10-milliards-fcfa-pour-la-production-et-le-developpement-du-ble-au-cameroun/ consulté le 14 aout 2022

[15] Galette de riz

[16] Gâteau de farine de mil

[17] Il peut aussi se réaliser avec de la farine de céréale ou de manioc habituellement enrichie de poudre de feuilles de baobab

[18] Téguia Bogni, La Cuisine camerounaise. Mots, pratiques et patrimoine, L’Harmattan, 2019, 210 pages.

[19] Penen J. (1979). FAO. St of making french-type bread by mechanical dough development mixing wheat fleur with cassava starch and millet fleur.

[20] L’ordonnance du président de la République du 2 juin 2022, soumise à l’examen du parlement, consacre une hausse de 5% du budget de l’Etat pour adapter le loi de finances 2022 au contexte d’inflation généralisée.

[21] Ibrahim Zakari, Le secteur agricole au Cameroun : des opportunités multiples d’investissements à saisir,  Centre de commerce Extérieur et des relations Extérieures, 30 mars 2021, http://ccere-cameroun.com/le-secteur-agricole-au-cameroun-des-opportunites-multiples-dinvestissements-a-saisir/  consulté le 15 aout 2022..

[22] Malgré  7,2 millions d’hectares de terres arables et un potentiel irrigable estimé à 240. 000 ha, 70% des terres arables restent inexploitées.

[23] La Stratégie Nationale de Développement 2020 – 2030 opérationnalise la deuxième phase de la Vision d’émergence du Cameroun à l’horizon 2035. Elle vise à mettre en place les conditions favorables à la croissance économique et l’accumulation de la richesse nationale à travers des modifications structurelles indispensables pour l’industrialisation du pays.

[24] République du Cameroun (2020). Stratégie Nationale de Développement 2020 – 2030: Pour la transformation structurelle et le développement inclusif, 243 pages.

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